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Cette année:


- Demis Roussos, artiste (inter)planétaire et célèbre interprète de "Forever and ever" nous a quitté le 25 janvier 2015 à l'âge de 69 ans.
- Visage et son tube inoubliable "Fade to grey" a perdu son frontman Steve Strange d'un arrêt cardiaque à l'âge de 55 ans le 12 février 2015.
- Mike Porcaro (bassiste historique de Toto) meurt le 15 mars des suites d'une SLA.
- Twisted Sister perd son batteur Anthony Jude Pero le 20 mars, d'une crise cardiaque à l'âge de 55 ans.
- B.B. King, the king of blues nous a quittés le 14 mai 2015 à l'âge de 89 ans.
- Guy Béart, meurt le 16 septembre à l'âge de 85 ans.
- inconcevable horreur dans la salle parisienne du Bataclan où plus de 80 personnes sont abattues par des "terroristes" durant le concert d' Eagles of Death Metal le vendredi 13 novembre.
- Scott Weiland (chanteur de Stone Temple Pilot ou encore Velvet Revolver) est mort le 3 décembre 2015 à l'âge de 48 ans.
- après le décès (11 novembre) de son batteur historique Philty "Animal" Taylor(61 ans), Motörhead perd son charismatique leader, Ian "Lemmy" Kilmister (70 ans) le 28 décembre...




Actuellement il y a 58 chroniques pour 2015...

Notation visuelle (pour les pressés):
: à chier ! : moyen : bon
: excellent : fantastique !




2015 J.C. SATAN "S/T"

label: Born bad
style: psyché rock garage
date de sortie: septembre 2015
date de chronique: 17 janvier 2015

[par boucle d'or]



Allez hop, ma découverte, mon coup de cour diabolique et électrique pour cette année 2015 !

JC Satan est un groupe franco-italien et plus précisément Bordelais (trois gars) -Turinois (deux filles) pratiquant un rock garage psyché avec une pointe stoner. Ils sont musicalement affiliés à la nouvelle scène psychédélique de la cote ouest des Etats-Unis, avec des groupes comme Ty Segall et ses différents projets dont ils ont fait les premières parties sur leurs concerts parisiens. Saturation, guitares fuzzy, incantations, mais aussi passage calmes, JC Satan est loin d'être un groupe monocorde. 2015 voit la sortie de leur quatrième album qui ne porte pas de nom.

« Satan II » ouvre le bal sur une décharge de décibels, un pilonnage de batterie et une saturation qui n'est pas sans rappeler les morceaux les plus nerveux de Sonic Youth.
« Dialog with mars » nous ramène vers le Queens Of The Stone Age des débuts.
« Don't joke with the the people you don't know » » commence sur des incantations menaçantes appuyées par une rythmique martiale, avant que le morceau ne parte dans un mur du son saturé à en faire sauter vos enceintes.
« Waiting for you », est un très beau titre mélodique avec son refrain féminin qui vous reste longtemps dans la tête, et son final mélangeant guitares et trompette.
Puis arrive « Ti amo dawero », belle balade interprétée en Italien avec une influence velvetienne (& Nico), suivi de « Ingrid » qui ramène aux bandes originales de films morriconiennes.
Pour finir, « The greatest man », en apothéose avec son tempo hypnotique, sa rythmique pachydermique entraînante et ses vocaux incantatoires.

36 minutes de bien être, les doigts dans la prise, voilà ce que nous apporte JC Satan. Et ce joli travail me donne envie de me pencher sur leurs efforts précédents et de titiller mes cages à miel en concert. Et ça tombe bien car ils tournent dans la région (Krakatoa, Marmande, Agen, Biarritz..). Alors pour quelques euros, faites vous plaisir plutôt que d'aller claquer de gros billets pour Les Insus ou les encore plus insupportables Guns N'Roses (cachet de 7 millions par concert !!!!). JC Satan sont légion et sont le rock de demain.





2015 CROSSFAITH "Xeno"

label: razor & tie
style: electro-metal du pays du soleil levant
date de sortie: 18 septembre 2015
date de chronique: 18 janvier 2016

[par Barjozo]



Crossfaith est un groupe japonais qui aime le risque. En effet, ces jeunes musiciens osent le mélange électro et métal. J'en vois déjà ébauche un sourire en coin un tantinet moqueur...
Il s'agit ici d'un 4e effort studio mais ce serait mentir que d'affirmer que je connaissais ce groupe avant de tomber dessus au hasard de mes surfs récents sur la toile. Composé de 5 membres, Crossfaith assène un rock puissant et racé, toujours imbibé d'essences électros émanant de claviers chauffés à blanc. Le résultat est parfois limite digeste, mais avec l'habitude on apprend à y revenir. Pour vous faire une idée, allez directement au titre éponyme, le fougueux "Xeno": intro aérienne qu'un cri éructé par un kamikaze en rut vous assène par surprise avant que la rythmique déboule en trombe...Je vous avais prévenu!
"Raise your voice", 2e titre (si on enlève l'intro de l'album "System X") est un morceau également bien charpenté toujours dans un style mélangeant les influences (nu-metal, rock-prog, et parfois death mélodique). La voix du lead-chanteur alterne les passages clairs et ceux du style (Dave) growl. Faut aimer.
"Devils party" propose une ambiance un peu space, voire star-warien! Mais avouez que cela donne envie de headbanguer sur un dance-floor adapté, en sirotant une téquila !
Un petit mot sur le meilleur titre de la galette: "Dystopia". Un déchaînement, que dis-je une avalanche d'effluves metal, bien soutenue par des vocaux véritablement destroy!!! Magnifique! Et que dire de l'enchaînement sur le très dansant "Wildfire" que David Guetta himself aurait bien aimé écrire, j'en suis certain (ah! ah! ah!). 'Are you ready for the buuuuurrnnn????'.
Je suis sûr qu'en live ce groupe doit casser la baraque! A suivre!





2015 David GILMOUR "Rattle that lock"

label: Columbia
style: Rock
date de sortie: 18 septembre 2015
date de chronique: 16 janvier 2016

[par boucle d'or]



David Gilmour représente à lui seul la voix et la guitare de Pink Floyd.
Le Floyd étant définitivement enterré, c'est sur ses seules épaules que repose maintenant ce lourd héritage, à l'instar de Robert Plant vis-à-vis du dirigeable. C'est sans surprise que l'on démarre sur un instrumental, «5 A.M. », où vient se poser la guitare aérienne de Gilmour et ses sonorités planantes. La jonction avec le dernier Pink Floyd totalement instrumental est de ce fait évident et réconfortera ses fans.
Mais Gilmour veut s'affranchir des ses anciennes influences et en artiste libéré laisse s'exprimer d'autres styles. « Rattle that lock » commence sur le jingle de la sncf dont l'artiste s'est approprié le thème et qui s'écoule tout au long du titre, en étant progressivement englobé dans la structure musicale. Des chours féminins rendent ce morceau à la fois original et très réussi. « Faces of stone », un des morceaux les plus réussis est une ballade très bien orchestrée où cohabitent guitares, accordéons, claviers.
« A boat lies waiting » nous ramène vers des rivages familiers. Gilmour s'essaye même au jazz avec «The girl in the yellow dress », ainsi que sur un passage de « Dancing right in front of me ».
« In any tongue » de facture très classique n'apporte pas grand-chose. Il en est de même de «Today », sympathique mais qui ne ressort pas du lot. Deux autres instrumentaux parsèment cette galette faisant briller la part belle à sa guitare, « Beauty » et « And then. » clôturant un bon album.
Cette galette ne restera pas dans les annales de 2015, mais donnera son lot de satisfaction à ceux qui suivent la carriére du Floyd et aiment cet artiste qui a su varier ses influences et montrer d'autres facettes de son talent.
Un disque apaisant d'un artiste apaisé et libre.





2015 MARRIAGES "S/T"

label: sargent house records
style: rock alternatif torturé
date de sortie: avril 2015
date de chronique: 29 decembre 2015

[par barjozo]



Marriages est un trio californien originaire de Los Angeles et nous livre ici son premier album studio, après un EP paru il y a 3 ans. On notera tout de suite une ambiance planante, souvent sombre, le groupe donnant dans la pop 'habitée' et souvent mue par des sonorités qu'ils sont sûrement allés pécher chez les anglais de The Cure ("Love, Texas", "Binge") ou les américains d'Interpol du temps de leurs audacieux débuts of course ("Skin", "Less than").
La voix de la chanteuse (Emma Ruth Rundle) est très envoutante, à l'aise dans les aigüs sans toutefois forcer. La batterie (Andrew Clinco) est bien présente, martelant les morceaux allégrement pendant que les claviers donnent un fond sonore faisant évoquer cette atmosphère sombre, "hazy" diraient les anglosaxons, à travers laquelle des éclairs de guitares tentent par moment de se frayer un passage.
J'avoue qu'à la première écoute, il est assez difficile de s'embarquer avec ce groupe vers ces contrées musicales de prime abord assez inhospitalières, en particulier avec le morceau qui ouvre la galette, qui se trouve être selon moi le moins bon et le plus complexe des 9 morceaux composants l'album ("The liar")...
Au final un album intéressant pour une première expérience studio. A suivre...





2015 ART OF ANARCHY "S/T"

label: century media records
style: rock-FM
date de sortie: 8 juin 2015
date de chronique: 22 decembre 2015

[par barjozo]



Le suicide récent de Scott Weiland pourrait donner un côté lugubre ou carrément évoquer l'horaison funèbre à la chronique de cet album, qui sera donc le seul et unique avec la formation originelle. Ce "super" groupe comme les médias spécialisés se plaisent à l'évoquer quand un combo se monte sur la base de musiciens déjà aguéris, comprenait donc outre le chanteur sus-cité (R.I.P.), le bassiste John Moyer (ayant fait ses classes chez Disturbed, et plus récemment Adrenaline Mob et la nouvelle mouture de Queensrÿche), le batteur Vince Votta et son frère Jon à la guitare, ainsi que le guitariste Ron "Bumblefoot" Thal qui officie également dans le Guns N'Roses période 'Chineese Democraty'.

10 morceaux composent l'album puisque le 11e, qui ouvre la galette n'est qu'une petite intro à la guitare sèche ("Black rain"). Les choses commencent vraiment avec "Small batch wiskey" au rythme assez lourd. D'emblé on notera une production carrée. Gros bémol tout de même sur la (les) voix trop travaillées au vocoder...mais au final le titre est assez plaisant même après plusieurs écoutes.
"Time everytime": titre phare avec son refrain entêtant, sa rythmique bien cadencée. Bien sûr on pense aux années 80 et à du glam (style Ratt ou Cinderella) ce qui ne fait pas très moderne, mais franchement c'est très bien fait et moi j'accroche..."Get on down" ensuite est une sorte de ballade langoureuse qui fait évoquer les Red Hot avant qu'ils n'aient tiédis (sic). "Grand applause" accélère franchement ensuite mais dérape un peu sur les choeurs et les breaks pas toujours bienvenus...A écouter pour se faire son idée.
A ce stade de l'écoute, on hésite un peu à stopper pour passer à autre chose, faut bien l'avouer!
Mais bon, j'ai quand même poursuivi et persévéré: "till the dust is gone". Encore une intro langoureuse (Red Hot du style "Californication" tant le chant nous renvoie inéluctablement vers cette référence) pour une ballade qui contrairement à la première envoie un peu de bois par instants. Pas désagréable.
"Death of it". Encore un morceau lent, 3e ballade donc. Bon refrain. Bons arrangements. Un titre batti pour des passages radios... "Superstar" déboule ensuite et on se dit qu'on a bien fait d'insister. Morceau bien construit démarrant par une guitare virevoltante, une rythmique lorgnant du côté des 90s, côte ouest des US...et un chant plus hargneux, du meilleur effet. Très bon morceau. "Aqualung" vient en avant dernière position et garde un cap plus agressif. Alors là oui, on se dit qu'on a bien fait de 'tenir bon' jusque là, et surtout jusqu'au monstrueux "The Drift" [LE titre de la galette] qui conclut le LP de bien belle manière, dans un style très 'électrifié', précédé cependant d'un dispensable "Long ago", morceau très rock-FM (4e ballade).

En conclusion, un album qui se laisse aisément écouter pour qui aime les années 80 et les ballades, mais qui ne restera pas dans les annales barjoziennes...





2015 Neil YOUNG + PROMISE OF THE REAL "The Monsanto years"

label: warner bross records
style: pop-rock écologiste
date de sortie: 29 juin 2015
date de chronique: 20 decembre 2015

[par barjozo]



Malgré une vie trépidante et hors norme (cf. sa superbe autobiographie que je ne saurais trop vous conseiller de lire tant elle est riche et foisonnante), le rocker de 70 balais garde la foi et balance un disque anti-capitaliste et pro-écologie, aidé en cela par un 'groupe de jeunes'.
"New day for love" ouvre le LP dans un style assez classique pour notre loner canadien: ouverture guitare sèche, puis rythmique lente, refrain accrocheur et salves de 6 cordes dont le septuagénaire a le secret..."it's a new day for the planet, a new day for the sun...". Et suit un harmonica également très 'classic-rock' avec un chant quasi enfantin sur "Wolf moon". "People want to hear" est un refrain de stade en puissance ("people want to hear about love!") avec des cordes limites désaccordées du meilleur effet pour que l'on puisse se concentrer sur les paroles, la zike étant comme confinée au second plan sur ce titre.
"Big box" ensuite est un morceau de plus de 8 minutes, typiquement Neil Youngien dans sa conception avec une trame à la six cordes (qui ouvre le morceau) et des envolées/embardées magistrales. Un must pour qui apprécie le bonhomme. Les paroles font écho aux entreprises Walmart, WonderCo et bien sûr Big Box, grandes enseignes américaines, qui dominent le marché ("Democraty crushed at their feet") en se foutant pas mal des lois ("Too big to fail, too rich for jail")...
Un petit rock sympatoche vient ensuite avec "A rock Star Bucks a coffee shop" et son refrain "Monsanto let our farmers grow what they want to grow"... C'est cette chanson qui a mis le feu aux poudres, quand la GMA (Grocery Manufacturers Association) a intenté une poursuite judiciaire contre l'état du Vermont qui a voté pour que la présence d'OGM soit notifiée sur les emballages alimentaires. Neil Young a alors publié sur son site officiel une lettre ouverte dénonçant une atteinte à la démocratie et déclarant qu'il ne boirait plus de café chez Starbucks, puisque cette chaine de coffee-shop fait partie, avec Monsanto, de GMA. Il a ensuite écrit et composé l'album Monsanto Years...
"Workin' man" est un titre bien enlevé et à la cadence rythmée, contrastant avec "Rules of change" plus lente et à l'ambiance assez sombre...comme si tout changement (de mode de vie capitaliste) était utopique!
"Monsanto years" enfin, clôt la galette (encore presque 8 minutes) et le vieil hippy ne mâche pas ses paroles, asticotant la firme US et pas dans le sens du poil! Les chours hypnotiques symbolisent le discourt lobbyiste omniprésent des firmes, qui ont le dernier mot sur la voix isolée et suppliante du fermier impuissant, pris au piège par une sorte de pacte avec le Diable débuté avec le fameux Roundup dans les années 80...En fin du morceau le guitariste utilise à l'extrême la distorsion qui caractérise son style pour illustrer le chaos d'un monde où le symbole même de la vie, la semence, est passée entre les mains d'industriels avides et destructeurs.
Bref, un LP à s'écouter tranquilement en sirotant un Coca-Cola ou un Pepsi, et disponible en intégrale ici.





2015 GHOST "Meliora"

label: rise above records
style: Hard rock 70
date de sortie: 21 aout 2015
date de chronique: 20 decembre 2015

[par boucle d'or]



En 2013 sur ce blog je chroniquais « infestissuman » le deuxième album de ce groupe, soulignant au passage leur potentiel mais également les limites de leur style, laissant alors entrevoir deux destinées diamétralement opposées (succès ou oubli). D'après mes prévisions nostradamiques la réponse apparaitrait sur leur prochaine galette.
Nous y voici donc avec ce troisième et tant attendu album des suédois de Ghost intitulé « Meliora » (meilleur en latin) emmené par Papa Emeritus III et ses goules.

Ce qui frappe sur une première écoute c'est que même si la recette est la même, il y a une maturité dans l'écriture qui se dégage, les refrains trop évidents sont moins présents que par le passé (défaut majeur de leur premier album), les rythmiques se font plus lourdes (basses notamment). On retrouve une ambiance occulte et théâtrale qui cohabite avec des refrains pop, des guitares retro, de l'orgue et des claviers le tout dans une gangue de mélodies accrocheuses au diable.
De nombreuses intros ainsi que deux courts titres instrumentaux n'auraient pas démérités sur les bandes originales des films d'épouvantes de Dario Argento (suspiria.).

« Spirit » qui ouvre l'album est un bon exemple de l'alchimie musicale de Ghost. Passer d'une intro à l'orgue, envoyer un son de basse/batterie lourde, puis alterner avec des refrains carrément pops et des guitares mélodiques, le tout sans que ce soit indigeste. « From the pinnacle to the pit », « Cirice » enfoncent le clou dans le cercueil avec des riffs heavy et accrocheurs. « Spoksonnat « et « Devil church » sont deux courts instrumentaux de toute beauté (intro à la harpe).
« He is », ballade magnifique est incontestablement un des moments forts de cette galette à donner la chair de poule à une momie. De momie, il en est question dans « Mummy dust » titre qui constitue un changement de style aussi bienvenu que réussi. Le chant se fait alors plus sourd presque guttural, le rythme s'accélère, l'ambiance est pesante et poisseuse. « Majesty » est quant à lui moins réussi avec une sensation de déjà entendu. « Deus in absentia » clôture de bien belle façon le disque avec son finish à cappella mélancolique et lugubre.

Ghost en 45 minutes a donc réussi son pari, Il ne fera pas taire ses détracteurs, mais saura conforter ses défenseurs et embrigader de nouveaux disciples. Sélectionné dans l'album de la semaine sur Canal +, le groupe a bien passé la vitesse supérieure. Pour preuve cet opus mais également leur première vraie tournée française d'une dizaine de dates dans l'hexagone (après Toulouse en décembre, ce sera pour le 9 février à Cenon) ainsi que son passage dans les plus grands festivals (Hellfest, Download.).





2015 TANK "Valley of tears"

label: metal mind
style: hard-rock canal historique
date de sortie: 9 octobre 2015
date de chronique: 19 décembre 2015

[par Barjozo]



Tank pour moi c'est la NWOBHM et les années 80. A l'époque, le leader était Algy Ward, chanteur-bassiste dont le style n'était pas sans rappeler inévitablement un autre anglais à la voix rocailleuse et aux rouflaquettes bien frisées (Mister Lemmy Kilmister of course, MFKers!). Mais le temps a passé, la clepsydre s'est vidée, nos neurones ont perdu quelques unes de leurs ramifications et autres synapses. Des albums comme "This means war" ou le cultissime "Honour and blood" sont devenus introuvables...De plus, à l'instar des membres de Queensrÿche, les Tank se sont foutus sur la gueule et au final Ward s'est retrouvé sur la touche. Ainsi ce "Valley of tears" fait suite à la reformation du groupe au milieu des années 2000 par les 2 guitaristes Mick Tucker et Cliff Evans, entichés de nouveaux venus avec Bobby Schottkowski aux drums (Sodom), Barend Courbois à la basse (Blind Guardian) et ZP Theart aux vocaux (Dragon Force).
Tank sort ici (si j'ai bien compris) son 3e album sous cette formule et pendant ce temps Ward conserve aussi le droit du nom et s'apprète à sortir un album ..début 2016 (intitulé "Sturmpanzer"). Difficile de ne pas y perdre son latin!

"Valley of tears" est beaucoup moins agressif que ce dont je me souvenais des albums datant du début des années 80. Comprenez par là qu'en fait il s'agit d'un hard-rock lorgnant énormément sur le style FM. Le chant est très mélodique et accrocheur (on pense parfois au Jon Bon Jovi des grandes heures), les refrains bien travaillés. Les mélodies ne sont pas en reste et on ressent une très bonne qualité de production.
Pourtant au final on a quand même un arrière-goût d'amertume et il reste difficile de se repasser en boucle ce type d'album qui n'a que peu d'originalité et n'apporte pas grand chose en 2015. Alors pourquoi pas en live?

PS. Un mot sur le titre de l'album "Valley of tears". Les membres du groupe ont confirmé le rapport direct à la bataille de la Guerre du Kippour en 1973. Ce nom fut en effet donné à une partie des hauteurs du plateau du Golan conquis par les troupes de l'état hébreux sur celles de la Syrie et opposa plusieurs centaines de chars de combats (des tanks quoi!). Ce fut une déroute arabe qui laissa les troupes juives prendre le contrôle du Golan...qu'elles occupent encore en 2015 faut-il le rappeler?





2015 GRAVEYARD "Innocence & Decadence"

label: Nuclear Blast Records
style: Psychedelic Blues Rock
date de sortie: 25 septembre 2015
date de chronique: 18 décembre 2015

[par Nico]



Difficile quand on prend le train en route (non, non je ne parle parle pas de Graveyard Train!!) d'être en mesure de comparer le mieux ou le moins bien d'un nouvel album (le 4ème) d'un groupe qu'on ne connaissait pas jusqu'alors...
Les suédois de Graveyard sont étiquetés "Stoner" mais jouent manifestement plus la carte rétro avec un son très dépouillé aux évocations garage rock et psyché voire blues, beaucoup plus proche sur certains titres d'un Jimi Hendrix ou des Doors... et même des Electric Prunes pour les connaisseurs! On pense aussi à The 13th Floor Elevators...Jefferson Airplane...Blue Oyster Cult parfois...Y a pire comme influences!!
Alors oui l'album est inégal et il y a peut-être trop de morceaux "blues" (4 sur 11) pour pouvoir éviter un certain manque de rythme. Mais certains morceaux, comme le psychédélique "Magnetic Shunk", l'hypnotique "From a Hole in the Wall" et le très Blue Oyster Cult-Creamien "Cause & Defect" animent magnifiquement ce disque.
Et puis..."Far too Close" ressuscite Jim Morisson et "The Crystal Ship"...c'est pas dégueu quand-même...
Bon allez j'ose: avec Graveyard pas de quoi se retourner dans sa tombe... mais presque!!
J'ai parlé, Ugh!





2015 CLUTCH "Psychic Warfare"

label: Weathermaker
style: Stoner Rock
date de sortie: 02 octobre 2015
date de chronique: 12 décembre 2015

[par Nico]



Continuons donc ces séances de rattrapage avec Clutch qui signe "Psychic Warfare" à peine deux ans après l'excellent "Earth Rocker".
Le chanteur a la gentillesse de nous présenter (éructer?) les membres de son groupe dès le premier vrai morceau: "X-Ray Visions"; "The Affidavit" étant une intro.
"Firebirds!" est un hymne à la puissance et aux "muscle cars" mené tambour battant; impossible de résister si par cas le morceau précédent ne vous avait déjà pas déridé pour la journée!
"A Quick Death in Texas" est une sorte de blues/rock que ne renierait pas ZZ top.
S'enchainent "Sucker for the Witch" puis "Your Love is Incarceration" qui mêlent probablement private jokes et autres fantasmes de Neil Fallon...mais même sans tout le décodage pour l'apprécier pleinement, on adhère sans réserve à la musique.
"Our Lady of Electric Light" est lui dans la veine d'un bon morceau de Lynyrd Skynyrd, et permet de démarrer la seconde partie du disque, juste après la petite pause instrumentale "Doom Salon".
Pour continuer: un p*tain de rock endiablé: "Noble Savage" et son "Go!" lancé juste avant un (rare) solo de guitare. C'est juste énorme, c'est irrésistible!
"Behold the Colossus" convoque la mythologie avec les Cyclopes et les Gorgones, le refrain est terrible!
"Decapitation Blues" est bien résumé par une de ses lignes "Here you've been kicked in the neck by a three legg'd mule" et on pourrait trouver à la guitare un peu du son de Soundgarden période "Badmotorfinger"...
Le dernier morceau, "Son of Virginia", est un Blues/Stoner de plus de 7 minutes qui sent bon la guérilla en plein Bayou...avant un "twist" final qui l'emmène vers un stoner volcanique "à choeurs et à cris!".
Vivement un concert, tiens! Car sur ce Clutch, rien ne cloche!
J'ai parlé, Ugh!





2015 Gaz COOMBES "Matador"

label: hot fruit recordings
style: électro rock
date de sortie: 26 janvier 2015
date de chronique: 12 decembre 2015

[par Boucle d'or]



Supergrass, vous vous souvenez ? Un des groupes les plus sous-estimés de la britpop des années 90, mené par les frangins Coombes. 6 albums à leur actif de 1995 à 2008 dont les quatre premiers sont indispensables, et une flopée de tubes power pop (caught by the fuzz, alright, Richard III, Lenny, late in the day.).

Gaz Coombes, chanteur et guitariste n'est pas resté inactif sortant son premier album solo en 2012 (Here come the bombs) puis fin janvier 2015 « Matador », son deuxième essai discographique post supergrass. Il a juste perdu ses rouflaquettes.mais pas ses qualités de compositeur qui portent ce disque bien au dessus des deux derniers opus de son ex combo.

« Buffalo » ouvre cet opus sur des sonorités électro qui rappellent fortement Radiohead, puis le titre s'envole sur une partie plus rock. Il en est de même du second titre « 2020 », mélangeant guitare acoustique et sonorités synthétiques.
Bien sur la voix de Gaz ramène inévitablement vers Supergrass mais les textures musicales sont ici bien différentes. «The english ruse », accélère le rythme , devient plus pêchu, se pare de guitares et se rapproche davantage de ce qu'aurait pu devenir Supergrass. S'ensuivent «The girl who fell to earth », très belle ballade acoustique, "Detroit" petit chef d'ouvre acoustico-rock avec son refrain qui s'envole et qui finit sur des sonorités électro du plus bel effet.
La dernière moitié de l'album un peu en dessous n'en reste pas moins intéressante et agréable («Seven walls », «To the wire », « Matador »).

Ce gaz là n'est pas nocif pour notre environnement, son album tourne régulièrement sur ma platine depuis presque un an et ça ce n'est pas donné à beaucoup de skeuds.





2015 VINTAGE TROUBLE "1 Hopeful Rd."

label: Blue Note
style: Rhythm & Blues
date de sortie: 21 août 2015
date de chronique: 13 décembre 2015

[par Nico]



Le groupe Vintage Trouble n'a peut-être pas encore la reconnaissance qu'il mérite chez nous; c'est donc leur 3ème album que je me propose de vous faire découvrir. Ce groupe de L.A "California" avait déjà fait sensation il y a 4 ans à l'occasion de leur premier album "The Bomb Shelter Sessions". Les 4 membres creusent avec énergie et enthousiasme un sillon rock/soul/rhythm and blues au son vintage (tiens, tiens!!). Le chanteur Ty Taylor a de faux airs de James Brown et ce ne sont pas ses pas de danse déchaînés et sa voix qui pourront nous faire oublier ce qu'il doit au Godfather of Soul. On ne peut pas non plus ne pas penser régulièrement à Otis Redding: finalement, il y a pire comme comparaison(s)! Alors, pas de méprise: c'est un groupe de soul/rock et les incursions "pure rock" sont rares sur leurs albums. Leur premier album est d'ailleurs à mon sens meilleur que la livraison de cette année et si par cas, vous décidez de tenter l'aventure, je ne saurais que trop vous le conseiller.

Enfin sachez que, comme le vin, Vintage Trouble se consomme mieux une fois aéré: ses prestations en concert lui permettent d'exhaler toute sa palette d'arômes... Les Who, AC/DC et les Rolling Stones ne s'y sont pas trompés et dernièrement ont fait appel à nos compères pour assurer leurs premières parties! Vous reprendrez bien un petit coup de Blues? J'ai parlé, Ugh!





2015 MUSE "Drones"

label: warner bross
style: rock de stades
date de sortie: 5 juin 2015
date de chronique: 11 décembre 2015

[par Barjozo]



Le groupe Muse a-t-il encore quelque chose à proposer de neuf?
Muse propose un 7e LP studio, « Drones » en 2015, après un calamiteux précédent LP ("The second law") ayant consacré son allégeance à l'industrie mondiale de la zike formatée pour des passages sur les ondes radios de grande écoute.
Alors quid de cette nouvelle livraison ? Et bien j'irai droit au but : confirmation du jugement ci-dessus. Muse est rongé de l'intérieur...Cela n'est pas pire (c'était difficile !) mais aucune évolution positive pour un album surfait d'un bout à l'autre...
Pourtant j'assure ici avoir écouté plusieurs fois la galette en me forçant mais mon jugement reste sans équivoque : oeuvre gravée à jeter dans le bac à ordures ménagère, sans même penser au tri car non recyclable. Je suis certain que même à la COP21 ils n'en voudraient pas, c'est tout dire! Même le chanteur (M Bellamy) voit sa voix modifiée au mixage en effaçant ses 'historiques' petites expirations aiguës de fins de phrasés qui étaient si manifestes sur les premiers opus (re-écoutez « Showbiz », «Origin of simmetry», et surtout le très bon live paru en 2008 "Haarp tour: live from Wembley" et vous comprendrez ce dont je cause ici).
La musique quant à elle reste truffée de samples électroniques, de passages évoquant un film sous-jacent, d'arrangements pseudo-symphoniques dignes d'un Queen de caniveau. Car bien sûr au final on ne peut qu'évoquer ce mythique groupe anglais tant les références sont légion depuis quelque temps déjà dans les compositions de Muse. Et si Muse se (re)mettait à faire du Muse n'en aurait-on pas plus pour ses amplis au final?
Allez je suis sympa, c'est bientôt Noël et je les encourage avec une petite étoile!





2015 MOTORHEAD "Bad Magic"

label: Warner Music
style: Rock n' Roll
date de sortie: 28 août 2015
date de chronique: 11 décembre 2015

[par Nico]



Aller, c'est la fin de l'année et je vous dois plein de chroniques pour ne pas laisser filer quelques pépites. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles et Barjozo m'a donné le feu (Dieu avait bien donné la foi à Ophélie W....et Le Foie à Lemmy...alors après tout pourquoi pas...mais là n'est pas le débat) ; donc Barjozo, disais-je, m'a donné le feu VERT pour quelques chroniques express de fin d'année avant que 2015 ne se termine.

Chroniquer cet album de Motörhead,(nommé Bad Magic) quand on connait les déboires (à la tienne !) de santé de M. Kilmister et les annulations en série de leurs concerts, a un parfum étrange (non pas celui du Whiskey...plutôt celui du sapin). Bad Magic...Bad Mojo...Bad Trip...Bad Mood...Bad Karma...C'est certain, le sort s'acharne sur Lemmy depuis quelques mois déjà ! L'album est très bon (bien qu'en deçà d'Aftershock, sorti en 2013) et mettra comme à l'habitude "une bonne baffe dans la gueule" mais pourrait malheureusement être le dernier de l'ami Lemmy.

La prestation très décevante du Hellfest 2015 avec un chanteur quasi aphone, figé et buvant de l'eau (!!!) ne laissait pas augurer forcément du bon en studio... Heureusement il n'en est rien ! Et au-delà du probable « miracle » réalisé par l'ingénieur-son sur la voix du chanteur, aucun doute : la cavalcade de bulldozers du duo basse/batterie et la mitraille de la guitare ne pourront pas vous laisser indifférents : c'est écrit Motörhead sur la pochette/c'est du Motörhead sur la galette.
Alors apprécions ce bon cru...et espérons que la reprise des Stones (Sympathy for the Devil) qui clôture l'album n'ait rien de trop précocement prémonitoire. Reprise par ailleurs dispensable à mon avis.
J'ai parlé, Ugh !





2014 THE ORDER OF ISRAFEL "Wisdom"

label: Napalm Records
style: Doom Métal
date de sortie: 22 septembre 2014
date de chronique: 08 décembre 2015

[par Nico]



Tiens, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas lu...
Alors aujourd'hui au programme: The Order of Israfel; petit rattrapage assez utile de 2014 (car découvert au printemps de cette année). Et plutôt qu'un long discours fumeux, je vous propose la conversation entre son chanteur: Tom Sutton et le Dieu du Métal que nous appellerons ici "God of Metal" ou GoM...car c'est tellement plus classe!

Tom Sutton (TS): Oh Dieu du Métal, je voudrais monter un groupe de Doom Metal!!
GoM: Accordé.
TS: Avec une guitare à la Tony Iommi!
GoM: Accordé.
TS: Et un batteur à la frappe lourde comme Bill Ward!!
GoM: Accordé.
TS: Avec des changements de rythmes et une basse épaisse...commme...
GoM: Houla...toi j'te vois venir...ok, accordé.
TS: Et puis, j'aimerais bien avoir la voix de...
GoM: Ok ça suffit j'ai compris!!! Tu voudrais pas non plus t'appeler Black Sabbath?
TS: C'est déjà pris alors j'avais pensé à The Order of Israfel...
GoM: Mouais...accordé...
TS: Oh merci God of...
GoM: Tu m'emmerdes...!! Et comme tout ne peut être accordé.
TS: ...? Quoi?
GoM : Toi aussi tu chanteras souvent faux en concert...

Moralité: Le God of Metal...faut pas le faire chier...mais il est plein d'humour et adore les jeux de mots!!

En résumé: A défaut d'originalité, reconnaissons à TOoI une bonne inspiration pour nous pondre une galette que n'auraient pas reniée leurs maîtres il y 45 ans! J'ai parlé, Ugh!





2015 GOROD "A maze of recycled creeds"

label: listenable rec.
style: tech-death mélodique
date de sortie: 15 octobre 2015
date de chronique: 3 décembre 2015

[par Barjozo]



En l'an de grâce 2015, les médias dominants de tous azimuts ne cessent de déverser leurs horribles diatribes en boucles et de vomir leurs insalubres analyses fomentées par l'oligarchie financière qui a pris possession des instances dirigeantes du monde moderne après quelques tours de passe-passe électorale. En livrant à la vindicte populaire de pauvres hères lobotomisés par des discours haineux, ces classes dominantes voudraient nous faire croire qu'on nous veut du MAL!

-Intermède- Ami lecteur as-tu jamais rêvé que tu pouvais un jour tomber sur un truc, une chose, immatérielle ou concrètement inattendue, tant par son côté improbable que son impossible évocation? Ne t'es-tu jamais demandé si à la faveur d'écoutes sur-multipliées d'albums en tous genres au gré de tes surfs pluri-quotidiens sur des sites de streaming, tu n'allais pas un jour tel Arthur pouvoir toucher du doigt ou du bout des lèvres le saint Graal? Car au fond qu'est-ce qui nous pousse les uns les autres à écouter jours après jours des albums de zike dont il faut bien l'avouer bons nombres seront oubliés à peine chroniqués? Il est bien loin le temps où on se rendait innocemment dans les rayons du disquaire du coin à la recherche d'un 33t, puis d'un CD dont le contact polysensoriel à la fois visuel (le fameux 'artwork'), tactile (nous sommes humains) et bien sûr auditif (c'était l'époque où le mec derrière le comptoir en savait cent fois plus que toi et n'hésitait pas à arracher vigoureusement la cellophane recouvrant l'oeuvre gravée pour te prouver ses dires) nous poussait à ouvrir notre chéquier ou simplement dégaîner notre porte-monnaie...De nos jours avec le net, toutes les musiques sont à portée de clic, et le dernier des pignoufs peut avoir accès à la biographie des Stones ou au line-up labyrinthique du Pourpre Profond en un clin d'oeil (de clic) via wiki-ci ou wiki-ça. La modernité aura donc eu raison de notre capacité de sélection. Comme l'or qui fit périr Midas, l'excès cumulatif et l'abondance de zike ne risque-t-elle pas d'anihiler toute objectivité dans nos cerveaux meurtris, ou pire de nous rendre sourd!

Mais revenons à notre propos. Qui connaît Gorod derrière son écran? Personne ne se précipite pour lever la main je vois?
Gorod est un groupe frenchy! Gorod est du sud-ouest!! Gorod vient de Bordeaux!!! Gorod joue vite et bien!!!! Gorod vous balance des riffs et des breaks jusqu'à obtenir saturation totale de vos cages à miel!!!!! Gorod joue du tech-métal, ou tech-death, avec maestria!!!!!!

La page bio du groupe sur son site perso (accessible ICI) nous apprend que le combo girondin est né en 1997 et qu'il en est déjà à son 6e album! Les changements de line-up ont été fréquents semble-t-il. Il se compose actuellement de Karol Diers derrière les futs, Julien "Nutz" Deyres au chant, Nicolas Alberny et Mathieu Pascal à la gratte et Benoit "Barby" Clauss (jeu de mot de très mauvais goût cela dit en passant) à la basse.

L'album s'ouvre sur une petite musique aérienne et un tantinet désuète avec le court intrumental "Air de l'ordre", avant que les choses sérieuses ne débutent réellement sur "temple to the art God". On plonge sans transition ainsi dans l'univers musical des bordelais: mélodie travaillée, rythmique abasourdissante aux breaks monstrueusement bien trouvés et accrocheurs, chant vomis mais tout en modulation. Du grand art assurément. En tous cas, une architecture et une complexité d'écriture véritablement novatrices pour moi qui ne suis pas spécialiste du genre...
"Celestial nature" et "Inner alchemy" viennent ensuite fondre sur vos tympans et les envelopper d'un thrash mélodique à couper le souffle! Quel tempo! Quelle maestria dans les riffs de grattes joués en véritable apesanteur tant la vélocité d'exécution est bluffante sans parler des stop-and-go...La part belle faite aux 6 cordes n'exclut pas que la basse s'exprime également magistralement sur cet LP comme par exemple sur le claquant et heavy "An order to reclaim". L'écueil majeur de tels opus vient souvent d'un caractère répétitif et d'accumulation au fil de l'écoute. Ce problème est balayé d'un revers de riff par Gorod et c'est là toute la puissance du LP. Gorod en effet modifie la structure intrinsèque de ses morceaux en 2e partie d'album. On y voit apparaître de véritables passages jazzy et au groove fédérateur! Mais n'allez surtout pas croire que le tempo change, car la ligne directrice reste orientée Metal/Thrash/Death; cependant l'incorporation d'un zeste de zike plus légère au sein des titres va véritablement magnifier les derniers titres de la galette.
Ainsi "From passion to holiness" est un morceau faisant la part belle aux ambiances mélodiques (on pourra y reconnaître quelques tonalités du générique d'une série US à grand succés des années 60/70) sans renier pour autant le caractère tech-death propre au combo. Une merveille. Il en est de même avec "Dig into yourself" par exemple, plein de trouvailles très surprenantes de prime abord pour un groupe de ce style mais qui au final apportent une certaine 'aération' et embellissent l'ensemble.

-Postscriptum- "There are a few newer death metal bands who are pretty f*cking good, who are more technical and aggressive than what we usually do. Bands like GOROD, from France..." -Mick Thomson/Slip 'fuckin' knot-

En proposant sans conteste l'un des disques de l'année, les frenchies de Gorod nous veulent assurément du BIEN.
Merci Gorod et Long Live Rock N'Roll!





2015 THRONELESS "S/T"

label: heavy psych sounds rec.
style: doom abyssal from the north
date de sortie: octobre 2015
date de chronique: 1er décembre 2015

[par Barjozo]



"On s'ajuste tous à la vision qu'on nous impose de la vie, une vie dont seuls sont bénéficiaires ceux qui nous régissent. On nous apprend que la seule issue est de trimer sans dire mot, on gâche nos précieuses existences dans un job pourri, à mettre de l'argent de côté et acheter des amplis pour pouvoir au final nous exprimer et dire à quel point on hait tout ça."

La citation ci-dessus est du combo suédois (Malmö) dont il est question dans cette chronique. Ce trio s'est baptisé Throneless, cultivant ainsi une valeur négative, et officie dans un style également assez difficile d'abord puisqu'il s'agit d'un doom lourd, pachydermique, lent et souvent monolithique. Ce premier album se compose de 4 (!) morceaux pour un total de 40 (re!) minutes. Autant dire tout de suite aux allergiques à ce type de transe hypnotisante faite de riffs gras, répétitifs, et parfois redondants qu'ils peuvent passer leur chemin...
"Masters of nothing", "Cavedrones" ou "Thinning the herd" les 3 premiers titres sont marqués au fer rouge incandescent d'un archéo-doom le plus classique qui soit. Mais les suédois se rattrapent un peu (et du coup obtiennent leur 2e étoile) sur le 4e morceau, "Reaching for the dead" qui voit les lancinantes notes du début de leur galette prendre un peu d'envol et se parer d'atours quelque peu insoupçonnés. Allez-y jeter une oreille et vous m'en direz des nouvelles.
Du coup, Throneless paraît pouvoir se démarquer de la foultitude de groupes du genre, mais cela sera à confirmer en live mais aussi et surtout sur leur 2e opus...





2015 Billy GIBBONS & the BFG's "Perfectamundo"

label: concord rec. (universal)
style: blues afro-cubain, salsa rock n'roll et mambo déjanté à la barbichette US
date de sortie: 6 novembre 2015
date de chronique: 26 novembre 2015

[par Barjozo]



Billy Gibbons comme vous le savez tou(te)s est le guitariste/chanteur de ZZ Top. Ayant atteint l'âge canonique de 65 printemps, le barbu au célèbre bonnet africain a cru de bon ton de tenter une aventure sonore en dehors des sentiers battus, ou plutôt bien différent des arcanes musicales auxquelles il a pu nous habituer avec son trio texan historique.
Tout ceci mérite des explications qu'il est facile de trouver sur le site offciel du guitariste: on y apprend que, bien avant le premier LP de ZZ Top et même son premier groupe (psyche-punk garage) qui publia un album en 1967 sous le nom de The Moving Sidewalks, Gibbons était un adepte de la musique latino. Il suivit en effet des cours de percussions à Manhattan et son mentor ne fut autre que Tito Puente, le 'King of mambo', un ami de son père lui-même musicien. Puente lui enseigna l'essentiel des ryhtmes latinos via l'utilisation de maracas, bongos, congas... Revenu vers ses premières amours Gibbons proposa à des amis musiciens de se joindre à lui en 2004 au 'Havana Jazz Festival' dont le directeur artistique n'est autre que Martin Guigui un de ses proches amis. L'idée de faire un album germa alors. Ainsi fut conceptualisé "Perfectamundo" album produit par Gibbons himself et Joe hardy, et dont l'enregistrement initialement envisagé à Cuba fut au final effectué dans divers endroits (du studio perso du barbu à Houston, en passant par Los Angeles, Austin et Pontevedra en Espagne).

Passées les explications du 'pourquoi?', allons à la zike, un track-by-track semblant essentiel pour ne pas trop se perdre dans ce qui au final apparaît être une musique hybride, un embroglio de résonances venant de divers horizons...

"Got love if you want it"
percussions carribéennes, guitare bluesy, et orgue old-school pour un premier morceau donnant le tempo de ce surprenant LP. Premières sensations auditives intéressantes , à moins d'être un pur esthète Death-Trash-Hardcore et de refuser le verre de téquila qui va bien avec...

"Treat her right"
groove jazzy pour un titre sentant les années 50 avec non seulement cette rythmique mais également ces quelques notes de piano-bar, le tout relayé en deuxième partie par un solo à l'orgue tandis que Gibbons se lache ensuite vocalement et surtout avec sa gratte qu'il laisse terminer le morceau. Assurément une des réussite de cette galette! Et une 2e téquila, por favor!

"You're what's happenin, baby"
cordes sèches pour le 3e titre, relai par une rythmique/des percus qui sentent bon là aussi l'exotisme. Mais le GROS bémol c'est la voix, travaillée au vocoder, qui me semble un peu en décallage (sans parler du petit passage 'rap' qui est un peu 'too much'). Heureusement que la dernière portion du morceau revient aux fondamentaux rock avec la superbe partie de gratte du barbu. Me gusta téquila y salsa! Harrrrriibbbaaaa!!

"Sal y pimiento"
historiquement le premier morceau à avoir été composé par Gibbons et ses potes et en rapport avec le nom d'une néo-gargotte cubaine. Le piano et les percus semblent tout droit sortis d'une boîte de nuit afro-cubaine, et le chant en espagnol pour un titre léger et fraîchement dansant du meilleur effet. Aïe! Aïe! Aïe! Caramba!

"Pickin' up chicks on Dowling street"
le groove monstrueux dégagé par ce morceau ferait se lever un paraplégique pour swinguer et taper du pied tant le tempo est fédérateur et mortellement dansant. Deuxième pépite dans un registre moins latino. Dame la botella de téquila mi amigo!

"Hombre sin nombre"
encore un titre sur lequel la voix a été (mal) retravaillée dans un vocoder ce qui malmène un peu le morceau malgré le délire salsa-mambo-rock qui se dégage au final. Aë! AÏe! Aïe! Muchachos!

"Quiero mas dinero"
hymne fédérateur s'il en est (car on est tous d'accord sur le libéllé), même si l'on retrouve quelques passages 'rapés' (j'ai pas dit ratés); le son du barbu à la gratte ne peut au final que mettre tout le monde d'accord! Soy borracho amigo! Harriibbbaaaa amigo!

"Baby please don't go"
reprise blues assez classique sans orientation exotique, mais avec un orgue qui en dessine la colonne vertébrale de splendide manière...Hips!

"Piedras negras"
et ça repart de plus belle vers des contrées musicales multicolores, bariolées et sentant les tapas à plein nez! ...Aïe! Carramba !

"Perfectamundo"
dixième morceau donnant son nom à la galette et franchement certainement le meilleur morceau. Una composicion musical explosiva! Aïe! La botella esta totalmente vacia! Amigo, por favor, dame téquiiiillllaaaaaaaaaaaa !

"Q-Vo"
va refermer l'album dans un style qui reste conforme au reste de la galette bien que moins cha-cha et plus jazzy, avec un peu de chien quoi! Comprendo amigos mios? Harrriiiibbaaaa!





2015 SAXON "Battering ram"

label: udr music rec.
style: hard-rock canal historique
date de sortie: septembre 2015
date de chronique: 24 novembre 2015

[par Barjozo]



En 1970, Graham Oliver (guitare) et Steve « Dobby » Dawson (basse) montent un groupe du nom de Blue Condition. Ils sont rejoints par Peter « Biff » Byford (chant) et Paul Quinn (guitare) en 1974, au sein d'un groupe au nom ayant quelque peu évolué (Son Of A Bitch). En 1978, Pete Gill (drums) les rejoint en même temps qu'ils sont approchés par EMI ainsi que le label français à l'époque en pleine bourre, Carrère. Dès lors, ce nom un tantinet agressif fut changé en Saxon, nom adopté sur leur premier album éponyme (1979). Ce premier essai fut perfectiblement suivi de « Wheels of Steel », en 1980, en pleine vague NWOBHM au milieu des premiers essais studio des Maiden et autres Léopard Sourd. Ainsi, Saxon étaient les aînés de cette vague british et n'allaient plus quitter les avant-postes de la scène heavy internationale...

Le temps a passé...
Et Saxon est toujours sur la route comme en témoignent les nombreux live et le dernier en date "St George's day Sacrifice: live in Manchester" paru en 2014 et témoignant de la tournée "Sacrifice".
Saxon serait-il comme le vin de Bordeaux? -Faudrait-il, comme un grand cru classé, le laisser vieillir pour en recueillir la meilleure et la plus splendide des substantifiques moelles? -Faut bien croire que oui mes amis!
Après un superbe "Sacrifice" paru il y a déjà 2 ans, les anglais remettent le couvert et les amateurs de hard-rock, de décibels et de cavalcades guitaristiques en solo ou parfois binôme (à la Maiden) seront pleinement satisfaits.
Alliant rythmique hard-rock typique des années 80, à des ambardées stylistiquement typiques du speed allemand des années 90 (Helloween, Gamma Ray, Running Wild comme références), ces compositions permettent à Saxon de nous livrer un 21e effort studio dont l'homogénéité ne pourra pas être prise en défaut. Biff est toujours au top question vocalises et se démène en véritable chef d'un band qui n'a plus rien à prouver et dont l'unique ambition semble être celle de prendre son pied en balançant dans les bacs des fans un album qui ne s'en laisse pas compter! Faut-il rappeler les récentes déboires du batteur Nigel Glockler hospitalisé fin 2014 pour une hémorragie cérébrale? Et pourtant le bougre est revenu derrière les fûts!
Saxon a toujours été un des meilleurs groupes de hard-rock et a su rester fidèle à une ligne de conduite exemplaire, même à la fin des années 90, au creux de la vague. L'énergie et la vitalité dont font preuve ses membres méritent le respect et leur capacité d'écriture semble être restée intacte au fil du temps.

Le track-by-track ne sera pas utile ici. Je citerai simplement quelques morceaux: "Battering ram" qui donne son nom à la galette déboule en trombe et dès les premières notes on comprend que l'énergie sera au rendez-vous. Titre charpenté et en rock massif, gageons qu'en live ce morceau deviendra un classique. "The devils footsprint" démarre par un narratif qui évoquera par ses intonations l'intro de "The Number of the Beast" d'autres anglais (hommage indirect car il est aussi question du diable), avant que le morceau ne démarre lui aussi pied au plancher par un riff en acier trempé.
Revenons sur la dernière piste du LP, "Kingdom of the cross" qui en un peu plus de 6 minutes nous décrit de façon quelque peu inhabituelle pour ce groupe (narratif sur un fond plutôt léger, des claviers et une guitare sèche) les horreurs de la première guerre mondiale. Morceau un peu destabilisant car pas très en phase avec le reste de la galette...
Au final, Saxon nous propose un bon album qui même s'il est en deça de "Sacrifice" mérite qu'on y laisse traîner une oreille, par respect pour le groupe et ce qu'il représente.
Heavy Metal!....Thunder! ! ! !





2015 BLACK MASTIFF "Music machine"

label: new damage rec.
style: stoner/heavy blues
date de sortie: 10 septembre 2015
date de chronique: 23 novembre 2015

[par Barjozo]



Groupe canadien (Edmonton) inconnu pour ma pomme jusqu'à ces dernières semaines, Black Mastiff nous livre ici sa deuxième pièce composée de 9 titres. Le rythme est très lourd, on est dans un univers heavy très chaloupé, au groove permanent, de temps à autre lacéré de parties de guitares électriques, non plutôt électrifiées (écoutez le deuxième morceau "Neolithic groove" dont le nom n'est pas du tout usurpé!).
La voix (Clay Shea) est posée, langoureuse, donnant aux compositions un côté old-school très intéressant, surtout quand elle ralentit, à la limite de la déclaration (pas du slam quand même!) comme sur "Pariah", entouré de choeurs très suaves et sexy, alors que la guitare toujours pas très loin fait des apparitions claquantes et agressives (sur ce morceau difficile de ne pas citer Black Sabbath en référence évidente...).
Au total 9 rocks solides, heavy et bien structurés, et à la production irréprochable (derrière celle-ci se cache John Garcia que je ne vous ferai pas l'offense de vous présenter sur ce site).
Alors bien sûr, Black Mastiff n'a rien inventé et comme beaucoup de groupes stoners nous balance un mélange de fuzz, de rythmique estampillée 'Sabbath', avec un style peu original. Pourtant la zike présentée ici est extrèmement bien jouée, et propose en alternative à une originalité peut-être pas très prononcée, un sens du groove et de la mélodie parfaitement maîtrisé ("Torch" ou "Leave it on the floor" en fin d'album en sont 2 exemples représentatifs).
Peut-être pourra-t-on voir ces zozos sous la Valley en 2016?
In stoner I trust.





2015 Chris CORNELL "Higher truth"

label: universal
style: folk planante
date de sortie: 18 septembre 2015
date de chronique: 20 novembre 2015

[par Barjozo]



Si on en croît les rock-critics, je suis un des rares à la surface du globe terrestre (...) à avoir pu apprécier "Scream", le dernier effort de Cornell en solo (album qui date déjà de 2009). Album soit-disant insipide, sans relief et formaté radio-FM car produit par Timbaland... Je ne peux que confirmer ici tout le bien que je pense de cet immense artiste à la voix si addictive, que cette dernière soit utilisée pour chanter une ballade ou psalmodier de façon agressive des brûlots de lyrics rocks en pur granit.
Cornell donc, leader de Soundgarden. Cornell, ancien chanteur d'Audioslave. Cornell sur lequel les gouttes d'eau s'écoulant de notre mère Clepsydre ne semblent avoir aucun impact, si on s'en réfère à sa bouille éternelle de jeune premier au regard bleu azur.
Revenu sur le devant de la scène rock avec "King animal" en 2012, le chanteur m'avait quand même un peu déçu lors de la prestation de Soundgarden au Hellfest en 2014. Faut dire à sa décharge que le grunge ou les groupes apparentés à ce courant musical n'ont qu'un faible public dans l'hexagone, la plupart des gens considérant que ce genre musical fut créé par Nirvana, ce qui est entièrement faux historiquement parlant, mais la mort de Cobain et la 'règle des 27' l'ont emporté en transformant ce pauvre Kurt en véritable icône dont l'image plus de 20 ans après sa mort ne cesse d'alimenter un merchandising aussi florissant que celle du Che.
Bref.
Revenons à "Higher truth" et ses 12 compositions. Première précision: les guitares saturées et les sons distordus n'ont pas été invités. Il faut en effet chercher parmi les titres ceux qui possèdent un petit solo de gratte [en dehors du morceau introductif ("Nearly forgot my broken heart") et de "Murderer of blue skies" qui accélèrent un peu la cadence en deuxième partie]. Même si c'est le grand producteur de classic-rock Brendan O'Brian qui produit la galette, celle-ci est plutôt orientée pop-folk avec une ambiance acoustique dominante. Par ailleurs banjo, piano ("Higher truth"), harmonica permettent d'apporter une certaine cohésion à l'oeuvre, en laissant le champs libre aux cordes vocales de Cornell, dont on peut apprécier toute l'étendue du registre.
Car il s'agit ici d'un album calme, que l'on peut s'écouter tranquillement quand on a le spleen, le blues, ou qu'on veut se laisser aller...En ce sens, on pourra évoquer et apparenter cette oeuvre à certains albums de Neil Young (without Crazy Horse), Springsteen ou même Bobby Plant himself. Plus récemment, certaines compositions de Jack White ont pu m'apporter les même sentiments de calme et sérénité.
Un petit souffle de sensualité.
Une légèreté printanière à l'entrée de l'hiver.
Un moment d'émotion loin des sirènes hurlantes de l'actualité internationale.
Un bien-être tout simple.

...tout ça bien sûr pour mieux rapidement pouvoir repartir vers des contrées musicales grisantes remplies de décibels!
Rock! Rock! 'till you drop, MFKers!





2015 HELLOWEEN "My God-given right"

label: nuclear blast rec.
style: german power metal canal historique
date de sortie: 29 mai 2015
date de chronique: 15 novembre 2015

[par Barjozo]



Du Helloween historique que reste-t-il?
Sur un plan humain, restent le taciturne bassiste Markus Grosskopf et le besogneux guitariste Michael Weikath.
Sur un plan esthétique et conceptuel, on a toujours et encore droit à la fameuse citrouille, la pumpkin qui malheureusement a tendance à flétrir avec le temps...
Sur un plan musical, et c'est bien là qu'on attend le groupe, je dois bien reconnaître que l'on est très loin des albums d'anthologie que représentent "Walls of Jericho", "Keeper I", "Keeper II" ou encore le monstrueux (et toujours introuvable à l'heure où j'écris ces lignes) "Live in the UK".
Ceci étant dit et en laissant de côté tout préjugé de quadra vieillissant du style "avant c'était mieux", je dois admettre que ce 15e opus studio des allemands est quand même intéressant à écouter. Mélodique comme ses prédécesseurs sans pourtant suffisamment renouveler le style à mon goût, les morceaux qui jalonnent la galette sont loin d'être indigestes. "Heroes" ouvre les hostilités de manière enlevée avec un refrain accrocheur, tout comme le 3e titre qui donne son nom à l'album. J'ai un faible pour "Star crazy" dont la calme intro cache un excellent morceau de speed metal dont les teutons ont toujours eu la science de la composition.
Il est évident que pour ce type de groupe l'écueil le plus difficile à éviter reste la redite, le bis-repetita et cet album ne déroge pas à cette règle. C'est ainsi que les petits 'bridges' mélodiques dont l'ex-guitariste du groupe Kay Hansen est un master ès-diligencia et qui leur a donné toutes leurs lettres de noblesse, ces petits accords de guitare donc sonnent souvent comme du déjà-entendu. Mais au final, ne soyons pas trop dur avec nos musiciens d'outre Rhin: cet album saura se faire une place dans les charts métalleux car il est globalement bien construit, et le lead-vocal Andi Deris n'y est certainement pas pour rien (sic).





2015 KILLING JOKE "Pylon"

label: spinefarm rec.
style: metal indus
date de sortie: 23 octobre 2015
date de chronique: 8 novembre 2015

[par Barjozo]



C'est par hasard, telle Marie Noel tombée dans la cheminée de Jean Balthazard, que je me suis écouté le dernier opus des anglais de Killing Joke dont je dois bien l'avouer je ne connaissais pratiquement rien avant d'avoir eu un petit aperçu de leur zike au dernier Hellfest (Clisson Rock City 'fest 2015).
Renseignements glanés ça et là au gré de mon surf sur des sites branchés "metal indus", KJ est une formation quasi quadragénaire (1978) qui après quelques remous s'est reformée sous son line-up originel en 2010 et l'album "Absolut dissent". Le style semble avoir pas mal évolué entre post-punk, new-wave du début et des années 80, ainsi qu'un rock plus rugueux qualifié d' industriel dans le courant des années 90 ("Pandemonium", 1994). "Pylon" qui nous intéresse ici s'inscrit semble-t-il d'après les initiés dans un triptyque dont il constitue la 3e pierre angulaire, après l'album de 2010 sus-cité et "MMXII" paru en 2012, comme son nom l'indique...
Pour qui ne connaît pas KJ, le titre "Autonomous zone" vous scotche par son incroyable basse au son claquant, sur des rythmes rapides et des boucles de guitare lancinante alors que la voix (Jaz Coleman, chanteur au look très Alice Cooper-like) est en léger décallage, s'apparentant à une incantation 'habitée' (mode de chant retrouvé sur tout le LP par la suite). Une entrée en matière bien rugueuse et addictive qui vous empêche d'appuyer sur la touche 'stop' de votre lecteur CD/MP3. Les titres sont assez pessimistes dans leur texture, l'ambiance 'indus' tirant sur le gothique n'y étant pas pour rien ("Delete", "New cold war", "Big buzz", "I am the virus"...). Au fil de l'écoute des 10 morceaux qui composent cette galette on pourra par moment sentir une impression désagréable de 'redite' dans un style il faut bien l'avouer qui ne se prête guère aux expérimentations (les incantations vocales n'étant pas mon dada). Pourtant au final, j'avoue avoir été assez bluffé par ces vieux rockers et un album qui, même s'il ne restera pas dans les annales barjoziennes, pourra facilement se ré-écouter pour meubler les longues soirées d'hiver qui s'annoncent...





2015 VOODOO HILL "Waterfall"

label: frontiers music rec.
style: rock FM
date de sortie: 16 octobre 2015
date de chronique: 27 octobre 2015

[par Franck and furious]



Choisis ton intro !
1- A quoi joue Glenn Hughes, et à un degré moindre Dario Mollo ?
2 -Chef d'oeuvre avorté ?
3- Comme les politiques, on n'a que la musique qu'on mérite ?

Tape 1
A 63 ans et 2 projets plus ou moins avortés scéniquement : Black Country Communion et California Breed, mon chanteur bassiste préféré s'en va tourner avec Doug Aldrige, et enregistre entre temps son 3ème Voodoo Hill avec Dario Mollo. Alors qu'on le pensait en panne de guitariste, il se retrouve du coup avec 2 bons : un pour le live et le second pour le studio. C'est toujours aussi compliqué à suivre avec lui, mais au moins il y a de la vie et de la diversité. On se demande bien pourquoi il n'arrive pas à aller au bout d'un projet (album+tournée x3 minimum) ? Mais on imagine que malgré son pédigree, il n'a pas toutes les cartes en main. Dario Mollo nous interpelle aussi en faisant le yoyo avec Tony Martino et Glenn Hughot, toujours en studio, mais jamais in vivo ? Et cela finit par ne plus être rigolo. Bref, pourquoi ces 2 là ne s'acoquinent-ils pas durablement ?

On jouira donc de cette nouvelle offrande musicale sans trop réfléchir. Ce qui n'est pas le cas du compositeur italien. Car si Hughes produit de la musique classic rock et funky rock, Dario Mollo lui propose d'aller vers l'autre facette du chanteur qu'il délaisse : le coté hard et lourd des Iommi-Hughes, et mélodique du Hughes-Thrall, voire un brin de Phenomena. Bref, vers son coté hard fm classieux.

Tape 2
Ma foi, Dario Mollo s'en sort très bien avec ses influences entre Tony Iommi, Ritchie Blackmore, et un zest de Jimmy Page et d'Eddie Van Halen. L'italien nous propose un bon mix des 2 premiers Voodoo Hill : la mélodie du 1er (All That Remains, Waterfall, Eldorado), et le côté plus hard du second (The Well, Rattle shake bone, Evil thing), tout en rajoutant une pointe de Led Zeppelin (Underneath and Down Below, Karma go) et de Beatles (White feaver, Sunflower). Ce rajout d'influences ajouté à la symbolique du 3ème album, voudraient qu'on tienne là, un album abouti, voire un summum. Et ma foi votre serviteur ne sait pas trop quoi en penser ?

Oui ! L'album est bon, très bon même, avec de belles pépites dessus qui mérite à coup sûr d'être proposées en concert. Dario Mollo distille de belles interventions de guitare tant en rythmique qu'en solo, qui sont un régal (le solo dantesque de White feather). Glenn Hughes, qu'on ne présente plus, magnifie le tout de sa voix magique et multi-couleurs.

Tape 3
Mais est-ce parce que cet album sort sous le logo ''Frontiers'' et ses sorties quotidiennes qui me noient ou me blasent ? Est-ce le côté ''album jetable de consommation'' car non suivi de tournée et de vrai projet qui floutent ma perception ? Mais j'ai comme un petit goût de frustration dans cet album. Et je suis incapable de vous dire pourquoi au final, tant cet album ne me déçoit pas, bien au contraire. Peut être que sorti à une autre époque, avec un autre état d'esprit, je dirai que cet album n'est pas loin du chef d'oeuvre dans le genre hard fm aor classieux. Ou peut-être ai-je besoin de davantage de temps pour l'évaluer correctement ? Quoiqu'il en soit, on passe un super moment avec des compositions de qualité et 2 artistes au sommet de leur art. Merci en tout cas de nous proposer ce genre d'album dans un style où The Voice régale aussi, encore et toujours, accompagné d'un guitariste au jeu complet.

***

All that remains : 5/5
Imaginez vous être producteur dans les années 80, un genre de Bob Rock : Qu'auriez vous fait de ce titre ? Pour ma part, je pense qu'il aurait été un tube. Imaginez le jouer façon Bon Jovi de l'époque. Un riff fm style ''Sensitive'' (''This is the story of Frankie The Lion .'' hé hé) du 1er VH, une voix fluide et ensorceleuse, un refrain immédiatement prenant et harceleur qu'on imagine sans peine fédérer en concert, un public comme un seul fan. Un hit comme Hughes ne sait pas vraiment en faire en solo. Et un solo des plus mélodiques et accrocheur d'un guitariste complet . Un guitariste qu'un Hughes se cherche désespérément depuis JJ Marsh.

The Well : 5/5
Sorti en single, je n'avais pas accroché à sa première écoute, et à son côté un peu passe-partout. Pourtant, les choeurs du refrain et son côté légèrement funky puis heavy façon Gone de l'album Iommi-Hughes, font doucement son ouvre, d'autant qu'il est le parfait titre complémentaire à All That remains et perpétue bien à l'ambiance générale de l'album. Comme quoi la valeur d'un album prend toute sa signification dans ce genre d'enchaînement . bref ces 2 titres feront une sacrée paire en concert. The Well n'aurait pas dépareillé sur l 'album ''Feel'' de The Voice. En définitive : gros riff + refrain accrocheur + rythmique entraînante + un final uppercut = un titre parfait dans le genre.

Rattle shake bone : 4,25/5
Là on découvre un titre hard rock blues entre un ZZ top et le titre bonus Let it down easy du Iommi-Hughes. C'est rock n'roll et bien gras - pas le genre de R'nR light et convenu que Hughes eut fait avec les Boballos ; Non ! ici on a du très bon rock surboosté et dansant où la voix puissante de l'ex Deep Purple fait son oeuvre, mais aussi où Dario Mollo délivre un solo efficace. C'est direct. Un bon titre pour le live aussi. Un peu le ''Days of rock n roll'' ou le ''Hell to pay'' des respectivement derniers albums d'Europe et Deep Purple, sans claviers, mais en moins inspiré tout de même.

Undermeath under bellow : 4,75/5
Tiens ! Voilà le énième clone de Kasmir de Led Zepellin. Mollo se veut très subtil façon No Quarter, pour redémarrer illico vers l'orient - très bon solo mélodique et bluesy, très Blackmorien. Glenn Hughes y apporte toute sa dramaturgie, appuyée par ses propres choeurs . Un petit bijou empli d'émotions. Je vous invite en passant à écouter sur les réseaux sociaux musicaux, la reprise de LZ ''Since I've been lovin you'' sur laquelle le chanteur y est juste divin.

Waterfall : 5/5 un must !
Super ballade avec son refrain fait pour se slower, et qui lui aussi ne lâche plus votre cerveau et votre petit cour romantique. La voix suave du couteau suisse du chant y est tout simplement magnifique, comme souvent, mais elle prend toute son ampleur sur ce genre de titre. Mollo pousse Hughes à briller, et l'accompagne sur un solo final à la slide, version The Gypsy du grand Ritchie Blackmore, mais aussi avec un final qui rappelle le solo de John Sykes sur la ballade Heavens's missing an angel du Hughes-Turner-Project

Karma go : 4,75/5
Mi tempo rock lourd façon Aerosmith, Led Zep, Black Sabbath. La tête bouge. Le refrain, toujours soutenu par les choeurs, est lui aussi gagnant fortifié par un solo très blues, puis rock, très bien conçu.

Evil thing : 4,5/5
Encore un titre assez lourd, mi-tempo mais en plus rapide. Le titre est moins évident, mais prend aussi racine au fur et à mesure. Mollo intervient dans le second couplet comme pour lui donner un petit coup de fouet. Le refrain est encore réussi : direct, simple, et à reprendre en choeur, refrain assez typé école allemande. Mollo s'éclate décidément à se la jouer Iommi, et avec réussite.

Eldorado : 5/5
Titre qui porte bien son nom. On y trouve son eldorado avec ce gros riff bien hard, et un refrain bâti direct pour les stades où je me vois, où je te vois, lever le poing, secouer la tête, sauter et reprendre à tue tête ces choeurs efficaces. Le pont calme qui met encore en valeur cette voix sublime, (oui ! We can hear you !) amène un solo très réussi de Mollo. Un hit.

White feaver : 3,75/5
Intro solo très blues seventies pour cette power ballade avec ce refrain très aérien, un peu Beatles qui me fait somnoler. Toutefois le guitariste enfonce encore le clou avec un long solo blues technique qui précède un final beaucoup plus pêchu à la Led Zep, avec ce chanteur qui rebooste le titre. Mais cela arrive un peu tard. Dommage.

A partir de là, ça commence à se gâter . un album qui aurait du s'arrêter aux 8 titres efficaces précédents, voire à White feaver. Les 2 derniers titres auraient pu postuler sur le fade album Music of divine du chanteur.

Sunflower : 3,5/5
Le titre rappelle cette époque là des 60'-70'. C'est gentil, ça fait penser à Tears for fears, mais ça ne décolle pas vraiment, du moins pour votre serviteur qui n'aime pas ce genre d'influences. Un titre fait pour se reposer, mais qui est le filer de l'album. Pourtant, Dario Mollo y délivre son solo le plus original avec une partie à la Steve Vai. Dommage, le titre vaut pour ce solo excellent à écouter au moins une fois.

Last door : 3/5
Une ballade sans saveur, avec ce refrain planant (plat?), que la voix extraordinaire de The Voice n'arrive pas à sauver. Faut dire que Hughes prend ici son registre nasillard qui me révulse, en pâle copie de Stevie Wonder qu'il essaie d'imiter de temps à autre avec peu de succès. Quand on connaît sa voix suave et puissante, ça me fait disjoncter quand il chante de cette façon. Musicalement, l'ambiance encore à la Kasmir sur le final, ni le encore très bon solo, d'un Mollo décidément bien inspiré, n'arrive pas non plus à sauver ce morceau quelconque. Encore dommage.





2015 FUNERAL HORSE "Divinity for the Wicked"

label: artificial head rec.
style: stoner
date de sortie: octobre 2015
date de chronique: 23 octobre 2015

[par Barjozo]



Trio en provenance d'Austin, Texas, USA, Funeral Horse nous propose ici sa deuxième conception LP. Autant dire tout de suite que j'avais zapé leur premier album ("Sinister rites of the master" paru en 2014).
Le style? -du stoner messieurs dames. Des premières notes de "There shall be vultures", aux cavalcades rugissantes de "Gods of savages" qui vous scotcheront sur vos siège, incapables de lever le petit doigt (ah! cette ligne d'orgue...), anéantis par un rythme ébourifant et un groove magistral!
Des influences? -ouida maître Yoda et pas des moindres cela va sans dire (cette ultra-doom intro sabbath-bloody-sabbath de "Underneath all that ever was" et surtout de "Yigael's wall" c'est quand même pas rien non, non, non!).
"A bit of weed" vous traînera même vers d'asiatiques horizons où se mêleront des ambiances folk à de suaves essences musicales orientales. Titre un tantinet trop bref et qu'on aurait aimé agrémenté de lignes électrifiées...
"Cities of the red night" vous ramènera vers un rythme dansant, swingant, magnétique à souhaits, une flute venant vous caresser dans le sens du poil en deuxième partie de morceau...
"Gifts of opium and myrrh" vous entraînera pour finir vers des rivages inondés de lumières, à l'aide d'une rythmique incendiaire, morceau qui au final vous déposera après plus de 7 minutes sur les côtes écossaises à l'aide d'une originale ligne musicale à la cornemuse (!).
Très bon album. On regrettera surtout sa brièveté avec 7 titres et 36 minutes seulement...





2015 KADAVAR "Berlin"

label: nuclear blast rec.
style: Rock recyclé
date de sortie: octobre 2015
date de chronique: 14 octobre 2015

[par Barjozo]



Troisième effort studio pour le trio germain...Faut-il rappeler que leur dernier opus avait cassé la baraque en Barjozie? ("Abrakadavar").
Entiché d'un nouveau bassiste (français, recruté chez Aqua Nebula Oscillator), les barbus nous proposent donc un album au titre non équivoque puisque Berlin est leur ville natale et que le-dit LP y a été enegistré dans un petit studio 100% analogique situé dans le quartier Tempelhof de la capitale allemande (si vous regardez bien la pochette, on y voit le nom pré-cité en reflet). D'où ce son, rappelant inéluctablement les années 70s, ou peut-être est-ce aussi un hommage au grand Lou Reed qui lui aussi avait pondu un LP nommé 'Berlin' (1973)?. Notons que malgré le succés grandissant chez les afficionados du rock ils sont restés fidèle à Nuclear Blast chez qui ils ont signé pour "Abrakadavar" via un intermédiaire de choix en la personne de Théo Mindell d'Orchid.

Ouvrant les hostilité par un brulant et tonitruant "Lord of the sky", véritable hit en puissance, toujours dans un trip sabbathien-doom-stoner, on lève d'emblée tout doute quant à l'inspiration du trio qui semble intacte à l'entame du disque. "Last living dinosaur" plus lent mais au groove si bien senti nous rapproche encore du noir sabbath (sans blague sur ce titre on dirait Ozzy au chant!!). "Thousand miles away from home" débute comme une ballade, mais très vite un riff lancinant vient délivrer nos muscles cervicaux si prompt à headbanguer à l'écoute de telles compositions...Entrée en matière véritablement monstrueuse pour ce "Berlin".
La suite n'est pas mal non plus puisque sur "Filthy illusion", un rock-stoner poussiéreux et bien crasseux, on a du mal à ne pas taper du pied: rythmique bien rugueuse et gratte littéralement électrifiée. Encore un très bon morceau. "Pale blue eyes" débute par une descente de manche Tommy Iommiesque puis s'envole tel un aigle planant au dessus des nuées. Enchainement sur "Stolen dreams" toujours dans la même veine.
"The old man" pourra rappeler à certains le "Eye of the tiger" de Survivor, surtout par les intonations et le rythme des couplets, mais vite laissé de côté en seconde partie de morceau et sur le refrain à l'aide d'un riff bien trouvé (ouf!). "Spanish wild rose" est un tantinet plus léger, moins stoner/doom. "See the world with your own eyes", "Circles in my mind" et "Into the night" achèvent de me convaincre qu'après "Abrakadavar", il est vraissemblable que je me mette à écouter cet album en boucles pendant de nombreuses semaines...
L'album s'achève en douceur avec un titre en allemand ("Reich der träume"), reprise de Nico (encore une référence à Lou Reed?), hégérie de Warhol et chanteuse éphémère du Velvet Underground sur leur premier album dans les années 60.





2015 W.A.S.P. "Golgotha"

label: napalm rec.
style: hard-rock
date de sortie: octobre 2015
date de chronique: 14 octobre 2015

[par Barjozo]



C'est d'une autre galaxie, bien au-delà du système solaire que nous vîmes arriver et fondre sur la planète bleue, une nuée de vaisseaux spatiaux de formes variées mais non équivoques : des golgoths. A leur seule évocation, le moindre quadra dont les circuits entorhinaux sont restés un minimum actif malgré le temps pourra vous dire « qu'avec eux faut pas rigoler », et s'en remettra illico presto au seul héro intergalactique qui pourra leur faire face. J'ai pensé. J'ai nommé. Goldo. Le grand Goldorak et son pilote au profil nippon (ni mauvais) le bel imberbe Actarus (go !) (.).

« Golgotha » c'est un peu un retour en arrière vers ces années 80 lumières où à peine pubères, nous (les quadras actuels plus ou moins avancés) nous éveillions à la nature et à la zike. W.A.S.P. (We Are Sexual Perverse) en ces temps reculés nous avait rejoué le coup de Kiss avec des shows hauts en couleurs pendant lesquels je me souviens que Blackie balançait des morceaux de bidoche saignante sur les spectateurs des premiers rangs. C'était de la provoc' gratuite et cela fit son effet en terme de pub pour un groupe dont la musique n'était ni originale ni mauvaise en soit, mais un groupe tout ce qu'il y a de classique.
En 2015, 6 ans après leur dernier opus, Blackie et ses acolytes reviennent simplement nous proposer la zike qu'ils savent faire (ou plutôt que Blackie sait faire puisqu'il est le seul rescapé du début). De ces 55 minutes et 9 titres que retenir ? Que la foi est toujours présente. Que la guitare (Doug Blair) est tout bonnement monstrueusement présente d'un bout à l'autre de l'album, une gratte véritablement flamboyante qui monopolise l'attention (écoutez le slow « Miss you » p.ex.). Que Blacky ne sait toujours pas chanter [sic] même si la voix se fait moins aiguë et plus mélodique avec le temps. Mais au final aucune prise de risque : W.A.S.P. en 2015 pond un album qui aurait pu sortir en 1985 quand le frontman hurlait à qui voulait l'entendre « Animal ! I f*ck like a beast ! ». Gageons que cela comblera les fans du groupe (dont vous l'aurez compris je ne suis pas forcément).

P.S. (.) La bataille fut âpre. Mais après plusieurs heures de combat les derniers golgoths décidèrent de rebrousser chemin. Une fois de plus Goldorak était vainqueur. Une fois de plus la planète bleue allait pouvoir souffler. Rendons grâce à ce valeureux héro qui « traverse tout l'univers aussi vite que la lumière. lalala..lalala.. »





2015 SLAYER "Repentless"


label: nuclear blast rec.
style: thrash metal
date de sortie: septembre 2015
date de chronique: 11 octobre 2015

[par Boucle d'Or]


Six ans après leur dernière livraison, Slayer nous revient avec une nouvelle galette. Que de changements ces dernières années ! Exit Jeff Hanneman parti jouer dans l'au-delà et remplacé par Gary Holt (ex Exodus), exit leur label Def American et son producteur gourou Rick Rubin, exit Dave Lombardo remplacé sur leurs dernières tournées par Paul Bostaph (ex Exodus). Alors en 2015, Slayer ça donne quoi ?

Et bien. du Slayer, toujours dans leur trip satanique (ta mère !) avec une version digipack offrant une croix renversée une fois dépliée.
Dès l'intro instrumentale « Delusions of saviour », on replonge dans leur période années 90 avec ce son si caractéristique de la guitare de Kerry King. Puis déboule « Repentless » en coup de poing, délivrant un speed thrash métal certes classique mais furieusement efficace. Double grosse caisse massive, soli à 100 à l'heure, changements de rythmes, chant agressif...
« When the sillness comes » offre une ambiance moins speed et plus lourde. Le reste est sans surprise et offre son lot de pains dans la gueule. La production est énorme et notamment la batterie de Paul Bostaph (si on écoute sur une bonne chaine et pas sur du mp3). 40 minutes d'équarrissage en règle et sans compromis.
Finalement un bon cru pour Slayer avec cet album qui n'aurait pas dépareillé s'il était sorti juste après « Seasons in the abyss ». Sans grande surprise mais rassurant quant à l'avenir du groupe.

A noter que cet album est proposé dans une version comprenant un DVD de leur prestation au Wacken en 2014 (diffusé sur Arte un samedi soir l'an dernier). Ce concert excellent, très bien filmé, son au top, rappellera leur prestation au Hellfest avec un show quasi similaire (tous les classiques sont là, durée identique et même horaire de passage). Ce DVD justifie à lui tout seul l'achat de l'ensemble.





2015 MY SLEEPING KARMA "Moksha"


label: napalm rec.
style: metal instrumental planant
date de sortie: 29 mai 2015
date de chronique: 11 octobre 2015

[par Barjozo]


MSK est de retour en 2015 avec "Moksha", successeur du très apprécié "Soma" paru en 2012.
La recette est la même: morceaux hypermélodiques empruntant claviers et autres instruments comme intro dans leurs structures qui ensuite envoient clairement un heavy puissant et racé. Attention cependant car il n'y a réellement que 6 titres, les autres 5 parties musicales faisant office d'interludes, comme sur les albums précédents. L'effet de surprise que j'avais pu ressentir à l'écoute de "Soma" est donc absent en 2015. Pourtant, les titres sont toujours très accrocheurs, comme le premier single donnant son nom à l'album "Moksha" ou le deuxième titre "Prithvi" dont la vidéo sur Youtube est assez bien ficelée.
Il n'empêche comme c'est souvent le cas avec des groupes purement instrumentaux, qu'au bout d'un moment on a le sentiment de tourner en rond, tel le pélerin autour de la Kaaba à la Mecque. Et là, attention! On sait que cela peut être dangereux car un mouvement de foule peut entraîner un vrai désastre humain, tout comme un titre moins bien arrangé peut faire capoter la galette en entier. Alors pourquoi donc messieurs les musicos de MSK vous privez-vous donc de l'apport d'un(e) vocaliste? Mystère et bubble-gum!
En résumé, "Moksha" (qui désigne le nirvana hindou, l'état d'éveil, le détachement total et la paix intérieure) si vous ne connaissez pas MSK vous procurera sans doute un immense plaisir. A l'inverse si vous avez déjà goûté à ce breuvage musical, vous risquez peut-être comme moi de vous lasser après 3 ou 4 écoutes...





2015 The SWORD "High Country"


label: razor & tie rec.
style: rock rock 'till you drop style
date de sortie: 10 juillet 2015
date de chronique: 10 octobre 2015

[par Barjozo]


5e LP et 15 morceaux pour ce quatuor d'Austin, Texas, USA. De The Sword je me souviens avoir aimé « Warp riders » (2010) alors que j'avais totalement fait l'impasse sur « Apocryphon » (2012), mais bon 2012 fut une année difficile pour Barjozo, et cela dit on ne peut pas être au courant de toutes les sorties, et quand bien même le serait-on, comment tout écouter ?
Bref, quoi de neuf pour The Sword avec ce « High country » ?
Et bien depuis « Warp riders », on ne peut que constater une évolution de la zike des plus sympathiques; non pas que ces jeunes musicos aient renié leur récent passé, mais dans le sens où manifestement avec eux, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il nous bourre les cages à miel avec les même (bonnes) recettes éprouvées dans leurs albums précédents quand bien même ces productions furent-elles portées au pinacle et adulées par les foules de fans métalleux en quête de nouveaux héros [sic].

Après une intro instrumentale très 'synthétique' (« Unicorn farm »), le décor et l'ambiance musicale sont rapidement plantés avec un « Empty temples » excellent. Le heavy-blues lorgnant souvent vers le stoner de ces texans n'a vraiment rien à envier à leurs illustres aînés. Les influences sont multiples, variées, colorées allant de Maiden à Sabbath, de QOTSA à Led Zep rien que ça et en toute maîtrise technique cela va de soit!
Agrémenté de titres instrumentaux dont un flippant "Agarthe", de fil en aiguille l'album vous prend dans ses filets telle une araignée. Cela ne servira à rien que vous vous débattiez tel un moucheron, car au final vous finirez englouti par cette zike arachnoïforme. Entre titres limites pop ("Seriously mysterious" ou encore "The dreamthieves") et brûlots heavy/stoner ("Buzzards", ou le très speed "Suffer no fools") The Sword montre toute l'étendue de ses capacités et démolit les critiques qui voulaient les cantonner à un seul style, une catégorie unique plutôt 'stoner US' avec tout le côté rébarbatif que certains n'hésitent pas à accoler à leurs jugements.
The Sword a acquis en 5 albums une maturité époustouflante à la fois dans la maîtrise technique mais également dans l'écriture de leurs morceaux. Une confirmation en live ne serait pas pour me déplaire en 2016!
Encore un LP qui sera bien placé dans les classements de fin d'année à coup sûr!





2015 The VINTAGE CARAVAN "Arrival"

Album classé N°5 du Top 2015


label: nuclear blast rec.
style: power-metal from the Earth of ice and fire baby (oh yeah) !
date de sortie: 18 mai 2015
date de chronique: 7 octobre 2015

[par Barjozo]


Ce trio islandais de power-metal sort en 2015 son deuxième effort studio. Óskar Logi (Chant--guitare), Guðjón Reynisson (Batterie) et Alex Örn (basse) ouvrent les hostilités de la meilleure manière avec un flamboyant "Last day of light" sur lequel vous vous surprendrez à retrouver des influences aussi variées que sympathiques entre heavy-70ies, stoner et rock psyché. Travail remarquable de la guitare bien soutenue par la rythmique. Presque trop d'influences sur un long titre (6'35) ayant le rôle d'introduire un album...Ensuite "Monolith" comme son nom l'indique est un peu plus lourd, dans la droite lignée stoner historique! "Babylon": 3e morceau au refrain entraînant et au rythme très 80ies quant à lui. "Eclipsed" débute lentement par une ambiance quasi-progressive avant un trip heavy (Sabbath, bloody Sabbath!) voire doom du meilleur effet à ce stade du LP, permettant un break évitant que l'on ne s'ennuie. Morceau entiché d'un changement de tempo à mi-morceau. Excellent et vraiment original.
Vient ensuite "Shaken beliefs" et le tempo repart avec une ligne de basse-fuzz rapide pour un morceau lorgnant vers du stoner enlevé. "Crazy horse" propose ensuite un heavy qui serait on ne peut plus banal s'il n'y avait un refrain magnifique entraînant et bien senti qui inexorablement vous poussera à headbanguer sans relache! Mosh! Mosh!
"Sandwalker" ne peut que vous rappeler une intro d'un groupe de barbus US: c'est donc du sable des terres arides du sud des States qu'il est question ici. Et quel solo companeros! Vient ensuite un titre qui démarre à la gratte sèche (on pourra évoquer Led Zep) mais dont la deuxième partie rescelle un tempo enlevé sur lequel des influences celtiques, ainsi qu'un orgue poussiéreux tout droit sorti des années 60 va s'en donner à coeur joie ("Innerverse"). Un petit bijou de morceau qui se magnifie au fil des écoutes...Extraordinaire!
"Carousel" et "Winter queen" vont refermer l'album. Si "Carousel" titre mid-tempo peut peiner à retenir votre attention après la grosse baffe assénée par le morceau qui le précède, il n'en est pas moins intéressant avec une rythmique déjantée, un chant bien posé et une mélodie toujours recherchée. C'est pourtant "Winter queen" qui avec ses près de 9' finira de vous transporter dans l'univers polychrome musical de ce trio venu du froid: multiples breaks et envolées de guitares tout y est. Un putain de super bon titre qui s'il est retranscrit tel quel 'on stage' fera se lever les foules à n'en point douter, MFKers ! ! !
Au final? "Arrival" va certainement longtemps vous accompagner tellement ce disque est riche et déborde de compositions hyperchiadées. Pourquoi se le cacher, ces 3 jeûnots islandais ont eu certainement la chance que les muses de l'art et la musique se penchent sur leurs berceaux respectifs quand ils étaient encore au stade des babillages. Chanceux!





2015 IRON MAIDEN "The book of souls"

Album classé N°2 du Top 2015


label: parlophone
style: heavy metal progressif
date de sortie: 20 septembre 2015
date de chronique: 6 octobre 2015

[par Boucle d'Or]


Iron maiden et moi, c'est une vieille histoire qui remonte à 1981 sur les bancs du collège. On s'est beaucoup aimé, un peu fâché période « no prayer » puis réconcilié avec l'excellent « brave new world » et depuis c'est un peu en dents de scie, leur deux derniers opus m'ayant assez peu convaincu car trop hermétiques et manquant d'accroche à l'exception d'une poignée de morceaux. C'est donc un peu fébrile que j'attendais la sortie de ce 16eme album enregistré à Paris où a été gravé « brave new world ». Il s'agit de leur premier double album. Il est malheureusement rare qu'un groupe arrive à pondre un album tenant cette distance surtout dans le heavy metal, sauf .. si le style se fait plus progressif (ex porcupine tree, marillion..) C'est justement ce qu'ont choisi les anglais.

Le premier titre « if eternity should fail », un des deux titres écrits par Dickinson qui aurait du figurer sur son prochain album solo donne le ton de cette double galette. Progressif., musical, accessible et très plaisant dés la première écoute. Après une intro de claviers menaçants tels de lourds nuages noirs prêts à éclater et déverser leurs trombes d'eau avant que les guitares fissurent l'édifice, Dickinson très en voix et en forme en a sous la semelle et envoie du petit bois. Cavalcades de guitares, duels et trios de guitares, changement de tempos et de rythme, 8 mn au compteur, ce premier titre rassure quant à la forme du groupe !

Puis c'est au tour du single « speed of light » on repart sur du maiden bien plus classique, millésimé eighties avec un tempo enlevé et entrainant. Un très bon riff, et ces guitares qui virevoltent tout au long du titre. A coup sur le titre d'ouverture des prochains concerts. Après « the great unknown » assez classique et de bonne facture vient « the red and the black » autre long morceau (14mn) excellent, entrainant et dansant (essayez la bourrée auvergnate dessus !) tout en restant puissant. Seul bémol, un malheureux refrain fait de «oh oh oh» un peu facile (on sent bien que c'est pour les stades) vient quelque peu gâcher la qualité de ce titre, mais sans non plus apparaître trop fréquemment.
S'ensuit « when the river runs deep », titre rapide et efficace mais assez classique qui permet d'atteindre une autre pépite d'une dizaine de minutes de cet album, « the book of souls » et son intro à la guitare sèche suivie du martèlement de batterie de Nico Mcbrain bien mise en lumière sur cet album. La encore les claviers sont présents et enrobent la composition dans un écrin très prog.

Je passerai très vite sur les prochains morceaux constituant le deuxième cd, ventre un peu mou de ce disque. « Death or glory » sonnant assez classique, « shadows of the valley » pourtant pas mauvais mais souffrant d'une intro quasi pompée sur « wasted years » et avec aussi des refrains à la «oh oh oh « (oui je sais j'ai du mal perso avec ça), « tears of a clown », hommage à Robin williams avec son très accrocheur refrain, puis « the man of sorrows » et son intro lente et lourde assez sabbathienne avant que des claviers n'apparaissent et donnent un final progressif atmosphérique plaisant.
Car la masterpiece de ce deuxième cd est l'autre titre écrit par Dickinson « empire of the clouds », véritable pièce épique de 18 minutes qui surprendra les fans de maiden tant le titre est assez loin de tout ce qu'ils ont pu faire. Intro au piano, suivi de violons, montée en puissance progressive, changement de rythme, éclosion de guitares, plusieurs mouvements s'articulant, tous les ingrédients d'une bonne recette du rock progressif sont ici réunis.

En résumé, pour moi le meilleur album depuis le référentiel « brave new world », une prise de risque signée Dickinson, un disque plaisant, très abordable exécuté par un groupe en grande forme où chacun trouvera de quoi se satisfaire mais aura évidement quelque chose à reprocher car tout est loin d'être parfait. Une sorte de buffet à volonté ou chaque auditeur choisira son menu. Bon appétit !





2015 TRIBULATION "The Children of the Night"

Album classé N°3 du Top 2015


label: century media rec.
style: death progressif nordique
date de sortie: 20 avril 2015
date de chronique: 21 septembre 2015

[par Barjozo]


Les suédois de Tribulation semblent avoir été LA révélation du Hellfest 2015 d'après la rédaction de Rock Hard. Et dire que j'aurais encore une fois manqué un set mémorable? Pas possible. Allez je fonce m'écouter leur dernier (et second) opus, "The Children of the Night" pour me faire une idée.
L'album démarre de bonne manière avec des grattes mélodiques ("Strange gateways backon"). Deuxième titre, le virevoltant (que de travail sur les parties de guitares) "Melancholia" porte bien son nom. Une ligne mélodique tout simplement majestueuse va de bout en bout être déchirée par des guitares jouant souvent ensemble (influences Thin Lizzy, Maiden of course). Un morceau majestueux.
Je commence à me dire que j'ai vraiment dû rater quelque chose à Clisson.
"Holy libations": ôde aux dieux scandinaves des temps jadis, Odin, Thor et autre figures emblématiques de la mythologie nordique. Morceau enlevé, qui donne envie de battre du pied et de lever son verre pour célébrer cette musique au combien addictive!
Et la suite est du même acabit avec des morceaux de bon, voir de très bon niveau ("Motherhood of god") quand les claviers viennent enrober les autres instruments comme par magie.
En près d'une heure ces quatre suédois nous permettent d'accéder à un océan de mélodies alliant élégamment un trip 70ies avec un glam/death plutôt sympathique! ...et dire que j'aurais pu les voir à Clisson-Rock City en juin 2015...Arrrggghhhhh!!!!!





2015 HEALTH "Death Magic"


label: fiction rec.
style: rock indus
date de sortie: 7 août 2015
date de chronique: 11 août 2015

[par Barjozo]


Le voilà donc le très attendu successeur du phénoménal "Get Color" paru en 2009 (déjà!). Non pas que les californiens soient restés inactifs pendant ces longues années (en vrac ils nous ont pondu un LP de remixes, quelques BO pour jeux vidéo, et surtout se sont produits sur de nombreuses scènes [pour un aperçu voir ma chronique de leur set live à Paris au Nouveau Casino en 2013]).
Le son est tout de suite reconnaissable sur le très réussi morceau d'entrée en matière, "Victim". Seulement 2 minutes mais une ambiance indus-prog-rock assez addictive. Enchaînement sur "Stonefist" qui comme son nom le laisse entendre est bien pêchu et toujours dans la même veine. "Men today" lorgne du côté d'une sorte de trance métallique avec des rythmes tribaux, et rappelle beaucoup l'ambiance de "Get Color". Extra. Dommage que ce titre ne dure que 2 minutes également. Vient ensuite "Flesh world (UK)". Le ton redescent nettement. On évoque un dance-floor assez éloigné du début du disque. Boîte à rythmes, mélodie un peu gnan-gnan. Pas le titre le plus réussi. Heureusement "Courtship II" nous rassure vite ensuite avec des vrombissements de machines, un synthé déjanté et une voix qui reste reconnaissable sur un ton incantatoire. Une sorte d'ambiance pour film de SF du style Mad-Max p.ex. Après ce titre haut en couleurs (musicales of course), le rythme retombe nettement avec un "Dark enough" que je qualifierai de 'new wave old school' [sic]. Pas un mauvais morceau en soit, mais juste bon à servir de fond sonore dans un bar branché. Passons.
"Life"? Le plus mauvais morceau sans aucun doute. On pense à du Jean-Michel Jarre qui aurait rencontré Stéphanie de Monaco, au cours d'une soirée jet-set branchouille. Morceau à vite oublier et indigne de ce groupe. "Salvia". Ouf. Les machines reprennent l'offensive. Tel John Connor, on ne sait pas si tout çà se terminera bien et si les derniers Terminators de générations avancées n'auront pas le dessus. Pour tenir il faudra absorber une bonne dose de "New Coke". Celle-ci nous entraînera dans les méandres des réseaux d'intelligence artificielle. La rythmique vous plaquera au sol et vous sentirez une paralysie gagner votre cerveau, laminé par des scarifications sonores chaotiques improbables. Superbe pièce maîtresse du LP qui vous laissera une empreinte sonore indélébile dans vos oreilles.
Malheureusement la dose n'a qu'un effet transitoire et avec "L.A. looks" vous risquerez à nouveau de convulser. Titre là aussi peu intéressant et semblant en dehors du propos. Le rythme s'adoucit finalement sur "Hurt yourself" et "Drugs exist": un final qui me laissera un peu sur ma faim.
En résumé, cet album contient des titres splendides (du niveau de ceux de "Get Color"), mais renferme aussi d'autres morceaux sur lesquels le groupe semble explorer des contrées musicales bien éloignées de celles auxquelles ils nous ont habitués. Au risque de perdre les fans du début...
Resteront quoi qu'il en soit des prestations live très rock et pour ceux qui seront sur Paris en fin d'année, les 4 américains sont attendus le vendredi 30 octobre 2015 au "Pitchfork festival avec Battles le même jour excusez du peu [il devait aussi y avoir madame Björk mais elle a annulé sa tournée d'automne semble-t-il, remplacé tranquilou par... Tom Yorke excusez du peu messieurs dames]!!





2015 STATUS QUO "Aquostic live at the Roundhouse"


label: earmusic rec.
style: boogie unplugged
date de sortie: 10 avril 2015
date de chronique: 20 mai 2015

[par Barjozo]


Les papis ont-ils encore quelque chose à prouver? Ce sont de très bons musicos. Ils ont écrit de nombreux hits en plus de 50 années de carrière. Faut donc croire que ce set (2 CDs) acoustique n'a été pondu que par pur plaisir, car à l'heure actuelle faut pas penser à des retombées sonnantes et trébuchantes vraiment conséquentes, la faute au mp3 et autres streamings...
Outre que les guitares ont été débranchées, les Quo en ont profité pour rajouter d'autres instruments habituellement non retrouvés sur leurs compositions (accordéon omniprésent donnant un petit côté 'musette' ou 'feu de camps' selon de quel côté de l'Atlantique on se place pour analyser cette oeuvre, violoncelle par moments, ou encore l'harmonica et des choeurs féminins). Pour le reste le set fut enregistré fin 2014 à Londres et le public est bien participatif semblant conquis d'avance ('nah, nah, nah...').
Vingt-cinq titres composent ce set unplugged...Et 25 c'est (trop) long! On y retrouvera pourtant certains des classiques indémodables comme "Caroline" (qui démarre lentement et s'embrase bien en deuxième partie comme en version électrifiée, mais bon au total je préfère quand même la version originale), ou "Down down" et "Whatever you want" (et son ambiance 'piano-bar' made in USA, mais des violons bien trop kitchs à mon goût sans parler des choeurs immondes). Quelques titres à retenir quand même (?), je vous propose des morceaux moins connus comme "Mistery song" assez réussi avec son violoncelle et son violon très rythmés, ou "Burning bridges" qui referme cet enregistrement de façon assez enlevée (dans un style 'irlandais' assez lourdingue quand même au fil des écoutes).
Francis Rossi, Rick Parfitt, Andrew Bown, John 'Rhino' Edwards and Leon Cave semblent au final s'être bien amusés dans cette histoire et c'est tant mieux pour ces vieux rockers, et tant pis pour nous car au final je me suis ennuyé ferme!
Vous l'aurez donc compris, mieux vaut faire l'acquisition du dernier Faith No More que de cette galette assez insipide. A moins que vous ne soyez un collectionneur et fan ultime de Status Quo...





2015 FAITH NO MORE "Sol invictus"

Album classé N°1 du Top 2015


label: Reclamation! recordings
style: du Faith No More grand cru à déguster lentement sans modération!
date de sortie: 18 mai 2015
date de chronique: 18 mai 2015

[par Barjozo]


Dix-huit ans. C'est très long. Mais c'est pourtant le temps qui sépare ce "Sol invictus" du précédent opus de FNM. Autant dire une éternité pour un fan.

Faith No More est officiellement né en 1982, ses membres créateurs étant Billy Gould, Mike Bordin et Roddy Bottum. Après deux premiers albums sans beaucoup de relief et l'arrivée de Mike Patton derrière le micro en 1988, c'est l'album "The Real Thing" emmené par le single "Epic" qui va propulser le groupe sur le devant de la scène US. La conquète de l'Europe attendra la sortie du 4e LP, "Angel Dust" en 1992. Curieusement, c'est une reprise de The Commodores, "Easy" qui cassa la baraque alors qu'elle n'était pas présente sur le pressage initial (!). Les éditions suivantes sortirent donc "Angel Dust" avec un 13e titre...C'est à cette époque que je pus pour la première fois assister à un set des californiens puisqu'ils se produisirent à l'hippodrome de Vincennes en guests associés à Soundgarden pour le show de Guns N'Roses (tournée "Use your illusions").

En 1993 le guitariste Jim Martin se fait virer (au sens propre) pour incompatibilité d'humeur et d'orientation artistique. Il s'en est allé depuis cultiver les potirons géants [véridict!] ce qui fit dire à certains qu'il avait pris la grosse tête...
En 1995 sortit "King for a day...fool for a lifetime" (certainement la galette la plus 'rentre-dedans' produite par le groupe), puis en 1997 "Album of the year". Ces deux albums sont pour moi inférieurs aux deux précédents mais confirmèrent les énormes capacités vocales de Patton et la capacité énorme du groupe à mélanger les genres sans pour autant tomber dans de la 'fusion' classique. Malheureusement, les tournées éprouvantes et la pression montante eurent raison des dernières motivations des musiciens qui décidèrent alors de jeter l'éponge.
Après le split de 1997 et un vide au passage du millénaire, l'espoir était quand même ré-apparu avec cette heureuse reformation en 2009, sur le line-up de "Album of the Year" (1997) soit sans le guitariste Jim Martin. Suivirent plusieurs tournées et participation à des festivals: à ce propos j'ai lamentablement raté leur passage à Bilbao en 2010 [BBK fest.], ou encore leur prestation hexagonale l'année précédente à Rock en Seine [2009]... Mais depuis plus rien. La rumeur fit état d'un possible album en 2013. Mais c'est avec Tomahawk que Patton l'hyperactif nous délivra un très bon " Oddfellows".

Il fallut donc attendre la sortie du premier single, l'excellentissime "Motherfucker", disponible dans les bacs le 28 novembre 2014 pour enfin avoir la certitude que les 5 musicos étaient en studio afin de nous concocter le 7e album du groupe (8e si on inclut le cultissime live "Live at Brixton Academy" enregistré sur la tournée "The Real Thing").
Le second single laché sur internet et Youtube le 1er mars 2015 ("Superhero") encore meilleur que le premier eut l'effet d'une onde de choc parmi les afficionados du combo US. 'Madre mia', est-ce possible que ces mecs de 50 ans passés aient pu conserver intactes leurs qualités d'écriture? Surtout Billy Gould le taciturne bassiste (mais non moins actif que Patton puisque lui aussi entre 1997 et 2009 a fait tourner son propre label Koolarrow, tout en participant à divers projets en particulier avec Jello Biafra & The Guantanamo School of Medicine). Mike Patton justement et ses vocaux aussi variés qu'improbables; ses projets multiples (Tomahawk, Mr Bungle, Fantômas...) et son label Ipecac recordings: comment maintient-il une telle verve et tant d'enthousiasme (en studio mais que dire de ses prestations scéniques dignes d'un acteur de théâtre moderne de classe interplanétaire?).
N'oublions pas le calme claviériste Roddy Bottum dont la palette d'influences allant du métal au classique sait magnifier chacun des morceaux de FNM, et son alter ego Mike Bordin, batteur puissant et racé.
A la guitare nous retrouvons ici Jon Hudson qui avait remplacé Jim Martin quand celui-ci s'était fait virer du groupe en 1996 pour incompatibilité d'humeur...

"Sol invictus" débute par quelques notes de piano d'une langueur monotone ce qui surprend pour ce groupe hors du commun, (from San Francisco, United States of America) dont on attendait un retour plus pêchu. Ce premier titre va ainsi nous tenir en haleine, lentement, de façon quasi parfaitement sadique car à tout moment on s'attend àune délivrance électrifiée qui jamais ne vient. On comprend plus tard que ce n'est que pour mieux préparer le deuxième morceau, le magnifique "Superhero". Un morceau que seul FNM pouvait écrire: alliant passages thrash, voix hurlée, batterie pilonnante, à des passages lancinants sur lesquels le piano (encore) se distingue par une mélodie décallée, associée à une guitare orientalisante et des choeurs déments. Un titre ultime, digne des morceaux d'anthologie du groupe (au hasard "Out of nowhere" ou "Small victory" entre autres). Exceptionnel.
Sur "Sunny side up", on a encore droit à du FNM sans contrefaçon: du rythme, des breaks, une mélodie accrocheuse et un mélange des genres là aussi superbement arrangé. "Separation anxiety", 4e morceau, laisse tomber le piano pour nous rappeler que le synthé des années 80/90 n'a pas été bazardé par Bottum et que ma foi, sur ce titre à l'ambiance tendue et frénétique, c'est lui qui donne une cohésion à l'ensemble, les divers vocaux de Patton et la 6 cordes semblant s'entrelacer autour de lui tel des boas constrictors hypnotisés et ensorcelés.

"Cone of shame", déjà le 5e titre (on est à la moitié du CD, et la peur nous tiraille alors, peur que cet LP ne finisse et ne nous abandonne à notre pauvre sort d'humanoïde, élément inconsistant d'un prolétariat occidental malmené par les multinationales et les soubressauts du CAC-40), "Cone of shame" donc fait voyager l'auditeur vers les vastes étendues de l'ouest, comme une sorte de western spaghetti: sauf que la sauce est bien piquante, et que le plat est arrosé de bourbon sans âge. Un met là aussi très atypique mais au combien addictif au fil du temps.
Titre 6, "Rise or fall" est une sorte de ballade. Entendez au sens de FNM, avec une montée en puissance sur laquelle les instruments s'auto- stimulent derrière la voix de crooner de Patton, voix qui par instants devient rugissante. Le genre de titre estampillé FNM car franchement quel combo serait capable d'en pondre ne serait-ce que la moitié? Le titre suivant "Black friday" est peut-être le moins bon de la galette. Mais attention tout est relatif ici car je connaîs un tas de groupes qui aimeraient écrire un tel titre au moins une fois dans leur vie. Le fait est que sur ce morceau la rythmique me semble un peu trop répétitive et qu'au final on est déçu de l'absence de breaks et de variations mélodiques (comparativement aux autres titres bien sûr).

Sur "Motherfucker", un des singles, les roulements de batterie suivant un débit textuel parlé là aussi répétitif, nous entraînent lentement vers une explosion de riffs et un refrain qui s'étoffe progressivement. Encore un superbe titre comme d'ailleurs "Matador" qui lui succède: une ambiance 'froide' avec un piano léger survolant une base rythmique linéaire. Patton donne ici une prestation haute en couleurs, semblant véritablement 'habité' et (peut-être) sous l'emprise de quelque substance prohibée. En deuxième partie l'explosion sonore toujours empreinte de la ligne rythmique initiale est tout bonnement magnifique et propre à vous faire headbanguer tel un taureau dans l'arène qui sait que non, malheureusement non, il ne pourra certainement pas éviter l'estocade terminale que va lui donner le matador aux paillettes scintillantes qui virevolte devant lui.
En final "From the dead" revient à une ambiance moins lourde que les titres précédents; sorte de chanson pop pour crooner de fin de soirée. Ce morceau n'en est pas moins sympathique et se laisse écouter en boucles.

Dix-huit ans c'est donc très long et je ne pouvais donc pondre ici qu'une chronique aussi longue. J'espère pourtant ne pas être tombé dans une sorte de diarrhée narrative pour fan ultime et que cette chronique n'aura pas été indigeste à lire et t'aura donner envie, ami lecteur, d'aller te plonger et t'immerger dans cette oeuvre magistrale que constitue "Sol invictus". Un album phénoménal dont au final on ne pourra que reprocher la brièveté (39 minutes au compteur).

Dans un élan d'écriture enthousiaste suite à l'écoute du disque certains sont même allés, tel Olivier Drago, rédac'chef de la revue New Noise, jusqu'à délivrer le titre de meilleur groupe du monde à Faith No More. Mais entre nous, cela, je le savais déjà!





2015 WHITESNAKE "The purple album"


label: Frontiers music SRL
style: rock FM
date de sortie: 19 mai 2015
date de chronique: 11 mai 2015

[par Franck and furious]


Le serpent blanc arriverait-il à un âge où il a besoin de pilule bleue et surtout. pourpre ?
Il est vrai que la voix du crooner commence à fatiguer. Aussi, est-ce un constat qu'à fait David Coverdale sur ses capacités actuelles ? Sur un manque d'inspiration à composer ? L'envie facile de cachetonner sur la tribute mode ? Est-ce la mort de Jon Lord, le refus définitif de Blackmore de re-flirter avec le rock, l'envie nostalgique de faire un bilan et de retourner, tel un saumon blanc à la source, et donc de boucler la boucle avant une retraite méritée ?

Probablement un peu de tout ça, mais quelles que soient ses motivations, le bougre a bien fait de se replonger sur ces classiques de la mk III et IV, et classiques du rock en général, qui méritaient d'être présenter à une grande échelle, aux jeunes générations. Car contre toute attente, cet album est une bombe, une surprise totale, un nouveau must. Et c'est un fan ultime de la mk III qui vous le dit. "Burn" fut un de mes premiers albums, et reste un de mes albums de chevet, suivi de près par "Stormbringer", et "Come taste the Band".
Aussi, c'est avec une oreille vierge que j'ai écouté ce qui aurait pu être un crime de lèse majesté.

Car il faut l'avouer: on est nombreux à avoir eu peur de la bouillie qu'aurait pu faire les schreders Beach et Hoekstra, le bucheron Aldrige et la voix vieillissante de l'ex sex-symbole, en s'attaquant aux maestri Jon Lord et Ritchie Blackmore, au subtil et phénoménal Ian Paice (écoutez son jeu sur "Burn" et "You fool"), au groove de Glenn Hughes et sa voix somptueuse, et la voix encore fraîche, et non encore Robert Plantienne, du jeune premier David Coverdale. Et une peur aussi, que le son moderne défigure le son, l'ambiance et l'esprit de l'époque.

Personnellement, mon esprit fuyait l'idée d'un bis-repetita irréalisable. Je me suis donc préparé psychologiquement à entendre le pire, et me suis bien accroché à mon fauteuil, un fusil de ball-trap à la main prêt à dégommer cette galette. Mais malgré quelques erreurs, quelle ne fût pas ma surprise d'entendre des chefs d'oeuvres transformés en d'autres chefs d'oeuvres ("The Gipsy" - "You fool no one" - "Sail away"), et des classiques transformés en d'autres classiques ("Lady double dealer" - "Mistreated" - "You keep on moving").
En effet, je ne m'attendais pas à autant d'inspiration et de feeling chez Red Beach et Joel Hoekstra qui sont tout simplement . extras (sorry). Certes, ils schredent, mais beaucoup moins que Doug Aldrich, et pas tant que ça, par rapport à la quantité fabuleuse de notes mélodiques et de plans inspirés qu'ils nous délivrent. Et puis, ils schrèdent là où il faut, quand il faut. N'oublions pas que Blackmore était aussi un schreder de l'époque, rien que sur ses innombrables solo interminables en concert, ou juste sur ce chef d'oeuvre "Child in time". Après, il est évident que rien, ni personne, ne remplacera le son délicieux de sa stratocaster, ni son toucher unique, mais on est en 2015, pas en 1975.

Aussi quel divin étonnement d'écouter pas un, mais plusieurs soli aussi prog que sur "you fool no one" - oui vous lisez bien : prog ! Et il fallait oser - est-ce l'inspiration du ''progueux'' "Now What !?" de la Mk VIII, qui leur a donné confiance pour aller sur ce terrain là ? Va savoir.
Faut dire que débarrassé du pénible Doug Aldrich, Reb Beach a pu laisser aller ses qualités que l'on entend dans le hard prog fm de Winger, ainsi qu'affiner une complicité avec Hoekstra guitariste complet, et compositeur d'albums instrus et jazz. Est-ce aussi ôter du poids à composer, qu'on ressent là une fraîcheur dans leurs interventions, très éloignée des 2 précédents albums du Snake? Quoiqu'il en soit, carte blanche leur a été donnée, et les 2 guitaristes nous délivrent un travail fantastique, empli de musicalité.
Ils nous surprendront donc plus d'une fois sur cet album, tant par des interventions pleines de feeling ("Sail away", "Gipsy", "Mistreated") - si si ! je vous assure - et de culot ("Fool") ; des interventions qui restent toutefois très respectueuses des mélodies de l'oeuvre historique. Leur son moderne, malgré son coté gras, voire parfois hélas bourrin, redonne tout de même une nouvelle vitalité à des titres rock comme "Lady double dealer" et "Lay down stay down".

Au final, ces 2 là réussissent à recapter l'esprit de l'exploration de l'époque, l'exploit d'insuffler une nouvelle magie, et, sans égaler les maîtres, à rappeler la virtuosité de Steve Vai, la flamboyance de John Sykes, la subtilité de Bernie Mardsen, l'efficacité d'un Tommy Bolin, et bien sûr le Maître d'entre tous, le génial Ritchie Blackmore. Fabuleux boulot des Brothers.
Le chef d'orchestre, quant à lui, s'il n'a plus sa voix d'antan, délivre encore quelques belles fulgurances et conserve une belle chaleur vocale dont l'apaisement mature attirera encore quelques ladies luck(ies). On pourra peut être regretter qu'il n'ait pas eu cette intention plus tôt quand ses cordes vocales étaient encore au top. Car si DC arrive encore à tirer quelques derniers barouds d'honneur sur les aigus, même ses graves à la Barry White, commencent à rendre l'âme. Mais sa voix reste encore profonde et touchante ("Sail away", "Soldier") et en définitive nous captive toujours, à l'instar de notre autre papy préféré Ian Gillan.

Et si on imagine que DC a voulu rester maître à bord de ce projet pour surtout le faire correspondre à ses capacités vocales actuelles et aux qualités de son line-up présent, l'absence de Glenn Hughes, est assez navrante sur quelques titres, où sa voix semble indispensable, mais surtout rien que pour le clin d'oeil à l'histoire. D'autant que ceux qui font ses choeurs sont tellement proches de sa voix qu'on a l'impression que The Voice est parfois samplé. Mais on se doute que le bassiste-chanteur aurait voulu mettre son grain de sel enclenchant des débats que Coverdale a voulu éviter, probablement refroidi aussi par les exigences de Blackmore quant à une incertaine reformation.

On peut aussi penser que le lucide Coverdale a fui toute ressemblance avec cette période qui aurait été probablement encore plus casse-gueule, car comment retrouver le son et l'esprit de l'époque, et qu'il a voulu donner sa vision, et sa vision seule de cet héritage? Les boys auront donc eu la prudence de ne pas aller sur le même terrain que les originaux, et ont donc réalisé l'exploit de proposer des versions non ressemblantes, mais dignes de l'Histoire.
A noter que le remplacement du coté groovy/funky, pour un coté plus heavy a permis un flot vocal davantage posé: se rappeler du flot ahurrissant de "Lay down stay down" d'origine.

Ce tribute est donc absolument réussi. Seuls bémols: l'absence donc de Glenn Hughes pourtant assez malléable concernant les duos (Joe Lynn Turner, Joe Bonamassan, DC); et les 2 seules réinterprétations décevantes des 2 grands classiques de l'époque, "Burn" et "Stormbringer": la faute à une production trop chargée. Une peccadille ... pour ceux qui en 1975, se satisfaisaient du souffle des K7, et du bruit du roulement du magnéto, ou ceux qui kiffent le live de Van Halen.
Ironie de l'histoire, Coverdale risque d'avoir davantage de succès en tournée, et notamment au USA, avec ce "Purple album", que la mouture actuelle du Pourpre Profond. Auront-ils alors l'idée de profiter de ce fait pour faire cette ultime réunion historique de tous les membres de la DP Family?

En définitive, si cet album est son dernier, David Coverdale aura encore prouvé quel grand Monsieur du rock il est. Et si on analyse: lui seul et Ritchie Blackmore ont su trouver une seconde vie après Deep Purple, en recréant un autre groupe au succès mondial, les respectifs Whitesnake et Rainbow. Aussi, avec ce tribute, le chanteur-compositeur aura redonné une seconde vie bien légitime à la Mk III et IV ; époque qui a fait d'un inconnu au strabisme, un cobra royal ; époque laissant un goût amer aux fans, sur la courte vie de ce Deep Purple là, tant la potentialité de la Mk III, unissant 2 chanteurs complémentaires et d'un niveau rare, entourés par des magiciens, semblait infinie.
Alors c'est sûr que ceux qui espèrent entendre un copié-collé refusant l'évolution naturelle du temps, seront tout autant déboussolés que ceux qui ont vénéré et découvert le serpent blanc en 1987, en écoutant ensuite la période précédente Mardsen-Moody. Pour ma part, l'écoute de cet album fut comme les retrouvailles, 40 ans plus tard, avec mon premier grand amour de jeunesse - retrouvailles d'une personne certes vieillie, mais qui aura su garder son aura, avec de nouvelles rides rieuses et séductrices. Bref l'envie à nouveau de lui faire un gros câlin.

Merci Monsieur Coverdale pour ce cadeau et votre carrière . Au tour de Blackmore de nous faire un dernier cadeau . allez chiche Ritchie des bois ! Envoyez une copie de cet album à Carole Stevens, Manoir du Blackmore's Night. Des fois que cela provoque sa majesté et le motive à s'y remettre .

Chronique 'track by track' à lire en pdf: "The Purple album" (120 ko)





2015 FM "Heroes & Villains"


label: Frontiers records
style: rock... FM ! (sic)
date de sortie: 17 avril 2015
date de chronique: 11 mai 2015

[par Franck and furious]


A l'instar des fabuleux anglais de Thunder, FM jouit d'un chanteur à la voix d'argent. Cet As de coeur, qu'est ce dandy de Steve Overland fait souvent la différence avec les autres groupes d'aor-fm, tout comme le fait Danny Bowes avec les groupes de classic rock bluesy. Mais à l'inverse, on pourrait reprocher à ces 2 groupes de composer des albums assez inégaux: composés de quelques classiques, mais aussi de titres, certes bons, mais maintes fois entendus, notamment chez des groupes comme Poison, Cinderella, et Def Leppard pour ce qui est de FM. Et c'est sans doute à cause de cela que ces 2 groupes n'arrivent pas à franchir un autre cap.
Et ce nouvel album n'échappe pas à mon constat. Ce sera donc encore la voix d'Overland qui se chargera de marquer le penalty de la gagne, bien qu'on ait droit à de jolies lucarnes. Overland arrive toujours à m'embarquer, même si je lui préfère un répertoire plus nerveux comme sur son autre projet The Ladder, ou sur des titres davantage boogie/soul/rock-blues à la Stax ou à la Motown, plutôt que l'aor de FM, genre musical dont je ne suis plus autant fervent.
Mais quand le groupe délivre quelques pépites comme 'Big Brother', 'Fire and rain' et 'Digging up the dirt', suivi de près par 'Cold hearted', et 'I want you', il atteint un niveau rarement égalable. Dommage qu'il se contente d'user quelques recettes trop connues, et notamment des choeurs à la Def Leppard de leur mauvaise époque, et quelques titres trop évidents. Quoiqu'il en soit, il y a pire comme référence, et donc on passe là un sacré bon moment avec ce nouvel album.
En somme, un album qui porte bien son nom: entre héros et bandits. Mais avec ici, des bandits tout de même bien charismatiques; le syndrôme de Stockholm ;)
PS. Bandits comme pour cette pochette peu inspirée et qui n'a rien à voir avec la musique de FM: les têtes de morts, pour les bandits, et les ailes d'anges pour les héros ? mouais bof ...

***

Digging up the dirt : 5/5
nous percute d'entrée, et nous met K.O avec ce refrain rock kidnappeur soutenu par des choeurs Def Leppardien. Un titre parfait pour le live.

You are the best thing about my life : 4/5
enchaîne bien avec ce rock poppy entrainant et sympathique, mais rien de bien original, tout droit tiré d'un album de Def Leppard post ère du défunt Steve Clark, c'est à dire la période la moins nerveuse, la moins rock, la période post album 'Pyromania' : on retrouve encore ici des choeurs qui ne font aucun doute quant à l'origine de l'inspiration.

Life is a highway : 4/5
reprend la recette du titre précédent, avec toutefois un refrain plus fm, et un riff plus rock.

Fire and rain : 5/5
Ayé ! Après nous avoir présenté une triple entrée à la Def Leppard, le band nous distille un des ses hits fm dont il a le secret : un léger swing classieux et un refrain kisseur sur laquelle la voix suave du dandy prend toute sa saveur, elle même, épicée par un lyrique solo inspiré de Jim Kirkpatrick. Que du bon goût jusqu'au titre que les gars nous ont épargné de nommer par l'habituel Fire and ice.

Incredible : 3/5
Ballade bien jolie comme tout, mais aussi bien classique comme tout . tout droit sorti du chapeau à ballades des années 80... bref un titre FMR (éphémère ou FM Recyclable)

Call on me : 3/5
Le titre filler par excellence qu'un Jon Bon Jovi nous pondait par tonnes en solo ! Le cousin de 'You are the best' et 'Life is a highway'. Un bon titre pour routier, sympa sur 1 ou 2 écoutes, mais vite lassant si on s'écoute l'album en boucle.

Cold hearted : 4/5
Overland fait ici ce qu'il sait faire de mieux: être sensuel sur des titres à la fois rock et groovy aux influences vocales à la Stax. Du Overland au top.

Shape I'm me : 2,5/5
est un mix entre Def Leppard et les Jacksons five: ceux qui sont fans de ces 2 groupes, de leur son, des ho-ho et des choeurs sucrés à la DL seront ravis. Les autres, dont je suis, décrêteront là un second filler qu'on verrait bien comme B.O d'un soap pour ado.

Big brother : 5/5
Ce morceau entre power ballade et big rock, porte bien son nom: il est gros, il a un cour énorme comme ça, et il t'appelle frangin(e). Il swingue terrible et son refrain ne lâche pas ta main Bro'. Kirkpatrick est encore là décisif avec ses interventions, certes brèves, mais multiples et envoutantes. Ça s'appelle le feeling et le groove.

Somedays I only wanna rock'n roll : 4/5
Tout est dans le titre: welcome dans la galaxie des rock'n roll cuivrés à la Creedence Clearwater Revival, Aerosmith, Cinderella, Whitesnake, . c'est bon, c'est bon ! Tape du pied ! Peu original, mais terriblement bien fait, et surtout rafraîchissant ici placé dans l'album derrière tout ces titres (trop?) Def Leppardien.

I want you : 4,5/5
On reste dans l'esprit du titre précédent, mais on ralentit le rythme, et on rajoute des claviers-cuivres qui rappellent qu'Overland est fan des chanteurs comme Otis Redding de la Stax, le coté soul mais sans le coté rocailleux. Un titre qui aurait pu figurer sur l'album 'Takin'it to the streets'.

Walking with angels : 4/5
Comme le titre nous le laisse présager, on finit tendrement avec une ballade classique acoustique guitare et violons, où la voix d'ange d'Overland nous emporte sur ses ailes. Parfaite pour endormir baby.





2015 Todd GRIFFIN "Seven days to the Sabbath"


label: Bad Reputation
style: rock FM
date de sortie: 16 février 2015
date de chronique: 29 avril 2015

[par Barjozo]


Ami lecteur connais-tu Todd Griffin? -Cet américain était le leader de The Graveyard Train dont je me souviens avoir succombé à la première et (malheureusement) unique galette studio ("S/T") parue en l'an de grâce 1993 (dont la pochette montrait un... train furibond lancé à pleine allure). Le peu de succès de ce pourtant superbe LP (ils avaient signé chez Geffen les bougres) enterra trop rapidement ce bon groupe aux talents d'écriture imparables (style rock-blues avec un petit côté FM). Bref, ce n'est pas (encore) sans un petit pincement au palpitant que j'ai écouté ce "7 days to the sabbath" avec tout de suite cette superbe voix qui m'a décalaminé les écoutilles de mes cages-à-miel...

Le style? Du rock, pas très aggressif j'en conviens mais qui se laisse écouter sans aucun désagrément ni sensation désagréable. La gratte est souvent bluesy, avec un bon groove. En fait cette galette de 14 titres n'est pas vraiment une oeuvre à part entière mais constitue une compilation du travail du monsieur, que la maison de production française Bad Reputation a souhaité mettre sur le marché afin de relancer son poulain.
Des titres à écouter en priorité? -Et bien commençons par la fin avec le country-rock bien chaloupé que constitue "Every little wonder" qui saura vous faire battre la mesure (mais pas trop quand même, s'agirait pas de renverser votre bière!). Revenons au début avec "No love in America" (impossible???) et ses hurlements qui vous met directement au parfum sur les capacités vocales de Todd Griffin, sur un morceau martelé de façon quasi martiale par la batterie. Vous avez un faible pour les ballades sympatoches? Alors écoutez "New shoes" et vous sentirez une petite brise d'ouest américain vous caresser les arpions (d'où la nécessité des nouvelles chaussures si vous suivez...). "Man in the sky" a des intonations évocatrice d'un sombre guitariste canadien au regard ténébreux. La reprise "Almost cut my hair" de Crosby, Stills & Nash (sans Young ici) nous confirme cette impression que les sources d'inspiration de Griffin sont vraiment 'classic rock' (excellent solo de guitare).
"Witches brew" et son orchestration introductive avant que les griffes ne sortent par guitare interposée en impose par sa struture, certes FM, mais vachement bien roulée quand même, y a pas à tortiller (Bon Jovi himself aurait pu avoir pondu ce titre du temps de sa splendeur d'antant, période "Slipery when wet"). "Angels" et son décor piano-bar ou "Where the river flows" et son ambiance toute feutrée amènent une touche de sérénité apaisée pour rockers fatigués après une dure journée de labeur.
Un très bon disque au final dans le style.





2015 GEEZER "Gage"


label: ripple music/STB records
style: stoner/blues planant from Big Apple
date de sortie: 10 février 2015
date de chronique: 15 avril 2015

[par Barjozo]


C'est une ancienne ode venant des bas-fonds américains ("Ancient song"). Une voix éraillée nous compte la langoureuse histoire désespérée d'un Blues historique qui se serait entiché avec un mac nommé Heavy Metal et sa brue Miss Stoner. Ca sent le stupre, la sueur et le bourbon à plein nez. Dehors on entend souffler un vent sec qui fait tourbillonner la poussière dans un lugubre décors d'ouest intemporel. Un son planant pour un riff majestueux qui vous trotte longtemps après la fin du morceau. Quel groove! Un blues magistral. Le blues culte.

Attention à ne pas trop flaner, le coin n'est pas si tranquille que ça. On est dans l'état de New-York, USA, et plus exactement dans la ville de Kingston. Pas dans un hotel 4 étoiles pour cols blancs, mais un vieux tripot, avec un bar dans le hall d'entrée. De temps à autre quelque paumé de passage s'arrête pour s'en jeter un, alors qu'un blues lancinant, lent celui-là sort du juke-box. "Thorny" n'est pas vraiment piquant, mais nous entraîne dans les zones les plus roots de la ville.

Les 3 hardos qu'on a vu sortir du bar ont vite fui la ville à toute berzingue sur leurs montures mi-cheval mi-loup garou. S'en sont allés dans le désert. Faut croire qu'ils n'étaient pas très nets les zozos. Surtout celui à la voix cassée, sûrement le chef de la bande. Sur un jam heavy/stoner/bluesy (encore!), sous un soleil de plomb ("Ghost rider solar plexus") ils ont tiré leur révérence dans une joyeuse cavalcade musicale.

De retour en ville, d'abord sur un rock psyché rythmé (quel riff grooviesquissime introductif!!!), ils nous racontent leur sale virée en près d'un quart d'heure de riffs aiguisés et toujours empreints d'un côté planant ("Tales of murder and unkindness"). Leurs histoires sont ainsi parsemées de multiples péripéties, sur des rythmes variés tantôt lents, tantôt plus sexy. Et oui, c'est dit, par moment on ressent un véritable frisson à l'écoute de ce trio US, surtout sur ce 4e titre aux atmosphères variables mais toujours dans le tempo pour vous emmener vers d'inconnus rivages mélodiques.

Alors les gars convaincus? "Dude, it's molecular" finira le travail. Sur cet instrumental final en forme d'épilogue de western, enregistré certainement dans des conditions 'live', on ressent encore et toujours cette pulsation bluesy qui ne nous a pas quittés depuis les premières notes. Telle un filet d'eau coulant dans une région aride et semi-désertique elle vous guide et prend le seul bon chemin qui vaille. Le chemin de la vie originelle. H20. Vous avez dit moléculaire?

Cinq morceaux pour un EP qui frole l'excellence. Une zike sans artifice, sans strass ni paillettes, mais tellement jouissive au final qu'elle vous rend esclave en emprisonnant pour longtemps votre cervelle meurtrie par une vie moderne mortellement morose.
On retiendra que ce premier essai studio fut d'abord édité en septembre 2014, et que devant la forte demande d'un public underground connaisseur, la petite maison de disque STB records s'en est remis à Ripple Music (California) pour un retour dans les bacs 'worldwide' début 2015. Pour notre plus grand plaisir.
Toi lecteur, mon ami, sois prêt à te prosterner devant cette magnifique galette. Pat Harrington (chant/guitare), Freddy Villano (basse) et Chris Turco (batterie) vont t'asséner un uppercut sonore dont tu auras du mal à te remettre.
Je t'aurai prévenu.





2015 TOTO "XIV"


label: frontiers rec.
style: rock n'roll baby!
date de sortie: 20 mars 2015
date de chronique: 10 avril 2015

[par Franck and furious]


Pour votre serviteur, Toto, c'est comme du jus de carotte, c'est bon pour la santé, mais c'est dégueulasse à boire. (oups ! On me dit à l'oreillette de changer mon intro rappée, par une nouvelle intro plus soft ! ...comme leur musique en somme quoi ! )
Allez Toto seconde prise clap ! . heu zut plutôt : Toto quatorzième Clap !
Entre votre serviteur et Toto, c'est ''je t'aime moi non plus''. Et ce n'est pas avec ce titre d'album qu'ils vont m'apaiser. Sont pénibles ces groupes qui paressent pour trouver 2-3 mots poétiques pour titrer un album. C'est leur boulot d'artiste, et c'est pas non plus le bout du monde...pfff... bon ! on imagine que ça peut être un clin d'oeil au multi-platine album IV.

Comme le dit le titre Holy War ''Holy war...Show me what you've been concealing All in the name of peace and love '' (''Guerre sainte. Montrez-moi ce que vous avez dissimulé au nom de la paix et l'amour ''), j'aimerais un peu plus de guerre, et moins de paix dans la musique de Toto. Car quand on a des tueurs comme Lukather et Paich, une musique qui canarde davantage serait bienvenue : des Hold the line, Child's Anthems ou autres titres rock jazz fusion dont sont capables ces blagueurs, et aussi pour contrebalancer des choeurs, souvent mais pas toujours, un peu trop chantilly à mon goût.
Alors quoi de neuf, docteur, avec ce XIV ? Vais-je encore me rapper des carottes, ou vais-je avoir droit à un bon jus d'orange ? Pour l'âne que je suis, la bonne surprise est au bout de la . carotte. Paradoxe !

Ca démarre plutôt bien avec Running out the time : un bon rock entraînant dont le groupe a le secret, flirtant du bout des lèvres avec la frontière jazz ; un Lukather nous piquant de petites interventions ici ou là, avant de nous délivrer un solo malicieux ! Le refrain rock est accompagné par les choeurs, marque de fabrique du groupe, mais choeurs sucrés à la Beatles qui gâchent quelque peu l'énergie du titre. 4,5/5

Le piano de Paich prend le relais et introduit posément Burn pour mieux exploser sur un joli refrain planant, sur lequel Joseph Williams se rappelle au bon souvenir de tous, et soutenu par des choeurs plus virils, et donc bienvenus pour votre griffouilleur. 4,5/5

Holy war est un rock dansant avec un riff enjôleur, toujours soutenu par les choeurs experts du groupe et desquels s'extraient à tour de rôle Lukather et Williams qui apportent force à ce titre chacun avec leur style respectif. Rock sympa à écouter sans risquer de réveiller bébé, bien que Paich et le nouveau batteur Keith Carlock s'excitent bien, avant l'incisif solo du guitariste aux milles prestations studio. 4,5/5

21st century blues, invitera ta copine à s'effeuiller sur ce blues rock suave chanté par la voix chaude de Lukather, qui nous propose un solo très sensuel. Le piano vient (enfin) flirter et s'embrasser avec la guitare. Les choeurs à leur tour, viennent miauler tendrement sur le refrain. Mumm . j'ai chaud, c'est bon . où est ma carotte ? . oups pardon ! 4,5/5

Après ce préliminaire, Orphan m'amène à l'orgasme, mais me le coupe en plein vol : voilà le rock d'assault sur lequel Joseph Williams écorche sa voix, et fait monter le titre au 7° . mais pourquoi les choeurs ne suivent pas leur leader dans sa fougue ? Et s'offrent sur leur version fm trop sucrée, et non rock ! Et pourquoi le final ne déchire pas sur un déluge de guitare et clavier où Lukather se fait étonnament sobre alors que ce titre invite à la folie ? Voilà le titre par excellence qui me frustre : un très bon titre qui aurait pu être un classique live, si ces mecs là se décidaient enfin à jammer comme un groupe de rock, et non comme un groupe ersatz des gnan-gnans Beatles ou autre rock surf californien bouffeur de barbe à papa à la Beach boys ! Grrrrrrr font chi.. pitin ça pouvait être super bon là !! A quoi ça sert d'être un virtuose ? Neil Schon ne se fait pas prier lui, pour envoyer des solo lumineux dans Journey 4/5

Après cette gabegie, j'ai envie de m'enterrer au côté du Unknow soldier. Cette power ballade parvient plutôt bien à apaiser ma déception avec ma voix préférée de Toto, celle du brun guitariste, auréolée de belles parties de folk. Cette douceur arrive à s'exclure de la recette habituelle des ballades violetta du groupe. 4,5/5

Puis vînt le drame avec Little things: je pense que la maladie fatale du feu Steve Porcaro a dû rendre fleur bleue le groupe pour nous sortir cette pop mielleuse, où on imagine la rythmique samplée, et que même Mickael Jackson, pourtant bien imité vocalement ici, aurait refourgué au premier boys-band venu. Je viens de me couper 2 doigts en rappant mes carottes sur ce titre de noël ? de musique pour les nuls ? 1/5 par respect .. allez hop ! cul sec le jus de carotte ! Beurk !

Rien ne vaut un dépaysement pour échapper à la déprime, avec ce Chinatown, pop funky au piano agréable comme sait souvent le faire le groupe, et chanté par les diverses voix comme un rendez-vous régulier. Bien que les Ohohoho vont sûrement me lasser, un saxo accompagne un Lukather encore déterminant sur son solo qui rehaussent ce titre soft. 3/5

All the tears annonce une ballade (avec un titre pareil, tu m'étonnes bugs !) : le groupe change de chanteur pour donner un peu de couleur avec ce clonage de ballades tutuesques (j'invente des mots et j'aime ça: tu veux une carotte ?). Ouais, mais la ruse ne marche pas avec moi les gars. Allez oups, direction le composteur avec les pelures des carottes. 2/5 parce que ça peut pas être pire que Little things, et pour ce fabuleux travail des choeurs.

Après ces 2 ballades, vais-je trouver en Fortune, la mienne ? Oui ! Loto gagnant ! Petit gain, mais gagnant quand même avec cette rock-ballad agréable, dont la grosse plus-value est le super boulot des voix qui sonnent ici très bien. 4/5

Great expectations est le feu d'artifice du groupe : le titre prog aux multiples changements, proche de Yes dans l'esprit, et avec qui ils seront en tournée - si ça pouvait les inciter à jammer un peu plus - Le titre étale le savoir faire du groupe, mais nous dévoile à l'inverse, que le groupe en garde sous la semelle sur tout le reste d'un album. Un titre où le plaisir est bien présent, mais aussi la frustration. Un titre plein de symboles donc ! Je tiens là mes voleurs d'orange. 4,5/5

Oui, Toto est un groupe de qualité, au talent indéniable, mais qui décidément, n'arrivera que pas assez sur cet album, à assouvir mes grandes espérances de le voir un jour tout donner dans un album rock/prog/jazz/fusion, sans ballades trop vaseuses ou choeurs trop crémeux et pas assez souvent hargneux, poils aux yeux. Des virtuoses, dont un Paich toujours aussi bon accompagnateur, mais toujours aussi discret en soliste, ont décidé à tout jamais de rester des compositeurs de pop/rock/music soft, avec ces arrangements et ces choeurs si parfaits. Et si, évidement, tout cela est bien plaisant, il n'en reste pas moins que c'est bien frustrant. Faudra que je me fasse une raison un jour, mais pas demain.
Pinaise, même Europe ont poivré leur musique . c'est loin le son des 80 avec les Rosanna et autres Africa ; faudrait un peu laisser pousser les poils sur le menton, les gars !
Alors, ce XIV n'est pas l'album Roi Soleil de Toto, ni le premier bombardement de la Grosse Bertha, mais plutôt la 14è personne qu'on invite à son dîner aux carottes pour combler les superstitieux. Mais, attention, une personne de qualité qu'on a choisie car on l'aime aussi, et avec qui on va passer un bon moment, parce que c'est le pote à qui on fait des blagues sans se fâcher, et donc à qui je refilerai mon dégueulasse jus de carotte . et à qui je piquerai son jus d'orange ! Toto, je t'aime, moi non plus. Tchin !





2015 PRONG "Songs from the black hole"


label: nuclear blast rec.
style: crossover/punk déjanté from the U.S.
date de sortie: 30 mars 2015
date de chronique: 10 avril 2015

[par Barjozo]


Prong n'est pas ma tasse de thé. C'est dit.
Alors c'est un peu par hasard en furetant sur le net que j'ai jeté une oreille sur cette galette. Après une écoute distraite, je me suis dit qu'une deuxième écoute, cette fois-ci avec mes 2 oreilles, et de façon moins distraite s'imposait, car j'avais été fort agréablement surpris.
Prong. Un groupe classé plutôt thrash/indus, dont je ne peux à vrai dire citer aucun titre d'album... Et pourtant, celui-ci m'a bien surpris. Paraît que c'est leur 10e galette studio, en 30 années de carrière. Paraît aussi que les dix morceaux de cette galette sont... des reprises.
Bon, alors là je comprends un peu mieux. Les choix des morceaux ont donc semble-t-il été judicieux.
"Doomsday", reprise de Discharge sonne... la charge (fastoche). Une entrée en matière plein pot, rappelant un peu le Suicidal des années 90 quand Mike Muir et ses sbires n'étaient pas encore arthrosiques. Mosh! Mosh! Mosh!
"Vision thing" de Sister of Mercy et un morceau au tempo beaucoup moins rapide, mais non moins addictif par son côté rythmique saccadé.
"Goofy's concern" des Butthole Surfers remet les gaz et le turbo. Un titre punk bref et efficace.
"Kids of the black hole" des Adolescents permet à l'auditeur de se reposer un peu...
"The Bars" reprise des Black Flags dont le solo façon Kirk Hammet des débuts ('Kill'em all' of course) vous surprendra, sur un rythme très rapide punkisant à souhaits.
"Seeing red" ou quand on voit rouge, ça sent le roussi! Titre de Killing Joke beuglé par Tommy Victor, sur une base indus à l'acoustique très aérienne...
"Dont want to know if you are lonely". Titre de Hüsker Dü. Batterie survoltée. Rythmique saccadée. Chant posé. On tape du pied assez vite.
"Give me the cure", morceau moins rapide de Fugazi est peut-être l'un des moins réussi.
Rapide est certainement le qualificatif qui peut coller le mieux au titre suivant, "Banned in DC" des Bad Brains, connus pour leur aptitude à mélanger les tempos au sein de leurs compostions.
"Cortez the killer" clôt l'album. Reprise du loner, Neil Young himself, avec cette nonchalance mélodique caractéristique. On peut être surpris de ce choix pour un groupe plutôt adepte des envolées punks à 2 temps...Mais au final on peut dire que le rendu est sympathique, en près de 7 minutes superbes et langoureuses. Voilà un morceau qui va sérieusement me faire revoir mes préjugés négatifs sur Prong.
Au total, un très bon LP de reprises. L'exercice peut être casse-gueule mais ici, les morceaux étant peu connus, on adhère facilement, même si comme moi on n'est pas fan de Prong.





2015 NIGHTWISH "Endless forms most beautiful"


label: nuclear blast rec.
style: metal symphonique
date de sortie: 27 mars 2015
date de chronique: 10 avril 2015

[par Franck and furious]


Peut-on être déçu par un album de Nightwish ? Pas vraiment ! Mais comment dire ?
La qualité musicale étant souvent au rendez-vous chez ces maîtres du métal symphonique aux riches orchestrations, on ne risque pas grand chose si on est grand public. Toutefois, pour les mélomanes, ou autres fans plus pointilleux, l'exigence peut être plus haute, surtout après 7 albums. Alors, comme un bon vieux couple, commençons par les choses qui fâchent, pour mieux nous réconcilier sur l'oreiller ensuite. Haaa Floor ! Kiss you ! .Ce sera d'autant plus facile que les tracasseries se résument à seulement 2 titres The Eyes of Sharbat Gula et The Greatest show on Earth, et plus minimes, à une certaine orientation vocale. Le 1er est un instrumental genre du déjà sur-estimé Boléro de Ravel, mais transformé ici en Boléro du (très) pauvre : les 5 mêmes notes sont reprises successivement par divers instruments et même un choeur d'enfants à la Gérard Jugnot (sic), et cela pendant 6 mn sans qu'à aucun moment le titre ne décolle. une éternité soporifique.
S'ensuit, l'épique morceau qui dure 24mn pour prouver que je suis un bon compositeur et que je postule à la BO du prochain Tolkien ou plutôt Disney : sauf qu'on s'ennuie grave. Ça démarre comme le précédent titre : un somnifère qui commence à devenir intéressant uniquement à 3 mn quand l'exquise Floor apparaît. Donc rajouté au titre précédent, on se tape 9mn poussiéreuses à souhait. Le pire, c'est que l'interlude de Floor est éphémère, 1mn, et on retombe dans la solitude. Enfin à 6mn, le titre démarre enfin, et sans être un chef d'oeuvre, redevient un bon titre de Nightwish qui ferait son effet sur scène sans ses longueurs poussives qu'on retrouve (sic) à 17mn jusqu'à la 24ème minute. Navré, mais moi n'avoir rien compris là (!?). Ce genre de titres irait bien pour une BO d'un film de Lelouch, ou pour ceux qui aiment écouter les gorilles et les baleines en position Bouddha. Mais là, c'est à se pendre. Heureusement ces 2 titres clôturent l'album. On peut donc stopper l'écoute avant, et se précipiter sur les 10 autres titres, qui ne se feront pas prier pour l'éclate.

Choses promises : revenons aux câlins.
Pour ceux qui auraient encore des inquiétudes sur la nouvelle chanteuse qu'est la délicieuse Floor Jansen - est-ce possible qu'il y en ait ? - son embauche était une évidence pour ce groupe de ce standing, tant la pulpeuse vocaliste est une des meilleures (la meilleure ?) dans le genre. Et que dire du charisme et de la présence qu'elle dégage. Ceux qui ne l'ont jamais vu live avec After Forever, ont manqué de grands moments.
Ce qui surprend vocalement, c'est que Tuomas lui a demandé de limiter son chant de soprano. On a donc un album vocalement varié, ce qui n'est pas plus mal. Mais les pro-Tarja seront déçus. En parallèle, Marco se fait assez discret. Or, davantage de joutes vocales avec l'expérimentée recrue auraient été appréciées ; d'autant plus, pour contrebalancer les nombreuses narrations pédantes de Troy.
Musicalement, l'album présente tout les talents du groupe : gros choeurs, instruments à gogo (flûte, cornemuses, cuivres, .), orchestrations et arrangements minitieux, breaks, riffs, mélodies et refrains qui crachent.

On a avec Weak Fantasy, LE gros titre qui tue, un super nouveau classique qui va faire bouger tes fesses avec un Marco pour te les botter - gros pied et poils assurés ! Quel refrain dantesque ! .Le groupe présente aussi dans sa besace l'épique et heavy Endless forms most beautifull ; ainsi que l'autre pièce majeure de l'album, l'excellent speed heavy et tellurique Yours is an empty hope ; Voici mon tiercé gagnant de l'album.
Puis vinrent l'habituel ''saute saute et saute en m'agrippant aux épaules, et vomis après cette millionième gigue'' My Walden et ses cornemuses à boire des pintes de mauvaises bières ; le très bon titre opener, l'headbanguer qui poutre Shudder before the Beautifull avec un bel échange guitare-clavier, et sur lequel Floor rappelle sur le final qui est la boss ; la correcte power ballade qui monte crescendo Our decades in the sun.
Mais aussi les 3 titres tubesques : le sucré Elan que Nolwen Leroy reprendra probablement un jour ; le siripeux Edema Ru ; et Alpenglow frère jumeau en mieux d'Edema Ru ou d'Elan - ça dépend du nombre de cidres que tu as bu. ''dis ! tu te foutrais pas trop de notre bouille Tuomas là !?'' - ''Marco ! T'es là ? Non t'es pas là !'' (sic)

Quand on fait le décompte, hormis les 2 titres pompeux, les 2-3 titres chamallos qui se digèrent si t'as mélangé ton cidre avec de la Tourtel, et la minimisation du potentiel de Floor et Marco - faut peut être en garder sous le coude pour le prochain album ? - il est clair que le grand public va s'éclater live, et à l'écoute de cet album charmeur comme un dresseur de couleuvres.
Toutefois, malgré toutes les orchestrations, on sort de là en ayant le sentiment d'avoir écouter un album en 20mn. Si on ne peut pas, après 7 albums, exiger une originalité sans faille, il serait bon d'éviter quelques facilités et autres longueurs (très?) dispensables. Bref Tuomas, nous a mixé de la mousse de foie dans son foie gras. On fera donc une soirée mousseux, au lieu d'une soirée champagne. Dommage quand on bosse autant sur un album, et qu'on a 2 vocalistes de ce niveau en son sein.
Du coup, je file m'écouter le dernier Battle Beast qui a la simplicité (modestie?) d'être plus direct.





2015 ANGRA "Secret garden"

Album classé N°4 du Top 2015


label: edel music
style: rock n' fouttebooollll !
date de sortie: 16 janvier 2015
date de chronique: 10 avril 2015

[par Franck and furious]


Ô Brasil mon amour! Comme la belle Carmen, comment oublier ce chef d'oeuvre qu'a été Holy Land ? J'avoue qu'après le très bon Temple of Shadows (2004), j'ai été infidèle à Angra - et non pas à Carmen, impossible ça, love - je m'égare, je reprends - non pas que j'eus trouvé la suite inintéressante, je n'en sais rien, mais parce que mes goûts musicaux ont eu une certaine lassitude envers ces groupes à chanteurs Soprano que mes oreilles adolescentes ont écouté jusqu'à la lie. Les Queensryche, Dream Theatre, Helloween, . dont les influences sur ce disque sont marquantes.
Aussi, quand notre druide me proposa la chronique des brésiliens, j'étais à la fois perplexe, mais aussi emballé par un brin de nostalgie de ce groupe qui m'a chaviré - Carmen aussi - et puis aussi par le fait que le nouveau chanteur Fabio Lione ai une voix moins haut perchée que ses 2 prédécesseurs, sans parler de mon côté chauvin de fils d'italiens à défendre un voisin de nouilles.
C'est donc sans espérance particulière, mais avec une certaine émotion que je jetai mon dévolu sur cette nouvelle offrande brésilienne, 10 ans après avoir eu mon album Temple dédicacé de mon nom et de celui de Carmen, par nos 5 voyageurs à un mini-show acoustique à Bordeaux.

Autant le dire de suite, ce disque musicalement est très bon, surclasse le sous estimé Temple, et se rapproche même, sans l'égaler car c'est mission impossible du conceptuel Holy Land. Y est présent tout ce qui fait la force des brésiliens: mélodies, refrains épiques ou lyriques, rythmique et break en veux-tu en voilà, soli inspirés et techniques, et le petit côté brésilien qui les différencient des groupes du même genre, même si cette identité ne sera pas aussi fortement marquée que sur Holy Land.
Dès la première écoute, on se laisse emporter par des vagues de mélodies, notamment sur les splendides planches de surfs que sont Newborn me avec son coté lyrique à la Waiting silence de Temple, ses percus, et ce double solo acoustico flamenco-electrique, tout ça qui en font un titre trésor ; un Final light plaisant sans plus ; le doom sabbathien et perfide Violet sky avec un final de choeur prenant ; le super prog wahou à la Dream Theater mais aux couleurs épiques brésiliennes Upper Levels ; le joyau, Crushing room, boosté par la maîtresse Doro, en duo avec Rafael Bittencourt.

On retrouve aussi les titres à la Helloween qui speedent, Perfect Simmetry, Black Hearted Soul dont la plus value se situent dans les breaks, les soli et les passages prog, mais pas vraiment dans les refrains, certes entraînants, mais assez habituels dans le genre - dur après + de 40 ans de hard rock d'être original.
Les ballades à émouvoir tout pirate s'invitent comme de coutume: Storm of Emotions, chanté avec Rafael Bittencourt, la déjà entendue, mais pas moins belle valse anglaise - enfin pour ceux qui apprécient les valses comme moi, sinon vous risquez vite de la jeter à la mer - Secret Garden chantée par Simone Simons, et l'émotionnelle Silent call qui clôt en acoustique le voyage.

Là où cet album a pu gripper votre serviteur, mais pas autant que la dengue, c'est sur le chant de l'italien. Ho pas de panique ! Fabio, bien que sobre, chante bien, très bien même (Storm of Emotions, Silent call) - c'est un italien, faut pas déconner non plus - mais j'avoue que le côté soprano m'a manqué parfois (Newborn me, Violet sky, Final light), et qu'il m'a fallu beaucoup d'écoutes pour m'habituer à ce manque.
Car tout de même, Angra, c'est le Brésil, le voyage, l'océan, l'aventure, le lyrisme, un certain romantisme, autant de paramètres qui nous amènent au rêve, à nous donner envie de nous tenir debout seul devant le Christ de Rio, d'y tendre les bras devant lui en regardant le ciel et l'océan, tout en ressentant la brise nous embrasser, et à penser à la femme qu'on aime. Aussi, il est clair qu'à chose exceptionnelle, il faut aussi des arguments exceptionnels, et la voix de soprano en est un.
Ce n'est donc peut être pas anodin si le groupe a apporté d'autres couleurs vocales pour compléter le chanteur, par de lumineux choeurs d'hommes qui sont le gros plus de cet album sur Black Hearted Soul, Storm of Emotions, Upper Levels, Violet sky et le presque Gospel, Silent call ; mais aussi en faisant appel à la chanteuse d'Epica pour Secret Garden qui apporte là, la touche soprano, et l'ex chanteuse de Warlock pour un des joyaux du disque, Crushing room. C'est donc très bien vu de la part du groupe.

Le groupe frôle donc les 4 étoiles, d'un chouïa, pour cette petite gêne vocale, et aussi parce qu'ils s'y sont mis à plusieurs pour réussir cette bien bel oeuvre, là où un André Matos, l'avait assumé seul, et ce malgré son côté nasillard qui me faisait lui préférer Edu Falashi sur disque. S'il avait été conceptuel, et s'ils avaient amélioré les 2-3 titres un peu trop standards bien que bons, cet album aurait pu se rapprocher de la suprématie d'Holy Land.
Très bon retour des Brésiliens qui devrait leur faire retrouver la place qu'Holy Land leur avait permis d'atteindre, et tel un Queensryche, qu'ils n'auraient jamais du perdre, à condition que la greffe avec Lione s'opère bien, et qu'ils retrouvent au prochain album davantage de samba dans leur musique.





2015 EVIL INVADERS "Pulses of pleasure"


label: napalm rec
style: thrash belge survitaminé
date de sortie: 28 février 2015
date de chronique: 4 avril 2015

[par Barjozo]


Poursuivant l'exploration des contrées européennes, après l'Italie, l'Ukraine, la France, la Suède, le Portugal...voici un petit album from Belgium. Premier album pour ce quatuor originaire de Leopoldsburg (pas de bol ils n'y sont pour rien, mais Leopold II, le 'roi batisseur' fut un souverain belge des plus tyrannique qui soit à l'encontre de sa grande colonie congolaise, l'ex-Congo Belge. CQFD).
Le style? Du bon thrash des familles. Du premier titre joué pied au plancher "Fast, loud n'rude" au 9e qui referme la galette brillamment "Master of illusion", ça part dans tous les sens: batteur branché sur 220v, bassiste inspiré, et guitaristes en sur-chauffe, le tout agrémenté d'une voix souvent très haut perchée mais aussi parfois rugueuse (me rappelant Cronos, de Venom pour ceux qui connaissent).
Mention spéciale à "Eclipse of the mind" avec un break central quasi mélancolique vite embrayé sur un magnifique solo des plus réussi. "Siren" et son intro lancinante plaira aux amateurs de black-metal, mais vire vite à l'ultra-speed. On pense à tous les glorieux ancètres US ayant lancé le style que ce soit sur la côte Ouest (Exodus p.ex.) ou Est (Nuclear Assault mais avec des titres plus longs).
Certaines intonations pourront aussi vous évoquer Maiden (les mélodies de "Stairway to Insanity" ou les riffs de "Master of Illusion"), ou encore les danois de Pretty Maids ("Shot to paradise"), mais qu'importe, c'est bien fait, bien joué, bien produit, et on en redemande! Un grand merci à ces jeunes belges et on espère les voir on stage dans les prochaines années.
Dernier mot sur l'artwork, totalement démentiel qui voit se cotoyer des âmes damnées, un escalier dont on devine qu'il ne mène pas au paradis, une donzelle nue expurgeant sa féminité aux yeux de tous, le tout sous un regard machiavélique, qui là aussi pourrait faire penser à un paléo-héro des années 80 ayant contribué au succès d'un des groupes sus-cités...





2015 WARNING "Métamorphose" [ré-édition]


label: verycords
style: speed-rock frenchy des années 80
date de sortie: 25 mars 2015 [album initialement paru en 1984]
date de chronique: 31 mars 2015

[par Barjozo]


Attention, instant nostalgie avec la ré-édition de cette galette 31 ans après...Je vais donc vous parler ici d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître (tant pis pour eux).
"Métamorphose" était à l'époque le 3e opus de Warning, groupe parisien formé en 1979, après 2 premiers LPs parus sous le simple nom du groupe, "Warning" en 1981 (comprenant le hit "Going to USA") et "Warning II" en 1982. Ce groupe connu bien des remous avec de nombreux changements de line-up, et pour finir, alors que le groupe arrêta définitivement sa carrière en 1985, on notera que les deux guitaristes originaux eurent une fin tragique précoce (Christophe Aubert en 1994, et Didier Bernoussi en 2011). Le chanteur officiant sur "Métamorphose" est Francis Petit, alors que sur les deux premiers Lps c'est Raphael Garrido qui tenait le micro. Warning fut un des groupes français qui tentèrent de percer à l'époque, à l'instar de Sortilège, Attentat Rock, Blasphème, High Power, Killers, Demon Eyes ou ADX pour les quadras qui se souviennent.
Ils ne réussirent pas. Et en ré-écoutant cette galette on se demande bien pourquoi! Certes, ce disque n'est pas un chef d'oeuvre, mais certains des titres sont magnifiques et auraient du les propulser sur le devant de la scène rock, avec Trust, qui à l'époque s'apprêtait à jeter l'éponge.
Ecoutez les soli d'Aubert sur le titre éponyme, mais aussi et surtout sur "Portrait Robot": ce solo a-t-il jamais été égalé sur la scène hexagonale? Alors c'est sûr je manque très certainement d'objectivité car en ré-écoutant ce morceau après un 'oubli' de presque 30 années, il m'a fait replonger dans mon adolescence, et le pire c'est que j'en ai reconnu la moindre note d'un titre de plus de 6 minutes dantesques (dont presque 3 de solo). Mystères de la mémoire.
N'oublions pas le morceau introductif "Petit Peuple", un de leurs standards. Cette ré-édition est agrémentée de bonus, of course. Mais malheureusement le chanteur n'est pas Francis Petit, sauf sur l'unique live qui clôt le CD, "Tel que tu l'imaginais" enregistré en juillet 1985 au France Festival à Choisy le Roi en banlieue parisienne (je me souviens encore de l'affiche publiée dans Enfer mag).
Allez j'arrête là la séquence nostalgie. Long live Rock n'roll ! ! !





2015 ENSIFERUM "One man army"


label: metal blade records
style: death aux accents folk pour vikings imbibés
date de sortie: 15 février 2015
date de chronique: 25 mars 2015

[par Barjozo]


Et revoilou Ensiferum (Ensi. pour les intimes). Ou comment combiner death - folk celtique - orchestrations diverses - chant hurlé - etc.
Album totalement calqué sur la structure du précédent, que j'avais pourtant bien aimé au final ("Unsung heroes"). De l'intro légère évoquant une ambiance de dessin animé heroic fantasy ("March of war") au final toujours sur un titre plus long que les autres, ici "Descendants, defiance, domination" (11 min 20). On passe par moults arrangements et orchestrations certes sympathiques au demeurant, mais pourquoi refaire le même album 3 ans après?
La ballade folk "Burden of the fallen", vient comme un break dans ce déluge sonore (comme l'était déjà "Star queen" sur leur précédent opus). Certes la mélodie est toujours là, entraînante et légère (malgré le chant très 'death') grâce aux multiples apports des synthés et autres claviers, mais rien de nouveau sous le soleil de minuit finlandais. On entend toujours de splendides choeurs évoquant les temps jadis lorsque les vaillants vikings revenaient de leurs expéditions punitives chargés d'or et d'esclaves, pour festoyer en l'honneur de leurs dieux Odin ou Thor, en évoquant leurs guerriers tombés au combat et ayant gagné le Valhalla...
Curiosité en fin de galette, "Neito pohjolan" est une sorte de contine finnoise chantée par une voix féminine dont on se plaît à penser qu'elle appartient à une plantureuse scandinave que la nature aura su avantager: voudraient-ils concurrencer Lordi et postuler pour l'Eurovision de la Chanson(nette) que cela ne m'étonnerait qu'à moitié car ce titre pourrait même passer sur RTL ou NRJ...Snif. Allez, pour la peine je leur sucre leur deuxième étoile, faut quand même pas déconner les gars!





2015 BLACK RAINBOWS "Hawkdope"


label: heavy psych sounds
style: stoner rock à la sauce italienne avec un peu de chianti s.v.p.
date de sortie: 14 mars 2015
date de chronique: 23 mars 2015

[par Barjozo]


Quatrième album pour ce trio rital qui nous vient de Rome, ville lumière et éternelle comme chacun sait.
Gabriele Fiori (chant/guitare), aucun lien de parenté avec notre pauvre Patrick national (pas Bruel, mais l'autre chanteur à midinettes), Dario Iocca (basse) et Alberto Croce (drums) sont des adeptes d'un rock reptilien, plein de poussières et de sable soulevés par un vent chaud. Avec une guitare incandescente, magnifique (écoutez les soli interminables de "The Prophet" ou "Hawkdope") qui s'extrait de façon énergique de ce fond sonore lourd mais toujours mélodique. Le chant et nombre de compositions vous évoqueront sans peine Fu Manchu.
"The Prophet" qui ouvre l'album vaut donc surtout par ce solo magistral. "Wolf eyes" bien chaloupé est le titre le plus rapide de cet LP, une structure basique diront certains, mais ça le fait quand même: ça porte au headbanging et c'est bon!
Magnifique intro ensuite avec un lancinant titre éponyme dont la rythmique vous lamine les conduits auditifs comme autant de coton-tiges en fer forgé ne pourraient le faire, avec en arrière plan des vocaux alternant incantations et choeurs psychédéliques: on touche là à du pur stoner, qui n'aurait pas déparé au milieu du désert US. Sauf que là, ça sent la pizza, et le chianti à plein nez, au lieu des habituels cheeseburgers et bières US malodorantes. Un must dans le genre vous dis-je.
"No fuel no fun": impossible ici de ne pas penser à Iggy que ce soit l'intitulé même du morceau mais aussi et surtout la façon de chanter nous rappelant l'iguane déjanté le plus connu de la planète Rock.
"Hypnotize my soul with Rock n'Roll", "Killer, killer, fuzz" ou "The cosmic picker" sont ensuite de bons morceaux dans le genre, même s'ils ne sont pas à mon avis du même niveau que les morceaux sus-cités.
Black Rainbows? Let's get stoned once again, motherf*ckers!





2015 MOONSPELL "Extinct"


label: napalm records
style: gothic sur le déclin
date de sortie: 5 mars 2015
date de chronique: 20 mars 2015

[par Barjozo]


J'ai jadis adoré Moonspell. Je me souviens de leurs magniques albums des années 90. "Wolfheart", "Irreligious", leurs classiques du début, puis les plus expérimentaux "Sin/Pecado" et "The Butterfly effect" qui furent en ces temps reculés de bien belles réussites. Je me souviens également les avoir vus à Barbey (Bordeaux) en 1999 et avoir été assez emballé par ce style associant ambiances gothiques sombres (à l'époque Paradise Lost cartonnait), guitares saturées ainsi qu'un chant (à l'époque) clair et classieux. Mais par la suite, j'ai laché prise...Moonspell s'enlisant dans des albums moins inspirés.
Moonspell revient donc en 2015 avec "Extinct", son 10e LP, mais seulement le 2e depuis leur retour en grâce et la signature chez Napalm.
Incluant des ambiances orientales comme sur "Medusalem", Moonspell n'oublie pas d'explorer de nouveaux horizons musicaux (une marque de fabrique) mais je trouve pour ma part qu'ils abusent un peu des claviers ainsi que des cordes sur leurs arrangements, alors que la guitare de Ricardo Amorim mériterait qu'on lui laisse un peu plus d'espace pour s'exprimer (écoutez la superbe intro et le riff de "Domina"). Ce LP est ainsi parsemé de bonnes trouvailles (comme l'alternance du chant clair/growl sur "Breathe" qui ouvre les hostilités de belle façon.
Bémol. "The last of us" est une chanson FM avec un refrain facile, une mélodie pop un peu gnan-gnan (style). Heureusement, c'est à peu près le seul titre qui fache un peu, avec "La baphomette" 10e morceau qui referme cette galette de bien curieuse façon: chanson piano-bar langoureuse, dont les paroles sont en français, et les arrangements complètement foutraques. Une bizarrerie.
Pour le reste la production (Jens Bogren) est nickel. Ribeiro n'abuse pas du chant growlé et c'est une bonne chose car il a un timbre magnifique.
Attention amis lecteurs, si vous écoutez ce LP ne vous fiez pas à une première impression qui pourrait être négative (comme cela a été le cas pour moi). En effet, c'est un album qui mérite qu'on l'écoute et le ré-écoute pour mieux s'en imprégner.
Un bon album au final, qui rate de peu la 3e étoile.





2015 PNEU "Destination qualité"


label: head records
style: post-rock bruitiste
date de sortie: 22 janvier 2015
date de chronique: 20 mars 2015

[par Barjozo]


Voici revenir nos deux compères tourangeaux, pour 9 nouvelles pistes après un plutôt réussi "Highway to health" paru en 2012 (déjà).
Fidèles à leur style (batterie + 6 cordes) ils nous balancent un CD qu'ils sont allés enregistrer aux US avec Andrew Schneider. Huit titres instrumentaux dans la plus pure tradition post-rock bruitiste du meilleur effet. Un seul morceau chanté (et pas terrible il faut bien le dire, avec "Hinges"). Le batteur (JB) garde la patate (y a qu'à écouter l'intro du deuxième morceau "Pyramide, banane, chocolat" pour se faire une idée du style). Le guitariste suit pas mal et nous délivre des accords sympatoches (toujours sur "P.,b.,ch." p.ex.).
Autre style, lancinant, de plus de 9 minutes, "Gin tonique abordable" nous entraîne vers une sorte de quête du graal, sous la lune, non à jeûn cela va sans dire, en sautillant au rythme des drums et de la corde vibrant de façon assez monocorde (sic) pendant la première partie du titre. Une atmosphère moins lourde émane de cette composition même si à mi-morceau on sent que les musicos ont des fourmis dans les mains et ne pensent qu'à accélérer le tempo.
J'avais découvert ce duo lors d'un set intimiste au festival palois "A tant rêver du Roi" il y a deux ans maintenant (ils assuraient la première partie de Marvin) et j'avoue qu'ils réussirent alors à m'entraîner dans leur univers, qui peut paraître assez hermétique de prime abord. Alors c'est sûr, cette zike est beaucoup plus alléchante en live, on stage, mais pour la modique somme d'une dizaine d'euros, c'est faire une bonne action que d'acheter cette galette, en cautionnant de jeunes pousses hexagonales (comme diraient nos politiciens!).
Allez. Et pour ceux qui veulent découvrir, cet album déjanté de Pneu est à l'écoute en roue libre sur deezer.com.





2015 STONED JESUS "The Harvest"


label: moon records
style: stoner rock from the east
date de sortie: 24 février 2015
date de chronique: 12 mars 2015

[par Barjozo]


Stoned Jesus est un trio originaire de Kiev. Comme chacun sait, début 2015 il ne fait pas bon être musicos en Ukraine pour des raisons géopolitiques qu'il serait hors sujet de développer ici. Il faut donc saluer cette galette d'un groupe stoner qui préfère maltraiter drums, guitares et basse plutôt que leurs congénères, qu'ils soient russophones, OTANophiles ou de toute autre obédience diplomatique. Sic.

Six morceaux s'égrénant comme suit:
Ouverture rapide et puntchie avec "Here come the robots" (rythme et vocaux rappelant dans leur structure un groupe gallois que j'affectionne particulièrement: Future Of The Left). Excellente mise en bouche, mais assez éloignée du stoner quand même.
"Wound" vient ensuite avec un rythme différent revenant à un style plus lissé. La mélodie est accrocheuse et les breaks bien pensés. L'apport de quelques notes de claviers sur le refrain est sympathique.
Puis vient un lourd et pachydermique "Rituals of the sun", sur lequel la voix se fait incantatoire (genre Ozzy période 70ties).
Le très QOTSA-Homme-like "YFS" (dont le chant semble calqué sur celui de Josh H.) est assez intéressant bien que peu innovant dans le style.
"Silkworm confession" et ses 9 minutes nous entraîne énergiquement vers ce qui a très certainement été de l'impro. en studio lors des sessions d'enregistrement. Un peu décousu sans être ennuyeux, ce titre est quand même un peu longuet au final.
"Black church" referme la galette sur des rythmes tribaux initiaux qui vont tout au long des 14 minutes du morceau nous entraîner vers un univers empreint d'un délire mytico-religieux non dénué de mélodie. Ah! Ce break central à l'orgue...

Au final un album intéressant bien qu'assez convenu. Classé stoner, on est quand même assez loin des classiques du genre, et les adeptes du genre préfèreront certainement les productions US ou scandinaves du même style. Par ailleurs notons que Stoned Jesus sera en tournée européenne à la fin du premier trimestre 2015, tournée qui passera par Bordeaux avec un set prévu le 30 mars (Make It Sabbathy).





2015 EUROPE "War of kings"


label: UDR records
style: hard-FM scandinave
date de sortie: 2 mars 2015
date de chronique: 10 mars 2015

[par Franck and furious]


-Titre par titre, puis chronique en suivant-

War of kings - 4,5/5
Un titre lourd avec des claviers menaçants, ambiance Black Sabbath, période Tony Martin à cause de la voix mélodique de Tempest, des claviers, du son FM du groupe et d'un refrain épais mais très accrocheur, où Tempest montre qu'il n'a rien perdu de sa voix - Titre à l'ambiance rare chez Europe, mais qui fait malicieusement son effet - beau boulot des claviers, entre autres - très bon opener

Hole in my Pockets - 5/5
Europe envoie déjà le titre qui bastonne, et nous refait le coup des excellents Ready or not et Beast. Les claviers restent lourds, Norum fait péter la wah wah et le solo bulldozer ; le refrain, quant à lui nous chavire direct - De plus, Tempest se fait vocalement plus agressif sur les couplets, et sur un final énervé. Grrrr ! que c'est bon !

Second day - 4,5/5
Intro quasi a capela auréolée de discrets claviers qui rappellent l'ambiance du Love to love d'UFO, suivi par un riff toujours lourd et lent, presque doom : titre atmosphérique à l'ambiance grave, limite mélancolique où Tempest se fait rauque, jusqu'à un refrain sublime qui fait planer sur des nuages ensoleillés - un hit qu'affectionnerait U2 - Norum cherche un peu le solo qui siérait à ce genre de titre, mais s'en sort très bien - il lui manque encore un peu de folie - quel superbe refrain.

Praise you - 4,5 /5
Intro guitare hendrixienne, puis bluesy où les claviers prennent modestement le relais : un titre qui me fait penser dans sa progression à Fool de Deep Purple, avec des couplets blues et atmosphériques, pour exploser sur un refrain très rock pas forcément évident, mais qui prend toute son ampleur sur la distance, et sur lequel Haugland martèle ses fûts - Norum nous distille un blues Gary Moorien du plus bel effet - quel feeling ! Les claviers sont distillés toujours dans le juste milieu, pendant que Tempest sait se faire subtil et émouvant, et quel final somptueux de Tempest ! du bien bel ouvrage que ce blues rock. J'hésite à le noter 5/5 car j'aimerais avoir la certitude sur son rendu live, mais ce titre est un de mes must.

Nothin' to ya - 5/5
Ca groove bien, limite à la Stormbringer de Deep Purple ; un refrain qui ne lâche plus mon cerveau . exquis ! Norum se la joue à la Cream, Hendrix sur le solo très rock, mais avec des interventions bluesy. Ian Haugland dégomme à tout va : super boulot - Tempest lui, en casse divinement sa voix - encore un refrain de génie - les belles choses font aussi partie de la vie : ''c'est la vie'' aussi.

California 405 - 3/5
Intro purplienne avec un orgue hammond qui fait vibrer votre serviteur ; le riff guitare rappelle un peu Superstitious - le refrain se veut mélancolique, bon, mais un zest décevant car au final, le titre est le plus convenu de l album. Un titre qui aurait pu figurer sur l'album Out of this World - Norum est encore très bon, même s'il sent que ce n'est pas la peine de sortir le grand jeu sur un titre certes agréable, mais qui fait pâle figure à côté des titres de même ambiance comme Nothin' to ya et Second day. Le titre reste plaisant tout de même, mais devrait me lasser au bout de quelques temps.

Days of Rock'n Roll - 4/5
On ouvre là du côté de MSG et Thin Lizzy : un rock n' roll mi tempo évident mais superbement charmeur, qui fera sauter les foules en concert - sa simplicité et son entrain devraient en faire un classique live

Children of the Mind - 5/5
Titre ambiant avec un riff encore groovy rock. Titre qui surfe entre les Simple song et Out of hand de Deep Purple, avec un refrain terriblement rock valorisé par des claviers, décidément plus que subtils tout le long de cet album, et par une basse du dandy John Leven qui claque. Tempest confirme sa forme vocale - Norum se fait toujours très Creamesque, et on a droit (enfin) à un duel clavier-guitare, où Michaeli nous rappelle qu'Europe pourrait prendre la relève de Deep Purple, s'il allait sur le terrain des duo solo clavier-guitare - C'est encore un titre au refrain peu accessible au départ, mais qui est terriblement machiavélique au final - Encore bien joué Messieurs.

Rainbow bridge - 5/5
Intro claviers orientaux, avec un riff très Steve Morse (Deep Purple) période album Abandon, sauf que si DP a eu du mal à trouver sur cet album des refrains accrocheurs, c'est décidément le cadet des soucis d'Europe qui nous délivre là encore un refrain qui mettra les poils à votre serviteur - Norum se la joue à la Ritchie Blackmore avec un solo oriental, et d'un lyrisme à pleurer - splendide solo - et mon Dieu, que ces premières notes de ce refrain sont irrésistibles.

Angels - 5/5
Intro bluesy convenue pour cette seule ballade de l'album qui nous porte avec hésitation vers une ombre de déception . et puis, et puis, et puis . arrive langoureusement ce refrain sensuel sur lequel Tempest se fait Messie: quelle soûl ! Europe nous délivre là un slow de l'amour dont beaucoup de groupes du genre, ont perdu la recette (n'est-ce pas Scorpions ?) . Norum se fait black bluesman : terrible ! Et encore ces claviers qui se font toujours aussi subtils ! ce n'est pas compliqué : si vous n'avez pas embrassé votre cavalière sur ce slow Titanic, vous pouvez vous reconvertir définitivement comme fan de Slayer. - ça y est je suis amoureux.

Light me up - 4,5/5
Titre récréation où on frôlerait la jam (6'10) si Europe était Deep Purple : voici du Cream - ça rocke blouze avec un refrain toujours dans la famille Europe, voire U2 - Ian Haugland se déchaîne à la Ian Paice et John Bonham - ça cogne de tout les côtés ! Titre ambiance très fin 60, on n'est pas loin de remettre les chemises à fleurs, les pattes d'éph., les lunettes à la Chips, et à danser sur du rock dansant notamment sur le break et les refrains . Et ce final où arrive les claviers pour mettre un supplément d'âme en valorisant un long solo final de Norum encore empli de feeling rock blues ! Final où un petit solo de clavier, qu'on aurait aimé beaucoup plus long, vient prendre le relais de ce magnifique solo du guitariste suédois. Ces mecs m'ont donné l'eau à la bouche, j'en veux encore - Titre peu évident mais qui se veut en définitive être un excellent titre où Europe prouve qu'il arrive à un degré de maturité plus que jouissif.

Vasastan - Instrumental - 5/5
Norum nous propose avec talent une ballade qui porte la signature du grand Gary Moore - pas grand chose à dire : Délicieux, respect et merci

Super job très fouillé des 5 fantastiques ! Ils ont vraiment tous sculpté cet album minitieusement. Gros gros boulot de chacun.

ps : j'aime bien la petite reprise sur le final de l'album dont je vous laisse la surprise - c'est très subtil et encore bien vu - pitin je kiffe ces mecs !

***

Europe a déjà montré qu'il avait un grand potentiel avec ses influences digérées et calibrées. Que ce soit Thin Lizzy, Ufo, MSG, Deep Purple, Led Zeppelin, il n'a cessé d'accroître ce potentiel depuis son retour en 2004 avec des albums allant du bon à l'excellent, à la fois bien pensés et variés, et donc avec une maturité quasi insolente. Si l'album Last look of Eden est le meilleur album de la reformation (meilleur tout court?), cet album devrait se placer aussi très haut dans le cour des fans.
En effet , il est le savant mix des tubes de Last look of Eden, et du son vintage classic rock blues de Bag of the bones - album de qualité, mais auquel en comparaison des autres albums, il manquait quelques titres forts.

Ici Europe passe encore un cap - jusqu'où iront-ils ? Ho pas sur le même registre que Last look - est-il possible de faire mieux dans ce registre ? - mais sur un registre beaucoup plus musical, je dirai beaucoup plus vers les mélomanes. Car cet album est très riche en subtilités où le maître mot est le feeling. Certes, Europe ne perd pas son talent pour composer des mélodies, et des titres efficaces. Mais il n'empêche que les mecs rajoutent ici des petites touches par-ci par-là de musicalité : que ce soit la section rythmique, ou des claviers qui interviennent quand et comme il faut - vous rajoutez un chanteur qui en vieillissant, se fait de plus en plus suave, tout en gardant sa belle voix, et un guitariste qui manie à la fois l'efficacité d'un Mickael Schenker (Days of R'R), le feeling d'un Gary Moore (Praise u, Vasastan), et qui commence à toucher à l'espièglerie d'un Ritchie Blackmore (Rainbow bridge), mais qui n'en a pas encore atteint sa folie ; vous obtenez un groupe qui ne cesse de grimper de sommets à sommets du classic-rock classieux.

Alors le fan de Deep Purple que je suis, aimerais que Norum ait ce grain de folie Blackmorien, et que Mickaeli, aux sonorités à la Don Airey, vienne à fond, provoquer Norum en duel de soli. Le groupe est probablement ''emprisonné'' par ce format de titre direct et tubesque qui l'empêche plus ou moins d'aller vers des albums plus ''riche'', plus ''progressif'' (relativisons ce mot), mais aussi parce que le groupe sait que ce n'est pas encore l'heure d'aller sur ce terrain là, même s'il semble s'en approcher lentement. (Children of the mind - Light me up)

Mais Tempest est un homme intelligent. Il sait mener la barque, et gérer les musiciens du groupe qui mûrissent tous qualitativement. Après 10 albums et 32 ans de carrière, le groupe garde un cap très précis dans la gestion de sa carrière.

Quelques indices :

-Niveau albums : les influences sont bien marquées, tout en gardant la personnalité propre du groupe. Ils ont conservé leur talent à créer des hits, tout en apportant une touche rock-blues qui apporte la crédibilité musicale qu'il leur faisait défaut dans les années 80, aux yeux de certains. Aujourd'hui, Europe a créé une multitude de classiques, et de hits. Que pourraient-ils faire de plus dans ce domaine à moins de faire des concerts de 4h, et faire comme Bon Jovi des concerts best of qui ont fini par avoir raison d'un Sambora désireux de davantage de musicalité ? Pour la prochaine étape, ne pourraient ils pas s'orienter (enfin?) vers encore davantage de musicalité, d'instrumentalisation, bref peut être davantage vers un univers Deep Purplien, ou carrément vers un genre de concept album Pink floydien, tout en gardant la patte suédoise ? D'ailleurs, je trouve que cet album est très proche en intention, de l'album Now What ?! du duo Bob Ezrin-DP, parfumé de Cream.

-Niveau image : les pochettes des années 2000 sont loin des pochettes légères des années 80, et le look rockeur-dandy est aujourd'hui mieux assumé que dans la période hair-metal des années 80.

-Niveau tournées : Europe semble se préparer à prendre la relève des dinosaures à la retraite. Après avoir fait des tournées tête d'affiche dans des salles de 1,500 places, le groupe attaque les zéniths français en première partie de Scorpions, zéniths français où règne aussi DP - tiens donc ! ; fait une tournée UK en co-tête d'affiche de BSR, le ''groupe filleul'' à Thin Lizzy ; et s'apprête à se rappeler au bon souvenir des USA. Bref, le groupe balise le terrain en vue de voir plus grand plus tard.

Avec cet album, son catalogue, une fan-base qui progresse, l'intelligence gestionnaire et le talent de Tempest, un guitariste et un clavièriste qui flirtent avec l'excellence - et qui peuvent faire encore mieux - des fondations rythmiques solides, et des dinosaures bientôt retraités, je parie qu' Europe s'apprête à devenir une future tête d'affiche des festivals, et n'a pas fini de nous surprendre - qui parie avec moi ?
En tous cas, merci Messieurs les orfèvres pour ce bijou, que je classe qualitativement, et non musicalement, (quasi?) au même niveau que Last look of Eden et The Final Countdown.





2015 S.O.T.O. "Inside the vertigo"


label: earMusic records
style: aor-FM excité
date de sortie: 30 janvier 2015
date de chronique: 10 mars 2015

[par Franck and furious]


Qui a marché sur la queue du chat de Jeff Scott Soto ? Le chanteur à la gouaille d'argent passe-partout, semble bien énervé sur ce nouvel album solo. On est loin du aor fm de la majorité de ses ouvres. Oh il est vrai que l'artiste aime bien aussi funker, queener et bastonner parfois du temps de quelques bons titres énervés avec Talisman ou dans ses multiples projets. Ici, il passe son micro au dessus d une perche de 6m et réussit un fabuleux saut Lavelliniesque. Très heavy, limite Ramstein, le chanteur hurle, la folie de Sebastian Bach est contagieuse. Les soli tabassent, assez logiquement avec la présence de Gus G, Al Pitrelli, Mike Orlando, ...
On a donc droit à 3 titres d'ouverture ''in your face'' ; ''Wrath'' au refrain très Soundgarden se voit même appuyé par des passages de double grosse caisse, puis Soto se rappelle qu'il a un héritage à assumer, et nous livre avec ''break'', le titre FM par excellence dont il a le secret, avec un son qui reste toutefois très gras. Cet album est un album de métal, avec toutefois l'art du refrain de Soto et son groove habituel. Ceux qui ont mis leur perruque à la Jim Peterik, devront ressortir leur perruque de leur 20 ans pour headbanguer sur ce disque heavy.
Mais pas de panique pour les arthrosés des cervicales, Soto nous offre avec ''end of days'' une ballade . bien progressive, avec des choeurs d'enfants, assez Pink Floyd au final, et une montée crescendo pour au final nous péter à la tronche avec une bien belle réussite. 9 mn, oui vous lisez bien, 9mn, où Soto sort ses griffes sur ce titre sans mauvais goût et le meilleur de l'album : mélodique, énergique, épique, choeurs. fallait pas écraser la queue du chat . le titre éponyme qui suit ce bijou, revient vers des influences légèrement orientales de bons effets, très Talisman où la basse claque les fesses. La ballade efficace mais un peu convenue ''When I am older'' ravira les amateurs d'aor, mais pas votre serviteur, qui trouve dommage que cette facilité vienne casser la prise de risque initiée avec succès jusque là - l'effet Scorpions probablement !? - Du coup on se reprend un choc thermique avec le très dark ''Trance'' et ses (légers) effets électro. Mais Soto sait faire souffler ses fans avec un titre habituel comme ''Jealousy''. Bref, Soto durcit le ton, le modernise, et prend quelques aises musicales un peu fourre-tout, mais intéressantes.

Si l'industrie du disque n'était pas aussi frileuse de nos jours, on serait tenter de pousser Soto à poursuivre dans la direction prog. présentée dans le titre ''End of days''. En espérant qu'il tente ce virage la prochaine fois, en durcissant ici son propos que j'aurais aimé plus court, on ressent avec cet album assez surprenant de la part d'un des Maître de l'aor fm, comme un plaisant vertige. Ne passez pas à côté.





2015 U.D.O. "Decadent"


label: AFM records
style: hard teuton
date de sortie: 23 janvier 2015
date de chronique: 10 mars 2015

[par Franck and furious]


Depuis que les jeunes de Sabaton ont piqué les treillis d'Udo - Pfff ! Aucun respect ces jeunes ! - on est en droit de s'inquiéter si le célèbre hurleur militaire ne s'est pas fait voler aussi ses balls. La réponse est claire et limpide : c'est non !
La voix si particulière d'Udo, l'envie d'en découdre, et de montrer à ces jeunes qui c'est encore le patron, sont toujours là. On a bien là du bon métal teuton efficace : telle la pelouse du Bayern de Munich, il n'y a pas un brin d'herbe plus long que l'autre : c'est nickel.
Alors pour être franc, je ne suis pas un spécialiste d'Udo. Le chef de rockmeeting m'a bizuté en me collant cette chronique à faire. Donc je ne vous ferai pas un comparatif avec les obus précédents de sa longue carrière. L'avantage de ma relative virginité pose la question suivante : peut-on découvrir Udo avec ce disque ? La réponse sera aussi courte qu'efficace : JA ! Si la formule du métal allemand est toujours un peu la même : titres dynamiques qui s'intercallent avec des titres lourds ; refrains directs, hymnesques ou mélodiques, point de touches de progressif ou de fusion, la différence se fait sur la qualité des compos : or, de qualité, il est clair que cet album n'en manque pas. House of fake, Meaning of life, Breathless, Under your skin, . Et puis, il y a toujours cette petite touche d'originalité à la Accept qui les démarquait des autres groupes allemands. C'est vrai ici avec des titres comme Mystery, et Words in flame, et son final limite Marillion période Fish, les tops de l'album.
Niveau guitare, les soli sont plus que bons : ça joue très bien, c'est mélodique et tranchant, ni avares ni bavards, et ils rehaussent chacun des titres : un vrai régal, les soli sont probablement même le point fort de l'album. Question riff ? Bon là faut pas trop m'en demander : le métal teuton est ce que les routes furent aux romains, à savoir : tout droit, exit les virages inutiles. Ceux qui ont envie d'avoir quelques bons albums de métal dans leur cédéthèque peuvent acheter cet album : quasiment tous les titres se défendent ; quant aux fans, ils devraient prendre leur pied, mais auront peut être comme un goût de déjà entendu. Pour ma part, entraîné dans cette décadence, j'ai dégusté ce cigare offert. Seule ombre au tableau, si j'ose dire, l'artwork. Mais après écoute de l'album, et son plaisir procuré, on peut au final en sourire avec complaisance.





2015 BATTLE BEAST "Unholy savior"


label: nuclear blast records
style: attention à la bête
date de sortie: 12 janvier 2015
date de chronique: 10 mars 2015

[par Franck and furious]


Quand on se retrouve nez-à-nez face à une bête féroce, mais au masque un peu comique, 2 solutions s'offrent à vous : fuir ou vous faire dévorer parce que vous êtes maso, ou que vous êtes trop écroulé de rire pour réagir. Pour ma part, j'ai préféré me faire dévorer tout cru.
Inutile de sauces ici, la recette est simple et directe : mélodie + mélodie + mélodie = hit + hit + hit sur des recettes puisées chez Nightwish, Blind Guardian, Arch Enemy, Abba
Se laisser dévorer aussi, car la chanteuse à la voix éraillée de la blonde finlandaise est hypnotisante. Elle pourrait reléguer notre déesse Doro pour une chanteuse de pop ! Bon j'exagère, mais disons qu'avec Angela Gossow et Mia Coldheart, Noora Louhimo fait partie des super coffres vocaux féminins avec qui il vaut mieux éviter d'oublier de descendre les poubelles de la maison. Toutefois sa voix n'est pas que puissance et rauque attitude, elle est modulable paisiblement et agréablement aussi vers un timbre plus pop, voire lyrique, et cela pour mieux apaiser nos tympans.
Parce que ce groupe sait varier les tempos et les ambiances pour mieux gérer notre attention. Après le summum du disque, Unholy savior (Blind Guardian) - planquez vous tous dans les abris anti-atomiques, la bête grogne fort - des valeurs sûres comme Lionheart, Madness (Nigthwish), I want the world (Arch Enemy), et les ballades convenues mais efficaces, Sea of dreams, et surtout Angel cry, la bête nous fait des chatouilles entre 2 plantages de crocs, en s'échouant sur des zones plus dégustatives et plus calmes, avec le trop bref interlude quasi a capella The black swordman, puis sur des sons pop, qui à peine remixés, passeraient très bien en dancing club Touch in the night, Push it to the limit (bonus) ; le pire, c'est que ça marche, et qu'à moins d'être hermétique à ce genre, on se fait facilement piéger par ces mélodies envoûtantes à la Abba ou autre Cascada. On a même droit à un instrumental claviers chevaleresque Hero's quest qui pourrait être le nouvel hymne de Michel Drucker enfin converti aux vainqueurs de l'Eurovision Lordi.
Bref, cet album gloupi boulga - chamallow un peu fourre tout et dénué de toute prétention, lui évite la note de 5, mais a les points forts d'avoir une chanteuse top niveau, des soli de claviers et guitares faisant le job, et surtout de recéler des mélodies goûteuses à tout bout de champ, qui ne peuvent que nous enchanter live. La bête s'est régalée et a gagné sa bataille. ''Aie ! mords pas trop fort tout de même, sale bête va ! Oui ! Là tu peux, oui vas y continue !''

Dernière minute : le guitariste et principal compositeur, Anton Kabanen, vient de quitter le groupe : paraît-il que ses compères voudraient participer à la cuisine des compos, qui lui était son exclusivité...





2015 The MIDNIGHT GHOST TRAIN "Cold was the ground"


label: napalm records
style: stoner fuzzz
date de sortie: 27 février 2015
date de chronique: 5 mars 2015

[par Barjozo]


Trio du Kansas, The Midnight Ghost Train sort ici sa première oeuvre sur un label d'envergure puisque jusqu'à présent les 2 Lps précédents sortis en pressage analogique n'avaient eu qu'une distribution limitée. Le professionalisme qui en découle et qui d'emblée est évident à l'écoute de "Cold was the ground" c'est la production qui est excellente, avec un son superbe et très voluptueux.
Autre caractéristique la voix, limite 'death' mais pas trop, style assez peu usité parmi les groupes jouant du stoner. Alors et la zike me direz-vous, est-elle semblable à tous ces combos qui s'essaient dans le genre et qui souvent avouons le se plantent et s'en repartent la queue entre les pattes? Et bien ici, on a droit à des mélodies galopantes, véloces, bien soutenues par une rythmique au taquet (belle basse ronflante). "BC trucker" est certainement un des musts de la galette: intro rapide aux drums, enchaînement à la guitare, basse virevoltante, puis la voix vient durcir le ton, et c'est parti pour 4 minutes et des poussières d'une superbe mélodie et un solo pas mal du tout. Autre perle, "One last shelter" dans un autre registre puisque vite après l'intro on a droit à un passage très bluesy, tout en conservant un rythme lourd, puis une 6 cordes s'envolant dans un tourbillon de fusion. Splendide même si trop bref car enchaîné directement sans temps mort sur "The canfield".
Autre brûlot, le titre speed "No227" sur lequel notre train fantome file à 300 à l'heure et frole le déraillement à plusieurs reprises pour finalement arriver tranquilement en gare. Ouf. Ensuite ça se calme un peu avec "The little sparrow" une sorte de petite contine stoner assez inhabituelle dans le genre...Puis ça repart plein pot sur "Twin souls" avec une rythmique superbe...
Un album stoner avec des qualités mélodiques indéniables, des passages groovy et lorgnant vers le blues, une voix attachante au fil des écoutes. Voilà un des LPs majeurs de ce début d'année.
Vous savez quoi amis lecteurs? Et bien vendredi 19 juin 2015, je pense que pour me trouver il faudra regarder sous la Valley (à Clisson city) car avec sur la même scène, le même jour, un enchaînement de groupes parmi lesquels on retrouvera The Midnight Ghost Train, Truckfighters et Mastodon, il semble difficile de faire mieux dans le genre!





2015 BLACK STAR RIDERS "The Killer instinct"


label: nuclear blast records
style: rock n'roll
date de sortie: 20 février 2015
date de chronique: 26 février 2015

[par Barjozo]


Black Star Riders (BSR) c'est le nouveau nom des musicos qui firent revivre Thin Lizzy en live pendant le début des années 2000. Rick Warwick (ex-The Almighty) au chant/guitare rythmique, Scott Gorham (Thin Lizzy historique) à la lead guitar, Damon Johnson (Alice Cooper) à la guitare, Jimmy deGrasso (ex-Megadeth, Suicidal Tendencies), et Robie Crane (ex-Ratt) ayant remplacé tout récemment (2014) Marco Mendoza à la basse. De ce petit monde seul Gorham a connu et joué avec feu Philip Lynott au sein de Thin Lizzy, et seul Warwick n'est pas américain mais irlandais (ouf!).
Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de ce 2e LP de BSR (j'ai raté le premier "All hell breaks loose" paru en 2013) c'est l'omniprésence des 2 guitares jouant en synchro, comme au bon vieux temps de Thin Lizzy aurais-je tendance à dire. C'est aussi la voix de Warwick qui rappelle tant celle de Lynott que c'en est quasi-miraculeux!
Les compositions sont sympathiques mais allons tout de suite au petit joyau thin-lizzien que constitue "Soldierstown": on entend une mélodie qui telle une madeleine proustienne m'a fait repartir dans les années 80 quand ado boutonneux je m'écoutais les 33t de Lizzy dans ma chambre... J'arrête là car je ne voudrais pas faire pleurer les quadras qui viendraient à lire ces lignes. Bref un petit diamant de morceau ciselé à la perfection dans la pure tradition irlandaise. Enchaînement magnifique sur "Charlie I gotta go" dont le tempo est plus lent, mais non moins entiché d'une superbe mélodie.
N'allez surtout pas croire que ce CD n'a aucune sonorité moderne! La production est nickel et la clarté des diverses sonorités ne fait pas du tout old-school. Parmi les autres réussites de cette galette, citons "Blindsided" est une très jolie ballade sur laquelle on a droit à un solo digne des plus grands, "Sex, drugs and gazoline" titre bien rock, avec une 6 cordes rappelant le grand John Sykes (el magnifico).
Un LP pour les amoureux de Lizzy, cela va sans dire, mais aussi pour les autres, pour leur donner l'envie de revenir aux fondamentaux d'un Rock sentant bon les vieilles tavernes irlandaises et la Kilkenny 'on tape' (désolé mais je la préfère à la Guinness).





2015 DANKO JONES "Fire music"


label: very progressive records
style: rock n'roll pour finir l'hiver baby!
date de sortie: 2 février 2015
date de chronique: 21 février 2015

[par Barjozo]


C'est parti pour 2015. Danko Jones sort son 7e LP. Désolé mais ici c'est la première fois que l'on chronique ce groupe canadien que je n'ai découvert qu'en 2013 lors de son set remarqué sur la mainstage 1 du Hellfest.
En onze titres bien ficelés, très rentre-dedans, bien péchus, sans fioritures, le trio nous décrasse les oreilles et permettra à tous les adeptes d'une zike rapide et très rock de se réveiller après la mauvaise saison, même si ce foutu hiver n'est pas encore fini.
Les mélodies sont accrocheuses, la voix est agressive mais reste sympatoche et n'est pas sans rappeler celle de James Hetfield par certaines de ses intonations (le couplet introductif de "She ain't coming home" pour vous faire une idée). La production est correcte. Certes, les morceaux sont brefs, mais n'est-ce pas là une des composantes historiques du rock n'roll? Ecoutez par exemple le très rythmé "Do you wanna rock" qui vous fera battre du pied, ou "Watch you slide", titre ultra-speed mais très réussi alors que c'est l'un des plus court de la galette (2'38").
Le bémol (pour moi) c'est le côté un peu répétitif des "oh, oh, oh..." que l'on retrouve sur "The twisting knife", "I will break your heart","Body bags" ou "She ain't come home" p.ex. Une marque de fabrique (?) comme les "oh yeah, oh yeah" de Paulo Stanley de Kiss (re ?) mais c'est un peu redondant et barbant au fil des écoutes successives.
Allez rien de grave, "Fire music" reste un bon disque pour démarrer l'année, mais je ne suis pas sûr qu'il puisse figurer en bonne place lors des 2015 awards qui la clôtureront.








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