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Cette année:


- Michel Delpech décède des suites d'une longue maladie le 2 janvier 2016 à l'âge de 69 ans.
- David Bowie nous a quittés le 10 janvier 2016 à l'âge de 69 ans.
- Jimmy Bain, bassiste de Dio ou encore Rainbow meurt d'un cancer du poumon le 23 janvier à l'âge de 68 ans.
- Colin Vearncombe dit Black tire sa révérence le 26 janvier à l'âge de 53 ans... Il nous laisse le magnifique tube "Wonderful Life".
- le 21 avril 2016, décès brutal du "Kid de Minneapolis" Prince encore connu sous le sobriquet de 'love symbol' () à l'âge de 57 ans.
- Eddie Harsch claviériste emblématique des Black Crowes meurt le 4 novembre à Toronto à l'âge de 59 ans.
- Leonard Cohen rend son dernier souffle le 10 novembre à l'âge de 82 ans.
- le 7 décembre 2016, décès de Greg Lake (King Crimson, Emerson, Lake & Palmer) à l'âge de 69 ans (cancer).
- décès de Rick Parfitt guitariste de Status Quo le 24 décembre à l'âge de 68 ans.
- George Michael meurt à 53 ans le 25 décembre 2016.




Actuellement il y a 67 chroniques écrites pour 2016

Notation visuelle (pour les pressés):
: à chier ! : moyen : bon
: excellent : fantastique !




2016 The ROLLING STONES "BLUE & LONESOME"

label: Polydor
style: Rock parcheminé
date de sortie: 02 décembre 2016
date de chronique: 13 janvier 2017

[par Nico]



C'est un petit groupe de jeunes (290 ans à eux 4 lors de la parution de cet album) que je me propose de chroniquer ici. Je n'avais pas eu l'occasion de vous parler l'année passée du fort sympathique (for the Devil) "Crosseyed Heart" de la Momie... euh pardon..Keith Richards (que je vous recommande pourtant chaudement). Tant pis, j'étais "Out of Time" et pourtant je pensais bêtement: "Time is on my Side"...

Donc, cet album est un petit retour aux sources: du Blues et rien que du Blues; des reprises et aucune compo; enregistré relativement à l'ancienne en décembre 2015, en trois jours.
Certains ont reproché le son un peu crade, indigne de notre siècle; d'autres le fait que les Stones n'aient toujours pas accouché d'un nouvel album studio "à eux" depuis 2005....Les Stones rendent hommage aux idoles de leurs débuts en reprenant des titres assez peu connus du commun des mortels, Eric "God" Clapton vient gratter sur 2 titres, Mick joue de l'harmonica et semble rajeunir....Le son est propre mais pas trop...perso: rien à dire, le compte est bon!
12 titres, 12 fois heureux!
Ces pierres là peuvent continuer à (nous) rouler encore un peu, ça me va!





2016 VEKTOR "Terminal redux"

Album classé N°5 du Top 2016

label: Earrache
style: thrash metal "progressif"
date de sortie: mai 2016
date de chronique: 11 janvier 2017

[par Mumbly introduit par Barjozo]



Troisième LP pour les thrashers américains de l'Arizona. Présentés il y a 4 ans au Hellfest comme la nouvelle sensation US, j'avoue que l'écoute de leur premier album ne m'avait fait ni chaud ni froid, et passant à l'époque à Clisson certes sur une Mainstage mais à une heure précoce (avant 13h!) je n'avais pas pu les voir...
Les revoici donc en 2016 pour leur 3e album studio "Terminal redux" publié sur Earrache 5 ans après "Outer isolation" (qui s'avérait être leur deuxième effort studio après un "Black future" publié quant à lui en 2009 les 2 albums ayant été distribués par le petit label US, Heavy Artillery).

Force est de constater d'emblée qu'un effort considérable a été fait sur le son et heureusement vu la longueur du disque qui s'étale sur plus de 70 minutes avec les 3 premiers titres forgés dans un acier trempé de 9, 8 et 7 minutes enchaînants breaks en tous genres sur un tempo hyper-rapide et une mélodie à couper le souffle!
Excellent coup de coeur de fin d'année découvert par Mister Mumbly qui va nous en dire un petit mot maintenant...


Vektor ? Une nouveauté pour mes oreilles nouvellement converties à des musiques brutalement sensuelles dans un monde de vulgaire rugosité. Renseignement pris, car je déteste l'inconnu et ses éventuelles turpitudes, et afin de découvrir et sentir le terreau dans lequel croissent et s'épanouissent les belles productions, j'appris, au détour de mes pérégrinations numériques sur la toile que cette formation affiche ses 15 ans d'existence avec à son actif, hormis les démos, trois albums majeurs, "Terminal Redux" ayant accouché en 2016 après une gestation fructueuse de plus de 4 ans. Bon, une des caractéristiques de ce groupe depuis la formation en 2002 : le turn-over. A croire que la concurrence y est rude ou que l'ambiance n'en valait pas la chandelle.

Même si, à l'heure où je disserte allègrement sur ce groupe, toutes et tous les Vektoronautes du monde entier et des galaxies amies sont en train de libérer un vortex de larmes suite à l'implosion de la formation en décembre 2016 avec le départ annoncé et validé des trois comparses du leader David Di Santo. La fin d'une magnifique saga ? Soit. Mais lorsque les 3/4 de l'effectif sont en démission, cela ressemble plutôt à une évasion voire une libération. No comment more...

Retour donc au dernier et peut-être dernier opus de Vektor sans ambages ni polémique.

La pochette est magnifique : elle représente un vaisseau spatial nécessitant assurément une halte auprès d'un garage galactique agréé. L'univers de Vektor orbite autour de la Science Fiction, un thème assez rare dans le Thrash Metal, plus facilement enclin à discourir sans retenue sur des thèmes aussi lyriques que la mort, l'horreur, la guerre ou toutes autres joyeusetés des temps modernes. L'espace et sa conquête par l'homme reste donc un des fils rouges des lyrics du groupe.

En ce qui concerne la piste son, "Terminal Redux" s'articule autour de 10 morceaux pour une écoute globale de plus de 70 minutes. « Charging the void » ouvre le bal et dilate nos esgourdes attentives pour une démonstration technique à la hauteur, tout en gardant ce relent 'de je ne sais quoi' d'impression intrinsèque de quête, de recherche de perfection au travers de la voix aiguë et saturée du chanteur. Une composition léchée qui plante le décor de belle manière. C'est encourageant pour la suite.

Avec « Cygnus Terminal », guitares et drums sont lâchés. Heureusement, la gestion des transitions lent/rapide donne de l'intérêt et du dynamisme à ces compositions longues qui auraient pu à la longue devenir lassantes et redondantes. « LCD » instaure un dialogue semble-t-il constructif entre le chant et les duos de guitare, les dernières prenant le relais lors des temps de récupération des cordes vocales. Une maestria musicale magnifique. « Mountains above the sun » invite à la flânerie. Il ne faut pas chercher les décibels ravageurs mais plutôt un interlude zenifiant, relaxant ou une pause dans l'hyper-espace. Une petite envolée instrumentale avec « Ultimate Artificer » qui ramène tout ce beau monde de manière magistrale à une température ambiante extrême et permet au chanteur de reprendre sa place à table.

« Pteropticon », je ne sais pas dans quels recoins ose flâner leur imagination mais, ici-bas, les guitares miaulent, les cordes chauffent et les caisses fument. Cependant, la voix de la raison est là pour les calmer et les contenir. Frénétique est le maître mot. Vous en re-voulez ? « Psychotropia » et « Pillars of sand » sont là pour vous en remettre une couche au cas où vous n'auriez pas percuté. « Collapse » nous propose une transition soft avec, oh surprise, pour un effondrement pourtant annoncé, instruments et voix sont en mode cool. A croire que leur vaisseau s'est crashé sur Dune, les univers parallèles, une faille spatio-temporelle chez Herbert, l'épice, du délire...je plane...

La boucle se referme avec « Recharging the void » pour un ultime rush récapitulatif, avec Clare Torry en back vocal, comme au bon vieux temps ? Non, je rêve, pas possible. Et ce final,..., épique.
Il est dit que mère nature à horreur du vide, il est bien évident que si ce dernier (the void) nous est présenté d'aussi belle manière au travers de ce magnifique opus, abstraction à la règle sera faite le temps de 70 minutes.





2016 THE WARLOCKS "Songs from the pale eclipse"

label: Cleopatra
style: Rock psychédélique
date de sortie: 02 septembre 2016
date de chronique: 31 décembre 2016

[par Boucle d'or]



Dernière petite chronique express pour clôturer cette année 2016. Car il aurait été dommage de passer à côté de cette galette.
Les WARLOCKS, au début des années 2000, avaient, avec deux albums référentiels ("Phoenix" et "Surgery"), assis une solide réputation qui depuis s'est plus ou moins délitée. Dépassés alors par des combos tels que les Black Angels, ils n'ont sorti la tête de l'eau qu'en 2013 avec leur précédent opus, "Skull worship".

En 2016, ils renaissent de leurs cendres, transforment l'essai et reprennent leur place avec ce "Songs from the pale eclipse".
C'est comme si ce disque faisait directement suite à "Surgery" en s'inscrivant dans le même moule.
Même s'il n'y a plus qu'une seule batterie, la profusion de guitares (quatre guitaristes) bâtit un mur du son où chaque instrument tapisse l'espace sonore. Psyché, mélodique (ce son de guitare à la "Shadows"), mélancolique et hypnotique (la voix de Bobby Hecksher), avec de grosses tessitures de guitare (saturation, effets de pédales.), les 10 compos se succèdent et s'insinuent dans votre esprit telle une berceuse toxique. Les Warlocks vont à l'essentiel et limitent la durée à 45 minutes, et évitent en cela le piège dans lequel de plus en plus de groupes s'embourbent, à savoir faire du remplissage au détriment de l'efficacité et surtout de la qualité (Metallica, Iron Maiden, Marillion...).

Embarquez avec les WARLOCKS dans leur univers cotonneux et vénéneux, laissez vous porter par leurs mélodies, leur nonchalance, leur spleen acide, et commencez l'année 2017 en bonne compagnie !
Bonne année 2017 ! Keep rockin' !





2016 METALLICA "Hardwired...To self-destruct"

label: Vertigo
style: Oh Yeah!!!
date de sortie: 18 novembre 2016
date de chronique: 29 décembre 2016

[par Nico]



8 ans déjà depuis le dernier album des Four Horsemen....Et Metallica...fait du... Metallica!!! Ça alors!!! La recette ne change pas trop mais à l'écoute répétée cet album est loin d'être désagréable. On peut continuer à rester surpris par la longueur atypique des morceaux qui, à l'exception du convulsif "Hardwired" qui ouvre l'album, vont tous approcher ou accrocher les 6 minutes voire beaucoup plus... Tant pis pour la concision propre au style "rock" de leurs aïeux....Metallica a définitivement choisi les titres à multi-structures et tempos...pour le meilleur et parfois pour le dispensable ou l'auto-parodie.

L'album s'étale donc sur un minimum de 2 galettes (12 titres), sauf pour ceux qui auront le goût de la version Deluxe (3 CD) avec un medley hommage à Dio, un live faisant la part belle à de vieux titres, une reprise de Deep Purple et de Maiden et le single "Lords Of Summer".

Passée donc la surprise du "quoi ressemble à quoi de déjà entendu", il me reste de bonnes impressions: Hetfield chante vraiment bien et me renvoie 25 ans en arrière; la production est de qualité; la batterie sonne bien (même si le style Ulrich me lasse depuis longtemps) et le mix permet d'apprécier tous les instruments sans cette fatigue auditive propre à "Death Magnetic"! Sur le premier CD, seule la chanson "Now That We're Dead" ne passe pas vraiment... mais qui sait...avec le temps...?

Le 2ème CD attaque avec un lourd "Confusion" et on enchaine sur "ManUNkind" et son rythme parfois dur à suivre. S'ensuit "Here Comes Revenge", un titre très "Master Of Puppets" (un peu de "Lepper Messiah" et de "Master of Puppets"...mélangez, secouez, c'est servi!!).
Puis "Am I Savage?"...lent et lourd...finalement pas très intéressant mais pas désagréable.
"Murder One" est leur hommage à Lemmy: pas une chanson de Motörhead mais du Metallica qui cause de Lemmy (vous suivez??!!!).
L'album se clot avec un morceau de bravoure à l'esprit punk-rock!! Ça envoie comme sur le titre d'ouverture mais on en prend plein les oreilles pendant plus de 7 minutes!!

Au total, je serais tenté de citer un journaliste anglophone qui résume assez bien la chose: "Comme sur Death Magnetic, le dernier Metallica est une tentative de revisiter leurs débuts. La seule différence, c'est que cette fois-ci, ils sonnent comme s'ils essayaient vraiment et que peut-être même ils s'amusaient un peu." Saluons l'effort; pour ma part, cet album fait quand-même plaisir et 2,75 étoiles s'arrondissent donc à 3!!
Go!





2016 MARILLION "F.E.A.R."

label: intact records
style: rock progressif
date de sortie: 23 septembre 2016
date de chronique: 23 decembre 2016

[par Boucle d'or]



Et revoilà les très sous estimés et mal aimés Marillion avec F.E.A.R. (fuck everyone and run), leur dix huitième album.
Il se trouve que depuis quelques années ils ont de nouveau le vent en poupe, preuve en est leur triomphale tournée sud et nord américaine de ces derniers mois, ainsi que leur passage dans des salles plus importantes (un Zénith à Paris est programmé en octobre 2017). Eux qui jouaient à Bercy à la fin des années 80..
Ah oui, je dois vous dire que je suis fan, je participe financièrement à l'élaboration de leur albums (ils sont pionniers du crowdfunding) depuis de nombreuses années, ne rate aucune de leur tournée.. Et donc c'est forcement quatre étoiles les doigts dans le nez.. Et bien non.. Car après de nombreuses écoutes mon sentiment est mitigé.

Très ambitieux (trop ?), long (trop ?) cet album souffre d'un manque d'originalité, d'un coup de mou et parait assez convenu surtout dans sa première partie.
Constitué de trois longs morceaux découpés en différentes séquences et de trois titres à la durée plus conventionnelle, Marillon s'embourbe d'emblée dès le premier titre. «El dorado » et ses presque 20 minutes démarre lentement et ne parvient jamais à vraiment décoller. Assez classique et conventionnel, il donne une impression de déjà entendu, on devine à l'avance la progression du titre ainsi que les instruments qui vont être joués. De plus, les guitares se font beaucoup plus discrètes au profit des claviers. On est loin du fantastique « Gaza » qui ouvrait leur précédent opus («Sounds that can't be made» chroniqué en ces pages).

«Living in fear », morceau plus court ne rassure pas non plus par son manque flagrant d'originalité. Heureusement, dès «The leavers», deuxième masterpiece de l'album, et sa première et bien nommée «Wake up in music » l'auditeur se réveille et retrouve le sourire. Hogarth, chanteur d'exception, montre alors toute l'étendue de ses capacités vocales. Il en va de même des guitares de Rothery qui tutoient Gilmour sur «The jumble of days ».
A noter qu'une écoute au casque permet de déceler toute une richesse sonore en arrière plan.

«White paper » fait aussi partie des bons morceaux de ce disque malgré une ambiance sombre sur une trame clavier / voix. Morceau lent et introspectif. Mais la récompense arrive enfin avec le très progressif «The new kings» qui a lui seul vaut l'écoute et prend sa place aux côtés des classiques du groupe tels qu'«Ocean cloud ». Enfin, Marillion décolle et propose ce que je préfère chez eux. A savoir des titres plus pêchus, alternant avec des ambiances variées, sur lesquelles chaque musicien s'exprime sans excès. Le très court «Tomorrow's new country » clôture cette galette sur un thème lent soporifique qui fait alors retomber le soufflet.

Voilà, ce ne sera pas l'album de l'année pour moi, mais après tout c'est une histoire de goûts. Ce disque est super bien foutu (production, musique, mélodies, arrangements..) mais on s'y ennuie souvent avec une première moitié poussive et sans prises de risques. La seconde moitié est très réussie, mais le mélange reste tiède. Reste la séance de rattrapage en live, voir ce que ça donnera, quel sera le choix des titres joués en concert..





2016 MYRATH "Legacy"

label: VeryCords
style: metal prog oriental
date de sortie: mars 2016
date de chronique: 21 décembre 2016

[par Franck and Furious]



Quand il y a 4 ans, une amie danseuse orientale, connaissant ma mélomanie, me demanda si je ne connaîtrais pas de nouvelles musiques orientales axées très ''rock'', c'est un peu dépourvu que ma réponse fut piteusement négative, mis à part quelques standards de Led Zeppelin ou de Rainbow.
Mais internet est notre ami pour chercher le précieux. Et c'est donc avec bonheur que je lui offris le précédent et vivement conseillé album "Tales of the sands" du groupe, dont le métal symphonique et mélodique dépaysant me séduisit.
Si je n'ai pas poursuivi le plaisir avec les précédents albums, c'est avec impatience toutefois que j'attendais ce 5° album espéré comme le chef d'ouvre, comme le furent ''Holy Land'' d'Angra, et ''Images and words'' de Dream Theater.
Car le groupe tunisien possède tous les ingrédients pour nous sortir un chef d'oeuvre, et être un futur grand du genre : un chanteur à la voix somptueuse, puissante et modulable à la . Gregory Lemarchand, la technique du prog, les mélodies du symphonique, un guitariste au service des chansons, un claviériste aux sonorités à la fois classique et moderne, et surtout l'originalité de leurs origines (si j'ose dire) orientales.

Ainsi, on retrouve un petit côté du "Pull me under" de Dream Theater sur "The Needle", un léger mix des "Deep blue & Lullaby For Lucifer" d'Angra sur "I want to die", et un peu plus marqué le refrain de "Ecris l'histoire" de Gregory Lemarchand sur "Storm of lies" .
On se laisse donc emporter par des ingrédients connus pour faire un bon menu épicé d'un potentiel chef étoilé tunisien.
Parce que ce qui fait aussi la différence avec les cadors du métal symphonique, ce sont surtout les influences orientales évidentes et prononcées, notamment avec des orchestrations et des chours très présents qui sentent bon l'oasis. Et on en redemande tant tout l'album nous invite à nous évader vers cet exotisme, comme l'avaient fait les brésiliens.

Toutefois, il manque encore un brin de folie, quelques ''youyous'' ou interludes identitaires encore plus appuyés, pour obtenir le titre de ''chef d'ouvre''. Mais le groupe n'en est pas loin. La marge de progression est encore intéressante, et c'est avec confiance que l'on croit ce futur chef d'ouvre réalisable. Inch'Allah!

En attendant, Myrath apporte un Simoun de fraîcheur agréable dont on n'a pas envie de se voiler les oreilles pour l'apprécier entièrement.





2016 BON JOVI "This house is not for sale"

label: island rec
style: rock FM à brushing impeccable
date de sortie: 06 décembre 2016
date de chronique: 21 décembre 2016

[par Barjozo]



Jon Bon Jovi s'est séparé de son compère Richie Sambora (séparation amiable ou éviction on en sait trop rien..) et nous propose un premier LP sans le fougueux et inspiré guitar-hero. Sambora a été remplacé par un certain Phil X...
Pour tout dire ça fait quand même une paille que je n'ai pas jeter une oreille sur le travail du playboy du New Jersey. Pour moi la discographie immanquable du bonhomme comprend les quatre premiers albums ("Bon Jovi" [1984], "7800° Farenheit" [1985], "Slippery when wet" [1986] et "New Jersey" [1988]) et le reste n'est que redites et tergiversations autour des thèmes et modalités d'écriture initiaux.

Cet album débute mal. Le titre éponyme en effet est gavant avec ses "oh oh oh oh oh..." et un refrain facile. Passons vite au suivant. Et là, bonne surprise car "Living with the ghost" est un bon morceau. Attention! Ca reste un titre très FM fait pour ne pas trop égratigner les oreilles d'un public de quadras vieillissants fans de la première heure, mais le morceau s'écoute sans trop de mal. Idem pour les tempos pop-rock que sont "Roller coaster", "Rock this mess" et "The devils in the temple" sur lequel l'accélération du rythme est positivement palpable.
Of course un album de Bon Jovi ne serait pas sans quelques slows ou rythmes lents. Vous devrez ainsi vous 'taper' les ballades miéleuses soporifiques comme "Labor of love" mais quand on se lance dans l'écoute d'une galette de ce groupe on sait qu'on va y avoir droit. Non?

"This house.." confirme pour moi que le combo fait de l'alimentaire afin de remplir les caisses de la holding Bon Jovienne. Un 13eme album qui peut s'écouter en fond sonore; je vous le conseille pour le matin, en préparant le p'tit dej. quand vous n'êtes pas (encore) bien réveillé...juste avant le café.





2016 Gérard MANSET "Opération Aphrodite"

label: Parlophone
style: rock littéraire
date de sortie: 25 mars 2016
date de chronique: 18 décembre 2016

[par Boucle d'or]



Allez hop, préjugé !
Gérard Manset, c'est de la vielle variété Française (un terme bien de chez nous).
C'est aussi le souvenir d'un humour bien gaulois époque Collaroshow avec ses personnages de Gérard Manfaim et son vis-à-vis Gérard Mansoif.
Il aura fallu attendre les années 2010 et la force de persuasion d'un pote (JMG merci !) pour enfin acquérir un disque vinyle (« Rien à raconter » 1976), lors d'une convention du disque, pour une poignée d'euros. Il aura aussi fallu patienter que j'épuise l'écoute de la pile de 33 tours achetée ce jour là pour qu'il ne me reste que ce skeud à écouter, tél un orphelin. Allais-je lui trouver une place bien au chaud dans ma discothèque, quelque part entre Manowar et Marillion ? J'en doutais.

Le travail du saphir sur le sillon allait ouvrir une porte dans mon esprit sur un artiste dont je ne connaissais rien, un univers riche commencé en 1968 et dont le dernier chapitre n'a pas encore été écrit. Car Manset c'est surtout du rock, c'est la source d'artistes tels Bashung (qui a repris du Manset sur son dernier disque), Murat ou Lanegan (qui a découvert « La mort d'Orion ») pour n'en citer que trois. Débutait alors pour moi une période de plongée dans les tréfonds de sa discographie qui me fit découvrir d'autres pépites tels les albums « Il voyage en solitaire », « La mort d'Orion » ou le très prog rock « 2870 » pour n'en citer que 3 essentiels. Tous ces disques en vinyles uniquement, Manset ayant refusé jusqu'à présent que ses disques soient réédités sur un autre support (hors compilations).
Car Gérard Manset est un artiste à part, auteur-compositeur, il écrit, joue, produit, orchestre, enregistre la quasi intégralité de ses disques. Il fuit les médias comme la peste, n'accorde pas d'interviews, ni de passage télé, sans parler de la promotion..et ne fait pas de scène. Pourtant l'artiste est très prolifique et quand ce n'est pas pour lui, il écrit pour les autres : Bashung, Axel Bauer, Indochine.

Cette année, Il sort donc son 21eme album intitulé « Opération Aphrodite ». Album singulier et parfois insolite qui tranche avec ses prédécesseurs. Il est ici question d'un concept tiré du livre « Aphrodite » de Pierre Louÿs (pas lu !), où des textes courts du livre lus par Manset et une comédienne (Chloé Stéfani) sur un fond instrumental, alternent avec une dizaine de chansons proprement dites. Les textes poétiques, très littéraires sont de haute volée, les rimes travaillées, ciselées de toute beauté. Ils mélangent la mythologie grecque avec l'actualité et notre monde en décomposition : la destruction de l'environnement, son individualisme, son populisme, ses guerres et ses migrants, à la sauce science fictionnelle (avec de nombreuses illustrations tirées de la collection anticipation). Manset joue avec les mots avec dextérité et à elle seule l'aventure littéraire, tél un livre audio, vaut le détour.

Mais ce qui nous intéresse, c'est aussi la musique.
Riche, orchestrée, avec des guitares électriques, acoustiques, des claviers mais aussi des flûtes et des cuivres, elle sert de bande originale à ce riche récit. Mêlant des genres parfois différents ,un rythme reggae sur « L'amour brisé », une touche jazzy sur « Que t'ont-ils fait » , du rock progressif avec « Comme un arbre ses fruits » et « Divinités » (quel morceau ! ), le bluesy « Landicotal », mais aussi du folk avec « Le lys dans la vallée », et bien sur du rock sur « L'amour brisé » , l'auditeur/lecteur en a pour son argent, et ce voyage d'une heure marquera son esprit, ne le laissera ni sur sa faim, ni sur sa soif.

« Opération Aphrodite » n'est pas forcement l'album le plus évident pour découvrir Manset alors même qu'il s'il s'agit d'un grand cru tant par sa thématique originale que par ses musiques en symbiose avec le texte.
Un disque majeur dans la production made in France !





2016 NECRO "Adiante"

label: Abraxas rec
style: rock psyché
date de sortie: 01 décembre 2016
date de chronique: 20 décembre 2016

[par Barjozo]



Une fois n'est pas coutume, voici un groupe en provenance de Maceio, Brazil, South America. Troisième album chanté en portugais par Lilian Lessa (guitar/vocals) et Pedro Ivo Salvador (bass/vocals/organ) entichés de Thiago Alef aux drums.
Pochette totalement hallucinée rendant grâce à tous les champignons générateurs de la terre; forte connotation psyché avec relents vintage soixante-huitards marqués. Une pochette que les frères Robinson (The Black crowes) n'auraient pas renié!
Paru chez Abraxas records, ce petit LP (7 titres et moins de 38 minutes au compteur) vous emmènera dans un (good) trip rock n'roll dont les consonnances lusitaniennes vous permettront une évasion certaine côté ambiance. Les titres tiennent la route avec de nombreux breaks soit à la gratte sèche, soit aux claviers.

Si les orientations musicales sont assez classiques (Purple, Led Zep) cette orientation sud-américaine clairement assumée (ils auraient pu choisir de chanter en anglais comme bon nombre de leurs congénères pour tenter de toucher un public plus large et international) est tout à leur honneur et paradoxalement leur permet de s'extraire un tantinet de la masse de la production rock actuelle.
Ce n'est pas l'album de l'année, mais ça vaut le coup d'y jeter une oreille...





2016 BLACK MOUNTAIN "IV"

label: Jagjaguwar
style: Heavy prog psyché
date de sortie: 01 avril 2016
date de chronique: 14 décembre 2016

[par Boucle d'or]



Il suffit de jeter un premier regard sur la pochette ouvrante de ce disque pour déceler un premier indice sur son contenu. Cela ne vous rappelle rien?
La pochette reprend la formule usitée par Hipgnosis, illustrateur des plus grands albums de Led zep, Pink Floyd, UFO..
Et puis ce titre, "IV", (pour leur quatrième album, natürlich) en référence toujours à Led Zeppelin, mais aussi Black Sabbath.

Vous l'avez donc compris, les canadiens de Black Mountain creusent leur sillon dans un registre vintage dont le temps se serait figé au début des années 70. Mais on n'est pas non plus dans une « Time capsule » et tout cela ne sent pas du tout le formol, tant ces pesantes influences ont bien été digérées, pour accoucher d'un style dont l'équilibre tient du miracle.
Heavy (guitares au son volume 11), progressif et psychédélique tel est la sainte trilogie de cette recette.

« Mothers of the sun » déballe son contenu avec une alternance au chant masculin (stephen Mc Bean) / féminin (Amber Webber), un passage onirique rappelant l'univers d'Archive (qui eux aussi ont bien été biberonnés au Floyd) avant que des guitares pachydermiques viennent marteler le tout pour un trip psyché progressif de haut vol étiré sur 9 minutes avec au final des nappes de claviers stratosphériques. Le tempo s'affolle sur « Florian saucer Attac » et tranche radicalement avec son prédécesseur. Alors que « Defector », son refrain très Pink Floyd, ses passages aux synthés (qui me ramènent aux génériques de dessins animés de mon enfance), brille de mille feux.

Les guitares se font acoustiques sur « Line them all up » annonçant un folk rock épique, de toute beauté et rafraîchissant avec Amber au chant, après le nerveux « Constellations ». « Cemetery breeding » rocke avec son synthé new wave qui tourne en boucle, et « (over and over) The chain » nous plonge carrément la tête dans le chaudron Pink Floyd avec son intro quasi plagiée qui précède un martellement de guitares / batteries psychédéliques pour un autre long voyage dans les étoiles.
Atterrissage en douceur avec l'acoustique « Crucify me » (oh oui !) et le long trip onirique « Space to Bakersfield » qui finissent d'achever l'auditeur sur ce qui pourrait être un album parfait.
Car oui, cet album fourmille de trésors à qui veut bien prendre la peine de creuser un peu. Et ne finit qu'à un cheveu de leur référentiel et magistral deuxième album « In the future » sorti en 2008.





2016 GOTTHARD "Silver"

label: Nuclear Blast rec.
style: Hard rock
date de sortie: 25 octobre 2016
date de chronique: 14 décembre 2016

[par Franck and Furious]



Réconcilié avec Gotthard je suis !

Avais-je besoin de 3 albums pour faire le deuil du regretté Steve Lee, ou tout simplement cet album est-il bien le meilleur des 3 de cette seconde ère du groupe ?
Aurais-je fait inconsciemment un délit de faciès au nouveau chanteur, un peu trop minet pour boysband faisant peu honneur au charisme du défunt chanteur ? Impression accentuée par des compos et des ballades un peu trop évidentes, voire mielleuses, et un son plus rock que hard ? Probable et honte à moi, car il est vrai que certaines compos tenaient bien la route, et que la succession s'avérait complexe.

Mais la vie continue, et on ne peut en vouloir au groupe qu'on a tant apprécié, d'avoir mis du temps pour se relever de ce drame, dont il n'est nullement responsable. Car, cette fois, le groupe me séduit à nouveau. On le sait Gotthard, c'est le blues de Whitesnake, les mélodies de Bon Jovi, des clins d'oeil à Led Zepellin, et le côté rock et précieux d'un Deep Purple. Si les ingrédients étaient encore là, la sauce sur les 2 albums précédents, ne satisfaisait pas le palais amer de votre serviteur. Mais cet album est un très très bon millésime. On y retrouve (enfin?) la fougue et l'inspiration ; Les titres hard mélodieux qui donnent la pêche, et vous redonnent le coup de foudre ("Electrified", "My oh my", "Tequila Symphony n°5", riff clin d'oeil à Beethoven), le titre qui poutre Whitesnakien ("Silver river", "Blame on me"). Et aussi des superbes ballades et mid-tempo, "Why", suivie par la sublime "Only love is real", qui ferait presque oublier, les accrocheuses "Stay with me" et "Reason for this".

Et même s'il y a quelques titres moins forts, ("Miss me", "Not fooling anyone"), ils permettent au contraire de reprendre notre respiration, notre élan, et équilibrent le tout. Des titres ''massage'' en sorte entre 2 compétitions. Bref, j'arrive même à apprécier, enfin, les jolies intonations vocales de Nick Maeder, qui honorent ce lourd héritage, tant sur titres rock, que sur ballades.
Ho my Gold ! J'allais presqu' oublier la super production, les solo incisifs de Leo Leoni, et les nombreuses orchestrations, choeurs, violons ou autres nappes d'orgue Hammond, qui dorent ce "Silver" album, qu'à mon évidence, vous ferez surfer longtemps sur la vague de votre platine.

Pour mes oreilles, Gotthard is back ! Et il a bien fait d'avoir aussi redurci le ton, vue la tournée à venir, avec les non moins excellentissimes Pretty Maids.
Oui, je suis reconcilié avec Gotthard, comme deux amants qui se sont séparés involontairement par les aléas de la vie, et qui se retrouvent des années plus tard ; et il y a une raison à cela : un album en or ! et a "Need to believe" !





2016 ALBINO RHINO "upholder"

label: bandcamp/auto
style: doom scandinave
date de sortie: 9 décembre 2016
date de chronique: 11 décembre 2016

[par Barjozo]



Troisième effort studio pour ce trio finlandais (Helsinki), uniquement disponible en téléchargement web (bandcamp) ou à écouter sur votre site/appli de streaming préféré.
Albinö Rhino c'est Kimmo Tyni, vocaux et guitares, Ville Harju, basse, et Viljami Väre, batterie.
"Upholder" se divise en 2 parties: "Uphold the light part.2" d'une durée de 21 minutes et "Uphold the light part.3" qui fait 16 minutes. Si vous achetez le tout sur internet à cette adresse vous aurez aussi droit à un 3e morceau regroupant les 2 premiers dans leur continuité, tel qu'il est et sera joué en live, morceau simplement intitulé "Upholder".
Autant vous dire tout de suite que ces musiciens du nord misent plus sur les ambiances que sur le côté 'hit' potentiel de leurs morceaux [sic].

On pense beaucoup aux allemands de My Sleeping Karma (MSK) dans le côté lancinant, la mélodie répétitive et les envolées de guitares qui comme des boomerangs reviennent à l'auditeur par boucles plus ou moins longues. Cependant, à la différence de MSK, Albinö Rhino (attention de ne pas louper le tréma sur le o, pour faire ö), les finlandais donc expérimentent plus une sorte de transe musicale aux effluves chamaniques à peine voilées...Quant aux quelques cris faisant office de chant, ils s'apparentent plus à une sorte de vocalises que l'on pourrait prêter à une sorte de maître de cérémonie. Celui-ci, sous l'emprise des sonorités répétitives aux relents souvent heavy-doom, pourrait très bien s'adonner à des rituels peu recommandables...mais je vous laisse à votre imagination personnelle pour cela.

La "part.2" à mi-parcours s'assagit un tantinet de façon imperceptible puis lentement, pour laisser place à une sorte d'entracte uniquement parcourue de quelques notes de 6-cordes, avec un orage et quelques enregistrements d'insectes (bio?) chantant sous la pluie scandinave en arrière-fond; puis progressivement le rythme redémarre, alors que le riff de gratte présent depuis le début revient inlassablement, de façon absolument obsessionnelle dans vos écouteurs. Va s'en suivre tout un long déroulé de notes souvent décortiquées, méthodiquement, avec une pulsatilité biologique métronomique. C'est alors que de "vrais" vocaux feront fugacement leur apparition, mais je vous rassure pas de refrain gnan-gnan ni de chorus de stade. Ce petit texte chanté saura rester discret au final afin de ne pas casser la mélodie toujours très obsédante par son aspect réverbérant.
"Part.3" déboule ensuite avec un riff plus rentre-dedans, toujours aussi cadencé, en boucles répétitives (vous savez, le boomerang qui revient inlassablement...). Morceau un tantinet plus rugueux, "Part.3" va se révéler imprégné de samples électroniques donnant un petit côté 'star-trek' à l'entreprise (monsieur Spock en prendrait plein les.. oreilles [facile]), comme dans une sorte de doom spatial...Pas trop mon truc. Je ne vous cache pas que je préfère "Part.2".

Vous allez me poser la question qui tue: "où est passée Part.1?" Et bien chères et chers headbangers, le titre "Uphold the light part.1" refermait leur deuxième LP ("Albinö Rhino") (Inverse Records) paru en 2014, lui-même ayant été précédé en 2013 par le premier travail studio du groupe paru sous le nom de "Return of the goddess" (Bad Roads Records). Pour être complet, notons qu'Albinö Rhino a fait paraître cette année (en commun avec le groupe Morbid Evils) un morceau de 12 minutes dénommé "Human Caravan" (Svart Records).

En résumé ce 'rhinocéros albinos scandinave' (appelons un chat un chat) saura vous procurer de bonnes sensations auditives, sous réserve que vous ne soyez pas allergique à la zike planante heavy répétitive; dans le cas contraire ne vous lancez pas dans son écoute sans avoir pris la précaution d'avaler avant un bon anti-histaminique...





2016 KHEMMIS "Hunted"

label: 20 buck spin
style: doom/stoner/sludge
date de sortie: 21 octobre 2016
date de chronique: 08 décembre 2016

[par Barjozo]



Khemmis est un quatuor en provenance de Denver, Colorado, USA. Ils proposent ici un LP de 43 minutes en 5 titres... autant dire que les radios FM (spécialisées ou non 'funky' comme dirait Michel J.) ne s'attarderont pas trop sur les morceaux de nos 4 loustics!
En 2015, j'étais passé à côté de leur premier effort studio, "Absolution", LP qui fut grandement mis en valeur chez certains webzine spécialisés en zike 'underground' (pour preuve voir par exemple la review de Angry Metal Guy).

Mais revenons à ce "Hunted" qui d'emblée mise sur une aguicheuse pochette, un 'artwork' très héroic-fantasy dans un style fantastique pouvant rappeler aux plus anciens les premières pochettes de Manilla Road (en particulier "Open the gates" ou "The Deluge")... en tous cas du grand art!

Question zike Khemmis mise sur un tempo lorgnant du côté d'un doom plutôt enlevé; en témoigne l'intro du premier morceau "Above the water" qui associe une rythmique lourde mais aussi un riff entraînant. Notons que les vocaux (Phil Pendergast) sont la plupart du temps clairs et même assez cristallins, mais peuvent laisser la place à un (Dave) growl rugueux et hargneux comme sur le 3e titre, "Three gates" dont le tempo est plus rapide et titillant quelques influences speed metal, ou encore les hurlements bestiaux de "Candlelight".

Sur leur page facebook Phil Pendergast (vocals and guitars), Ben Hutcherson (guitars), Daniel Beiers (bass guitar) et Zach Coleman (drums) se disent influencés par de nombreux combos appartenant à l'ancienne NWOBHM dont Iron Maiden et Judas Priest. Mais sont également évoqués Thin Lizzy, ZZ Top, Sabbath, Mercyful Fate ou les jeunôts de In Solitude...

La grande force du groupe est de manier aisément les ruptures de rythme en alternant des passages rapides, d'autres plus lents limites pachydermiques, et les breaks aux essences mélodiques incontestables, aidés en cela par la voix splendide de Pendergast. Un titre comme "Beyond the door" va ainsi développer toute une gamme de rythmes différents sur une trâme doom assez classique ce qui va rendre le morceau irrésistible, surtout pour la partie de gratte finale sur laquelle les deux guitaristes seront à l'honneur, reprenant un jeu en duo mis en valeur par leurs illustres aînés de Maiden ou Lizzy.
Le titre éponyme est un monstrueux morceau de 13 minutes 30 vous entraînant dans un univers parallèle rempli de ces variations de tempo, sans qu'à aucun moment vous ne vous lassiez à son écoute.

Encore un bien bel album qui saura récolter nombre de suffrages quand il faudra faire les classements de fin d'année!





2016 WITCHSKULL "The vast electric dark"

label: ripple music
style: prog/doom/stoner/heavy and destroy RnR on earth MFKers!
date de sortie: 23 septembre 2016
date de chronique: 08 décembre 2016

[par Barjozo]



Le 'petit label' Ripple music a le nez creux ces temps-ci! Après le superbe LP de Geezer, voici le premier album de Witchskull. Et (un peu comme d'hab') ce n'est qu'à la faveur d'un bon accueil initial que cet album initialement paru aux antipodes fin 2015 a pu être exporté 'worldwide' récemment...
En résumé, Witchskull est un trio formé en 2014 et nous venant de Canberra, Australie. Trois musiciens qui sont Marcus De Pasquale (vocaux et guitares), Joel Green (fûts) et Tony McMahon (basse).
"The vast electric dark" a été enregistré à Melbourne par Jason Fuller au Goatsound studios et présente des influences classic-heavy-rock marquées comme Black Sabbath, Rainbow et Motörhead en tête de gondole, associées à un 'enrobage' très doom à la Saint Vitus...

De Pasquale hurle comme une sorte de prédicateur aux paroles abrasives et incantatoires, collant à la zike. Celle-ci a les relents fortement imprégnés d'éléments '70ies (la ligne de gratte '+ Iommi que ça tu meurs' du très sabbathien "Harvest of the druid" vous en convaincra dès la première écoute) qui vous transportent inéluctablement vers une ambiance de heavy-rock vintage absolument jouissive car dépourvue de tout artifice superflu. Ce chant quelque peu monocorde pourra en irriter plus d'un, mais il semble en complète harmonie avec le concept musical et surtout artistique.
En effet, les textes et interviews du groupe, en particulier de son leader chanteur-guitariste sont très imprégnés d'influences mysthiques, occultes ou cathartiques, parallèlement aux mélodies souvent répétitives et lacérées de gros riffs à la guitare. Ce tempo orienté doom s'accélère parfois pour prendre une orientation speed-metal du meilleur effet comme sur "Worlds away". On peut évoquer alors quelques orientations vers des groupes comme Clutch ou bien sûr Motörhead.
Question rythmique on est aussi dans du 'brut de décoffrage' dans la plus pure tradition Metal. Entendez bien qu'ici on parle de hard-rock sans fioritures, de lignes de basse vrombissantes soutenues par une batterie en furie ("Pan's daughter").

Au final, s'il est clair que ces australiens n'ont pas inventé l'eau chaude, en revanche ils proposent une musique intense et pleine de bonnes intentions.

Witchskull? Encore un skud, euh non, un skull à suivre!





2016 CHURCH OF THE COSMIC SKULL "Is Satan real?"

label: bilocation/kozmik artifactz
style: prog/psych/'70s rock/pop
date de sortie: 12 octobre 2016
date de chronique: 05 décembre 2016

[par Barjozo]



Oyez! Oyez! Braves gens! Venez découvrir cette nouvelle église! Elle est cachée au coeur de la montagne, ce "Mountain heart" qui ouvre cet LP par un riff de gratte bien soutenu par une rythmique saccadée, avant qu'un orgue hammond, accompagné de vocaux mixtes en chorus ne se lancent dans une sorte de heavy-psyché envoutant et bien cadencé. Les émanations extra-auditives clairement ressenties ici sont d'obédience hippie, alors qu'il flotte comme une odeur de shit...Les adeptes de cette église arborent aussi quelques fleurs dans leurs chevelures [cf l'artwork].

En 2016 nombreux se demandent si Dieu existe. Et bien voici que des adeptes d'une nouvelle église prônant la 'reconnaissance du caractère halluciné de la réalité', ou encore la possibilité de 'faire tout ce que l'on veut dès lors que son coeur est rempli d'amour', proposent une question antonymique: Satan existe-t-il (sous-entendunom de Dieu!)? Et faut bien dire que vu sous cet angle, le concept de 'new church' est assez osé.

Le deuxième titre "Black slug" débute calmement par des vocaux tranquilles avant qu'une guitare en transe ne vomisse littéralement sa mélodie lourde et gluante, comme si cette limace noire nous attaquait. Les choeurs qui amènent une ambiance oppressante sur ce titre ne sont pas sans faire référence aux frenchies de Magma, le chant Zeuhl en moins...

"Movements in the sky" est clairement un titre cool. Par définition. On se dira donc qu'après avoir été aggressé par la limace noire, nos anti-coreligionnaires nous permettent une pose récréative. Un peu de gratte non agressive; des vocaux paisibles; un orgue toujours sensuel...S'agirait pas d'effrayer nos pauvres âmes perdues!

"Answers in your soul" est une magnifique composition à la guitare sèche qui va vous prendre aux tripes pendant près de 4 minutes. Titre à la légèreté toute empreinte d'un spleen émanant de la voix de Fisher. On se prend à s'imaginer autour du petit autel de l'église, celui sur lequel le 'crâne cosmique' attend qu'on lui dépose nos offrandes en guise de soumission absolue. En fin de titre la gratte s'emballe en vous entraînant dans un solo littéralement sautillant mais pourtant d'une quiétude toute apaisante.

"Is Satan real?", le titre qui donne son nom à cette oeuvre originale et singulière, revient à des relents gospel en début de morceau (choeurs et orgue), mais la guitare ré-électrifiée (c'est Satan qui accourt semble-t-il) va bien vite remettre l'aiguille du tempo sur la zone 'rock'.

"Watch it grow" continue dans la même lignée avec un riff introductif pachydermique. En accord avec les paroles, on se dit que la mayonnaise commence à prendre, avec une mélodie langoureuse (ah! cet orgue hammond splendide!) et des vocaux non moins sensuels.

"Evil in your eyes" nous renvoie dans les notes diaboliquement attirantes de l'orgue hammond qui revient aux avant-postes. Entiché ici d'un splendide violoncelle électrique et de choeurs totalement allumés (illuminés), ce morceau aux effluves vintage hyper-marquées va vous envouter pendant plus de 9 minutes d'un heavy-psych-rock absolument superbe. Breaks bien trouvés, harmonie des vocaux parfaite, gratte pas en reste dès que l'orgue s'efface, pour un final en apothéose. Notons qu'existe après ce titre 'un blanc' d'une minute et qu'un petit morceau caché après la 10e minute vous proposera de terminer calmement l'écoute de ce LP, entre un piano et un petit chant.

"Is Satan real?" est le premier album de CHURCH of the COSMIC SKULL, groupe anglais originaire de Nottingham. Les COTCS sont 7 avec le leader et compositeur Bill Fisher (guitares et chant), Michael Wetherburn (orgue hammond), Loz Stone (batterie), Sam Lloyd (basse), Amy Nicholson (violoncelle), ainsi que Jo Joyce et Caroline Cawley comme choristes. Si le concept de 'new churh' est assez loufoque, il ne semble pas dénué d'un humour british assez décalé, qui pourra vous renvoyer en parallèle cinématographique à ce qu'ont pu faire en leur temps les Monti Python.
Mais au final il n'en reste pas moins vrai que pour un premier LP, ces coquains d'anglais ont frappé très fort!





2016 Capsula "Santa Rosa"

label: vicious circle
style: rock garage psyché noisy
date de sortie: 29 avril 2016
date de chronique: 03 décembre 2016

[par Boucle d'or]



Découverts live il y a un an lors d'un festival punk à Mont de Marsan (en première partie des Sheriff et de Burning Heads devant plus de 5000 personnes), Les Capsula alors en duo et sans batteur (boite à rythmes de rigueur) avaient livré une prestation haute en couleur avec un rock vitaminé, noisy, parfois heavy et aux guitares flamboyantes, le tout avec une maitrise magistrale.
Fortement impressionné, il s'agissait pour moi du meilleur concert de cette soirée.

Revus en début d'année au Florida à Agen en compagnie de JC Satàn, avec un batteur et dans des conditions intimistes, leur prestation (avec en rappel une reprise de Bowie) a fini de me convaincre au point de vouloir me pencher sur leur discographie.
Car ces argentins vivants à Bilbao ne sont pas des perdreaux de l'année, et 2016 voit fleurir leur onzième effort discographique avec « Santa Rosa».

A la guitare et au chant, Martin Guevara, à la basse et au chant, Coni Duchess. Ces deux là forment un couple à la scène comme à la ville. Ils sont épaulés par un batteur basque, Inati Guantxe.

Après un premier survol de cet opus, ce qui se détache, c'est une myriade de styles sans que la cohésion du disque en soit altérée. Avec Coni, ou Martin au chant et parfois les deux.
Il y a un côté Sonic Youth dans leur musique ("Candle candle", "Dali's face", "Burning hearts"), mais aussi heavy ("hikikomori"), du rock garage lorgnant vers les Stooges ("dirty rat"), mais aussi psyché tendance Warlocks ("Tierra girando", "Santa rosa", "Moving mutant") alors que l'ombre de Bowie plane sur le superbe "Past lives" (le nom Capsula est un hommage à Space oddity).

Mention spéciale pour le chant de Coni qui pose parfaitement sa voix féminine (à voir en live), alors que Martin a un registre plus générique dans ce style mais dont le point fort est la gratte.
Aucune faute de goût, pas de remplissage inutile, les 13 titres s'égrènent avec efficacité et concision (morceaux entre deux et trois minutes et demi).

Les Capsula étant des bêtes de scène (ils ont fait la première partie de Pearl Jam en Argentine), tournant sans relâche autour du globe mais aussi dans le Sud Ouest (leur label est bordelais), je vous conseille fortement de vous rendre à un de leur nombreux concerts, lorsqu'ils se présenteront sur vos radars. En attendant faites tourner ce disque sans modération.





2016 PRETTY MAIDS "Kingmaker"

label: Frontiers records
style: metal scandinave rafraîchissant
date de sortie: 04 novembre 2016
date de chronique: 02 décembre 2016

[par Franck and Furious]



La jeune génération peut-elle passer à côté de ce groupe comme le fît l'ancienne génération ?
Si on n'a pas le choix de rester jeune, on peut essayer d'arrêter d'être con. Aussi, il n'est jamais trop tard pour redécouvrir ce groupe pour les vieux cons comme moi, ni être stupide chez les jeunes qui penseraient parce que c'est un vieux groupe, que cela ne les concerne pas.
Non, jeunes gens ! Le but des nouvelles générations : c'est de faire mieux que la précédente et d'éviter les mêmes erreurs. Donc ne passez pas à côté de ce groupe comme on l'a fait. Ce serait leur rendre justice.
Aussi, si à l'époque des années 80, période de naissance du groupe, peu se sont ouverts à l'innovation de ce groupe trop en avance sur son temps, il n'est pas trop tard pour bien faire.

Jugé trop ''thrash'' par les fans d'AOR (l'ultime ballade Savage heart), et trop FM, par les fans de Heavy Metal, ce groupe joignant mélodie à agressivité, n'a pas su trouver un public encore trop peu ouvert à l'époque.
Mais aujourd'hui, alors que nos oreilles se sont habituées et éduquées aux mélanges des genres, comment passer à côté des danois ? On le sait : les gens du nord sont créatifs. C'est donc à nos oreilles de faire un petit effort, qui sera moins dur que les mois d'écritures et d'enregistrement.
Car le groupe a beau compter 15 albums, il ne cesse de s'améliorer, et nous délivrer depuis quelques années, des albums tous aussi bons les uns que les autres.

Et ce Kingmaker ne déroge pas à cette qualité, ni ne modifie leur marque de fabrique, mélange de mélodies soignées et de riffs tranchants, le tout valorisé par la voix de Ronnie Atkins, probablement l'inventeur du mélange de chant clair et chant limite groll : les forumeurs-historiens viendront corriger mes dires.
Hormis Heaven little devil, trop ''dance'' (ce son semble être à la mode cf le dernier Bon Jovi), un Face the world, too much, un Civilised Monsters qui poutre bien, mais au refrain bon mais classique, le groupe nous délivre encore d'excellents titres aux saveurs diverses : notamment l'irrésistible When God Took A Day Off, qui rappellera les fans de Future World, les Kingmaker et Humanize me, aux mélodies rassembleuses, le mid tempo agréable jusqu'à son solo, Last beauty On Earth, les riffs qui tuent de Ken Hammer sur King of the Right here and now qui va faire chavirer en concert, ou sur l'énervé Sickening, etc .

Bref, tout en gardant cette dualité, cette marque de fabrique, avec ces 11 titres, le groupe propose diverses ambiances tout en réussissant encore ce difficile exercice que de rester homogène. Chacun devrait donc y trouver son plaisir, même ceux qui préféreront les titres sur lesquels j'ai le moins accroché.
Alors, jeunes gens, ne faites pas comme nous, les moins jeunes, faites donc ce qu'on n'a pas su faire à notre temps : faites de Pretty Maids des rois.

PS : Le groupe tournera avec Gotthard et passera au Hellfest en juin 2017: ne les manquez pas, ils se font rares en tournée par chez nous.





2016 Graham BONNET Band "The Book"

label: Frontiers records
style: heavy-rock british classieux
date de sortie: 04 novembre 2016
date de chronique: 02 décembre 2016

[par Franck and Furious]



Ce Grand Braillard vient nous rappeler ici qu'il n'est pas encore grabataire.
Accompagné d'un groupe bonnet D (désolé, promis, ce sera ma première et dernière vanne), il profite de ce nouvel album très recommandable, pour y joindre un second CD de réenregistrement de ses grands classiques au sein de ses ex-groupes: Alcatrazz, Impellitteri, MSG, Rainbow, avec son band actuel dans lequel figure à la basse, Madame Bonnet.
Un genre de best of en somme pour les profanes. Si ces derniers aiment ce chapitre, alors ils pourront vite se précipiter sur les ouvres originales, qu'ils adoreront en comparaison. Si le groupe adhère à ses classiques, on n'arrivera pas tout de même à retrouver la même magie, le son et la puissance des originaux, notamment à cause des talents uniques et intemporels des Mickael Schenker et Ritchie Blackmore, ni une voix qui, si elle reste encore au dessus de la jeune vague, en a perdu tout de même quelques watts. La production, elle, reste paradoxalement de l'époque de ses ex-groupes avec des arrangements non modernisés.

On prendra donc un plaisir évident à l'écoute de ces standards, mais un plaisir relatif. Plaisir qu'on ira du coup chercher et trouver sur ce nouvel album. Onze compos dans la pure tradition Bonnet and co: hard et mélodique. Un big rock où le guitariste, Conrad Pesinato, penche plutôt du côté de l'école de l'ex-Alcatrazz, Steve Vai. L'album s'écoute d'une traite avec fun sans fausses notes. De l'agréable ballade ''The dance'' au titre accrocheur ''California air'', et pléthore de titres hard entraînants, comme ''Earth's child'', ''Where were you'' ... Son groupe assure, mais comme pour l'album de reprises, ce sera du coté de la production old school qu'on pourra faire quelques reproches. Mais rien de démotivant à l'écoute.

Graham Bonnet nous rappelle encore là, quelle voix exceptionnelle il a (eu), et aussi son étonnant parcours : à la fois sinueux, chanceux, et souvent très bien entouré comme tout talentueux. Pour ce septuagénaire, la retraite, c'est pas encore pour tout de suite : ha ! Graham est grand. Respect.

PS : A suivre quelques dates françaises autour de février 2017 seraient en préparation.





2016 The Coral "Distance inbetween"

label: Ignition records
style: Rock british
date de sortie: 04 mars 2016
date de chronique: 02 décembre 2016

[par Boucle d'or]



Quel est le groupe britannique qui peut s'enorgueillir d'un parcours prolifique (8 albums et quelques EPs) et quasi sans faute depuis ses débuts à l'orée de ce sinistre 21éme siècle ?
Et bien chers lecteurs, il n'y en a qu'un et il s'agit de The Coral.

Petit rappel : 2002 voit éclore une flopée de groupes en « the » (Strokes en tête) et parmi eux the Coral signe avec son premier LP éponyme un petit chef d'ouvre de pop rock folk sixties dont l'influence la plus évidente est celle des Kinks (et sa période bucolique). L'essai est transformé l'année suivante avec « Magic and medecine ». Mais le succès public n'est pas au rendez-vous et ce n'est pas l'album suivant « Nightfreak and sons of Becker », petit bijou psyché et barré (concept album racontant les vies des enfants cachés de Boris Becker !!!) sorti la même année qui arrangera leur popularité. S'ensuivra une période de crise avec changements de personnel, split et reformation qui verra naître des albums de bonne tenue tout de même (au dessus du lot des autres groupes en « the » !).

2010 voit ainsi leur retour avec le flamboyant « Butterfly house » avec de nouveau cette pop finement ciselée dont les mélodies douces et planantes vous scotchent le cerveau.
Et donc 2016 et la sortie de ce « Distance inbetween » qui marque un tournant dans leur discographie.
Car l'album est plus rock, plus brut mais aussi plus sombre voir ténébreux. Les rythmiques se font plus rapides, les orgues se font plus menaçantes alors qu'elles étaient lumineuses et chantantes. Mais les mélodies, mélancoliques, restent présentes et les refrains englués dans cette gangue noirâtre n'en sont plus que salutaires à l'auditeur qui s'y raccroche. On retrouve tout de même toute cette précision chirurgicale dans la composition et les arrangements qui sont la marque de fabrique du collectif.

« Connector » ouvre sur un gros riff sur lequel viennent planer des orgues et des chours quasiment grégoriens. « White bird » ressemble à du Beatles sous amphétamines avec une fin qui rappelle l'univers de « Ghost », alors que « Chasing the tail of dream » nous ramène vers des rivages plus familiers (mélodie et refrain typiquement Coraliens) mais avec des guitares en mode vénère.
Petite pose avec la superbe ballade « Distance inbetween » avant de repartir sur « Million eyes » et son rock à gros riff stoner (guitares en reverb), son passage à la basse transition vers une partie instrumentale et son solo de guitare dément, étiré, qui vous liquéfie le cerveau tel un micro onde.

Le reste de l'album est de cette trempe et tous les titres méritent leur place. Vous aimez que ça bouge, « Miss fortune », « Holy revelation » (très stoner) et « Fear machine », sont pour vous, vous préférez les ballades parfaitement écrites et dont la finition frise la perfection, « Beyond the sun » et « She runs the river » sont là. L'album se termine sur un court instrumental assez lugubre « End credits » tel le générique de fin d'un vieux film dont la bobine serait altérée. Un peu flippant.

Le virage vers des sonorités différentes et un rock plus percutant a été bien négocié. Il est tout de même nécessaire d'opérer plusieurs écoutes afin de bien extraire toute la richesse de ce disque qui se positionne comme un très sérieux postulant au titre de l'album de l'année.





2016 GEEZER "S/T"

label: ripple music/STB records
style: stoner-blues au fuzz intergalactique
date de sortie: 18 novembre 2016
date de chronique: 30 novembre 2016

[par Barjozo]



Les habitués de ce site connaissent Geezer, puisque j'avais mis leur EP "Gage" en exergue il y a un peu plus d'un an, en le classant 6e de mon top 2015). Revoici donc ce trio US (Kingston, Etat de New York) pour cette fois-ci un LP, toujours chez Ripple Music.
Formé de Pat Harrington (guitare et chant), véritable boogie-man du XXIe siècle, maniant sa 6 cordes avec une maestria dantesque en particulier quand il part dans des soli au fuzz imparable; la section rythmique derrière lui se composant du batteur Chris Turco et du bassiste Richie Touseull (celui-ci a remplacé Freddy Villano qui officiait sur leur EP "Gage").

Les influences citées par Harrington dans une interview disponible sur le site du label Ripple Music vont de Bad Brains, à Celtic Frost ou Corrosion Of Conformity en passant par Black Sabbath ou Led Zeppelin. Que du bon donc! Le leader guitariste ne semble pas en être à ses premières notes puisqu'il nous apprend qu'il joue depuis 30 ans et que le premier morceau qu'il a appris était "Good times, bad times" de Led Zep, juste avant la sortie du monstrueux "Reign in Blood" de Slayer (1986) qui semble l'avoir marqué à jamais.

Affublé d'étiquettes aussi colorées que 'doom-blues rock', 'handmade heavy blues', 'cosmic stoner blues' ou encore 'heavy blues stoner psych rock', Geezer propose une zike authentique intimement liée aux racines blues US auxquelles le combo fait référence en permanence, tout en lorgnant vers un hard-rock vintage des origines (début des 70ies).

Tel un célèbre roman du milieu du XXe siècle, "Geezer", album éponyme de ce trio US va vous emmener vers un univers à la luminosité permanente, éblouissante et captivante. Cet aspect lumineux émane directement des titres des morceaux ("Sunday speed demon", "Sun gods" ou "Bipolar vortex") mais également de cette façon si particulière d'agencer parties rythmiques et guitare solo qui procure inévitablement la sensation d'être transporté dans un monde extérieur évoquant des décors fantastiques si ce n'est extragalactiques (d'où le qualificatif imagé de 'cosmic stoner blues' évoqué par certains critiques ou peut-être aussi en raison de l'artwok tourné vers les espaces interstellaires).

Rapide track-by-track.
"Sunday speed demon" vous met au parfum d'entrée de galette par cette rythmique carrée, ce groove intense, pour une introduction optimale.
"One leg up" débute également par une rythmique et un beat martelés heavy, rapidement rattrapés par une gratte déjantée pour un morceau sautillant, limite funky si ce n'était ce son rock massif en arrière plan (attention cependant à ne pas se casser la binette à vouloir sauter sur un pied trop longtemps ;-))
"Sun gods" tourbillonnant et psychédélique blues-rock vous pénètre lentement dans les entrailles pendant plus de 9 minutes, en vous assénant au beau milieu un solo de gratte poisseux et rugueux, rendant un vibrant hommage aux black archéo-bluesmen des bas-fonds US du milieu du XXe siècle; un morceau absolument jouissif par son côté roots.
"Bipolar vortex" à l'ambiance planante, comme dans un univers clos, laminé de sons électrifiés via une 6-cordes viscéralement habitée par des spectres nommés Rock, Blues, Heavy, pour un pur joyau de huge-rock.
"Dust" le bien nommé nous renvoie au désert-rock des origines avec un groove lancinant extrèmement addictif et orientalisant par moments. Pour faire toujours référence à la lumière, on se prend à être ébloui par des rayons de soleil rasant (la guitare) traversant cette poussière tourbillonnante...
"Hangnail crisis" est certainement le titre le plus doom, lent comme un pachyderme myasthénique, mais là encore, ce titre va être transpercé d'un lumineux solo de guitare qui va le magnifier.
"Superjam maximus" a un tempo un peu 'garage' et enfin "Stoney pony" huitième et dernier morceau va parachever cette magnifique ode au blues-rock vintage dans un déluge de décibels envoutants.

En conclusion Geezer vient de nous livrer ici un splendide travail. Malheureusement la distribution worldwide ne sera peut-être pas à la hauteur, Ripple music et STB records ayant des moyens limités. Je vous engage donc à aller l'écouter sur votre site de streaming préféré et surtout à ne pas les rater si par aventure ces zozos venaient à passer en concert près de chez vous.





2016 The PRETTY RECKLESS "Who you selling for"

label: razor & tie
style: pop-rock FM
date de sortie: 21 octobre 2016
date de chronique: 25 novembre 2016

[par Barjozo]



J'ai découvert ce groupe en live en septembre 2014 au House of Blues de Boston, pendant la tournée US de leur deuxième album "Going to Hell".

Que n'a-t-on pas entendu dire sur ce groupe. Sauf que comme d'habitude en ces temps numériques/numérisés où les infos se propagent à la vitesse du net sans que d'aucun ne les vérifient, beaucoup de ces 'on dit' ne reposent sur pas grand chose, si ce n'est une sorte de 'pipolisation' en raison du statut d'actrice de la chanteuse, Taylor Momsen. Faut dire que la demoiselle à la plastique irréprochabe semble tirer un malin plaisir à jouer les divas du rock, en leader assumé de son combo et que sa silhouette avantageuse largement dénudée ornait érotiquement la pochette de l'opus ci-dessus mentionné.

Ce groupe n'a cependant rien de factice et leur a permis de devenir aux US le 2e rock-team ayant une chanteuse à sa tête à obtenir 2 numéros 1 en radio pour un même LP (après The Pretenders, et sa charismatique Chrissie Hynde, excusez du peu!). Alors of course ce groupe est à suivre, en espérant que ce succès ne leur monte pas à la tête...Voici donc "Who you selling for", leur 3e travail studio.

Le 1er titre "The walls are closing/Hangman" est un morceau complexe. Débutant lentement au piano, il est ensuite suivi par une montée en puissance très progressive de la rythmique sur des vocaux scandés avec une voix grave, de façon quasi martiale (mais le sujet ne l'est pas moins puisqu'on parle d'un homme qui va être pendu..). Le rythme est lourd et on notera une production bien léchée (réalisée par Kato Khandwala, illustre inconnu pour ma pomme..).

Après cette entrée en matière dont on ne pourra pas leur reprocher l'aspect 'commercial' loin s'en faut, le 2e titre "Oh my God" débute à la gratte hypersaturée, relayée par une rythmique lancée à toute berzingue. On se sent entraîné dans une sorte de tourbillon infernal virevoltant...La chanteuse s'arrachant les cordes vocales. Un titre très noisy lorgnant vers un archéo-rock s'inspirant des grandes heures new-yorkaises de la fin des années 80. Morceau rock puissant et bien rentre-dedans.

3e morceau, "Take me down" a été le premier single disponible en ligne depuis quelques semaines. Un rock n'roll classique et efficace. Avec des claviers en arrière fond donnant un petit côté 'vintage' bien vu. Rien à dire, on part avec eux, même si ils nous on emmènent dans les bas-fonds, 'with the devil' (allusion aux Stones avec leur "Sympathy.."?). Morceau qui se finit par une voix évoquant une sorcière hilare (j'ai pas dit 'il a ri' et encore moins 'Hilary'!).

"Prisoner". Momsen beugle ici à qui veut l'entendre qu'elle est 'prisoner', 'criminal' et qu'on peut bien avoir son 'body' mais qu'on l'aura jamais elle...Tout un programme en soit pour un titre lourd et punchy. La mélodie est plutôt bien cachée, pour un nouveau morceau qui n'a aucun aspect commercial lui non plus.

"Wild city" emprunte le son de gratte aux bluesmen US des années 60 avec un groove splendide. C'est assurément un titre qui n'aurait pas déparé dans la discographie de nombreux artistes US de l'époque. Profitons-en pour citer ici le gratteux Ben Philips, véritable leader du groupe et compositeur principal. J'avais pu m'apercevoir on stage que c'est réellement lui le chef de la bande, même s'il laisse à Momsen le soin de gérer avantageusement l'image du groupe...

"Back to the river" est une ode rock-FM avec des relents country. Le genre de morceau qui s'écoute 'loud' dans sa caisse à 100 miles/h sur la route 66 dans le sens Est-Ouest! La guitare-slide nous propose ici des embardées magnifiques. Ca pue la référence 'sudiste' à plein nez (Skynyrd, Black Crowes et consorts...) avec d'ailleurs en guest le gratteux Warren Haynes des Allman Brothers Band. Un des meilleurs titres du LP.

"Who you selling for" est la ballade pop par excellence, Momsen nous sortant une voix suave et sensuelle, accompagnée d'une gratte langoureuse pour un des titres les plus courts de la galette, mais pas le moins réussi.

Enchaînement sur "Bedroom window", lui aussi très calme. Momsen n'est ici accompagnée que d'une gratte sèche pour une sorte de petite comptine à la tristesse et au spleen contagieux.

"Living in the storm" remet ensuite les gaz, sans transition. Un des morceaux les plus réussis, bien placé ici après les 2 précédents titres assez molassons...

La galette propose ensuite deux blues lents et 'rough' avec (I'm cold) "Already dead", aux paroles plutôt noires et "The devil's back" entiché d'un magnique solo de guitare bien accompagné par un piano très old-school sur un peu plus de 7 minutes, avant un dernier morceau assez léger, "Mad love" qui semble un peu dissocié de l'ensemble du LP avec une boîte à rythmes et des choeurs pas très inspirés. Dommage que le CD se termine ainsi pour un morceau nettement en deçà des autres.

En conclusion, The Pretty Reckless semble continuer sur la bonne voie malgré son succès grandissant. Un bon album rock, bien joué, très varié et à la mélodie omniprésente, sans complaisance commerciale marquée. Alors bien sûr cette galette n'est pas exceptionnelle, et on pourra reprocher que ce groupe n'a pas inventé le rock. Mais que demande-t-on à un LP estampillé 'rock' si ce n'est de nous faire passer d'agréables moments à son écoute? Et cela, les Pretty Reckless y arrivent haut la main.





2016 The LIMINANAS "Malamore"

label: because music
style: Rock pop psyché
date de sortie: 15 avril 2016
date de chronique: 20 novembre 2016

[par Boucle d'or]



Alors comme ça les jeux sont faits ? La messe est dite ?
L'album de l'année sera celui du (demi-) Dieu Glenn Hughes ?
Franck ne nous laisse aucun espoir, il n'y aura pas de rédemption. que faire, que dire après une telle chronique (et des notes pulvérisant le seuil maximum toléré) de son plus fidèle disciple ? Continuer à se battre, livrer les dernières chroniques prévues de l'année, même si le cour n'y est plus, bref résister.et montrer au monde qu'il y a une autre voie possible et que oui, vous disciples du grand Glenn vous pouvez vous en sortir, la lumière brille aussi ailleurs.

Pour cette modeste chronique post Glenn Hugues, je reviens humblement vers la scène française qui se porte quand même bien (Gojira, J.C. Satàn, Gorod, Phazm, Manset.) dans des genres bien éclectiques.
Direction Perpignan, où The Liminanas (Marie et Lionel Liminana) nous livrent cette année leur quatrième album fait maison (depuis 2010) dans un registre garage rock psychédélique riche en riffs et en fuzz, tout en étant aussi influencé par la pop millésimée sixties. Marie et Lionel se partageant les vocaux, tantôt en Français ou en anglais.
Le court instrumental « Athen i.a » entame l'album dans une ambiance Ennio morricienne fleurant bon les sixties, alors que « el beach » se voit porter par la voix grave, narrée plus que chantée, façon Gainsbourg ou Houellebecq, de Lionel Liminana. Le rythme est identique sur tout le morceau alors que viennent s'ajouter un à un des couches d'instruments avant de conclure sur une ambiance indienne pour nous dire qu'il est temps d'aller se baigner (dans le Gange ?).

Passage ensuite au « prisunic » (Y a pas que Juppé qui en parle) pour passer parmi les tomates atomiques (sic), avec toujours cette rythmique métronomique (même si ça reste dansant) plus lourde et donc plus entrainant car plus rock et électrique. « garden of love », premier titre en anglais est co-composé et co-interprété par Peter Hook (New order) pour un morceau qui tire plus vers une pop musique sixties avec la voix chuchotante et suave de Marie. Le morceau aurait très bien pu apparaître sur un disque de Air, sans le côté électro tant il est planant. Excellent. « Malamore », lorgne du côté du Velvet Underground, avec toujours Marie au chant en anglais, dans un titre à la structure progressive, l'intensité augmentant au fur et à mesure que se déroule le titre et que des couches d'instruments se superposent.

Petit intermède musical avec « El sordo » qui emporte l'auditeur vers les rivages du grand ouest avec encore une forte influence d'Ennio Morricone période western spaghetti. Sublime. La seconde moitié de l'album débute sur l'entrainant « Dahlia rouge » pour un titre pop rock avec une rythmique guitare appuyée par une sorte de xylophone entêtant. Efficace. « The dead are walking » est une autre pépite de ce disque avec son rythme ralenti et pachydermique, ses vocaux velvetiens et un enrobage claviers guitares fuzz pour constituer un mur du son proche de celui que battit leurs confrères Bordelais de J C Satàn.
Le très gainsbourgiens (chant nonchalant) « kostas » envoie la purée avec son air qui vous rentre dans la tête pour ne plus en sortir, et que dire de ses sonorités indiennes qui viennent subtilement enrichir ce morceau au rythme endiablé. Et ce final dans un déchirement de guitares fuzz, la aussi du gros son qui doit faire son petit effet en live.
« zippo » est plus classique dans sa structure avec un gros riff lourd, toujours des guitares fuzzy, mais au milieu de tous ces excellents morceaux il fait un peu pâle figure et manque de folie car quasi uniquement basé sur une base basse - guitare - batterie alors que les arrangements pullulent sur tout le reste de cet lp. Retour sixties avec « paradise now » et une recette un peu similaire que celle de « garden of love » mais avec une saveur différente pour une réussite nostalgique, rappelant toujours Air et sa french touch.
L'instrumental « The train creep a loopin » finit en apothéose pour une démonstration en force de garage rock psyché avec son combat final où les guitares et les claviers s'affrontent pour un combat d'où ne sortira vainqueur que l'auditeur ravi d'avoir entre les oreilles un disque de cette trempe.





2016 GOJIRA "Magma"

Album classé N°2 du Top 2016

label: roadrunner rec.
style: metal prog.
date de sortie: juin 2016
date de chronique: 12 novembre 2016

[par Mumby]



A mon sens, pour rédiger une chronique d'album, il faut user voir abuser d'un certain détachement. Autant il peut être grisant de jeter en pâture à votre juste appréciation, telle une libation musicale frénétique, un florilège de descriptions engagées et assumées sous le coup de l'émotion - éclos de l'instant magique d'une découverte ou sous le coup combiné d'une journée bien débutée et d'une soirée tout aussi agréablement clôturée - autant, il est salutaire de s'extraire de cette bulle euphorique pour porter un regard mesuré et distant, un sentiment plus posé sur une oeuvre qui aura fortement raboté vos neurones et compromis vos chances d'un retour à l'air libre.

Bon, d'accord, l'ami Barjozo me dirait que j'applique trop au pied de la lettre cette vision puisqu'il attend cette chronique depuis 4 mois... Je n'accorde pas le même regard sur la chronique des festivals ou des concerts dans lesquelles la dimension du ressenti, de l'événement, de la prestation musicale et d'un contexte personnel se mêlent et fusionnent pour figer les émotions d'un instant.

Gojira a bien failli me faire choir dans ce piège puisque les frenchies se sont produits au Hellfest 2016 à l'occasion de la sortie officielle de leur dernier opus « Magma ».
« Magma » reste pour moi un OVNI car il représente à la fois une transition musicale ayant mis à mal mes douloureux préceptes artistiques. Mais il incarne aussi la continuité d'une mutation profonde engagée depuis plusieurs années par le quatuor. Comme le clame si bien Joe Duplantier, le groupe n'est pas figé dans une culture musicale métal particulière même si, surtout au travers de leurs trois premiers albums, ils auraient des soucis à nier leur engeance pour le Death Metal. Ils s'inspirent (dixit Joe et Mario), d'album en album, de leurs expériences et inspirations du moment, de leurs découvertes culturelles tous horizons confondus, absorbant puis restituant le nectar au travers de leurs réalisations. De fait, les berges du Death Metal s'éloignent, au grand dam de leurs aficionados de la première heure mais le résultat est à la hauteur de leur talent et les membres du groupe, ou du moins ceux que l'on entend le plus s'exprimer - les frères Duplantier - l'assument parfaitement. Il ne faut pas interpréter cet état de fait comme un renoncement ou une trahison bassement « corporatiste » mais plutôt comme une évolution artistique voire une émancipation, un envol, que dis-je, une révélation.

A la première écoute, force est de constater que la parole ou plutôt l'expression est prioritairement offerte à la batterie de Mario. Son registre d'interprétation s'étend du leitmotiv lent et langoureux aux envolées sèches et diaboliquement véloces pour confirmer et conforter une osmose parfaite entre le chant et les accords des cordes, telle une second peau. Cet album est un mélange des genres où l'auditeur passe d'une langueur monotone qui berce mes sanglots longs - à une rébellion salutaire. Les morceaux s'enchaînent mais certaines transitions désarçonnent, dérangent peut-être. Une sensation de déséquilibre parfaitement assumée par le groupe dans son choix de distribution.

L'entame de cet album, « The Shooting Star », apporte un tempo lent et un phrasé qui me fait dire que Gojira a rejoint la secte des nonchalants. Un leitmotiv entêtant où ni la musique, ni le chant souhaitent passer la vitesse supérieure. Il est fort probable qu'un message nous est envoyé... Le contexte émotionnel, personnel des membres est prégnant et le rythme ne durcira pas le long des interminables minutes d'écoute, 342 secondes. Pour la suite, la sauce se pimente progressivement avec le très bon « Silvera » au travers d'une virtuosité alléchante, avec une alternance de rushs incisifs et de refrains plus doucereux. Les affaires se corsent avec « The Cell », tambour battant, Joe s'énerve, la guitare miaule, un cri monocorde que la batterie tente de repousser mais personne ne moufte alors arrive « Stranded ». Une bonne vieille loco diesel à en perdre son headbangdana. Du bon vieux métal lourd et lent qui arrache la moquette. Petite cerise sur le gâteau, la collégiale qui accompagne le chanteur donne une troisième dimension à ce morceaux. Puis « Yellow Stone », un instrumental dans lequel Gojira nous téléporte pour flâner dans les grandes plaines aux côtés des tribus indiennes, vous savez, les consommateurs assidus d'herbe à bison. Leur calumet de la paix est allumé, le temps d'une pause.

Avec « Magma », la fumette est mal passée, le tempo a dégringolé de plusieurs crans et l'auditeur toujours attentif se replonge et s'assoupit une nouvelle fois dans une mélodie cotonneuse. Vivement le réveil des sens. Des soubresauts percent de-ci de-là pour tenter de faire sortir le monstre. Tous les espoirs sont permis car arrive « Pray ». La cavalerie est enfin au rendez-vous. Un esprit de rébellion flotte dans l'atmosphère, les troupes se réorganisent pour mieux fondre sur nos esgourdes toutes ouïes. Chaque instrument veut prendre le dessus, de courts silences s'y imposent aussi comme si la récompense était acquise aux plus impudents. Mais « Only Pain » bat le rappel avec une corde en guise de tranchoir car il faut trancher dans ce monde désorganisé où chacun veut, dans la douleur et l'asservissement des maîtres supplanter le commun des humains. Si tout n'est pas compris, « Low Lands » s'impose pour la réconciliation. Enfin quelques mots en Français...Ah m., déjà fini ! Un hymne au détachement, à l'évasion. Probablement, les vapeurs de "Yellow Stone" ne se sont pas totalement dissipées et c'est mieux ainsi. Un état second où les secondes durent des siècles d'éternité. Bonheur, souffrance, joie et pleurs se mêlent dans cette tendre et touchante mélopée. Le final se veut éthéré, une rivière de brume dans laquelle on se perd à jamais.

Pour clôturer cet opus, Gojira nous offre une improbable improvisation de percussion et guitare sèche tel le petit gnac ayant pour mission de nous transmettre les meilleurs voeux digestifs d'un repas chahuté.
En guise de conclusion, je dirais que cet album est très personnel. Bien loin des stéréotypes musicaux, Gojira s'éloigne assurément de ses carcans originels pour vivre et assumer « carpe diem » une musique dérangeante dans tous les sens du terme. J'ai aimé la composition, la musicalité. J'ai plus souffert sur les changements de rythme notamment sur les tempos lents qui m'ont fait perdre l'équilibre. De plus, l'abus de choeur est mauvais pour le coeur.

Maintenant, on serait tenté de chercher un message dans le graphisme de la pochette pour justifier le contenu artistique. Le soleil, les fumerolles ou les volutes, le volcan, noir, le relief, etc. Nul doute que chacun trouvera un lien ou transposera à sa sauce le sens caché de l'expression graphique dans l'oeuvre musicale.





2016 Glenn HUGHES "Resonate"

label: frontiers rec.
style: hard FM
date de sortie: 4 novembre 2016
date de chronique: 12 novembre 2016

[par Franck and Furious]



Un album qui résonne dans ma tête ! Mon album de l'année !

Puissant ! Heavy ! Mélodique ! Juste phénoménal ! Mon album de l'année !

Dès les premières notes, le ton est donné et cela va durer le gros des 2/3 des titres de l'album.
The Voice nous a sorti là probablement son meilleur album solo ! Le temps sera juge ! On lui a souvent reproché de nous proposer des titres, certes bons, mais sans réelles compositions dites des standards, des classiques, qui ne vous lâchent pas les ouies. Ici, on a des titres directs, tout en conservant le côté soyeux du bonhomme. Des titres qui trouveraient leur magie sur scène. Ce n'est pas du Deep Purple, même si .. ce n'est pas du Iommi-Hughes même si .. non !

Plus heavy qu'Addiction, plus classieux que The Way it is, plus mémorisable que The Song of the key of rock . plus tout ,en fait, de ce qu'il a pu faire dans sa carrière ! Juste l'album qu'il manquait à sa discographie (trop?) éclectique !
La production est moderne, juste énorme ! Rien à voir avec la production, certes de qualité mais d'usine de Frontiers, ni ce qu'il a pu faire récemment pour ce même label avec le Voodoo Hill. Søren Andersen qui co-produit l'album a fait un gros travail. Le son est plein, ça claque ! La guitare rythmique est iommesque, les claviers sont assassins, la batterie se fait sismique, la 4 cordes bombarde, et nous rappelle combien Hughes est aussi un excellent bassiste. Les solos des 4 musiciens sont cashs banco, sans en faire des milles et des cents, mais bien, des giclées de sang, notamment sur des fins de titres terriblement apocalyptiques (pour le genre). Quel groove ! Y en a partout, c'est trop bon ! Quant à la voix, pfff .. peut-on trouver encore des superlatifs à cette voix ? Sensuelle, suave, déchirante, entraînante, extra-terrestre de puissance et d'élégance ...

Travail d'orfèvre de la part des Søren Andersen, Lachlan Doley, Pontus Engborg, et sur 2 titres, l'ami Chad Smith, pour guider et soutenir le maestro ; quel son ! Mais putain quel SONNN !
Alors attention, à l'inverse de ce choix artistique où tous les boutons sont dans le rouge, certains risquent de trouver cela trop puissant, surtout ceux qui n'ont pas aimé Addiction et qui sont fans de Feel ou de Music for the divine. Ces derniers seront davantage contentés sur la face B du disque. D'autres se plaindront de la timidité des solo de guitares, surtout les fans de DP ou du fin JJ Marsh, mais pourront se rassasier sur les interventions de claviers, tour à tour modernes, old school, d'ambiance ou en première ligne, et qui avec la section rythmique, feraient presqu'oublier que la vedette reste la voix. Un album de groupe assurément. Pour ma part, la discrétion, relative mais subtile, de la guitare niveau solo, me va. Car cela va dans l'esprit des titres punchy. Et la présence des autres instruments est telle, que la présence de solo de guitare serait peut être même indigeste. Et puis le prochain Black Country Communion devrait combler ce vide.

''Peut-on être fan et objectif ?'' On s'en fout ! Si on est fan, c'est qu'on aime, et si on aime c'est qu'on a trouvé ça bon ! Un album qui résonne en boucle dans ma tête ! HEAAAAAVYYYYYYY !!!!!

Le titre par titre :

1 - HEAVY - 5/5
Explosif ! Attention ! L'intro annonce la couleur - le couplet te permet juste de t'échauffer pour te préparer à un refrain apocalyptique où Glenn Hughes déchire tout avec sa voix puissante aux multiples octaves. La basse claque et le clavier se fait pilier de cathédrale. KO au 1er round

2 - MY TOWN - 5/5
La rythmique batterie enfonce le clou ! Si t'es pas ko au 1er titre, ça tape fort en suivant ! Tu essaies de reprendre tes esprits en headbanguant ta tête, puis des 2 mains en l'air, tu jettes l'éponge au refrain qui t'assomme et t'enterre sur le final avec cet orgue et la voix du maestro qui appuient. Et même si le pont rappelle que Hughes aurait aimé faire carrière dans la pop dance, au final ce pont nous évite de nous désintégrer. Enorme ! Et quelle voix encore .

3 - FLOW - 4,75/5
Houlà ! Tony Iommi est-il invité sur ce titre ? Que nenni ! Mais ce riff lourd rappelle le gaucher célèbre avec qui Glenn Hughes a édité 3 albums. C'est lourd, c'est bon ! Le refrain éclate comme sort de ton ventre Allen : tu n'as donc pas le temps de respirer, même si Glenn Hughes présente quelques ponts dont il est friand à la Beatles, Tears for fears flower power, pas toujours de bon goût d'ailleurs pour ma part, mais lui et ses acolytes récupèrent le vaisseau Entreprise, sur le final avec une rythmique clavier-guitare-basse qui tonnent, la basse devient un vrai ouragan ! Du gros flow.

4 - LET IT SHINE - 4,25/5
La power ballade avec un gros riff toujours à la Iommi, mais là le coté flower power prend le dessus sur le refrain. En tant que single, je n'avais pas trop accroché sur ce genre de mélodie que je n'affectionne pas trop chez The Voice, mais ici enchaînée dans l'album, elle s'apprécie mieux. Andersen qui se fait discret en solo, mais pas en rythmique et en production, balance un solo carré. Et encore un final qui explose tout niveau production ! Les boutons sont à fond.

5 - STEADY - 3,75/5
Orgueeeeeee ! Précoce : je jouis déjà ! Pinaise : fabuleux groove batterie-clavier à la YES qui fait lever les foules, c'est clair : ça sent le gros tube là avec ce riff clavier qui de très loin pourrait rappeler le célèbre the Owner of a lonely heart de Yes ! C'est bon ! vas y ! continue je vais venir . et .. pitin mais c'est quoi ce pont puis ce refrain tout mou qui fait débander ? Refrain à la Hughes : planant flower power à la Tears For Fears : mou du genou qui te coupe dans l'orgasme ! Grosse déception que ce refrain qui plombe un titre qui aurait pu être un hit sauf si t'as envie d'allumer ton briquet sur ce refrain, et même si je me surprends à le fredonner ! La grosse frustration du disque ! Et une baston danstesque basse-batterie a beau essayé de rattraper le coup accompagné par un duel orgue-guitare, le mal est fait. Grrrrrrrr on manque un gros titre là, mais quelle démonstration de basse et de batterie encore ici.

6 - GOD OF MONEY - 6/5
Grosse attaque encore au clavier - je me méfie - mid tempo lourd - le couplet est planant, malsain comme un prédateur qui rôde prêt à te becter, notamment avec cette voix chaude grave qui t'hypnotise - puis le refrain . ouf ! Vas y mange moi : le refrain est excellent ! Super accrocheur sans être le truc FM à la noix ! Tout est bon sur ce titre : la voix, les ambiances modernes claviers couplés à des anciennes à l'orgue qui tue ! Solo à la Jon Lord ! Ai-je encore besoin de dire que le final claque encore ! La voix scintille dans les étoiles ! Chef d'oeuvre !

7 - HOW LONG - 6/5
Ca bastonne encore d'entrée, mais cette fois à la gratte. Album encore plus agressif qu'Addiction - la rythmique accélère crescendo, pour breaker sur un pont nerveux, pus accélère encore, re-break, et laisse place à un refrain juste hyper carré. Ils ont bouffé du lion : un grand titre à la Deep Purple là : come on let's go . solo nerveux à la Don Airey et un final où tu te demandes combien de temps tu vas rester vivant : final foudroyant : tu meurs ! Et encore cette voix ! Titre dantesque.

8 - WHEN I FALL - 4,5/5
Ouf ballade ! Pause bienvenue après tous ces déluges jouissifs ! Ballade comme les aime le bassiste héro : limite jazz pop qu'un George Mickael aurait appréciée. La voix est caramel café vanille, un nectar. Solo clavier jazzy sensuel. Refrain planant accompagné de violon. Don't keep on falling

9 - LANDMINES - 4,25/5
Le titre funky entraînant influencé Motow : Hughes récupère sa voix nasillarde (grrr) pour ce titre sympa mais qui n'a rien à voir avec le reste de l'album - On espère même un duo avec Ritchie Kotzen, vu que c'est le genre de titres qui pullulent sur les albums du chanteur-guitariste - le refrain nous rappelle un peu le Red Line de l'album Feel - Soren Andersen propose un solo old school - agréable titre qui permet de se remettre dans le rythme en douceur, dansant, efficace, mais pas transcendant.

10 - STUMBLE & GO - 4,25/5
Riff rock qui nous fait de suite taper du pied, jusqu'à des ''ho ho'' typée années 60, qu'on croirait tout droit sorti d'un album de Sylvie Vartan - n'importe quoi que ce son des ''ho ho '' qui cassent la modernité du disque, et le pulse du titre jusqu'à bousiller un bon refrain - morceau limite punky mais version soft. Ceci dit le refrain reprend ses droits une fois qu'on a fait abstraction de cette petite faute de goût que ces ho ho qui devraient sonner mieux en concert, en étant plus guerrier ; d'ailleurs des choeurs masculins redressent la barre sur un final à faire danser les foules. On manque là le classique juste à cause de cette erreur de tonalité, de son. Un comble. A croire que Hughes a pensé nous avoir assommé sur la face A de l'album pour lever le pied de l'accélérateur, qu'il appuie enfin comme il faut sur le final.

11 - LONG TIME GONE - 5/5
Intro calme quasi a capella que la voix de velour de Hughes met en valeur sobrement - le refrain est de suite mémorisable - l'orgue se fait Or ! Titre top ! Et qui nous rappelle la face A de l'album qui proposait un album heavy, mais en même temps avec un côté plus cool qui vient à point nommer sur cette fin d'album qui se veut physique à l'écoute.

12 - NOTHING'S THE SAME - 4,75/5
Ballade acoustique guitare -voix qui ferait pleurer tout le public de l'émission de ''The Voice'' - Rien d'extraordinaire sur ce titre mais ..cette voix ultime, accompagnée d'un solo à la sensualité hughesienne ! Et au final, s'il y a bien quelques chanteurs qui peuvent chanter ce genre de ballade ''évidente'', le chanteur-bassiste fait partie de cette élite. le ''Soldier of fortune'' de Monsieur Glenn Hughes

13 - WHEN I FALL (acoustic) - 4,5/5 On se croirait dans un cabaret blues - le tempo est très lent - on sent la fin de soirée, le dernier verre sur ce dandy solo d'orgue, et l'envie de s'endormir sur cette belle berceuse.





2016 TRUCKFIGHTERS "V"

label: century media rec.
style: stoner from the cold
date de sortie: 30 septembre 2016
date de chronique: 10 novembre 2016

[par Barjozo]



Cinquième effort studio pour nos rockers from the cold (comme aurait dit Bob) mais aimant le sable chaud (comme aurait dit Serge).
Rappelons que ce groupe officie depuis 2001 quand le guitariste Niklas 'Dango' Källgren rencontra le bassiste et chanteur Oskar 'Ozo' Cedermalm à Örebro, Suède. Pour la place derrière les fûts et autres toms, c'est de l'avis même du guitariste une sorte de 'Spinal Tap relationship' dans le groupe avec ici Daniel 'El Danno' Israelsson aux baguettes avec la participation de Peter Damin (Paradise Lost) sur le titre "The 1".
Rappelons aussi qu'en début d'année le combo a sorti un live enregistré à Londres et simplement intitulé "Live in London" que je vous recommande chaudement.

L'évocation isolée de ce "V" pourra rappeler aux anciens une série SF US kitsch dans laquelle des extraterrestres appartenant à la classe des reptiles (plus communément dénommés lézards) avaient entrepris de coloniser la Terre. Série TV totalement ratée comme cet artwork suédois. Associer de manière ubuesque des éléments aussi incongrus que des vieux bâtiments datant de l'antiquité gréco-romaine et des avions de combats, même si l'allusion à un conflit inter civilisationnel est à peine voilée, peut être très embarassant dans l'interprétation que certains pourraient en faire. No comment (comme aurait dit Serge).

Passé l'obstacle de l'artwork, analysons la zike. Cet LP débute lentement par un morceau habilement dénommé "Calm before the storm". Ambiance chaleureuse, calme et sensuelle pour un petit échauffement de vos canaux auditifs. Astucieusement placé en début de galette, ce titre de plus de 8 minutes va vous réserver bien des émotions grâce à une montée progressive en puissance de la gratte, jusqu'à la 4ème minute, où le rythme s'accélère et le fuzz est lancé à toute berzingue avec un tempo qui va ensuite savamment être ralenti par un break à la mélodie chaloupée, avant de repartir de plus belle au final. Excellent titre d'ouverture.

"Hawkshaw" vient ensuite. Le trio semble ici totalement se libérer après le premier morceau sur lequel ils semblaient avancer à tâtons. Pourtant, même si le refrain accroche, même si la rythmique est bien travaillée, même si là aussi un break groovy est placé aux 2/3 du morceau, on reste incomplètement satisfait du résultat. Il manque 'un petit quelque chose' pour se sentir totalement dans le désert (comme aurait dit Jean-Patrick).

Sur "The 1", enfin allais-je dire, les Truckfighters nous délivrent un bon gros fuzz pour un titre stonerissime. Confirmation ensuite dès l'intro de "Gehenna" qui part vers des contrées rythmiques lancinantes propres au genre. Cela pourra en rebuter certains, mais quel pied pour les adeptes du style!

Abordons ensuite un morceau surprenant, "The contract". Ambiance feutrée pour l'annonce d'un tryptique final (si on exclut le dernier morceau live "Manhattan project" enregistré à Memphis, USA, titre qui figurait sur leur première galette studio "Gravity X") incluant "Fiend" et "Storyline" dans une sorte de continuum planant, d'environ 20 minutes au total. Dans cette partie du CD on se laissera bercer langoureusement par la mélodie toujours addictive des suédois, parfois lacérée d'un fuzz nordique pas piqué des hannetons.

Bon album au final que ce "V", même si on lui préfèrera quand même ses prédécesseurs que ce soit le dernier en date, "U" pour "Universe" ou leur premier LP sus-cité of course.





2016 RIVAL SONS "Hollow bones"

Album classé N°3 du Top 2016

label: Earache records
style: Hard rock - Blues
date de sortie: 10 juin 2016
date de chronique: 08 novembre 2016

[par Boucle d'or]



Sur ces pages, Rival Sons fut avec son "Great Western Valkyrie" élu par la rédaction album de l'année 2014. C'est donc avec beaucoup d'attente (trop?) que nous attendions ce "Hollow bones", leur cinquième album. Nous avions eu trois extraits lors de leur concert au Hellfest avec le titre d'ouverture "Hollow bones part1", titre qui ne m'avait pas vraiment convaincu tant il m'avait paru assez banal et pas vraiment stimulant. Et que dire des deux autres titres ("Baby boy" et "Fade out") dont je n'ai pas gardé grand souvenir.

D'autre part les amis Barjozo et Nico m'avaient fait part de leur déception quant à cet album. Pas de quoi me rassurer..
Alors qu'en est il donc ?

"Hollow bones part 1" ouvre sur le style caractéristique de Rival Sons, avec son riff lourd, sa batterie qui cogne, les guitares qui déchirent et un refrain appuyé par des chours jusqu'au rugissement de Jay Buchanan et son style très Plantien. Pas vraiment renversant, le titre est court et percutant.
Puis l'album décolle réellement avec "Tied up", de meilleure facture, alternant les ambiances calmes et son refrain coup de poing.
"Thundering voices" nous replonge dans les meilleurs moments du précédent album, avec son riff qui vous rentre dans la tête pour ne plus en sortir, et que dire du chant de Buchanan qui fait la démonstration de tout son talent (tantôt sensuel, tantôt rageur).
"Baby boy" enfonce le clou avec une belle partie de slide-guitar.
"Pretty face" est également un très bon morceau avec son début dont le chant n'est pas sans rappeler celui de Colin Blunstone (Zombies).
"Fade out" est une ballade lente et lourde teintée de slide qui finit dans un rugissement de guitares telluriques.
"Black coffee" est une autre pépite de ce disque avec des influences bluesy et son chour féminin gospel avec toujours ces guitares très en avant dans un style très zeppelinien (leur influence la plus flagrante).
"Hollow bones part2" reprend le thème d'ouverture en moins rentre dedans alors que "All that I want" clôture déjà ce disque avec une ballade intimiste et dépouillée, Bachanan étant accompagné d'une guitare acoustique et de violons, avant que la batterie et la guitare slide ne rentrent en jeu. De quoi atterrir doucement.

En moins de 38 minutes et neuf titres, les Rival Sons nous pondent un digne successeur de "Great Western Valkyrie" même si il n'en atteint pas le niveau. La plupart des titres allant à l'essentiel avec des durées assez courtes. Peut-être un album fait dans l'urgence (enregistré en 30 jours entre deux concerts après vérification). En tout cas beaucoup de spontanéité et d'efficacité, un album brut et agressif (quelles guitares !) pour lequel il manque juste un ou deux très bon morceaux supplémentaires pour en faire l'égal de son prédécesseur. Mais ne boudons pas notre plaisir avec cet album qui se situe bien au dessus de la plupart des productions actuelles et qui confirme qu'il va falloir compter avec ces californiens.





2016 The DEAD DAISIES "Make some noise"

label: ward rec.
style: US heavy-rock à connotations FM
date de sortie: 5 août 2016
date de chronique: 2 novembre 2016

[par Barjozo]


Il s'en passe pas mal, des vertes et des pas mûres le matin sur certaines de nos radios dominantes. Je vous rapporte ici un savoureux dialogue 'à peine inventé' entre 2 'personnalités' du monde médiatico-politique franco-français. La crème de la crème en matière de gestion des goûts en tous genres et de buzz si vous voyez ce que je veux dire...mais jugez plutôt!

"Ma chère Maïté, comment allez-vous?
-Très bien Patrick, très bien. Aujourd'hui nous allons voir la recette de la garbure américaine. Alors, les puristes je vous préviens, ce plat est un peu lourd, et sa digestion peut être difficile. Néanmoins, il vaut le coup d'être tenté...
-Ok, Maïté. Nous vous écoutons. D'abord bien sûr, les ingrédients.
-Bien sûr Patrick, commençons par le commencement. Il nous faut un bon guitar-hero. Alors un zeste de Richard Fortus (Guns N'Roses) peut faire l'affaire, mais ici je vous propose d'utiliser un bon vieux Doug Aldrich (Bad Moon Rising, Dio, Whitesnake) dont on sait qu'il n'a aucune date de péremption et saura s'intégrer parfaitement au plat.
-Excellent Maïté, excellent. De quel autre ingrédient a-t-on besoin?
-Ensuite, il faut un lead-singer bien couillu (passez-moi l'expression mon cher Patrick). Un peu de Jon Stevens (INXS) pourra habilement être remplacé ici par une lampée de John Corabi (Mötley Crüe, The Scream), ingrédient 'de studio' très maléable et lui aussi quasi impérissable!
-Fantastique Maïté, fantastique! Un peu de ryhtmique pour enrober le tout je suppose?
-Exact Patrick! Alors là, on a l'embarras du choix. Cependant pour la bonne tenue de la sauce, un bon Marco Mendoza (Thin Lizzy, Black Star Riders, Whitesnake..) à la basse s'avère indispensable. On pourra avantageusement l'associer à un zeste de Brian Tichy aux drums (Slash, Billy Idol, Ozzy, Foreigner, etc.)...
-J'ai l'impression qu'on va maintenant pouvoir rentrer dans le gras du sujet ma chère Maïté..
-Oui Patrick. En effet, une fois que l'on a mis tous ces ingrédients dans une marmite en étaim 'made in USA' dont on sait qu'elle garde un parfait éclat après X années [production sans relief par Marti Frederiksen (Aerosmith, Def Lep, Mötley...) and Co], il suffit de faire chauffer à feu doux sans oublier de remuer de temps en temps si on veut éviter les grumeaux.
Après 45 minutes et 12 titres, on pourra servir directement en streaming avec ou sans bouchons d'oreille, car vous ne risquez pas grand chose question audition je vous rassure.
-Quels aspects gustatifs envisager pour cette garbure US ma chère Maïté?
-Ne vous attendez surtout pas à de l'innovant. Non, ici on mise surtout sur des réminiscences évocatrices des grandes heures rock du passé! Cela est parfois très indigeste je vous l'accorde (comme le titre éponyme "Make some noise" et son esthétique 'pseudo' live, ou encore le titre d'ouverture "Long way to go" dans un style déjà entendu mille fois par le passé). Pourtant, force est de constater que certaines parties du plat proposé ici s'avèrent savoureuses, en particulier quand le rythme s'accélère: que ce soit sur "Mainline", "Fortunate song" (très bonne reprise du Creedence de Fogerty) ou "Freedom" par exemple.
-D'accord Maïté. Donc en résumé, un plat qui n'est pas vraiment de la mauvaise soupe et que l'on pourra savourer entre potes accompagné de quelques bières si j'ai bien compris? En plus j'aime bien leur logo et cette skullhead gentillette!
-Tout à fait Patrick, ils ont mis le paquet sur le 'packaging'. Vous n'avez qu'à vous rendre sur leur site officiel. Et gageons que ce type d'aliments saura contenter des festivaliers en condition live car cela semble avoir été imaginé pour ça, afin de réchauffer l'estomac en passant par les écoutilles latérales supérieures! Il suffit pour s'en convaincre de voir les 'tour dates' passées et futures qui 'envoient du lourd' (premières parties de ZZ Top à Kiss, Def Lep et plus récemment The Answer) [sic]. Mais comme dirait Dave Mustane, 'Business is good!' au pays de l'oncle Donald. Et chez Disney de Daisy à Donald il n'y a qu'un pas, le canard au béret semblant avoir le vent en poupe ces derniers temps, mais c'est un autre sujet mon cher Patrick!
-Oui, oui. Gageons qu'au final tout ceci conserve quand même un tempo Rock n'Roll Maîté!
-Rock n'Roll et vice versa en effet Patrick! Mais je sais que vous avez l'estomac bien accroché, alors à très bientôt pour d'autres aventures gustatives sur nos ondes!"





2016 The ANSWER "Solas"

label: napalm rec.
style: rock vintage
date de sortie: 28 octobre 2016
date de chronique: 31 octobre 2016

[par Barjozo]


18 mois après leur dernier opus "Raise a little hell" (2015) revoici venir les irlandais de The Answer et leur rock vintage à fortes connotations bluesy.
On ne peut pas dire que le groupe ait chômé ces dernières années puisque "Solas" est leur 5e LP en 7 ans. Pour ma part j'avais complètement 'flashé' sur "Revival" (2011) et ses fortes influences 'south-rock' laissant par moment la slide et l'harmonica prendre possession de certains morceaux. Notre compère Mumbly avait quant à lui fortement été marqué par "Raise a little hell" qu'il avait placé en bonne compagnie dans son top 2015.

"Solas" reste dans la même veine que ses prédécesseurs avec un groove et une mélodie toujours très marqués. Dès le premier titre (qui donne son nom au LP) on appréciera le style précédemment testé dans leurs albums. Pourtant, le rythme semble avoir changé, dès ce premier titre, le tempo étant plus 'lourd'. Impression confirmée avec "Beautiful world", à la nonchalance initiale un peu pertubante, avant cependant une deuxième partie splendide qui va voir des envolées de gratte et des vocaux non moins magnifiques pour un morceau finissant dans un style 'heroic' et même prog-metal que l'on n'avait encore jamais perçu dans les compositions du combo. Vraie réussite.

"Battle cry" débute ensuite à la guitare sèche, de façon assez 'scolaire', calme et sereine, le tempo allant ensuite très subtilement s'accélérer grace à la batterie (toujours aussi excellement tenue par James Heatley) jusqu'à déboucher sur une partie quasiment 'jazz-rock' avec quelques choeurs pour les refrains, le final lorgnant même sur la world music par ses rythmes tribaux. Ce titre nécessite plusieurs écoutes pour en apprécier la textures assez complexe et se révèler complètement. Vient ensuite "Untrue color", morceau 'classic rock' revenant aux fondamentaux du groupe, soulignés par quelques notes de synthé. Probable hit en live !

Globalement un très bon album de rock n'roll, tourné vers l'avenir, vers la lumière (solas signifiant 'lumière' en gaélique) et témoignant de l'évolution d'un rock-band dont le potentiel est incontestable.
Pour info sachez que la version deluxe propose en plus des 11 morceaux de base, 3 titres bonus dont une dispensable reprise du "Money" des Pink Floyd (sans le bruit de la caisse enregistreuse...).





2016 DINOSAUR Jr "Give a glimpse of what yer not"

label: jagjaguwar
style: paleo-proto-rock
date de sortie: 8 août 2016
date de chronique: 17 octobre 2016

[par Barjozo]


Et revoilà Murph, Mascis et Barlow pour de nouvelles aventures électriques musicales. Depuis leur 'reformation' les vieux quadras ne nous ont offerts que des galettes absolument irrésistibles avec successivement "Beyond" en 2007, "Farm" en 2009 et "I bet on Sky" en 2012. Trois albums indispensables à tous les amoureux de riffs sauvages emmitouflés de mélodies soigneusement rythmées.

Alors 2016 sera-t-elle une année à la hauteur des précédentes pour ce trio du Massachusets?

La réponse tend à être quelque peu nuancée. Oui globalement on n'est pas déçu par le 'style Dino', et il semble évident à l'écoute des nouvelles envolées que sont p.ex. "Goin down" titre d'ouverture très rythmé, "Tiny" morceau qui lui embraye le pas dans la même lignée (et ce chant de Mascis toujours aussi singulier) ou encore "I told everyone", que la verve créatrice est toujours présente et permet au combo de s'exprimer pleinement musicalement. Idem sur le 3e titre "Be a part" indie-pop sautillante...comme "I told everyone" qui lui succède ou "Good to know" un peu plus loin. Mais ces morceaux auraient largement pu figurer sur les LPs cités ci-avant.
Ainsi pourra-t-on faire remonter que la prise de risque est minimaliste et presque inexistante car on navigue en terrain (archi) connu.
Alors c'est vrai que quelques ballades ralentissent le tempo et sont un peu plus présentes qu'à l'accoutumée ("Love is.." chantée [élégamment] par le bassiste, "Lost all day" ou surtout "Knocked around" sur laquelle Mascis chante avec une petite voix fluette) modifiant un peu l'architecture globale de l'oeuvre, mais on aurait peut-être apprécié que le groupe 'expérimente' un peu plus.
Je suis certain qu'un versant plus aggressif sierait on ne peut mieux à leur style indie-rock et leur permettrait de toucher un public plus large en grattant un peu dans le métal underground ...

Bref au final, pour moi, un bon Dinosaur Jr. Une fois de plus oserais-je écrire. Mais on sait que cela ne leur permettra pas de se faire une place au soleil en France, pays où le groupe semble totalement méconnu.
Alors ceux qui n'aimaient pas n'aimeront toujours pas, mais on s'en fout bordel! Tant pis pour eux!





2016 PHAZM "Scornful of icons"

label: osmose prod.
style: black thrash hardcore
date de sortie: 25 mars 2016
date de chronique: 17 octobre 2016

[par Barjozo]


Mais qui se souvient de Phazm? -Groupe français (Nancy) dont la carrière semblait s'être définitivement échouée sur les rivages de l'année 2009.
Ce n'est qu'en 'tombant' sur la prochaine affiche du HELL'OWEEN fest. qui aura lieu prochainement à Saintes (17) que j'ai su qu'ils avaient rempilé..et sortit un album en début d'année 2016, huit années après leur précédent opus.
Cette nouvelle galette débute avec un titre à la dénomination quelque peu curieuse ("Ginnungagap") mais qui passé cet écueil reste un excellent morceau technico-thrash. On y perçoit une rythmique dont on devine qu'elle a été imaginée par des musiciens s'étant gavés des albums historiques du genre (on pense à Slayer)...et le refrain nous balance des "..ginnungagap...ginnungagap..." avec une voix d'outre tombe du meilleur effet dans le style que certains rapprocheront du black-métal scandinave (Ah! ce final "..ginnungagap...ginnungagap..."!).

Après cette brillante entrée en matière, "Ubiquitous almighty" permet au groupe d'enfoncer un peu plus le clou dans vos tympans asservis en accélérant le tempo 'a little bit'. Titre rapide, chirurgical dans sa structure. Excellent solo de gratte qui la aussi s'inspire forcément des cadors du genre. Même si rien n'est follement inventif, force est de constater que c'est très bien fait et qu'au fil des écoutes, on adhère très vite.
Idem pour "The soothsayer" qui arrive ensuite, sur des drums lents et une rythmique qui va s'accélérer rapidement. On remarquera l'aspect technique irréprochable et un tempo toujours allant, qui sera confirmé ensuite avec une excellent "Conquerors of March" et son infanterie implacable, faisant suite à un terrible "The godless pope" sur lequel les vocaux sont tout simplement démoniaques.

Le titre éponyme "Scornful of icons" est également une grande réussite en s'entichant d'une introduction à la Nyckelharpa, instrument à cordes traditionnel suédois, il laisse ensuite s'échapper passages lourds et mélodiques, avant qu'un chant féminin du plus bel effet ne s'invite à la fête. Ce titre permet de prendre conscience que la perte d'un être cher, ici le père du chanteur-guitariste Pierrick Valence, leader du combo, peut donner naissance à un titre en forme d'hommage 'black métal'.

Après les girondins de Gorod en 2015 et son excellent "A maze of recycled creeds", voici donc un nouvel opus hexagonal pouvant largement tenir la dragée haute à toutes les productions internationales anglosaxones. Chapeau messieurs!





2016 RADIOHEAD "A moon shaped pool"

label: XL rec.
style: Oxford classic rock-style
date de sortie: 8 mai 2016
date de chronique: 17 octobre 2016

[par Barjozo]


On ne peut pas chroniquer un album des 5 fantastiques d'Oxford comme on le fait habituellement des autres productions musicales. Faut-il rappeler que Radiohead a sorti quelques pépites dans les années 90, reconnues par tous (enfin, tous les chroniqueurs sans sonotone of course): le brillant "The Bends" en 1995, l'extraordinaire "OK Computer" 2 ans plus tard, le phénoménal"Kid A" en 2000 ou encore "Amnesiac" qui lui donna une suite quelques mois à peine plus tard dans un continuum musical et phonémologique ("Kid A-mnesiac"). Alors même si j'avais été déçu par leurs deux dernières livraisons studio ("In Rainbows" en 2007 et le 'too much électro' "King of limbs" en 2011, dernier album en date) c'est toujours avec une joie immense teintée d'un zeste d'appréhension que je me suis lancé dans l'écoute de ce "A moon shaped pool".

Rappelons pour commencer que Radiohead s'est formé en mai 1986 une date coïncidant presque 30 ans jour pour jour avec le jour de la sortie de ce 9e opus studio, "A moon shaped pool" (soit 'une piscine en forme de lune', curieux nom pour un album de musique pop). Sur ces dates certains pensent qu'il s'agit là de l'album final, testamentaire du groupe et ce serait pour cela qu'il y aurait autant de 'vieux' titres déjà entendus ou aperçus depuis des lustres: ainsi "True love waits" a été joué pour la première fois en live en décembre 1995, "Burn the witch" date des années 2002-2005, et "Tinker tailor soldier rich man poor man beggar man thief" n'est autre qu'une adaptation d'une comtine pour enfants remontant...au XVIIe siècle!

Autre élément ayant pu avoir un impact sur l'album, les tabloïds ont pu rapporter que le chanteur Thom Yorke s'est séparé de sa femme après une idylle de plus de 20 ans. Mais il y a tellement de raisons d'avoir le spleen en 2016...Ce qui est certain avant d'aller plus loin c'est que la galette revient à un rock plus mélodieux, comme aux débuts du groupe, même si les arrangements électro-pop expérimentaux sont toujours présents, souvent en arrière plan. Ce côté numérique, électro parfois pesant/envahissant (surtout en live cf. ma chronique de leur set parisien en 2012) a été ainsi repositionné au profit des cordes et du piano grâce à la participation du London Contempory Orchestra sous la direction de Hugh Brunt.

Le premier titre, l'un des plus entraînant, grâce à des cordes savamment associées pour un tempo assez rapide pouvant évoquer une salle de bal de la cours de Louis XIV qui aurait comme par magie été transposée en plein milieu d'une salle de shoot de la banlieue d'Amsterdam des années 2000 ('Doc, tu dois y être pour quelque chose' aurait dit Marty Cardin). Titre très intéressant car forcément tellement improbable au sein de la foultitude de groupes actuels. Mais n'est pas Radiohead qui veut...En tous cas ce premier single tiré du LP est totalement maîtrisé, une évidence de pureté conceptuelle. C'est beau et si simple...

Ensuite on va lentement plonger vers l'univers profondément enfoui dans ce LP avec un premier morceau digne des plus grandes heures du groupe: "Daydreaming". Cet univers est fait d'une sorte de quiescence musicale vous donnant l'impression d'être constamment en train de littéralement flotter dans les airs, comme en apesanteur, certains diront à l'inverse qu'ils se sentent 'en apnée constante' [cf. Radiohead.fr]. Tout ceci traduit bien sûr une totale imprégnation du morceau et une différence dans l'expression de son ressenti, mais au final la sensation de morceaux intensément et viscéralement vécus par l'auditeur.

"Decks dark" maintient l'auditeur dans un état de tension notable. Heureusement le piano, léger, vient nous apaiser malgré la tristesse des vocaux. Ce titre semble évoquer le thème de la séparation ci-dessus mentionnée...

"Desert island disk" s'articule autour d'une guitare sèche. Ce morceau évoque une émission britannique de la BBC au cours de laquelle les participants doivent proposer des titres de chansons qu'ils emmèneraient sur une île déserte, en justifiant leur choix. Il a été joué pour la première fois à Paris, au Trianon en décembre 2015. Encore un morceau rempli d'une splendide langoureuse mélancolie.

On en arrive au 5e morceau "Ful stop". Il débute comme un battement de coeur (le vôtre) qui s'accélère et ne cessera de battre la chamade. La basse ronronnante témoigne d'un danger imminent. Puis surviennent des boucles de synthés angoissantes qui vont se faire de plus en plus rapides comme si vous étiez pris dans un tourbillon et que ces boucles centripètes vous entraînaient dans une sorte d'abîme sans fin. Celle d'une rupture, en tous cas c'est ce qui ressort des paroles. L'angoisse ne cesse de monter jusqu'à ce qu'une lueur d'espoir vous atteigne par la grâce de la guitare électrifiée cette fois qui vient à votre secours. C'est alors que vous vous laisserez aller à exprimer votre angoisse (c'est par la voix de Thom que vous le pourrez), votre angoisse mortifère de cette vie terrienne sans but précis. Questions éternelles résumées en un seul titre. Hypnotisant. Fascinant. Un des morceaux les plus aboutis de Radiohead depuis des lustres. Un sommet de créativité qui pourrait justifier l'achat du CD rien qu'à lui seul.

Après l'intermède "Glass eyes", titre calme et serein à l'ambiance toute enveloppée de brume, voici venir "Identikit" un morceau à la légèreté apparemment innocente comme aurait dit Doctor Pop, sur lequel la gratte en fin de titre vient rappeler que Mister Rock n'est pas très loin...On se réferrera à des titres anciens du niveau de "Idiotheque", voire "I might be wrong" dans le tempo et cette batterie jouée quasiement à contre-temps. Encore tout bon et Thom qui assure grave aux vocaux.

"Numbers" sur lequel les cordes sont bien présentes mais ne prennent jamais le dessus sur le groupe qui maîtrise parfaitement la présence de l'orchestre symphonique à l'arrière plan. S'enticher d'un aspect 'classique' en studio a toujours été un peu 'casse-gueule' pour les rockers de toutes les générations qui s'y sont risqués, mais ici Radiohead n'est jamais débordé et assume/assure de façon professionnelle la gestion de l'ensemble de la composition. Morceau magnifique au final.

"Present tense" reste encore un titre langoureux, dans le même tempo que beaucoup d'autres sur ce LP qui vous l'avez compris est totalement empreint d'une ambiance feutrée, teintée d'un zeste de relents d'anti-dépresseurs. Et oui, toujours ces substances psychotropes qu'elles soient prohibées, pharmaceutiques ou simplement alcoolisées, qui vont permettre et ont permis aux artistes de tous temps de virevolter avec leur muse afin de nous faire savourer d'intenses moments artistiques inaccessibles au commun des mortels...

"Tinker tailor soldier rich man poor man beggar man thief". Ouf. Heureusement que ce morceau n'a de lourd que sa prononciation. La voix est ici quasiement enfantine, sur une trâme tout en douceur guidée par un piano omniprésent.
On arrive enfin au dernier morceau du LP, le "True love waits" que d'aucuns pensaient qu'il ne paraîtrait jamais sur un album studio puisque c'est un titre qui est régulièrement joué live depuis x années. Dépouillée de tout artifice en dehors du piano et de la voix du lead-singer, cette version vous arrachera d'intenses moments de spleen et de bien-être tant sa pureté laisse pantois.

En conclusion au fil des écoutes successives "A moon shaped pool" se révèle être un album parfaitement maîtrisé et d'une maturité rare. Radiohead y condense l'intégralité de sa science de l'écriture musicale et va bien au-delà de la qualité des productions étiquetées pop de ces dernières années. Certains iront jusqu'à dire qu'il s'agit là d'un nouveau chef d'oeuvre dans la discographie du groupe. Je me contenterai de dire que cet LP marquera de son empreinte cette décennie musicale, au même titre p.ex. que l'album "Elephant" (2003) des White Stripes avait pu marquer la précédente. Ne pas écouter cette galette serait honteux et irresponsable même si vous êtes adeptes des riffs les plus aggressifs qui soient. Alors n'hésitez pas. Ecoutez cet album sans arrière pensée. Il ne vous procurera que du bonheur.





2016 WOVENHAND "Star treatment"

label: sargent house
style: dark folk rock
date de sortie: 9 septembre 2016
date de chronique: 16 octobre 2016

[par Barjozo]


Originaire de Denver, Colorado, USA, Wovenhand propose un rock teinté de blues, country, folk et parsemé d'effluves hippies, nous renvoyant aux grandes heures de la fin des années 60' avant que ce mouvement ne s'auto-détruise au LSD. Groupe fondé par le guitariste-chanteur David Eugène Edwards (dit DEE) et le batteur Ordy Garrison, il comprend également actuellement dans ses rangs le guitariste Charles "Chuck" French et le bassiste Neil Keener du groupe post-hardcore de l'Illinois Planes Mistaken For Stars (..tout un programme en soit!).

Le LP démarre sur un cadencé "Come brave" et ses 'run, run, run..' morceau rythmé, galopant et rock 'bien comme il faut'. Sur le titre suivant le rythme ralentit sérieusement pour laisser entrevoir ce qui sera le fil conducteur de l'ensemble de l'oeuvre, à savoir des relents exotiques ou orientaux; ce morceau intitulé "Swaying reed" évoquant par sa partie chantée à demi parlée, les improvisations live de Jim Morrison lorsqu'il partait dans un monde parallèle sous influences chimiques dans p.ex. ses fameuses "Celebrations of the Lizard" des Doors.

Morceau suivant, et on accélère avec "The hired hand" et sa basse ronronnante telle la Plymouth Fury de John Carpenter qui aurait rencontré sur sa route un auto-stoppeur à la dégaîne tarentinesque. Excellent titre dont les variations mélodiques entichées de quelques effets au synthé sont très 'accrocheuses'. "Crystal palace" et le chant redevient plus lent, quasi parlé, sur un tempo donné par un piano en arrière-plan. Le spleen dégagé se révèle envoutant et reviendra en boucles langoureuses par la suite ("All your waves", "Five by five", "Low twelve") afin de mieux asservir et soumettre votre cerveau initialement peut-être un tantinet récalcitrant à ce type de musicalité, car mais enfin oui quoi, qu'est-ce qu'il a cet enfoiré de Barjozo à nous bassiner avec de la folk, de la pop froide mâtinée de blues et de country, puisque ça fait des années qu'on lui rabache que soit on n'aime que l'AOR-rock FM, soit on est à fond dans le speed-thrash-metal n'so on, alors que la country on s'en tamponne le coquillard avec des compresses imbibées de Chanel (quel que soit le numéro) piqué dans l'armoire de sa douce pendant que celle-ci, ne se doutant de rien, grignotte quelques petit-beurres devant la tv et plus précisément en mâtant une de ces émissions de pseudo-réalité orchestrées de bout en bout par des annonceurs et publicitaires de tous poils dont la seule motivation et de leur faire cracher leur blé, leur flouze, leur oseille et rien d'autre. Ouf.

Après cet intermède incontrôlé (car incontrolable), revenons à nos morceaux de Wovenhand, svp. En guise de conclusion, veuillez noter que si ballades il y a, elle ne sont en aucun cas mielleuses, mièvres ou myélomalaciques comme celles de quantités de groupes estampillés rock-fm [en lettres minuscules], mais on parlera plutôt de compositions aux connotations 'cold wave' ou encore d'une sorte de 'dark post-rock' hypnotisant et réellement addictif. OK?

Résumons-nous: un excellent album à s'écouter avec sa douce au coin du feu cet hiver en sirotant un bon vieux whisky de 20 ans d'âge. A retenir certainement pour l'année 2016 quand il s'agira de faire les comptes (des albums, pas de vos bouteilles vides. CQFP).





2016 ZODIAC "Grain of soul"

label: napalm rec.
style: classic rock
date de sortie: 29 juillet 2016
date de chronique: 15 octobre 2016

[par Franck and Furious]


Un album à dévorer tel un animal sauvage apprivoisé.

La musique de Zodiac, c'est comme la pochette de cet album ! A première vue, elle paraît banale, mais en étant attentionné, tu finis par ressentir une perle qui cogne derrière le casque. Parce que derrière un classic rock blues limite stoner assez conventionnel, ce groupe délivre bien des ''graines de soul'' music. Et c'est ce feeling rare, qui pour votre serviteur, fait toute la différence avec les autres groupes du genre. Il n'y a jamais le trop ou le pas assez.

La voix de Nick van Delft est toujours posée, charismatique et envoûtante comme celles d'un Ian Astburry (The Cult), un Jim Morrisson (The Doors) ou d'un Mickael Hutchence (Inx). En parlant d'Inx, Zodiac s'est légèrement popisé, mais là aussi jamais dans le facile ou le vulgaire, ("Follow you", "Ain't coming back", "Get out"), voulant ainsi donner des titres plus accessibles et surtout plus toniques pour la scène ("Animal", "Like the sun"). Le groupe avait jusqu'alors proposé beaucoup de titres d'ambiances planantes et autres ballades. On durcit donc ici le ton, et on raccourcit la longueur des titres. Et c'est plutôt bien vu, comme de bien entendu. L'impact est immédiat. Le leader avait déclaré s'être aperçu du manque de diversité, et vouloir donc réajuster ça pour la scène : pari gagné, on va bien bouger sur ces rythmes et refrains mélodiques. On regrettera peut être l'absence du coup, d'un titre long épique, pour casser cette succession de hits.

Autre plus value, si la voix est parfois trop linéaire, le groupe compense à cassant la monotonie d'un titre, soit en accélérant le tempo, soit en vocalisant en ''rappant'' - façon de parler - ("Sinner"), soit en funkysant et rockant ("Animal"), doomant ("Down"), soit en groovant ("Rebirth by fire"). Le rôle du batteur est déterminant comme souvent quand on flirte avec le stoner. Et il déterre et mine bien le bougre, tout comme son collègue bassiste.
Les solos sont toujours aussi inspirés, et le guitariste chanteur compositeur n'en met jamais des tonnes, juste ce qu'il faut où il faut quand il faut. Ecole Mickael Schenker, Ritchie Blackmore, Tommy Bolin. Étonnamment le titre éponyme me paraît le moins bon de l'album, et pourtant son solo est un des meilleurs ! Va comprendre Charles !

En complétant son registre et en conservant sa patte, Zodiac remonte de plus en plus la rivière du succès, comme semble le démontrer sa tête d'affiche au Raimes Fest. Il ne tient qu'à vous de monter dans ce bateau.
Un mix entre la pop de Muse, le rock classe de The Cult et le groove de Black Country Communion.
Encore un album qui va rentrer dans mes favoris 2016, et un groupe qui fait désormais parti de mes préférés. Que du bon goût. Maginifique.
Prochaine étape : conserver ce coté direct et varié, retour d'1 titre épique, et peut être un duo vocal, et on ne sera pas loin du chef d'oeuvre.

Attention : ils sont en tournée français en octobre : Nancy, Paris, Strasbourg, Lille, et tête d'affiche du Raimes Fest en septembre. Ne les manquez pas, veinards de nordistes !





2016 THUNDERSTONE "Apocalypse again"

label: AFM records
style: power metal
date de sortie: 1er avril 2016
date de chronique: 15 octobre 2016

[par Franck and Furious]


Après un Hellfest sans groupe de power métal mélodique, mis à part Blind Guardian et Dragonforce, qu'il est bon de retrouver les sous estimés finlandais de Thunderstone, 7 ans après leur 5ème album. Va savoir pourquoi : seul album que je n'ai pas !? Et ce alors que tous leurs albums sont bons, et que je place ce groupe bien au dessus du lot dans le genre, notamment grâce à un chanteur, Pasi Rantanen de retour, à la voix délicieusement râpeuse, qui casse l'habitude des chanteurs à voix soprano majoritaires dans cette catégorie.

Le groupe propose comme à son accoutumée des titres directs mélodiques et puissants, dans la tradition Stratovarienne ("Walk away free") ou Helloweenienne ("Veterans", "Wounds") , qui font mouche, avec ces rythmiques plombées et ces claviers aux plus-values colorées de Jukka Karinen, subtils et modernes, ou old school à la Jon Lord ("Higher"), et qui excellent aussi dans des duels solo avec la guitare toujours inspirée sans être bavarde, du compositeur Nino Laurenne.

Les refrains sont comme souvent excellents : que ce soit l'hymne du speed "Veterans of the apocalypse", dont les choeurs finaux sont pour toi en concert ; ou parfois limite hard fm dans le bon sens du terme, ("The Path" ou "Fire and Ice" sur lequel la voix de Rantanen vous transperce sur le refrain, avec des claviers qui rappellent un peu Angra) . la power ballade "Through the pain" feint d'apaiser les esprits pour mieux vous faire bouger la tête avec sa montée rythmique amenant encore sur un refrain à pleurer. Sa petite sour "Days of our live", part sur un petit faux air de 'Kashmir', et t'achève sur ce refrain aux choeurs pleins qui te met en croix.

On finit avec 8mn du très Symphony X, "Barren land", sur lequel je mets aussi un X pour que tu choisisses toi même ton superlatif ; puis avec "Force sublime", qui porte bien son nom.
Encore un album pleinement réussi en tout point : mélodie, énergie et émotivité.
On pourrait juste regretter qu'après tout ce temps pour peaufiner, le groupe soit resté classique dans son répertoire, avec un léger manque d'ambition : Zéro surprise donc ! . mais aussi sa timidité à tourner. Le groupe bénéficierait pourtant à mon sens, à ajouter quelques petites touches conceptuelles pour anoblir définitivement sa musique.

Quoiqu'il en soit, vous pouvez apprécier cette apocalypse de bout en bout ! Valeur sûre ! Probablement dans mon top 5 de l'année.





2016 PROPHETS OF RAGE "The party's over"

label: self made
style: RATM
date de sortie: 26 août 2016
date de chronique: 14 octobre 2016

[Barjozo]


On aura tant attendu! Mais point de nouvelles compositions pour Rage Against The Machine, malgré de nombreux gigs et participations à des festivals, y compris in France comme à Rock en Seine en 2008...déjà.
C'est donc avec une excitation non feinte que j'ai entendu parler début 2016 d'une nouvelle formation comprenant les musiciens de RATM: Prophets of Rage. Alors ainsi messieurs Tom Morello (guitar), Tim Commerford (bass) et Brad Wilk (drums) seraient partis à la recherche d'un (de) nouveau(x) vocaliste(s) pour repartir on stage même si Zack de la Rocha restait préoccupé par sa carrière personnelle?
Leur 'choix' se porta sur 2 rapeurs au timbre de voix opposé: le bariton Chuck D de Public Enemy, et B-Real de Cypress Hill chanteur 'haut-perché'. Il fallait bien 2 remplaçants au remuant Zack [sic]. Notons également la participation de DJ Lord au combo (également membre de Public Enemy). Et voici donc qu'après avoir lancé une mini-tournée aux States, ils ont donné un set à Cleveland pendant la Republican National Convention dont on sait qu'elle a accouché de la désignation de Donald Trump comme candidat républicain aux élections présidentielles US devant se tenir fin 2016...Morello et sa rythmique restent donc très engagés politiquement. mais qu'en est-il de la zike?

Prophets of Rage propose ici un petit EP 5 titres:
-le titre "Prophets of Rage" vous ramène directement aux premiers RATM avec cette rythmique reconnaissable entre milles. Morceau bien cadencé, les deux voix semblent parfaitement coller au tempo ('jump! jump!, jump! jump!'), même si d'emblée on notera un certain manque d'aggressivité.
-"The party's over" quant à lui est un titre fait pour sauter, bouger, headbanguer avec une mousse à la main (en évitant de renverser sur la moquette siouplait!). Même constat cependant au final, venant de la base de RATM: ça manque globalement de punch.
-c'est aussi ce qu'on reprochera à la reprise de RATM, le hit "Killing in the name" que les deux lead-singers ont bien du mal à faire décoller. Même si la magie de ce titre indémodable opère encore, il reste en deça de l'original, en particulier dans cette version live.
-le 4e morceau est une reprise live de Public Enemy "Shut'em down". Pas très excitante mais bon solo de gratte.
-reste le dernier morceau, peut-être le plus réussi. Reprise des Beasty Boys, "No sleep 'till Brooklyn" transformé en "No sleep 'till Cleveland" toujours en référence au republican party...Il nous réserve un monstrueux solo de gratte de Morello et cet EP vaut d'être écouté rien que pour ça.

Au final, 5 titres dont 3 reprises en live. Faudra attendre un travail studio plus étoffé pour juger ce nouveau groupe, mais ça fait du bien de réentendre les coup de butoir et les cordes claquantes de RATM, vindiou!!!





2016 MASSIVE "Destination somewhere"

Album classé N°4 du Top 2016

label: Earrache records
style: rock burné des antipodes
date de sortie: 22 avril 2016
date de chronique: 14 octobre 2016

[par Barjozo]


Deuxième album pour ce combo de rock n'roll australien ayant récemment signé chez Earrache (Rival Sons..). Ne vous fiez pas à l'artwork de la pochette plus kitsh-que-ça-tu-crèves. Cet LP renferme 10 morceaux de pur rock n'roll sans fioriture aucune et vous en mettra plein les esgourdes!

Le chanteur Brad Marr a un coffre d'enfer, voix puissante et éraillée dont il sait se servir à la perfection pour garder un cap au rock permanent Ca déboule à la gratte sur "One for the road" chaloupé et racé tel un dragster lancé à toutes berzingues dans le désert central australien, ça s'enchaîne avec "Blood money blues" aux relents initiaux d'un calme absolu avant que tout n'explose à nouveau...pour un titre au groove bien senti. Le rythme ralenti bien sur "The fall" (fallait faire attention à la marche...) mais la performance du lead-singer est tout bonnement dantesque! "Made of stone" lorgne sur du Guns période bénie de la fin des 80ies (la gratte tenue par Brendan Forward s'inspire assez du jeu de Slash, impossible ici de ne pas penser à un titre comme "Sweet child o'mine") avec un très bon rendu.

LP sans faute si on excepte le dernier morceau, une balade qui ne déroge pas aux standards du genre (c'est vraiment un truc que je peux pas sentir mais bon, il paraît qu'il en faut une..) pour un album qui fera la joie des radios FM US formatée rock. A écouter loud sur la route 66 au volant de son 50 tonnes si vous voyez ce que je veux dire.





2016 HEART "Beautiful broken"

label: universal
style: rock US canal féminin historique
date de sortie: 8 juillet 2016
date de chronique: 14 octobre 2016

[par Franck and Furious]


Cela faisait très longtemps que mon cour ne s'était pas porté sur les pourtant ravissantes et compétentes sour Wilson. Autant l'avouer, je m'étais plutôt échoué sur une île déserte loin des Wilson. (il y a une vanne Pokemon dans cette intro - cherche !) Ne me demandez donc pas de comparer cet album aux précédents.
Mais voilà, l'été arrivant, et après le bon country album estival de Steven Tyler, arrive tel Tron dans mes écouteurs, cet excellent album rock bluesy, à la fois intimiste et woodstockien, comme le rappelle la très old school 68' pochette colorée.

La magnifique voix d'Ann, cousine vocale de Robert Plant et de Janis Joplin, s'en va d'ailleurs jouer sur le terrain du blues britannique, légèrement américanisé, mais toujours suave et sensuelle. Et on se régale du début à la fin : que ce soit avec l'émouvante ballade "Heaven" où la voix de la jolie brune nous transperce en plein . ; le dansant "City's burning" et ses violons qui nous décochent de belles flèches sur les fesses pour se lever danser comme on le faisait en 68' ; Tiens puisqu'on parle de 68', la ballade power bluesy "Down on me" que Janis aurait pu susurrer, est aussi un pur délice de soul blues ; les belles ballades intimistes "Language of love", la classieuse "Sweet darlin" qu'on imagine la princesse Kate Bush reprendre, ainsi que sur "Johnny moon", la bouleversante "Two" chantée délicieusement par Nancy ; des ballades qui mettent aussi en valeur une basse caressante, et claquante quand ça rocke - le producteur est le bassiste hé hé ; le très rock, futur hit avec son refrain claquant, "I Jump", titre que Led Zep aurait écrit si Jimmy Page était resté dans le coup ; et petit ovni, le très rentre-dedans opener "Beautiful broken", avec la surprenante et inspirée participation de James Hetfield - et dire que dans les 80', les thrashers faisaient la misère aux rockeurs fm . ha ! si dans ce monde de cinglés, tout le monde pouvait évoluer pour faire de tels duos magiques .

C'est simple : là où Steven Tyler a calé (un peu, n'exagérons rien) sur son album solo en tirant trop souvent sur les poteaux, les frangines Wilson mettent dans le mille. Et si la mode est au Pokemon, les filles ont gagné au P(r)o-cour menteur face au galant Steven, dont je vous recommande toute de même l'écoute de son album.
D'ailleurs, cet album des sours ne manque que de quelques solo d'anthologie, pour en faire un nouveau classique, et toucher la note parfaite. De nombreux titres envahiront les radios. Et malgré le nombre conséquent de ballades, à aucun moment elles ne sont soûlantes, tellement elles sont pures, romantiques, et bien entourées de hits rock. Certes que 3, mais des hits, on vous dit.

Aucun titre de remplissage : superbe album d'été, et plus si le cour vous en dit.
A classer entre Janis, Led Zep et le chanteur d' Aeromith, quand vous faites reposer votre platine.
Rien d'original, mais quand c'est bon, ben c'est bon ! Cela doit être cela qu'on nomme le bon goût !? Un de mes albums de l'année. Merci Mesdames !

PS: si leurs albums précédents sont de ce calibre, je m'en irai écouter ça après avoir bien profité de ce dernier. Vos conseils ?





2016 DARE "Sacred ground"

label: legend rec.
style: rock FM/AOR
date de sortie: 15 juillet 2016
date de chronique: 14 octobre 2016

[par Franck and Furious]


Dare, c'est pas dare dare dingue ! Avec Darren, da rren qui énerve : c'est doux, tout doux !
Docile comme une dague rangée. No délire ! Du diamant poli ! Presque trop poli ! Dans la rue, tu chantes du da do di do du ! Tu danses avec le vent des dunes Celtes : une drise, pas une dempête, faut pas délirer non dlus ! Aucun risque de dyslexie : Jamais un Do trop haut, ni une descente de manche démesurée, tout est bien dosé. Ça coule et saoule comme de l'eau douce, celle de la Manche.

Dans la semaine, seul divague le dimanche, c'est dire ! Jour des dieux et déesses, donnes-toi au lieu d'offrande, le diocèse, le sacred ground, et avec sa voix d'or qui te dit dort, tu te donnes à ses Do dièse ! Les lendemains dé sang de war don, sa dimension mélancolique apaise la dalle que tu as dans ton dingo. Sa dramaturgie t'invite au carpe diem et tu te damnes sous son dôme, fuyant celui du démon de ce mondé. Au final, trop diplomate galant pour te réclamer une dîme, devant Darren Wharton, tu n'oses plus boire ton demi : trop classieux, tu préfèreras t'ennivrer dans une dame-jeanne, et délireras au bras d'une dame-blanche près des dolmens imitant l'allure du dandy Darren ...

Avec Darren, no sur dose, juste un délice de douceurs . à dorer et s'y délasser
Avec Darren, c'est pas dare dare dingue, c'est doux, tout doux mon coeur . à s'enlacer . dare dare Darling.





2016 BLUE PILLS "Lady in gold"

label: nuclear blast
style: rock vintage
date de sortie: août 2016
date de chronique: 14 octobre 2016

[par Franck and Furious]


Album in gold ? Maybe, but for me, this one is in Silver ! The next could be in gold.
Pile poil bon, mais un peu trop pile poil bleu ! Pas assez cuit ce steak !

" Allo Monsieur le Producteur, j'ai bien reçu votre album à chroniquer! Mais dîtes, le mixage n'est pas fini, il n'y a pratiquement pas de solo !?
- C'est normal ! On a fait un album de soul-pop.
- Euh bon ! Dommage, même Ike Turner balançait quelques salves dans la soul-pop de sa femme, vous savez ? On a l'impression de conduire une Ferrari uniquement pour les zone 30..
- Oui mais nous, on veut se caller plutôt pour toucher le public de Duffy et Amy ! "
- Ah ! C'est clair que la place est libre ! Bien vu ! Sauf que si effectivement vos 10 titres font mouche, et certains peuvent cartonner en radio ("Lady in gold", "Little boy preacher", "Burned out", "Rejection"), il n'empêche que Elin Larsson n'a pas encore les modulations vocales des 2 citées, qui permettaient de ne pas rendre monotone tout un album, que les pourtant excellentes compositions donnent envie de se passer en boucles. L'apport de solo du doué et inspiré Dorian (cocorico) Sorriaux aurait coloré l'album ! C'est d'autant plus gênant que sans ces modulations vocales, on ressent encore plus le côté nasillard de la voix et les fins trémolos à la Beth Hart ! Par contre, il y a beaucoup de choeurs charmeurs qui donnent envie de chanter, et un clavier qui apporte un autre horizon...*

Du coup, je suis bien ennuyé pour noter cet album qui est très agréable à écouter, mais qui me frustre, tant il lui manque un peu d'âme et de vécu, à l'instar de la sympathique balade, mais, un peu facile piano-voix, "I felt a change" : n'est pas Janis ou Ritchie Kotzen qui veut. Mais ce manque de poils aux pattes d'éléphants peut paraître compréhensible vu le jeune âge des musiciens. Cela nous laisse donc espérer un futur très prometteur, si le groupe n'explose pas en vol comme Duffy et Amy. Quoiqu'il en soit, ce second album, aux rythmes bien variés, notamment avec le très entraînant rock n'roll "Won't go back", ou l'ambiancé, "Gone so long", qui irait bien dans une B.O de Tarentino, est très agréable à écouter: ne te prive donc pas.

La Lady et ses hommes manquent l'or pour quelques centièmes près ! Mais le potentiel est bien là pour aller chercher le Graal aux prochaines Olympiades.

(* Dialogue sorti tout droit de mon imagination)





2016 ALTER BRIDGE "The last hero"

label: napalm rec.
style: hard-FM
date de sortie: 7 octobre 2016
date de chronique: 11 octobre 2016

[par Barjozo]


Quand on parle d'Alter Bridge on pense immédiatement aux 2 co-leaders du combo: Myles Kennedy côté micro et Mark Tremonti à la gratte. Ces deux musiciens mènent des carrières parallèles à celle d'Alter Bridge au sein du groupe de Slash pour l'un, et du tout-simplement Tremonti pour l'autre. Est-ce à dire qu'ils ont une activité créatrice artistique hors du commun?

Pour Kennedy, sa force vient de son organe hyperpuissant aussi à l'aise dans les graves que les aigus...et aussi de ses singeries et autres imitations des gimmicks empruntés à W.Axl Rose lorsqu'il reprend des morceaux des Guns avec le guitariste au haut-de-forme. Car il faut bien avouer que sans cela, il n'y a rien de neuf dans son chant souvent hyperaigu et criard, en particulier sur ce "The last hero". Les critiques 'pros' diront que ses paroles sont toujours bien trouvées et 'engagées' comme sur la chanson éponyme relatant notre héro fatigué et désabusé par un monde plein de désillusions malgré les promesses des hauts dirigeants (allusion à peine voilée aux candidats des élections US en cours), mais pour ma part j'avoue que passées 2 ou 3 écoutes j'ai bien du mal avec son chant qui devient agaçant et irritant à la longue. Dans le même registre je préfère largement le teuton Kiske ou le britannique Dickinson qui savent s'arrêter à temps avant que leurs intonations ne provoquent une overdose dans les canaux auditifs.

De Tremonti que pourrais-je vous dire si ce n'est qu'il est vraiment à l'aise avec sa 6 cordes. Mais là où leur album précédent "Fortress" (2013) m'était apparu comme inspiré en particulier sur les 2 morceaux qui ouvraient ("Cry of Achilles" et "Addicted to pain"), celui-ci m'est apparu comme empreint de lourdeurs et manque d'inspiration. Notez bien que tout est bien joué, très carré, mais les fougueuses envolées de guitares présentes sur l'album de 2013 font cruellement défaut ici.

Le single "Show me a leader" et ses choeurs lourdingues, les titres comme le suffisant "My champion" ou le surfait "Poison in your vein" ont une construction pataude passablement indigestes après quelques écoutes. En tant que groupe de hard-FM US, Alter Bridge assure et vous en donne pour votre argent (13 titres, 70 minutes de zike) mais faut vraiment être un adepte du style pour se fader en entier l'intégralité de l'album. Les radios US s'en délecteront sûrement, d'autant plus que certains critiques n'ont pas attendu longtemps avant de se servir du LP comme étendard 'rock' anti-Trump (mais cela dit succintement qu'ont-ils en face si ce n'est une marionnette modélisée par son époux ex-président et aux cordons de la bourse bien serrés par Wall Street...).

Afin qu'on ne me taxe pas d'anti-AB primaire, je ne jetterai pas le bébé avec l'eau du bain car certains morceaux tirent leur épingle du jeu comme "The other side" ou "Craddle to the grave". Reste qu'au final je vous conseille plutôt de ré-écouter "Fortress" ou les albums précédents du combo.





2016 KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD "Nonagon infinity"

label: heavenly rec. [PIAS]
style: Rock garage psyché sous acide
date de sortie: 30 juin 2016
date de chronique: 10 octobre 2016

[par Barjozo]


Ca devait arriver.
Fallait y penser avant, maintenant je suis dans de beaux draps!
A force de surfer, à force de vouloir écouter tout un tas de trucs, plus ou moins bien reçus sur la toile, et autres zines, vlan! vlan! et re-vlan!
Après tout c'est bien fait pour ma gu... pomme!

Allez j'y vais. Je me lance. Alors bon, comment dire? Chers lecteurs de ce site, chers amoureux de la zike underground (on y mettra tout des Stones à..euh..au..stoner, non Stoner, en passant par les années 80, 90 et autres..), chers afficionados de la gratte en carton (Tonton si tu nous lis) et des peaux de bêtes malmenées aux baguettes. Mes ami(e)s. Mes frères (et mes sours..oh oohh! ce serait le bonheur..si j'avais un marteau..!) là non, je m'égare, je me fourvoie, je m'enfonce...

Tout ça à cause de ces australiens au nom imbi.. imprononçable. King Gizzard and the Lizard Wizard!
Je vous mets au défit de me dire combien de 'Z' il y a dans ce nom sans le relire deux ou trois fois. Et pourtant la valeur n'attend pas le nombre de 'Z'. Don Diego l'avait bien compris avant tout le monde, lui qui signait tous ses courriers de cette magnifique consonne. Et quand on sonne faut y aller! Et oui les gars (et les gazelles), faut aller ouvrir sinon...sinon voyelle, consonne, consonne, voyelle...
29 lettres.
Pas mieux aurait dit l'adversaire du jour.
Une chance. Une chance qu'il y ait un 'I' dans chaque partie.
Chaque partie du-dit nom de ces australiens des antipodes.
Comme ça y-a qu'à se repérer avec les 'Z' et les 'I'.
Vous suivez?
Y-a aussi les 'ARD', en référence au hard? Peut-être! En fait une seule lettre vous manque...et tout est dépeuplé (comme aurait dit un célèbre poète) par ce manque de 'H', aspiré ou non, qu'importe pourvu qu'on ait l'ivresse...des décibels!
Que puis-je vous dire? En tous cas, ces... 7 musiciens viennent de larguer un pur missile intergalactique de pures notes sautillantes. Les influences jazz, rock, funk, punk, psyché et parfois même métal-prog se bousculent dans une sorte de maelström musical joyeux à couper le souffle de l'auditeur imprudent non averti. Un rythme effréné pour des morceaux qui s'enchaînent sans temps mort, comme des parties intriquées d'une cavalcade musicale festive et totalement destroy. C'est un peu comme si les 9 morceaux n'en formaient qu'un seul et permettaient chacun à leur tour d'explorer des mélodies différentes. Un concept un peu loufoque mais qui permet d'avoir une homogénéïté d'ensemble remarquable.

Quelques titres pour vous faire une idée? -Ecoutez l'enchaînement des 2 premiers ("Robot stop" et "Big fig wasp") ou encore "Mr Beat" et le décapant "Evil death roll"... On pense à Arcade Fire qui aurait forniqué avec les vieux Stooges (du temps de leur pop noisy historique) tout en sniffant des rails d'électro-pop acidulée. Où vont-ils chercher tout ça? En tous cas ça déménage et c'est très rafraîchissant!

Alors un conseil, pauvres mortel(le)s, surtout n'écoutez pas ce "Nonagon infinity" ou vous finirez sourd et frapadingue comme ce vieux Barjozo. Car moi on ne m'avait pas prévenu. C'est peut-être pour cette raison qu'il me semble que je commence à radoter...ce qui devait arriver.

Fallait y penser avant, maintenant je suis dans de...





2016 GIRAFFE TONGUE ORCHESTRA "Broken lines"

label: party smasher inc.
style: Dillinger/Mastodon/Alice/Volta Cie
date de sortie: 30 septembre 2016
date de chronique: 6 octobre 2016

[par Barjozo]


Derrière ce patronyme discrètement incongru pour un groupe donnant dans le prog-pop-rock se cachent des artistes déjà confirmés. Jugez plutôt:
-Ben Weiman, guitariste de Dillinger Escape Plan
-Brent Hinds, guitariste de Mastodon
-Pete Grifin, bassiste de Dethklok
-Thomas Pridgen, batteur de The Mars Volta
-et enfin William DuVall, lead singer d'Alice in Chains...

Les zozos rapportent dans les interviews que j'ai pu lire (net et Noise mag) qu'ils sont amis et se connaîssent depuis de nombreuses années, ce qui laisserait à penser qu'il s'agit là d'un vrai groupe, et non d'une sorte de dream team musicale formée uniquement à des fins commerciales pour faire le buzz dans la sphère musicale rock internationale. On veut bien les croire sur paroles, mais qu'en est-il réellement de ce "Broken lines"?

Première remarque, le chant. DuVall, qui nous a habitué chez Alice à un chant plutôt plaintif, langoureux, à vrai dire calqué sur celui de feu Lane Staley comme a du lui demander son mentor Jerry Cantrell,leader du groupe grunge de Seattle, DuVall donc dévoile ici une toute autre texture vocale et des capacités qui ont été sous-estimées pour moi. L'ayant vu en live (Bilbao, 2010) je me doutais un peu de son répertoire, mais franchement ici, il casse la baraque et délivre une performance digne des plus grands lead-singers rock. Premier bon point.

Deuxième remarque, l'architecture des morceaux entre harmonies et lignes vocales est assez étrange, en tous cas inhabituelle et nécessite plusieurs écoutes pour s'imprégner de l'oeuvre. Ainsi le superbe morceau introductif, "Adapt or die" ne se dévoilera pas immédiatement à vous, vous obligeant à faire un effort pour l'apprécier à sa juste valeur: morceau metal alternatif au tempo enlevé s'il en est (écoutez ce beau solo de gratte bien acéré...). Et cet album fourmille de bonnes trouvailles, avec des titres valant vraiment le détour ("Crucifixion", "No one is innocent" ou encore "Back to the light" et le chaloupé titre éponyme). Deuxième bon point.

Troisième remarque, au moins 3 titres sont à jeter, sans ménagement. D'abord il y a "Blood moon" et ses harmonies 'new-wave' au synthé, du plus mauvais goût, sans parler de la boîte à rythme...Ensuite on a droit à une balade des plus insipides: "All we have is now" [No Comment]. Que dire enfin d'"Everyone gets everything they really want"? Un rock funky, qui pourra facilement contenter certaines radios FM, mais il s'agit d'un morceau peu en phase avec les meilleurs titres de la galette. Un mauvais point.

Finalement, on est pas vraiment déçu par ce nouveau 'super-groupe'. Mais on aurait pu s'attendre à mieux, c'est certain!





2016 PIXIES "Head carrier"

label: pixies music [PIAS]
style: Rock alternatif sur le (bon) retour
date de sortie: 30 septembre 2016
date de chronique: 8 octobre 2016

[par Barjozo]


Les Pixies avaient balancé il y a 2 ans un 'album come-back' qui m'avait peu ou pas convaincu ("Indie Cindy" 2014) après leur reformation de 2004 (déjà...). Ca sentait malheureusement le réchauffé et le stupre commercial à plein nez pour un album que beaucoup ont considéré comme médiocre, en comparaison par exemple avec "Doolittle", album phare des années 80 (1989). Du coup c'est avec appréhension que je me suis lancé à l'écoute de leur dernier effort studio...mais au final bien m'en a pris.

L'album débute par le titre éponyme à la mélodie addictive dont le combo a le secret; entrée en matière majestueuse nous ramenant aux grandes heures de Black n' Cie, du temps où la belle et sauvageonne Kim Deal s'acharnait sur sa basse comme une mort de faim. Rappelons qu'elle est remplacée par Paz Lenchantin, les autres étant les membres d'origine (David Lovering, Joey Santiago et Frank Black).

Le deuxième titre "Classic masher" est sculpté dans la même matière : pop carrée, directe, mélodique, 'pixienne' dans l'âme. Rien à redire.

Changement de tempo avec "Baal's back", morceau rugueux, hargneux, dont on se dit qu'il est forcément un peu sur-joué, en tous cas vocalement parlant quand on connaît l'âge du lead-singer. Mais ça le fait quand même pour un titre en forme de coup de poing. Il sera renouvelé un peu plus loin sur la galette par un autre uppercut qui en édentera plus d'un ("Um Chagga lagga"). Entre temps on aura eu droit à "Might as well be gone" un morceau un peu désuet et à la mélodie assez kitsh. Pas un mauvais titre mais quand même en deçà des splendides "Talent" (1er single) et "Tenement song" (2e single) des morceaux à l'écriture simple mais qui par on ne sait quelle magie vont vous masser le système limbique et vous délivrer une dose de dopamine à vous damner.

Citons encore les titres sur lesquels la nouvelle bassiste semble rendre hommage à Kim Deal en prenant part au chant sur "Bel esprit" (in french dans le titre) et surtout "All I think about now" nous renvoyant à un des morceaux les plus connus du groupe, "Where is my mind" (sur leur premier LP "Surfer rosa" paru en 1988).

Produit par Tom Dalgety, producteur en vogue ces derniers temps en particulier par son travail avec Royal Blood (il a également bossé pour des groupes aussi variés que Opeth, Therapy? ou Killing Joke), "Head carrier" est un excellent album qui vous fera oublier le peu convainquant "Indie Cindy" d'il y a deux ans. Un retour aux sources quasi inespéré pour les bostoniens. Un album qui fera date dans leur discographie, pas loin de "Doolittle". CQFD.





2016 SUICIDAL TENDENCIES "World gone mad"

label: suicidal rec.
style: thrash crossover still cyco after all those years!
date de sortie: 30 septembre 2016
date de chronique: 5 octobre 2016

[par Barjozo]


ST propose en 2016 ce qui pourrait bien être son album-testament ou du moins une galette en forme de conclusion musicale pour un combo inventeur doit-on le rappeler du style thrash-crossover. Le band a subi moult changements depuis les débuts, en dehors bien sûr de la présence de son charismatique leader historique Mike Muir et, depuis 1996, de celle de son guitariste Dean Pleasants. Ils ont été rejoints sur ce "World gone mad" par un batteur de haute volée en la personne de Dave Lombardo que je ne vous ferai pas l'offense de présenter ici.

J'avais fait l'impasse sur le LP précédent, "13" publié en 2013 après une inactivité studio elle-même de treize années, car franchement j'avais à l'époque été assez déçu du résultat, pour un groupe que j'avais adoré il y a 30 ans...La galette ici n'a plus rien à voir avec un quelconque objectif commercial ou mercantile. Muir et sa bande nous proposent un disque haut en couleurs, flamboyant et il faut bien l'avouer assez rude pour les cervicales de quadras vieillissants comme moi!

Premier morceau, "Clap like Ozzy" est un véritable brûlot dont ST a le secret, bardé de breaks en tous genres, hâché de parôles scandées comme si Muir animait un débat public politique, laminé par des cavalcades de riffs de guitares, sans parler de ces accords de basse claqués tout en slap du meilleur effet. Du bon, du très bon Suicidal d'entrée de jeu.

"The new degeneration" ensuite permet une petite pose après tant de breaks et ne cache qu'à peine le titre "Living for life". Débutant de façon nonchalante, limite un tantinet 'mélo', ce morceau vire rapidement à une sorte de drums-solo sur lequel Lombardo se rappelle qu'il a été des grandes heures de Slayer, et s'en donne à coeur joie en nous assènant une tripotée de descente de toms à faire pâlir tous les apprentis cogneurs de la planète rock...Les autres musiciens sur ce titre semblent tous en retrait, ne jouant que des rôles de second couteaux, soumis au joug des drums et autres martellements de fûts, comme autant d'esclaves au fouet de leur garde-chiourme! Un titre fabuleusement thrashy qui vous mettra les poils en position 'on' en headbangant à toute berzingue quitte à vous démembrer de votre appendice céphalique tel un roi de la lune Gilliamien ["Les aventures du baron de Münchausen" 1988, Columbia]. Comment ne pas avoir ici une pensée émue (à défaut d'être lubrique) pour cette fabuleuse Uma Thurman dans son rôle de composition d'une Vénus voluptueuse et charmeuse. Mais, bref. Je m'égare. Revenons à ST!

Vous ne semblez pas encore convaincus par le LP? -Faudra que vous l'écoutiez plusieurs fois avant de succomber, la première écoute étant souvent superficielle. Cette entrée en matière précède tout un tas de titres (12 au total) qui vont se succéder sans faiblir tout du long. Retenons parmi eux le classieux "One finger salute" (pas besoin de vous faire un dessin mes petits princes) sautillant et bien pêchu, ou "Damage control" et sa ligne de basse enchanteresse (Ra Diaz le nouveau bassiste est originaire d'Amérique du Sud et a pu accompagner par le passé nombre de musicos latinos dans des rythmes gavés de soleil et de téquila...).

Mention spéciale à "This world" et son ambiance smoothy, groovy, funky et tendencieusement suicidy...

Bref pour éviter les tergiversations en tous genres vous aurez compris que cette galette restera comme un des musts de ST, juste aux côtés de "Lights...Camera...Revolution!" [1990] ou "The Art of Rebelion" [1992]. Alors si vous aimez le style, n'hésitez pas une seconde, sautez sur votre skate et mettez vous "World gone mad" à fond dans les écouteurs!





2016 BRANT BJORK "Tao of the Devil"

label: napalm rec.
style: stoner canal historique
date de sortie: 30 septembre 2016
date de chronique: 3 octobre 2016

[par Barjozo]


Le Björk nouveau vient de sortir, en faisant fis de ses anciens accolytes du Low Desert Punk Band avec lesquels le moustachu à bouclettes avait pourtant sorti un puissant et racé "Black Power Flower" en 2014. Pourtant, à y regarder de plus près, seul le batteur a changé parmi les zikos donc cela ne peut pas être considéré comme une révolution en soit dans le line-up Björkien.

De l'aveu même de BB, cet LP combine pas mal d'éléments de ses albums précédents: un peu de funk et un groove monstrueux ("Luvin" et son addictif rythme funk n'blues p.ex.), une nonchalance toute californienne (le langoureux et hypnotique titre éponyme), mais aussi quelques bons riffs bien heavy (le très Fu Manchien "Dave's war" entre autres avec un chant à la rugosité astucieusement bien sentie), et quelques plans psyché comme sur le premier titre, "The gree heen" ou le long final de "Dave's war"...

A 43 ans, le multi-instrumentiste de la côte ouest des States nous propose donc un condensé de pur rock, sauce stoner from Palm Desert. Alors n'allez surtout pas me dire que vous n'aimez pas le stoner, car si le bougre s'y réfère en permanence de part son écriture stylisée, il reste attaché à des riffs qui n'ont rien à envier aux meilleurs rock-bands actuels. Et au fil des écoutes, j'en arrive à penser que ce "Tao of the devil" n'est pas loin d'égaler "Black Power Flower".





2016 RUSSIAN CIRCLES "Guidance"

label: sargent house
style: post-rock stratosphérique
date de sortie: septembre 2016
date de chronique: 29 septembre 2016

[par Barjozo]


De RUSSIAN CIRCLES que connaît-on sur ce site? -leur dernier opus datant de 2013 ("Mémorial") qui nous avait introduit dans l'univers des boys de l'Illinois nous avait conquis par son esthétique post-rock enrobé de synthés aux ambiances planantes, sur une rythmique et en particulier des drums semblant tout droit sortis des forges d'Héphaïstos, mythique pourvoyeur des armes blanches conventionnelles de la Grèce antique.

Mais bien sûr, cette bonne (excellente) première impression liée à la découverte de ce groupe aurait pu être mise à mal par la suite, cet effet 'découverte' étant passé, oublié, perdu dans les limbes infinis de la mémoire musicale humanoïde. Alors qu'en est-il de ce nouvel essai studio?

Las, je suis toujours sous le charme d'une zike aux ambiances hypnotiques toujours conceptuellement assez proches de l'album sus-cité, même si l'effet de surprise s'est dissipé. L'album débute comme son prédécesseur par un titre très soft, sans rythmique, sans roulements ou descente de toms, comme une araignée qui tisserait patiemment sa toile pour vous attirer dans son piège mortel, vous, pauvre moucheron naïf et frêle. Car le second morceau vous assènera un uppercut savamment orchestré autour d'une batterie furibonde semblant sortir de nulle part ("Vorel"), s'apparentant à l'aiguillon paralysant de cette veuve noire qui n'attendait que vous pour s'amuser un peu et libérer son appareil digestif acidifiant dans vos cavités auditives naturelles dans le seul but de les anéantir lentement, insidieusement, pour mieux s'en délecter ultérieurement.

Cet aspect antagoniste entre des ambiances calmes, planantes, limite soporifiques, et des parties abasourdissantes est très marqué dans les compositions de ce groupe US. Tous les enchaînements y font plus ou moins référence sauf peut-être le titre "Calla" qui quant à lui vous plonge d'emblée dans une matrice électrique rugissante sans protection préliminaire. Notez bien que le qualificatif 'antagoniste' ne signifie nullement qu'il n'existe pas d'alchimie au sein de ces morceaux, car au final c'est à une verve créatrice ultra-féconde que nos oreilles occidentales hyper-stimulées sont soumises sur ce "Guidance".

Pas de track-by-track nécessaire ici. Un album instrumental monolithique taillé sur mesure pour tous les adorateurs de post-rock mélodique. Un de plus me direz-vous. Mais, Dieu que c'est bon de suivre ce guide!





2016 MONKEY3 "Astra Symmetry"

label: Napalm rec.
style: stoner instrumental des bords du lac Leman
date de sortie: 2 septembre 2016
date de chronique: 23 septembre 2016

[par Barjozo]



Ceux qui suivent ce site se souviennent très certainement de la chronique à l'enthousiasme emphatique de "The 5th sun" [2013] que j'avais mise en ligne en 2014. Depuis, les petits suisses n'avaient rien produit de très goutu (bien qu'ils aient tourné...), mais voici donc qu'ils reviennent dans les bacs en proposant non plus un simple EP, mais un vrai LP de plus d'une heure de zike. Douze titres en référence aux constellations du zodiaque et à leur signification, qui doivent s'écouter par triptyques reliés par les 4 éléments naturels terriens que sont l'eau, la terre, l'air et le feu. Vous avez dit concept album? On dirait bien que ça sent un peu les seventies...au moins un tantinet sur l'artwork.

Pas de suspens. Pour moi cette galette est à classer parmi les bons crus de 2016. Toujours stylistiquement imprégnés des grandes heures du Floyd, les musiciens de Monkey3 arrivent à nous concocter un formidable (good)trip planant à la sauce stoner. Ca déboule avec "Abyss" qui démarre lentement, imprégné d'essences orientales envoutantes (on se croirait plongé au beau milieu du sous-continent indo-pakistanais), titre qui tout au long de son déroulé lancinant finira par aboutir à un son plus classique évoquant un désert US transposé par on ne sait quelle magie (noire) au sein d'une vallée helvétique entourée de sommets enneigés et brumeux par une nuit claire ("Moon"). Vient ensuite "Endless ocean" sur lequel on pourra se laisser aller à l'écoute du sac et ressac de vagues musicales du même acabit. Les morceaux sont ainsi tous imprégnés d'effluves sensorielles assez addictives et qui (pour moi) sont totalement envoutantes.

Il est certain que ce type d'album instru (pas à 100% quand même car certains titres ont un peu de ligne de chant) peut en dérouter (irriter?) plus d'un, surtout si l(es)'oreille(s) n'a (ont) pas été suffisamment formatée(s) et si le cerveau qui se trouve au beau milieu (des 2 dites oreilles), ne fait pas l'effort de rentrer 'charnellement' dedans, de s'en imprégner tout du long, à défaut de se laisser aller... Mais ce sera tant pis pour ceux-là, et parallèlement tant mieux pour les aficionados et les stoner-addicts en tous genres, qui sauront se laisser bercer par ces mélopées suisses tout en sirotant un bon schnaps et en mangeant de l'emmental!





2016 KISSIN' DYNAMITE "Generation goodbye"

label: AFM
style: glam-metal teuton
date de sortie: juin 2016
date de chronique: 26 juillet 2016

[par Franck and furious]



-Allo chef ! je rentre de 3 jours du Hellfest. J'ai chopé une indigestion de stoner. Heureusement qu'il y avait Turbonegro pour mettre un peu de fun et de légèreté efficace rock, voire Sixx AM, mais c'est trop sucré pour moi le groupe du bassiste de Motley Crüe. Dis ! En parlant des Crüe, t'aurais pas un cachet pour me faire digérer ? genre glam rock de bon goût, pas trop pompeux ? Oui je sais, dans le genre, c'est pas évident de pas trouver un groupe trop mièvre . et je ne te parle pas du look bien sûr, on va oublier ça et se concentrer sur la musique.
-Bouge pas ! Ça tombe bien il y a le nouveau Kissin' Dynamite à chroquer .. à niquer .. heu à chroniquer.
-Pinaise t'as fait le plein d'humour pourri au HF ? ...bon ! connais pas ce band ! Mais avec mes 30 ans de certitudes musicales, il est bon parfois d'écouter autres choses que ses vieux groupes ! Et puis s'exploser en s'embrassant, ça donne envie ! Envoie !
-Vas-y teste ! Surtout que niveau attitude, après Turbonegro, tu ne seras pas trop pédaysé ..heu dépaysé pardon . d'ailleurs paraît qu'un mec t'a mis la main au derche au HF ?
-rolala ! C'est pas parce que c'est du glam que tu dois sortir des vannes pas gay, bref ...M'en parle pas ! Le mec bourré m'a fait ça sur Volbeat . ça s'invente pas !

. 11 solos plus tard .

-Alors Furious !? Le cachet glam t'a fait digérer ?
-Bah ma foi ! J'ai pas pété une seule fois ! Efficace ton cachet ! Belle découverte ! Et au final, le terme glam, s'il est bien pour cibler un peu le groupe, leur musique est loin d'avoir les caricatures du genre ! Ca sonne très varié et très moderne, sans dégouliner de mauvais goûts !
Alors c'est clair qu'ils piochent un peu partout musicalement que ce soit dans le glam à la Motley, le fm très hard (le Bon Jovien "Generation goodbye", "Larger than life") le heavy, voire le power métal ("Hastag your life", "Hightlight zone", "Under friendly fire"), mais c'est super bien fait, rafraichi, maturé . et jamais mielleux.
Les refrains sont parfaits 100% efficaces ! C'est léger, mais ça reste ferme et rock ! pas du glam guimauve ! C'est du bon hard-rock aux bonnes influences, mais qui sonne moderne (un zest de Rammstein, voire de Ghost sur "Somebody to hate", "She came she saw !"). Le chanteur a une voix passe partout au bon sens du terme ! Il module et adapte bien son chant selon le type de musique : parfois fm, parfois heavy, parfois lyrique, parfois posé limite crooner . tu ne comprends pas ? Parfois rauque, parfois grave, parfois aigüe ;)
Et si parfois, ça frôle la gamelle ("Flying colors") il y a toujours un petit truc qui rattrape par le maillot, des choeurs virils, une gratte ou un chant nerveux, pour en faire une tuerie. bref du bon boulot les gars ! Le top, c'est que même les ballades ne sont pas pourries ("If clocks are burning backwards", "Utopia", et "Masterpiece", quoique pour celle ci, en duo avec une dame, Jennifer Haben (?), un peu trop Whithin temptation).
Le guitariste et le clavièriste y vont tout le long de l'album comme il faut. Un régal.

Un groupe qui pourrait être chez Frontiers, mais qui est chez AFM, et si la différence est subtile, elle est bien réelle. Du moderne hard-rock en somme !
Bon du coup, j'irai même m'écouter leurs anciens albums, parce que depuis 2007, j'ai du retard. Sont très bons ces jeunes quand même !
Merci Chef !





2016 Ben HARPER & The INNOCENT CRIMINALS "Call it what it is"

label: concord music group
style: pop-folk en 'midlife crisis'
date de sortie: 14 avril 2016
date de chronique: 19 juillet 2016

[par Barjozo]



Ben Harper est de retour en 2016 et comme il n'aime pas bosser seul, après ses collaborations avec sa mère Ellen en 2014 ("Chilhood Home"), le bluesman Charlie Musselwhite en 2013 ("Get up!"), les Relentless Seven en 2009 ("White lies for dark times"), ou encore les Blind Boys of Alabama en 2004 ("There will be a light"), le voilà revenu vers ses anciens accolytes des Innocent Criminals, dont je n'ai que d'excellents souvenir, en particulier un phénoménal gig aux arènes de Bayonne le 12 juin 2004.

l'album s'ouvre sur un titre mid-tempo assez rugueux dénommé "When sex was dirty" qui n'est pas sans évoquer le "We will rock you" de Queen dans sa structure avec une rythmique martellée de façon régulière jusqu'à la délivrance finale qui viendra de la six cordes du gratteux en chef...Mais derrière il faut bien reconnaître que le rythme va rester assez lent sur cet album entre soul et ballades rock à l'exception du single "Pink balloon".

Attention cependant à ne pas mésestimer cette galette car les compositions tiennent la route et les mélodies sont toujours au rendez-vous. Méfiez-vous des chroniqueurs trop rapides dont le web regorge et qui après une écoute furtive et unique vous diront que Ben Harper est bon à bidouiller des chansons gentillettes pour midinettes et que eux ils en connaîssent un rayon sur le rock, et patati et patata. Que nenni ami lecteur, même si Ben Harper au fil du temps a du mal à faire le carton plein des étoiles de ce site, il reste un fantastique artiste aux multiples facettes. Gageons qu'on stage entiché du génial Juan Nelson à la basse vrombissante et claquante, ainsi que des autres Criminals, le fougueux guitariste saura se mettre tout le monde dans la poche!





2016 Joe BONAMASSA "Blues of desperation"

label: JR Adventures
style: guitar-hero's music line
date de sortie: 25 mars 2016
date de chronique: 10 juin 2016

[par Franck and furious]



Si JB et Popa Chubby se partagent pour l'un la côte Ouest et l'autre la côte Est des States, l'essentiel est que nous, Gascons, on se partage la côte Lette ; ok vanne nulle mais on n'est pas obligé d'avoir le blues tous en même temps, donc rions un peu avec quelques rillettes . bon, on me dit à la rillette, heu l'oreillette qu'il me faut être sérieux. Mettons donc l'humour sur la côte... heu le côté.

J'avoue avoir été fâché avec le bluesman à la mode, à cause de son attitude dans Black Country Communion qui m'a frustré. Puis lire quelques amateurs que cet album serait son meilleur depuis longtemps, m'a donné l'envie du pardon. Faut dire que passer 2 mois en Ethiopie, pays Orthodoxe où les hauts parleurs religieux diffusent chaque jour à partir de 5h du mat' et cela pendant 2 mois, finit par te rendre religieux, ou fou, l'un n'étant pas forcément distinct de l'autre, bref ce qui explique mes vannes nazes. Minute culturelle.

Et c'est vrai que l'album démarre fort avec "This Train" et "Mountain climb". Oui mais voilà: pour qu'un album soit bon, il faut une majorité de bonnes compositions, et un bon ordre des titres pour créer une ambiance générale enthousiasmante. Et ce n'est nullement le cas. Si le guitariste à la voix de velours a eu la bonne idée d'embaucher le même genre de choristes qu'un Joe Cocker, pour apporter cette touche de mélodie et de gospel au blues qui vous met la patée (hiii) sur les frétillants "Mountain climb" et "How deep the rivers runs", il n'empeche que ces 2 excellents titres sont bien mal entourés par des titres d'un classicisme absolu, et dont ni le son de gratte, ni son toucher, ni même le son Stax avec ses cuivres et ses orgues piano, ("What I've know for a very long time") ne sauveront de l'anonymat au bout de la 3ème écoute . comme le swing "Leavin easy", maintes fois entendu, ou le plat "Blues of desperation" qui porte bien son nom, mais pas dans le bon sens. "Distant lonesome train" aurait pu rejoindre la catégorie des 4 bons titres de l'album, mais cela traine en longueur, c'est lourd, limite pédant.

"Drive", très bonne ballade à la Chris Rea, n'a que le tort d'être positionnée en 3ème titre, déjà, et après le 'hit' "Mountain Climb". Du coup, cela jette un trop gros glaçon dans mon pastis qui le noie.
JB, c'est un peu pour moi le Frontiers du blues : c'est toujours bien fait, ça sonne bien, mais il manque un truc, une soul ou un groove authentique, même si parfois, ce juke-box-man du blues l'atteint, mais trop peu sur cet album. Et JB a bien senti que c'était le moment de reformer BCC pour se ressourcer.

Allez tiens, en parlant de feeling, je file m'écouter le groupe Zodiac.





2016 SUNSTORM "Edge of tomorrow"

label: Frontiers
style: rock FM/AOR
date de sortie: 13 mai 2016
date de chronique: 10 juin 2016

[par Franck and furious]



Frontiers sort son nouvel album. Donc comme d'habitude, on a droit aux mélodies imparables, les refrains accrocheurs et la ballade à l'oignon. On ne reviendra pas sur les côtés négatifs des production standardisées du label italien, que confirment le noms des chansons dans l'absence d'originalité du propos.
Les côtés positifs sont surtout à chercher auprès du chanteur, Joe Lynn Turner, que près de 40 ans de carrière nous dispensent de présenter, et du guitariste, Simone Mularino du groupe prog DGM. Ce dernier nous propose de bien beaux solos aux mélodies imparables, notamment sur "Don't walk away from a goodbye" - dommage, c'est le titre le plus gnagnan de l'album - mais aussi sur "Edge of tomorrow" qui vient compléter son refrain '' must '', et tout le long du disque. Le guitariste a un jeu très proche du japonais Akira Kajiyama qui eut oeuvré déjà pour JLT, un jeu entre Ritchie Blackmore et Neil Schon. Votre serviteur ayant une grosse préférence pour ce style de guitariste qui sait faire respirer les notes, se régalera donc tout le long de l'album sur ses interventions.

Le chanteur, quant à lui a toujours cette voix au dessus du lot. Mais étonnamment, l'italien se fait sobre : on ne le sent pas forcer sa voix, ni vouloir en faire des tonnes, et c'est très appréciable. Ho, ne vous inquiétez pas, l'ex-Rainbow sait appuyer sa voix éraillée et toujours aussi mélodique, sur les octaves quand il le faut.

Musicalement, on retrouve les titres FM qui te donnent l'envie de te remater l'intégrale des Rocky sans faire les pompes et abdos, "Everything you 've got", "Tangled blue", entres autres déjà cités..., la ballade "Angel Eyes" (mouarf le titre qui te brûle les yeux) que je préfère dans sa version bonus accoustique où la voix délicieuse de Turner se fait plus enjôleuse, et les titres qui poutrent "You hold me down", "Heart of storm", qui rappelle le "Ride on the storm" du Hughes-Turner-Project, mais je ne sais pas trop à quel niveau [lol].

Bref on a un album sans surprises, mais toujours de qualité: en somme, la valeur sûre qu'est l'entrecôte-frites de la brasserie du midi, avec tout de même la sauce au poivre. Vas y! passe moi le sel stp .. heu le cd pardon !





2016 Jean-Louis MURAT "Morituri"

label: PIAS
style: pop depressive auvergnate
date de sortie: 15 avril 2016
date de chronique: 10 mai 2016

[par Boucle d'or]



Tel un Neil Young franchouillard, notre bougon auvergnat reste très créatif et nous pond des albums avec une régularité sidérante. Tout comme le loner, on alterne entre du très bon («Taormina », «Babel » le dernier et superbe LP sorti en 2014) et le simplement bon («Toboggan », «Le cours ordinaire des choses ».).

«Morituri », seizième album, se situe très clairement dans la deuxième catégorie ce qui n'en fait pas moins un disque dispensable. Car comme toujours avec Murat, quelques pépites se sont glissées dans cette galette. Murat possède son propre univers et n'hésite pas à aborder plusieurs genres. De part sa carrière, son attitude dans le milieu du showbiz, il apparaît une filiation avec un autre grand artiste Français qui lui vient aussi de sortir son nouvel album, Gérard Manset (disque en chronique très prochainement sur cette page).

De tonalité assez jazzy (batterie et contrebasse) et assez minimaliste dans les arrangements, le disque n'est pas d'une gaieté contagieuse.
Murat retombe parfois dans ses travers et enfonce le clou de son image de chanteur neurasthénique sur le bien nommé «Le cafard » qui clôture cet album (en titre bonus il est vrai). Mais il est aussi capable de dégainer de superbes morceaux avec des envolées, des chours qui ne laissent pas indifférent. C'est «French lynx » qui ouvre le bal avec un titre assez enlevé et l'apparition d'une voix féminine (Morgane Imbeaud) sur des chours et des couplets. Bon morceau pour démarrer. «Frankie » morceau lent, très jazzy me donne une impression de déjà entendu dans la discographie de Murat et plombe d'emblée la note que je vais attribuer.

Heureusement «Tarn & Garonne» refait décoller l'équipage, mais «La pharmacienne d'Yvetot » arrive à peine à maintenir mon attention. «Le chant du coucou » titre le plus dynamique remet un coup d'accélérateur avant «La chanson du cavalier » petit bijou d'écriture et d'interprétation toujours appuyé par la voix de Morgane Imbeaud, de beaux arrangements et ce piano entrainant ! «Morituri » et son duo masculin/féminin fait mouche alors que «Le cafard ». (cf. début de chronique).

Murat ne fera pas taire ses détracteurs et de tout façon il s'en tamponne le coquillard, il saura contenter son public même si ce disque n'est pas très surprenant, manque parfois d'envol et malgré quelque fulgurances se fond assez banalement dans sa discographie. Difficile de faire suite à «Babel » un de ses meilleurs disques.





2016 The DANDY WARHOLS "Distortland"

label: dine alone rec.
style: résurrection pop warholienne ?
date de sortie: 8 avril 2016
date de chronique: 9 mai 2016

[par Barjozo]



The Dandy Warhols sont de retour, qu'on se le dise! Après une traversée du désert ayant duré une dizaine d'années, Courtney Taylor-Taylor et sa bande nous remettent le couvert et de prime abord ça sent bon les effluves pop-rock déjantées que le groupe avait su nous mitonner par le passé (on pense au fabuleux "Thirteen tales from an urban bohemia" [2000] qui reste pour moi un des albums phare du début du XXIème siècle toutes catégories confondues. Amen.).
Depuis "Thirteen...", on avait eu droit à quelques embardées musicales intéressantes en particulier sur "Welcome to the monkey house" [2003], mais l'inspiration créative du combo s'était ensuite délitée au fil des ans avec un décevant "Odditorium or Warlords of mars" [2005] ou encore un très peu inspiré "...Earth to the Dandy Warhols" [2008]. Cette inéluctable descente vers une pop insipide et dépourvue d'imagination m'avait même conduit à faire l'impasse totale sur "This Machine" paru en 2012. Passons aussi sur la ré-édition de "Thirteen..." en version live parue en 2014 et assez décevante il faut bien l'avouer ("Live at the Wonder").
En 2016, c'est donc "Distortland et comme son nom le laisse présager, les Warhols nous emmènent vers d'étranges contrées musicales peuplées de tout un tas de dissonances électroniques en boucles (le splendide "Semper Fidelis" vous obligera à plusieurs écoutes successives afin de vous en imprégner correctement) Ces passages étonnants sont également entrecoupés d'une pop assez conventionnelle mais qui se trouve en quelque sorte ré-habilitée par des mélodies toujours soignées ("Catcher in the Rye" par exemple, ou encore l'enlevé "Pop reverend Jim").
Alors ne boudons pas notre plaisir car après toutes ces années, les Dandy semblent reprendre un peu du poil de la bête et leurs efforts méritent qu'on jette une oreille sur leur zike.





2016 P.J. HARVEY "The Six Hope Demolition Project"

label: island rec.
style: rock engagé
date de sortie: 15 avril 2016
date de chronique: 7 mai 2016

[par Barjozo]



Revoilà Poly Jean et sa pop-rock enlevée. Ca faisait un bail qu'on l'attendait cette nouvelle galette de la britannique. Neuvième effort studio, 5 ans après "Let England Shake" qui bien qu'abouti m'avait un peu laissé sur ma faim (fin?) je n'y reviendrai pas.
Alors d'abord il y a ce titre un peu spécial. D'après ce que j'ai pu lire ça et là, la belle aurait ramené cette expression d'un voyage aux States, à Washington DC plus exactement. Le "Hope VI" était le nom de code d'un projet de la ville visant à détruire un quartier peu reluisant de la capitale amerloque, laissant sur le carreau leurs habitants peu fortunés. On peut d'ailleurs y voir un certain militantisme à la Neil Young et son projet anti Monsanto de 2015 ("The Monsanto Years") puisque dans les paroles du premier morceau "The Community of Hope" elle vilipende la toute puissante société Walmart ("They are going to build a Walmart here")...La chanson balance des propos assez glauques mais n'en a pas moins un style léger et rapide, simple et précis, entraînant. Une excellente entrée en matière.
Disque engagé? En effet, si vous jetez un oeil (avant une oreille, et surtout les deux) sur le tracklisting vous verrez qu'on est loin des titres bâteaux standards trop courants parmi les albums du genre! Après ce premier titre, vient "The ministry of Defence" sur un rythme lourd, guitare au son de métal clinquant, mais une voix de cristal pour PJ, bientôt associée à des choeurs puis un saxo en arrière fond, limite désaccordé vous amènera à vous poser des questions sur un morceau ultime. Un monument à lui tout seul. Une des meilleures compositions de PJ.
Le saxo, comme sur l'album de Bowie, aura la part belle sur cet LP. Vient ensuite "A line in the sand", sur lequel le rythme redevient entraînant, laissant derrière lui tout le côté 'martial' de "Ministry of Defence" pour partir dans une ballade légère (quelle voix merveilleuse..) dont la chanteuse a le secret.
On évitera un track-by-track inutile pour aller s'attarder sur "The ministry of social affair" qui démarre comme un vieux blues des années 50; sur ce titre aussi le saxo, toujours lui fera des siennes...comment en aurait-il pu ne pas être ainsi tant ce morceau obstinément vous entraînera vers le milieu du XXème siècle! Un petit mot pour finir sur "The wheel", avant-dernier titre au rythme enlevé, dansant et empreint d'un style tout en légèreté, avec là aussi le saxo mais qui se reprend de ses tourments blues du morceau précédent pour partir lui aussi dans un tourbillon pop entraînant du meilleur effet! (ce ne sera au final sur "Dollar, dollar" que pour reprendre une plaintive complainte langoureuse et hypnotisante...)





2016 WITCHCRAFT "Nucleus"

label: nuclear blast rec.
style: stoner doom
date de sortie: 15 janvier 2016
date de chronique: 22 avril 2016

[par Boucle d'Or]



Des arpèges de guitare acoustique, une flûte évoquant Jethro Tull et les guitares apparaissent lourdes (très lourdes), menaçantes, le rythme devient lent. Au bout de quelques minutes la vois plaintive et magistrale de Magnus Pelander vient se poser dans leur univers stoner et progressif.
Bienvenue dans le monde des suédois de Witchcraft et leur 5éme album « nucleus » successeur de l'excellent « legend » paru en 2012. Witchcraft c'est avant tout un rock stoner racé, puissant, mélancolique et mélodique dont la valeur ajoutée est un excellent chanteur doté d'une superbe voix (rappelant parfois Jim Morrison). Ce sont aussi des mélodies de guitares magnifiques, des passages doom, d'autres agressifs, des riffs accrocheurs et entrainants ainsi que des morceaux épiques, avec des durées variables (de quelques minutes à 16 minutes).

Ecoutez «Nucleus» et ses 14 minutes avec son thème répétitif et hypnotique qui vous fera planer, «The outcast» ses violons et son riff accrocheur, le sabbathien «An exorcism of doubts» avec son passage bluesy et aérien.
«To trenscend bitterness » quant à lui sonne comme du Soundgarden alors que les 16 minutes de «Breakdown» clôturent cet album et plongent l'auditeur dans une atmosphère funèbre et poisseuse.

Véritable kaléidoscope d'influences (hard rock seventies, doom, prog.), l'album est étonnamment très cohérent et prend son envol au-delà de quelques écoutes répétées.
Je n'irai pas par quatre chemins, la richesse des instruments (flute, claviers, violons.) et la qualité de l'interprétation font de cet opus un très sérieux postulant au titre de meilleur album de l'année.
Ne pas l'écouter serait un sacrilège.





2016 David BOWIE "Blackstar"

Album classé N°1 du Top 2016

label: columbia
style: pop-rock jazzy
date de sortie: 8 janvier 2016
date de chronique: 24 avril 2016

[par Barjozo]


-A la mémoire de Paul Quesada, qui m'a tant appris sur Bowie... R.I.P. Paulo-



David Bowie est mort le 10 janvier 2016 soit 48 heures après la sortie de son dernier album studio, "Blackstar". Quand un artiste de cette trempe disparaît, c'est tout naturellement que chacun se plaît à se rappeler des anecdotes à son sujet, ou tout simplement tente de se souvenir des faits les plus marquants s'y rapportant. Pour ma part je me souviens que mes premiers contacts musicaux avec Bowie remontent à la fin des années 80.
Ce fut d'abord le concert dit 'Band Aid' monté à l'époque par Bolb Geldof, au stade de Wembley à Londres, en juillet 85, puis le non moins fameux hommage à Freddy Mercury, dans ce même stade, en 1992, et je revois encore dans ma tête le dandy anglais arborant un costard vert classieux et chantant en duo avec Annie ('What a dress !') Lennox [Eurythmics], un "Under pressure" historique. Après çà, je me souviens m'être plongé dans la discographie pléthorique du musicien anglais...
Je fais bien sûr abstraction ici des singles que j'avais pu entendre jusque là sur des radios généralistes (comme le splendide "Ashes to ashes" [1980], sa participation au "Under pressure" [1981] de Queen, le contesté et tubesque "Let's dance" [1983], le suave "China girl" [1983], ou son duo avec Mick Jagger sur "Dancing in the street" [1985] et j'en passe..) en ne me référant qu'aux albums complets.

Mais comment l'aborder? -je choisis (comme souvent) le versant live et fis l'acquisition première du fameux "Santa Monica '72" enregistré sur la tournée Ziggy ("The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" paru en 1972) mais disponible dans les bacs qu'en 1994 (ré-édité ensuite en 2008). Live magistral sur lequel la gratte de Mick Ronson fait des merveilles...J'enchaînai sur un concert le 17 juin 1997, à Bordeaux (La Médoquine) sur la tournée "Earthling" [1997], billets obtenus de haute volée après plusieurs heures de queue dans les rues jouxtant le Virgin Mégastore de la cité girondine!
Dans la foulée je me plongeai dans "Hunky Dory" [1971], qui deviendrait au fil du temps mon album préféré du Maître, puis ma soif musicale me transporta d "Aladdin Sane" [1973], à "Heroes" [1977], ou encore "Scary Monsters (and Super Creeps)" [1980] pour les albums qui me marquèrent le plus, sans oublier le splendide album de reprises paru en 1973 sous le titre "Pin ups".

Même si "Hours" [1999] m'avait légèrement déçu (il s'agit pourtant d'un très bon album de 'classic pop') le triple "Live at the Beeb" [2000], ainsi que le bootleg enregistré lors du concert donné pour ses 50 ans au Madison Square Garden de New York le 9 janvier 1997 (enregistrement que Paulo m'avait offert et qui vaut son pesant de cacahuètes salées par la présence de guests comme Frank Black, Sonic Youth ou [of course] Lou Reed parmi beaucoup d'autres) me réconfortèrent quant au potentiel toujours énorme du bonhomme en tous cas 'on stage'.
"Heathen" sorti en 2002 fut un album en demi-teinte. J'en retiens surtout la reprise des Pixies ("Cactus") et le sensuel "Afraid", mais j'avoue que cette galette après la précédente tendait à me faire un peu perdre la foi. Et pourtant! Que dire de " Reality"? Superbe et magnifique sorti en 2003 soit peu de temps après "Heathen", comme si l'artiste voulait se faire pardonner, cette galette sera certainement celle que l'on retiendra parmi les derniers albums de Bowie. Dès lors, de nouveau hypnotisé par toutes ces effluves musicales addictives, je décidai de retourner le voir en live. Ce fut sur Paris, à Bercy (P.O.P.B.), le 20 octobre 2003 avec les Dandy Warhols en première partie. Bien m'en a pris puisque quelques semaines plus tard à Hambourg, la star faillit succomber à un premier malaise cardiaque en plein concert. Ses apparitions scéniques allaient alors nettement se raréfier.
C'est donc avec une surprise légitime qu'en 2013 nous accueillâmes sur ce site la livraison de "The next day" après 10 ans de silence et des rumeurs allant bon train sur l'état de santé précaire de la star. L'album n'était pas un chef d'oeuvre mais se voulait suffisamment travaillé pour contenter (rassurer?) les fans.
Revenons donc à "Blackstar", ce testamentaire album du britannique aux yeux vairons sortit le jour de son anniversaire...

-7 titres; 41 minutes-

Le titre éponyme "Blackstar" qui ouvre magistralement le LP est un morceau complexe de près de 10 minutes; la voix de Bowie évoque une complainte langoureuse dans sa première partie. L'orchestration associée mêle boucles de synthé et cuivres, ainsi que l'apparition d'un saxo (qui sera l'instrument clé du disque, comme une sorte de fil rouge tout au long des morceaux) saxo qui, à mi parcours va faire la transition avec une seconde partie débutant comme une sorte de délivrance après cette introduction plutôt sombre, la musique plus enlevée, 'éclairée', contrastant avec les paroles et les 'I'm a blackstar' qui résonnent en écho...Vous l'aurez compris, un premier titre kaléidoscopique, comme une sorte d'ultime biographie musicale pour le Maître.

"Tis a pity she was a whore": changement total d'ambiance avec une batterie à la manoeuvre, qui va assurer un beat permanant sur la totalité de ce deuxième titre. Se grefferont des trompettes et autres clarinettes, limite désaccordées, assurant une sorte de morceau jazzy, enlevé, Bowie plaçant ici des vocaux nous renvoyant vers des albums psychédéliques du milieu des années 80 ...

"Lazarus" vient ensuite et nous replonge dans une ambiance feutrée, langoureuse, évoquant un crépuscule automnal...Et que dire du clip montrant l'artiste dans un lit d'hôpital, comme s'il avait voulu mettre en scène ses derniers instants. Rappelons que Lazare pauvre et malade put après sa mort obtenir la resurrection par Jésus... Cela signifierait-il que Bowie envisageait de pouvoir revenir nous titiller les oreilles? -La question reste entière et pourra générer diverses hypothèses en guise de réponse.

"Sue (or in a season of crime)" est d'abord sorti en 2014 sous forme de single (avec d'ailleurs "Tis a pity she was a whore" en face B). A noter que cette version album est plus courte que la précédente et a été remaniée. L'ambiance du morceau est complexe, et nécessite de multiples écoutes afin de pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Curieux pour un single qui d'ordinaire se veut plutôt d'accés facile (passages radio...). Il n'y a pas de réel refrain...et le thème est plutôt glauque puisqu'il évoque la mort, la maladie et la séparation.

"Girl loves me" débute par une sorte de chant en écho, vite relayé par une rythmique pulsatile. Si on se penche sur les paroles, leur côté hermétique est un peu repoussant au départ. Néanmoins, les allusions à la maladie sont omniprésentes, et au final il semble assez évident que le côté répétitif, les même paroles répétées linéairement doivent faire penser à une douleur profonde, probablement celles que l'artiste a dû endurer pendant longtemps...

"Dollar days" est une fantastique mélodie mélancolique (ah ce saxo magnifique!) sur laquelle la voix de Bowie paraît si fragile, si frêle...Un pur instant d'intense magie musicale.

"I cant give everything away" reste dans cette même veine avec une langoureuse mélodie sur lequel de nouveau le saxo apporte une note de naturelle liberté dont malheureusement au final on comprend qu'elle n'est que fantasmagorique, le refrain répété inlassablement rappelant sa dure condition au chanteur: celle d'un homme condamné à rester sur Terre...et à mourir.

Au final ce "Blackstar" referme brillament presque 50 années de carrière pour un artiste hors du commun.
La parabole de l'étoile est facile: elle a su briller au firmament pendant de nombreuses années mais à la fin, comme toute étoile, elle s'est éteinte progressivement. Ainsi va la vie.
Long live Rock n'Roll!





2016 SPIRITUAL BEGGARS "Sunrise to sundown"

label: inside out music
style: heavy psyché
date de sortie: 5 février 2016

date de chronique 1: 10 avril 2016

[par Franck and Furious]

date de chronique 2: 11 avril 2016
[par Barjozo]


-Chronique 1-
Autant être direct, après une première ''Mk'' (hé hé) tournée vers le stoner, SB, depuis quelques albums s'enfoncent totalement dans l'univers de la Deep Purple Family. Que ce soit avec la voix de l'ex Firewind, Appolo Papathanasio, influencée Ronnie James Dio et David Coverdale, mais qui s'essaie aussi aux aîgues du roi Ian Gillan qu'on croirait chanter du temps de sa splendeur sur le final du très ambiancé et inspiré "I turn to stone" ; ou avec l'omniprésence exquise, que dis-je ? fabuleusement divine, (putain ce son!!!) de l'orgue hammond et clavier-piano, rappelant le tant regretté Jon Lord, mais avec un esprit légèrement plus moderne, tendance Don Airey; ou tout simplement les compositions orientées tour à tour Deep Purple ("Diamond under pressure" qui rappelle "Might just take your life", "Sunther Star" qui aurait du être un titre de l'album "Come taste the band"), Dio ("No man's land"), Rainbow ("What doesn't kill you" et ses faux airs de "Kill the King") ou Whitesnake période 78-84 ("You've been fooled", titre que Coverdale aurait du écrire s'il n'avait pas basculé au son trop heavy-FM, la suite qu'aurait dû être celle de "Slide it in" ou du retour en 2003), voire avec un zeste dans les ambiances de David Bowie ("No man's land"), et du défunt mais non moins excellentissime groupe de hard-fm des années 80, Tobruk ("Hard road")...

J'en oublierais presque une succulente guitare à l'esprit moderne et 70', limite Tommy Bolin, voire avec aussi des touches Blackmorienne, qui est la parfaite maîtresse de cet amant étalon qu'est l'orgue, et une section rythmique pas loin de rappeler les maîtres de la DPF. Et quand les compos groovent, dont le sublime "Dark light child" et sa baston jouissive gratte-batterie-clavier), ou qui plombent d'entrée ("Sunrise to sundown" et son super solo appuyé par l'orgue, "Hard road", "Still hunter") et sont donc inspirées, alors pour les fans de la DPF, c'est juste le pied assuré ! Et encore on sent que le groupe peut faire encore mieux en terme de finalisation de compositions et de folie.

Je répète: le pied assuré!!!! 11 titres 4 étoiles ! Probablement mon album 2016, et à l'heure où Deep Purpe vient d'être (enfin) intronisé au Rock N Roll Hall Fame, Spiritual Beggars saura prendre la relève des maîtres pourpres.



-Chronique 2-
Spiritual Beggars est au départ une sorte de side-project du guitariste de Carcass, Michael Amott, mais qui a fini par s'inscrire dans la durée, malgré des line-up variables. Les suédois en sont ainsi d'après mes sources à leur 9e album et près de 22 années d'existence! Autant dire que d'un side-project annexe, SB a été transformé en un groupe viable et à l'inspiration autonome..

Cet album démarre magistralement par deux morceaux véritablement époustouflants de classe: "Sunrise to sundown" et "Diamond under pressure". Un rock vintage, mélodiquement imparable, associant un groove intense et chaloupé à l'orgue hammond, des envolées de guitares inspirées et des refrains qui marquent. L'évocation rapide des maîtres du genre que sont (étaient?) Deep Purple, Rainbow ou bien sûr Whitesnake est inéluctable pour tout auditeur ayant un minimum de culture rock, ou (et?) un peu de bouteille ( se mesurant à la densité des cheveux blancs sur les tempes, ou, parfois, aux poils blancs saupoudrant le menton).

Après cette entrée en matière divinement bien trouvée, on se dit qu'il sera dur aux musicos de maintenir un tel niveau d'écriture sur tout un album. Et pourtant. Vient ensuite "What doesn't kill you" qui déboule plein gaz! On évoquera un chanteur (Appolo Papathanasio) semblant habité par le maître RJ Dio, pour un titre nous renvoyant vers les classiques du grand arc-en-ciel, et ce n'est pas la 6 cordes qui enterrera cette impression (Blackmore n'est vraiment pas loin), quant aux claviers...je n'en dirai pas plus!

Ce n'est que sur le 4e morceau ("Hard road") que la température redescend pour un titre qui n'est pas mauvais mais en deça du triptyque ouvrant le LP. Disons que ce "Hard road" a déjà été entendu ailleurs dans le style rock-FM...Même veine pour "Still hunter", morceau un peu trop FM pour moi, même si la mélodie est très addictive avec un refrain bâteau ("...I ve got you,..I ve got you..under my skin"). On leur préfèrera "No man's land" et son break classieux enchaîné sur un solo de guitare allumé, ou "I turn to stone" et son intro aux drums, avec un chant plus sobre collant parfaitement à une ambiance évoquant de sombres salles embrumées de vapeurs hallucinogènes...Un titre déparant un peu par rapports aux précédents, témoignant d'un potentiel énorme dans l'inspiration du groupe.

Au total 11 titres vraiment excellents. J'ai un petit faible pour le très kyussien "Lonely freedom" et ses boucles de gratte rythmique introductives qui vont revenir inlassablement sur l'intégralité du titre pour un morceau qui si ce n'était la voix (on s'attend à tous moments à entendre les cordes de mister Garcia) vous embarquerait vers un stoner classieux...





2016 MONSTER TRUCK "Sittin' heavy"

label: mascot rec.
style: heavy-rock nord-américain
date de sortie: 19 février 2016

date de chronique 1: 5 avril 2016

[par Barjozo]

date de chronique 2: 7 avril 2016
[par Boucle d'Or]


-Chronique 1-
Le Canada est une terre très diversifiée, aux étendues généreuses et aux décors naturels somptueux. En matière de musique, cet aspect kaléidoscopique est également très marqué allant du jazz haut en couleur (The Souljazz Orchestra), au heavy puissant et racé (Exciter, I Mother Earth), en passant par du progressif illuminé (Rush), de la pop déjantée (Arcade Fire), sans oublier de la folk intemporelle (Neil "the Loner" Young). Monster Truck le groupe canadien dont il est question ici est un furieux quatuor délivrant un rock carré associant blues, heavy et rock-FM, le tout enrobé dans une production bien lisse et quasi parfaite pour le style.

Monster Truck a déjà publié un premier album en 2013 ("Furiosity") mais pour moi "Sittin' heavy" est le premier album que j'aborde. Onze titres pêchus au sein desquels figurent quand même deux ballades ("Black forest" et "Enjoy the time"). Les neufs autres morceaux vous permettront de taper du pied à volonté, et de headbanguer sans arrière pensée! Le son est gras, la rythmique entraînante, les soli de grattes inspirés (Jeremy Widerman). La voix rocailleuse du bassiste Jon Harvey fait merveille dans le style boogie-rock aux accents sudistes parfois marqués.

Monster Truck n'a pas inventé le rock mais sait agrémenter ses compositions d'une mélodie attrayante et au final entraînante qui se laisse écouter et ré-écouter, alors ne faisons pas la fine bouche et sachons apprécier les choses simples: un bon rock vintage des familles dont la seule prétention semble être celle de vous en mettre plein les oreilles!



-Chronique 2-
Pendant toute la décennie des années 2000, un groupe, les Black Crowes, à contre courant a ranimé la flamme d'un rock (hard) sudiste millésimé seventies. Depuis qu'ils ont jeté l'éponge, le genre est redevenu à la mode et un grand nombre de groupes s'essayent à l'exercice, les américains de Rival Sons en tête de peloton.
Le Canada n'est pas en reste. Monster Truck nous vient de ces froides contrées pour nous réchauffer avec leur deuxième album baigné d'un hard-rock carré au son massif et teinté de sonorités sudistes, le tout saupoudré de claviers «deep purpuliens » discrets mais parcimonieusement utilisés.

L'album s'ouvre sur «Why are you not rocking », un titre rentre-dedans, sur un rythme rapide. La voix assez classique dans ce genre fait penser aux groupes sudistes type Lynyrd Skynyrd , mais avec un registre plus étoffé se rapprochant parfois d'un Ian Gillan. Un hard-rock efficace, à grosses guitares, mais malgré tout assez classique où les claviers soutiennent les guitares.
«Don't tell me how to live », moins rapide mais plus enlevé et chaloupé, même s'il reste dans le registe sudiste en plus couillu demeure plus intéressant.
«She's a witch » balance un tempo bien lourd, alors que «For the people » marque un changement de registre avec des éléments plus soul dans leur musique.
«Black forest » s'ouvre sur un orage menaçant au loin, puis une ouverture aux claviers dont le relais est assuré par des guitares aux tempo lent. La voix de Jon Harvey se pose ensuite douce et claire pour interpréter une superbe ballade à faire chialer tous les bucherons de la forêt.
«Things get better » vous fera tortiller de l'arrière train et secouer la tête tant son groove est prenant. Un des titres forts de ce disque.
«The enforcer » est une tornade avec ces chours idéalement taillés pour les concerts alors que «To the flame » se fait plus lent et stoner rappelant Kyuss.
Pour terminer quoi de mieux qu'une très belle ballade, «Enjoy the time », histoire de se faire caresser les cages à miel après les avoir malmenées jusqu'ici.

De quoi en redemander et ré-appuyer sur play à la fin du disque. Au final un album très plaisant qui commence assez classiquement mais qui s'avère de plus en plus addictif au fur et à mesure que l'on rentre dans leur univers. Un disque velu où les guitares tronçonnent les riffs à la pelle. Ces quatre barbus méritent d'être découverts en concert tant leur hard-rock viril doit tout balayer sur son passage. A suivre !





2016 ELEVATORS TO THE GRATEFUL SKY "Cape yawn"

label: hevisike rec.
style: stoner italien
date de sortie: 11 mars 2016
date de chronique: 26 mars 2016

[par Barjozo]



Quand on évoque la Sicile à quoi pense-t-on? -au soleil, -à la dolce vita, -aux brunes italiennes sensuelles, -on peut aussi évoquer ses fameux volcans (Etna et Stromboli), -ses villes anciennes (Palerme, Syracuse...), -ou sa mafia, la fameuse Cosa Nostra. Mais qui me citera un groupe de rock venant de cette île?

Et bien en voici un, basé à Palerme, qui vient de nous sortir un deuxième LP pas piqué des hannetons dans un genre que j'affectionne tout particulièrement puisqu'il s'agit de stoner. Mais un stoner aux effluves méditerranéennes enveloppé d'essences de free-jazz, et d'un parfum de blues.

"Ground" ouvre les hostilités sur un rythme déjanté, speed, très heavy du meilleur acabit. Pas de tergiversation, et le ton est donné: rock sans atermoiement, certes à l'originalité pas franchement marquée, mais diablement efficace! "Bullet words" qui vient derrière est un titre un peu plus besogneux, plus lent, évoquant un vieux rock vintage des 70ies. Le turbo est ensuite remis avec le très speed "All about chemistry": on se dit que plus ça va vite et plus ces italiens semblent à l'aise...Et bien non car le morceau suivant, "Dreams come true", aux relents psychés marqués, plus langoureux, est au final un excellent morceau à l'ambiance feutrée.

Vient ensuite "A mal tiempo buena cara", bluesy avec son intro puis mitonné hard-rock old-school, "Kaiser quartz" avec un solo de gratte intéressant, "I wheel" qui vous entraîne inéluctablement vers des contrées hard-rock 70ies sur un rythme pachydermique mais presque. "Mongerbino" reste dans la même optique à ceci près que la fin du morceau inclut une partie jazzy, qui va nous propulser vers des contrées nouvelles sur la fin du LP. Ainsi "Cape yawn" titre éponyme instrumental tout en assénant un groove hard-blues intimiste va voir l'apparition d'un saxo envoutant sur sa seconde partie, permettant de visiter d'autres contrées musicales. Ce saxo reviendra sur "Laura (One for Mark Sandman)" court titre intimiste purement jazz. L'album se refermera après 13 titres et 3/4 d'heure sur "Unwind", morceau léger incluant des guitares sèches, pour une ambiance calme grâce à l'apport d'une contrebasse et de violons.

Gageons que Elevators To The Grateful Sky malgré un patronyme alambiqué, saura se montrer attractif on stage, car ces musiciens là semblent pourvus d'atouts techniques hors du commun ainsi que d'une facilité d'écriture leur permettant de proposer un rock à multiples facettes.





2016 KARMA TO BURN "Mountain czar"

label: rodeostar/SPV rec.
style: classic stoner US
date de sortie: 26 février 2016
date de chronique: 22 mars 2016

[par Barjozo]



Attention revoilà KTB. Mais du KTB historique, celui qui s'était reformé en 2010 en nous assénant un excellent " Appalachian incantation" que reste-t-il? Et bien c'est simple, après les départs de Rich Mullins (basse) et Rob Oswald (drums), Will Mecum (guitare) s'est retrouvé seul à bord! Il a donc dû faire appel au jeune et fougueux batteur Evan Devine qui l'accompagne on stage, et pour cet EP s'est payé les lignes de basse de Rob Halkett (The Exploited).
Ce court EP (5 titres) débute par un "Sixty-two" bien chaloupé, au groove diablement efficace, toujours exclusivement instrumental avec un batteur qui cogne fort et bien, en suivant la guitare de Mecum. Morceau typiquement KTB, et que dire de "Sixty-one" qui lui succède? Toujours de bonnes trouvailles et une mélodie accrocheuse. Toujours total-instru...et il en va de même pour "Sixty", 3e morceau dans la même lignée. Jusque là rien de nouveau, pour des titres qui ont tendance à se répéter au fil du temps, même si il faut en convenir, l'inspiration de Mecum semble toujours en plein boum.
La surprise viendra du 4e titre sur lequel apparaît une voix humaine. Voix féminine. Et voix chantant du rock en... italien. Pour une surprise, c'est une surprise et ma foi pas désagréable car apportant un incontestable piment! La chanteuse se nomme Stefanie Savy et reprend une chanson de Tom Petty & The Heartbreakers "Runnin' down a dream" rebaptisée "Uccidendo un sogno". Notons que Mecum nous balance un solo de gratte majestueux, le bougre ayant peut-être eu peur de se faire voler la vedette par la donzelle.
Le 5e morceau ("Sixty-three") démarre par un dialogue de western, dialogue qui semble finir mal après quelques échanges de coups de feu; enchaînement sur de la guitare sèche un tantinet hispanisante, vite relayée ensuite par un style plus caractéristique bien que plus langoureux que les 3 premiers titres très rapides.
Où KTB nous fait du KTB. Ici un peu comme une sorte de galette des rois, avec une fève au milieu!





2016 GREENLEAF "Rise above the meadow"

label: napalm rec.
style: stoner from Sweeden!
date de sortie: 18 mars 2016
date de chronique: 22 mars 2016

[par Barjozo]



Cet album met d'emblée l'auditeur au parfum: rock, rock 'till you drop MFKers! En effet le sublime morceau d'ouverture ("A million fireflies") déboule sans prévenir aidé en cela par une basse vrombissante tonitruante et dévastant tout sur son passage. A peine ce titre est-il absorbé par votre cerveau qu'il faut passer à "Funeral pyre" et sa rythmique non moins lancinante et lourde. On est dans le stoner, le vrai, celui qui sent le sable chaud, la téquila, le stupre, la sueur et peut-être même le sang, celui que ces morceaux addictifs vont se faire une joie de contaminer avec délectation et tiédeur, une volubile addiction émanant rapidement de ces titres rock, non Rock! A des années lumières de l'album condescendant de monsieur Osterberg soit-disant enluminé par d'ex-gourous de la secte stoner, non Stoner, cet LP vous mettra à genoux!

Et ça continue avec "Howl" qui balance son stoner-blues avec une classe imparable. Les influences vintage sont incontestables et cela sent les 70ies à plein nez, mais quel plaisir de s'en mettre plein les écoutilles à donf avec une zike dont on perçoit dès la première écoute qu'elle est faite pour l'auditeur, pour le public, sans aucune arrière pensée mercantile! Après avoir signé chez Napalm en 2015, Greenleaf vient assurément de franchir un nouveau cap dans sa carrière musicale avec un opus qui va sans conteste tenir la dragée haute à toutes les futures productions! Du grand art.

Les influences du groupe sont multiples et si on ne peut pas ne pas évoquer le Sabbath historique, les influences dans le genre stoner sont également marquées: au hasard Clutch, QOTSA ou encore les mythiques Kyuss of course! "Carry out the ribbons" vous propose un riff très ZZ Topien, roots, période 'Tres ombres'. "Levitate and bow (Pt 1 & 2)" vous entraînera vers des contrées lumineuses, d'où on ne sort pas indemne; une ligne mélodique langoureuse vous poussera à monter le son, jusqu'à ce que, pauvres mortels, vous tombiez en extase, en transe, en totale harmonie avec les effluves stoner monstrueusement majestueuses qui font exploser ce morceau à mi-parcours. 7 minutes 13 secondes de jouissance extrème. Un délice. Enchaîné sur "You are gonna be my ruin", un rock-stoner-blues rythmé et subtilement parcouru par les lignes d'une batterie semblant lancée à toute berzingue, sans réel but...Et que dire du solo de gratte du titre suivant "Tyrants tongue"? Bref, imparable également, pour un titre plus concis mais non moins réussi.

L'album se termine avec "Pilgrims". L'occasion de parler un peu des vocaux. Ceux-ci sont un peu en retrait, derrière la rythmique omniprésente, mais ils n'en constituent pas moins une partie importante de cet album. Sans faire dans la performance vocale de haut vol, Arvid Jonson propose un chant tout en retenue, s'intégrant parfaitement dans le déluge de décibels délivré par ses comparses. L'antagonisme entre ce chant quelque peu monocorde et l'oppulence des parties de guitares sur ce titre est flagrant, pour une harmonie subtile!
Un des albums de l'année. Ni plus. Ni moins!





2016 Iggy POP "Post pop depression"

label: loma vista rec.
style: ex punk totalement à la rue
date de sortie: 18 mars 2016
date de chronique: 20 mars 2016

[par Barjozo]



Sur le papier qu'il soit glacé ou recyclé, cela était très alléchant...
Une ex-star du Rock (avec un R majuscule) ayant officié dans un historique punk-band ayant donné ses lettres de noblesse au genre au mieu des années 70 (The Stooges), allait nous proposer une virée introspective dans ses fantasmes de musicien d'âge (très) mûr (68 balais), tentant en cela d'échapper aux moulinets d'une faucheuse particulièrement vorace dans son proche entourage ces derniers mois (les frères Asheton, le dieu Bowie pour ne parler que des plus emblématiques).
Un duo de musiciens issu d'un groupe aux célèbres initiales stoner gravées dans le sable rocailleux du désert US (QOTSA), nous proposait d'aider la-dite ex-star, en lui faisant allégeance et en co-signant quelques titres afin de les rassembler sur une rondelle de plastique qui serait vendue dans les bacs des disquaires 'worldwire'.
Un jeune batteur anglais officiant dans un rock-band ayant acquis une renommée planétaire fulgurante en quelques années (Arctic Monkeys) se mettait dans la tête d'aider les 3 autres musiciens ci-avant présentés afin d'apporter un peu de tonus et d'homogénéité à leur oeuvre musicale.

Encore un "super-groupe" bati ex-nihilo me direz-vous, et vous avez raison!
Sous-entendu: "Encore une grosse déception en vue".
A défaut de dépression à l'écoute d'une oeuvre annoncée comme la der des ders par son charismatique chanteur à la voix de crooner, "Post pop depression" n'en induit pas pour autant un enthousiasme emphatique chez l'auditeur. Monsieur Österberg (alias Iggy) n'en finit plus de nous décevoir dans ses dernières productions studio (cf. le dernier (et malheureusement prémonitoire) Stooges "Ready to die" paru en 2013) et cette livraison nonobstant la présence des guests précités ne dérogera pas à la règle au final.

"Post pop depression" n'est pas un mauvais album mais pour ma part il serait assurément passé inaperçu au milieu de l'immense production musicale contemporaine, en l'absence du nom des musiciens figurant bien en évidence sur la pochette.

"Last POP deception": c'est ainsi que je rebaptiserais cet album si on me le demandait...

Allez, je retourne m'écouter "Raw power"!





2016 DREAM THEATER "The astonishing"

label: roadrunners rec.
style: hard-rock prog néo-classique
date de sortie: 29 janvier 2016
date de chronique: 14 mars 2016

[par Barjozo]



Je ne suis pas un grand fan de Dream Theater. Cela étant dit, c'est avec une oreille un peu distraite que j'ai écouté pour la première fois leur nouvel opus, un peu sur la défensive vu qu'il s'agit d'une oeuvre comportant 34 pistes pour une longueur de 130 minutes! Avouez qu'il faut s'armer d'une bonne dose de volonté absconse pour se lancer dans une telle entreprise à mon âge!

Et bien mes amis figurez-vous que ma surprise fut immense et mon plaisir aussi marqué. Je ne vais pas rentrer dans une envolée de qualificatifs dithyrambiques car on pourrait me le reprocher. Tout enthousiasme emphatique à l'égard d'un album sur ce site peut être suspect, et l'exagération en matière de critique (à fortiori 'Rock') est sujette à caution car elle peut être sous-tendue pour le moins en partie par un contexte ponctuel. La sortie de ce LP dans le courant d'un mois de janvier rarement excitant et à la morosité ambiante marquée (tant sur un plan météorologique que socio-culturel) peut certainement avoir quelque peu altéré ma capacité de jugement. Vous êtes prévenus!

"The astonishing" est le 13e LP du groupe. Après 30 années de carrière, les américains (Boston, Massachusetts) nous pondent ici un opéra-rock en 2 actes et produit par John Petrucci himself, le guitariste du groupe. Pour ceux qui ne le connaissent pas, rappelons que le bougre a fait parti du cercle fermé des guitar-héros invités par le passé au G3 par Joe Satriani. Le côté technique du monsieur et du groupe Dream Theater dans sa globalité ne fera ici l'objet d'aucune remise en question. C'est peut-être même ce côté un peu trop parfait qui par le passé m'a un peu refroidi à l'écoute de ce groupe...

"The astonishing" est une oeuvre complexe, et je dirai même en m'inspirant d'une célèbre femme politique que la 'complexitude' de cet album n'a d'égal que le plaisir que j'en retire à le ré-écouter en boucle ces derniers temps. Il faut prendre cet album dans son intégralité et comprendre qu'il raconte une histoire dans laquelle je me suis plongé aisément. Tous les morceaux forment un tout homogène et une continuité logique accompagne l'égrénage des pistes.

Cette histoire quelle est-elle? -Pour le savoir il faut se rendre sur le site du groupe. "The astonishing" (littéralement 'L'étonnant', 'Le surprenant') raconte une fable se déroulant en l'an de grâce 2285, dans un monde où la musique n'existe plus en dehors de bruits électroniques générés par des robots, les NOMACS. Cela nous conduit directement au premier titre "Descent of the NOMACS", instru un peu torturé rendant compte de cette zike électronique hyper-méga-formatée. Bien sûr dans l'histoire, il y a une dichotomie classique entre d'un côté 'les méchants' (le tyran Nafaryus et sa famille) et de l'autre 'les gentils' représentés par 2 frères dont le héro Gabriel, un hors-la loi qui chante, et Arhys, un guerrier, ces deux là habitant un village nommé Ravenskill. Le gentil héro Gabriel tombera amoureux de Faythe la fille du tyran, alors que ce dernier veut l'éliminer puisqu'il a enfrain la loi sur le chant et la musique. Là dessus le frère de la-dite Faythe (Daryus) kidnappe le fils (Xander) de Arhys et propose un pacte à ce dernier: échanger son fils contre son frère sans quoi il tuera Xander. Fin du premier acte. Vous suivez?
Au début du 2e acte, alors qu'Arhys va livrer son frère au lieu-dit Heaven's Cove, il change d'avis et se bat avec le méchant Daryus: ce dernier le tue et malencontreusement occit également sa soeur qui passait par là. Gabriel arrive ensuite et constate les dégats: il pousse alors un cri d'effroi qui va rendre sourd Daryus (un gros cri donc), puis se met à chanter langoureusement ce qui aura pour effet de faire revenir à la vie sa promise. La suite vous l'aurez deviné: il épouse Faythe, adopte son neveu, tandis que le tyran Nafaryus se range et réhabilite la musique en excommuniant les vilains NOMACS. Fin du 2e acte et du LP.

Bon, rien de transcendant pour l'histoire qui reprend des thèmes classiques. Mais cela dit, les histoires des grands opéras ont une trame souvent simple voire simpliste,et ne parlons pas des opéra-rocks qui on marqué la musique, que ce soit "The Wall" ou "Tommy" par exemple. Quand est-il de la zike?

"Descent of the NOMACS"
Ambiance futuriste avec bruits électroniques; les machines sont omniprésentes. On pense à une ambiance à la Terminator, à un film d'héroic-fantasy.

"Dystopian Overture"
Le morceau suivant est aussi un instrumental qui introduit l'instrument phare qui va éclairer l'oeuvre tout du long, le piano. Ambiance nous confirmant que l'on va naviguer vers des contrées futuristes. Ce titre allie légèreté et parfois grandiloquence, surtout avec l'apport de choeurs en fond...

"The gift of music"
Ce titre débute à la guitare sèche avant qu'il ne soit lacéré d'un bon riff rythmé peu avant l'arrivée du chant. D'emblée on notera le côté mélodique sympatoche qui jamais ne sera en reste jusqu'au bout du LP. Rythme, mélodie, inspiration: que demander de plus, à ce stade on se dit qu'après une telle entrée en matière, si le cap est maintenu, ça va donner! Premières incursions de Petrucci également: la six cordes est légère, pour des soli jamais trop long. Notons également en fond un orchestre symphonique (celui de Prague, excusez du peu).

"The answer"
Toujours ce piano, léger, entêtant qui donne un côté aérien...et cette voix, qui saura vous envouter plage après plage. Une performance haute en couleurs de James Labrie.

"A better life"
Avec son côté mélo-dramatique opposant cuivres et guitare rythmique lourde, ce morceau est un peu en deça des précédents, mais le niveau jusque là était tellement élevé, qu'il faut bien que cela retombe un peu. Comme dans un film, se déroulant dans vos écouteurs, vous devrez vous attendre à des rebondissements musicaux! Notons un très bon solo de gratte quand même...

"Lord Nafaryus"
Voilà que nous est présenté le méchant tyran qui n'aime pas la zike. Pour moi qui ne connaît pas bien Dream Theater, ce titre m'a dès la première écoute fait penser à Queen: cette faculté aux breaks, aux enchaînements légers/lourds, associés à une performance vocale exceptionnelle du lead singer, digne du grand Mercury.

"A savior in the square"
Magnifique ballade agrémentée de trompettes pour signifier l'arrivée des armées du tyran. Toute la panoplie des décors de films sonores est utilisée pour nous compter l'histoire.

"When your time has come"
Enchaînement mixé 'live' avec un public applaudissant l'arrivée de Gabriel. Musique dite progressive avec un orgue qui (pour moi) évoque dès la première note Marillion. Encore un morceau parfait de bout en bout avec un déroulé à la sensibilité magique. C'est bien écrit, bien joué, sans trop de fioritures, juste ce qu'il faut pour garder le cap, le bon, celui qui va nous mener au terme d'un album dont on pressent déjà qu'il restera longtemps dans les mémoires, parmi les pépites du genre. Mais je m'avance un peu vite, et je ne voudrais pas déflorer ma conclusion de façon trop anticipée!

"Act of Faythe"
Le morceau le plus mélo. C'est l'orchestre symphonique qui prend la main sur ce titre. Il n'en pouvait pas être autrement puisqu'il nous raconte l'histoire d'amoOUurr qui va débuter entre nos 2 tourtereaux! Ce côté mélo va vous évoquer une ambiance de film à la Disney, à coup sûr, et dans les interviews que j'ai pu lire de Petrucci sur le net, c'est un peu l'effet voulu! Gageons que si l'album marche sur un plan économique, nous soit servis par la suite tout un panel de produits dérivés: série-tv, film, jeu vidéo? Nous verrons bien.

"Three days"
Le tyran donne 3 jours aux villageois pour lui livrer Gabriel sinon ça va chier (en racourci). A la légèreté du début, le morceau s'emballe ensuite, avec une batterie qui est mise en exergue (cet instrument qui est au final très en retrait sur l'ensemble de l'album). Intéressante partie 'piano bar' évoquant un cabaret enfumé...

"The hovering sojourn"
Petit interlude de zike électronique rappelant la présence des NOMACS.

"Brother, can you hear me?
Le titre n'est pas sans rappeler le 'Tommy can you hear me' des Who, probablement un petit clin d'oeil. Ici on évoquera sans peine un arrangement à la Pink Floyd. Ce morceaux sous-tendu par des trompettes et les cordes de l'orchestre symphonique raconte le soutien entre les 2 frères. Un passage avec un piano léger et des vocaux très 'Mercuriens' avant un final 'allegro'.

"A life behind"
Rythmé avec un orgue hammond très Purple-like, l'enchaînement sur des grattes enlevées sonne très vintage. Ballade très old-school du meilleur effet, dans laquelle la mère de Faythe demande à son fils Daryus de la suivre car elle suspecte sa liaison avec Gabriel. La fourbe!

"Ravenskill"
Nous voilà maintenant dans le village des 2 frérots. Ambiance décontractée, très 'nature' (on entend même des gazouillis d'oiseaux au début du titre), avec un chant léger (notons encore une fois la réelle performance de James Labrie qui arrive à moduler sa voix pour chacun des personnages du récit, là où par exemple d'autres auraient fait intervenir des guests (dans les albums concept d'Avantasia p.ex.). C'est sur ce titre que les 2 futurs amants se rencontrent grace à Arhys et son fils.

"Chosen"
Piano (encore) délicat introduisant cette ballade dans laquelle nous est comptée la romance débutante de Faythe et Gabriel. (sortez les mouchoirs bandes de MFKs, vous ne pourrez pas rester insensibles à cette mélopée enchanteresse!).

"A tempting offer"
Introduction heavy, bien qu'elle comporte aussi du piano. Ce morceau raconte de façon brutale l'enlèvement de Xander par Daryus. Un des meilleurs titres, les 2 actes confondus. Final lent et majestueux (on attend la suite...)

"Digital discord"
Encore une incursion des NOMACS, brève mais donnant un côté un peu flippant...

"The X-aspect"
Toujours ce piano entêtant et machiavéliquement séduisant il faut bien le reconnaître. Morceau évoquant un Arhys torturé entre son désir de récupérer son fils et de ne pas trahir son frère...Orgue Hammond magnifique. Et que dire encore du chanteur? Performance digne des plus grands assurément. Le final avec une cornemuse plaintive rajoute au côté mélodramatique une touche exotique du meilleur effet.

"A new beginning"
Titre heavy approchant les 8 minutes (!) est un chef d'oeuvre de rock progressif à lui tout seul. Dans ce morceau à l'histoire complexe, Faythe essaie de convaincre son père se laisser Gabriel et sa musique, mais on sent que l'empereur va essayer d'utiliser sa fille pour servir ses propres desseins. Notons sur le plan musical que Petrucci place ici le plus long solo de gratte de l'EP et qu'il vaut le détour!

"The road to revolution"
Gabriel et Faythe décide de rencontrer l'empereur à l'amphithéâtre Heaven's Cove, car dans cet endroit Gabriel pourra faire état de son art musical en complète harmonie avec l'univers. Faythe accepte de participer avec lui dans le but de convaincre sa famille. Ce morceau est assez complexe dans sa trame mais assez addictif après quelques écoutes attentives.

"2285 Entr'acte"
Ce titre instrumental 'festif' introduit le 2e acte. Un des morceaux les moins excitants à mon goût. Heureusement assez bref.

"Moment of betrayal"
Morceau un peu en décallage par rapport au reste du LP. Je dirai même qu'il est Dream Theateresque au sens le plus mauvais du terme, emphatique, lourd et assez pénible au final. Trop technique peut-être (cf. la gratte qui s'emballe en 2e partie de morceau). Bref vous l'aurez compris, un titre utile pour la trame de l'histoire, mais à la suffisance un peu pompeuse.

"Heaven's cove"
Nous voilà sur le lieu choisi par Gabriel. Ambiance un tantinet lugubre au début (on entend des spectres, ou des esprits de la nuit selon votre imagination). Guitare sèche en filigrane, puis apparition de choeurs et de cuivre. La légèreté ainsi mise en place (on se dit que l'on est au clair de lune, sous un ciel étoilé) va rapidement être lacérée de riffs distordus.

"Begin again"
Faythe comprend qu'avec Gabriel, c'est une nouvelle vie qui va démarrer. Ballade légère et sensuelle, cette ode mélodique à la candeur désuète est assez touchante, avec un chant sirupeux, relayé par des sons de cloches (on pense à Disney) en fin de morceau...

"The path that divides"
Retour au côté sombre de l'histoire avec una ambiance 'Hitchcockienne" introductive...C'est ici que Arhys qui voulait livrer son frère Gabriel change d'avis et décide de combattre Daryus pour récupérer son fils. Titre rapide, on sent les coups portés, les esquives, les assauts répétés entre les 2 protagonistes. Les épées s'entrechoquent en 2e partie de morceau, jusqu'au final tragique pour Arhys qui est tué par son adversaire.

"Machine chatter"
Encore un petit 'bridge' électronique des NOMACS, toujours présents en arrière fond musical.

"The walking shadow"
Xander arrive sur les lieux du crime et voit son père sans vie. Puis alors que Daryus veut tuer Xander, il est distrait par une ombre qui marche dans la nuit. Se disant qu'il s'agit probablement de Gabriel, il se cache, se jette sur lui et le tue. Il réalise trop tard sa méprise car ce n'est pas Gabriel qu'il vient de tuer, mais sa soeur Faythe. Oups la bourde!

"My last farewell"
Arrivée de Gabriel. Le rythme de la zike s'emballe, jusqu'au cri d'effroi final de Gabriel qui clôt le morceau.

"Losing Faythe"
Des sanglots sont entendus, et la voix plaintive de James raconte la détresse de Gabriel. Encore une ballade un peu mélo me direz-vous, mais faut bien suivre l'histoire les mecs! On peut pas jouer du thrash ou du death en pareille circonstance ou alors c'est que le metteur en scène a pété une durite! Sur ces entrefaits, l'empereur arrive sur la scène du crime, avec sa garde et constate les dégats...

"Whispers on the wind"
Nafaryus demande à Gabriel de chanter, car s'il est 'l'élu' sa voix pourra peut-être faire revenir sa fille à la vie. Mais Gabriel ne peut plus chanter car son cri, qui a rendu sourd son futur gendre, lui a aussi déchiré les cordes vocales...

"Hymn of a thousand voices"
Violon léger tout au long de ce titre. Choeurs et ambiance quasi religieuse, qui au final vont faire s'éveiller Faythe (miracle!). C'est donc bien lui Gabriel "The Astonishing"!

"Our new world"
Cela faisait un petit moment qu'au avait oublié la gratte électrique, et celle-ci (celle de Petrucci) revient donc en force sur ce morceau qui nous compte un avenir meilleur! Mais reste Xander qui a perdu son père. Qu'à cela ne tienne, Faythe et Gabriel vont l'adopter dans ce 'new world'. Ambiance très rock-prog bien sûr. On approche de la fin...

"Power down"
Et les NOMACS? On les avait oubliés ceux-là! Les revoici donc, et ils semblent un peu moins fringants. Ils s'éteignent en fin de titre, sur ordre de Nafaryus.

"Astonishing"
L'orchestre symphonique prend la main sur ce dernier morceau pour une intro grandiloquente à souhaits. Reprenant certains airs entendus tout au long du LP, ce morceau final nous explique que Nafaryus sera désormais gentil et que l'art, la musique et toutes les bonnes choses de la vie sont désormais réhabilitées dans son royaume. Les tambours résonnent, les flutes légères se font entendre, pour une apothéose terminale qui pourra irriter les vieux rockers s'ils n'ont pas adhéré à cette oeuvre magistrale. Car au final, je dois l'avouer, "The Astonishing" m'aura totalement conquis. Un album remarquable. En un mot un chef d'oeuvre du rock. CQFD.





2016 YIDHRA "Cult of bathory"

label: black voodoo rec.
style: stoner doom érotique
date de sortie: 14 janvier 2016
date de chronique: 11 mars 2016

[par Barjozo]



Ce groupe US de Los Angeles a sorti online fin 2015 ce petit EP-4 titres, disponible mi-janvier 2016.

Le style?
Un stoner-doom lancinant et aux mélodies entêtantes. Ambiances marquées par une rythmique lourde, mais associée à des riffs dont la légèreté contraste avec non seulement ce rythme mais également la voix, qui est rugueuse, reflet d'un abus de substances très probablement prohibées. Notons, que par moments (c'est la mode ces temps-ci) on pense à mister Ozzy (surtout sur les lamentations du 4e morceau)...
Le deuxième titre est un instrumental absolument diabolique, qui vous entraîne vers des ambiances du meilleur effet, sans tomber dans le déjà-entendu (risque élevé pour les groupes dits 'stoner'), ce qui est assez étonnant pour un groupe jeune et n'ayant produit qu'un seul LP par le passé ("Hexed", 9 titres parus en septembre 2013). Ce morceau ("Iron mountain"), est un véritable hymne stoner-doom épique, qui vaut à lui seul le détour.
Sur "The adversary", les zozos font preuve d'une approche mélodique intéressante avec un long break acoustique central que vient exploser une rythmique tribale...Cela donne un morceau tout en relief du meilleur effet pour le style.
Le 4e et dernier morceau est on ne peu plus classique dans sa texture, évoquant un excellent hard-rock vintage.

Un petit mot sur la pochette d'un érotisme torride, limite malsain, associant une plantureuse pin-up aux formes avantageuses tout en rondeurs (miam-miam), et un crâne posé sur ce qui doit être une sorte de guéridon permettant d'appeler les esprits (du doom of course!). En cela, le site web du groupe nous rappelle que leur patronyme Yidhra, est tiré de l'oeuvre de H.P. Lovecraft, dans laquelle elle représente une sorcière ('the dream witch').

Encore un groupe à suivre...





2016 ANTHRAX "For all kings"

label: nuclear blast rec.
style: thrash US canal historique
date de sortie: 26 février 2016
date de chronique: 5 mars 2016

[par Barjozo]



Les thrashers de la côte Est des USA sont de retour en 2016 avec leur 11e LP, après un excellent " Worship music" paru en 2011 et ayant signé un magnifique retour sur le devant de la scène.

"For all kings" démarre assez lentement avec "You gotta believe" et son intro solennelle avec des cuivres et un côté un peu mélo..avant que la grosse caisse ne laisse la place à des choeurs de stades et rapidement des vrombissements de 6 cordes et une attaque speed/thrash en règle. Ouf! C'est parti pour un bon titre thrashy et bien rythmé..."You gotta believe...in hell...the holy hell...you gotta believe...in me!".
"Monster at the end", 2e titre, propose un tempo assez lourd avec un refrain accrocheur du meilleur effet, la guitare étant toujours inspirée. "For all kings" sent bon la chanson 'épique' avec l'intro basée sur le refrain (Belladonna en forme) et rapidement les drums martelés par Charlie Benante, puis la basse claquante de Franck Bello (un peu la 'marque de fabrique' de la maison faut bien dire). Dès ce deuxième titre, on sait qu'on est en possession d'un bon album, carré, rythmé, contenant des refrains intéressants, des breaks bien trouvés, en bref de bons titres tout simplement!

Ce n'est pas "Breathing lightning" reprenant un tempo assez classique des new-yorkais, et ce son de basse (..toujours) qui pourra démentir cette première (bonne) impression! Enchaînement sur "Suzerain" qui vous entraîne vers des contrées speed-metal émaillées de breaks subtils, sur une ligne rythmique saccadée et franchement assez addictive, 'nothing is over!!!!', avec un solo intéressant. "Evil twin" vient ensuite, toujours bien rythmé, avant que le rythme ne ralentisse sur "Blood eagle wings", morceau de près de 8 minutes qui va vous entraîner vers une sorte de transe intense pour afficionados du genre des plus excitantes, en particulier avec ses ruptures de tempos, ses envolées de gratte majestueuses et son final calme. Un des morceaux les plus réussis de la galette!

Les 4 derniers morceaux finiront de vous convaincre que les vieux thrashers d'Anthrax sont en forme et ont une inspiration digne de leurs débuts. Certains pourront dire qu'ils n'ont pas pris de risque et sont restés en territoire connu, mais ce qu'on demande à Anthrax c'est de nous pondre du Anthrax!
Allez! Après The Cult, encore un 'vieux' groupe qui nous délivre un très bon LP en 2016 et c'est pas moi qui vais cracher dans la soupe...





2016 The CULT "Hidden city"

label: cooking vinyl rec.
style: Rock
date de sortie: 5 février 2016
date de chronique: 8 février 2016

[par Barjozo]



The Cult. Groupe anglais mythique et malgré cela si mal connu.
Le guitar-hero Bill Duffy a 16 ans quand il débute dans le groupe The Nosebleeds en 1977, avec le chanteur Stephen Morissey, futur leader de The Smiths. C'est même lui qui présenta à Morissey son futur guitariste, le talentueux Johnny Marr. En 1981 Duffy intègre le groupe Theatre of Hate, avec lequel il fera une tournée en première partie de The Clash. C'est à cette époque qu'il rencontre Ian Astbury qui officie alors dans Southern Death Cult. Les 2 compères décident de monter leur groupe et optent pour le patronyme de Death Cult qui devint rapidement The Cult.
The Cult est donc officiellement lancé en 1983 par Astbury (21 ans) et Duffy (22 ans). Jusqu'en 1995, date de leur split, les 2 leaders vont voir graviter autour d'eux de nombreux autres musicos. Ils sortiront successivement "Dreamtime" (1984), "Love" (1985), "Electric" (1987, ré-édité en 2013 sous le nom "Electric/Peace"), "Sonic temple" (1989), "Ceremony" (1991) et "The Cult" (1994).
En 1999, Ian et Billy se rappellent à leurs bons souvenirs et décident de relancer The Cult. cela aboutira à "Beyond good & evil" (2001). C'est à cette même époque qu'Astbury accepte l'offre de The Doors qui cherchent un chanteur charismatique pouvant remplacer Jim Morisson sur une tournée...Chacun s'en retourne alors à ses occupations personnelles jusqu'en 2006 qui les voit de nouveau travailler ensemble ce qui donnera "Born into this" (2007). Suivirent de nombreux gigs (premières parties de The Who entre autres) et participations à plusieurs tournées. De nouveau en studio en 2011, ils profitent des festivals d'été pour passer à Clisson (Hellfest 2011) avant de proposer leur 9e album en 2012 ("Choice of weapon").

En 2016 The Cult propose son 10e effort studio, si on exclut bien sûr tous les 'best of', et autres ré-éditions, sans aucun 'live' officiel à ce jour. "Hidden city" est produit par Bob Rock, que l'on ne présente plus sur ce site...
La galette démarre de la meilleure des manières avec un rythme tribal sur "Dark energy". Morceau qui après quelques secondes d'écoute induit invariablement chez le fan un hochement de tête saccadé approbateur couplé à un rictus facial incurvé vers le haut et s'apparentant à une banane. Le groove se dégageant de ce titre est absolument diabolique, alimenté par une guitare au swing précis: on en apprécie alors la dénomination car cette 'noire énergie' ne peut qu'être mue par des volutes de fumée hallucinogène et une tendance mélancolique assez prononcée.

"No love lost", deuxième titre démarre plus lentement, la voix de bariton d'Astbury vous collant des frissons après l'intro. Refrain enlevé, guitares bien allumées, et des accents orientaux dont on se souvient qu'ils firent les beaux jours du groupe dans les années 80 ("She sells sanctuary" p.ex.). Mais n'allez pas croire qu'ils font du nouveau avec de vieilles recettes car ce morceau n'évoque aucun autre titre, simplement une sorte de 'marque' The Cult. Excellent.

C'est ainsi qu'on arrive à un morceau plus léger, "Dance the night". Breaks langoureux, rythmique bien cadencée, refrain accrocheur et riff qui tue. Une science de l'écriture à la fois simple et malgré tout ultra-sophistiquée pour un morceau dont l'originalité n'est pourtant pas le point fort.
Le ton s'assagit ensuite avec "In blood", ballade langoureuse et "Birds of paradise", à la mélodie brillante (quel final au piano..) sur laquelle Astbury nous gratifie d'une nouvelle facette de son chant polychrome.

Attardons-nous un peu plus sur "Hinterland" et "G O A T". Alors là, vous allez prendre une claque sonore qui va marquer vos tympans pour longtemps. Le son est brut, rugueux, en particulier la 6 cordes dont on a l'impression qu'elle entre en transe. Cette guitare, une Gretsch White Falcon qui est devenue LA guitare associée à Billy Duffy, qui en a même une fabriquée à son nom: la Gretsch G7593T Billy Duffy Falcon, excusez du peu! Même si le rugissement de cette gratte survole ces 2 morceaux, on rendra aussi grâce aux parties rythmiques (les frappes lourdes du batteur John Tempesta et le groove de basse ronflante de Chris Chaney [Jane's Addiction], qui a assuré l'intérim le temps que Grant Fitzpatrik prenne le relais à la suite du départ de Chris Wyse, qui officiait sur "Choice of weapon") et bien sûr à la tessiture de la voix d'Astbury qui passe de la complainte nonchalante aux mugissements féroces et sauvages. Ceci pourrait nous asservir à cette musique, nous rendre dépendant, nous mutiler à vie sur le plan auditif si on n'y prend pas garde. Il faudra donc éviter de trop écouter ces titres à moins de risquer d'y perdre un peu de son âme musicale...

"Deeply ordered chaos" s'avère être la pièce la plus complexe de l'oeuvre. Orchestration millimétrée (on sent qu'ici Bob Rock a du être d'un grand secours aux manettes!) pour une atmosphère soufflant un peu le mélo-dramatique. Faut aimer. Je préfère les titres plus classic-rock, mais il n'y a rien à redire là encore sur l'écriture et l'exécution. Du grand art.
"Avalanche of light" semble reprendre à son compte le fil conducteur de la lumière, débuté sur "Born into this" avec le titre "Tiger in the sun", et brillamment précédé par "Elemental light" en 2012 sur "Choice of weapon". Morceau rapide et aux riffs acérés, comme un rayon de soleil brut et puissant dont au final il faut se méfier de la potentielle brûlure...L'enchaînement sur "Lilies" ralentit le tempo pour une composition assez classique, toujours très bien ficelée.
"Heathens" est ensuite le dernier titre rythmé, parcouru de sonorités électriques avec un Duffy inspiré, car "Sound & fury" referme le LP de façon calme, comme son titre ne le laisse nullement présager. Titre sur lequel Astbury joue les crooners de fin de soirée, accompagné d'un piano qui le temps d'une escapade mélancolique a pris la place de la rythmique classique basse/drums.

Au foot le numéro 10 est souvent le meneur de jeu, celui vers qui tout le monde se retourne que ce soit dans la joie ou la panique. Et bien ce 10e album de The Cult, est sûrement un aboutissement, une pierre angulaire dans la carrière des anglais. On ne peut rien reprocher à cette galette et chacun pourra se l'approprier comme il l'entend. Disque aboutit, "Hidden city" ne pourra que figurer en bonne place quand il faudra faire le bilan des sorties de 2016. De The Cult on reparlera d'ici là c'est certain...

PS. Il paraît que la Clisson-team recherche une tête d'affiche pour le samedi soir (Hellfest 2016). Pourquoi pas The Cult? -Allez monsieur Ben, ça aurait de la gueule! Non?





2016 HAG "Fear of Man"

label: DNAWOT rec.
style: european heavy-psyche-rock
date de sortie: 7 janvier 2016
date de chronique: 1er février 2016

[par Barjozo]



'A hag' est une vieille sorcière en anglais, et celle qui nous propose cet opus semble méchante et mysanthrope (d'où le titre de la galette dont on va causer ici, 'Fear of Man'). Son corps est composé de 3 parties, d'origines diverses puisque Tom (batterie), Robin (basse) et Ian (vocaux et guitare) bien que basés à Londres viennent des quatre (trois?) coins de l'Europe (Angleterre, Hongrie et Suède). "Fear of man" est leur premier LP, après un EP publié il y a 5 ou 6 ans...

Son âme musicale est puissante, racée, mêlant des influences heavy, psyché, stoner et parfois même thrash. Le groupe a baptisé son style: 'eagle-metal'. Ne me demandez pas pourquoi!
Si le premier morceau a un peu de mal à démarrer (à vrai dire, ce premier titre est un peu foutraque voir lourdingue, très 'noisy'), le turbo est mis dès "Kingdom O" deuxième morceau qui est bien speed et dont l'énergie positive ne pourra pas vous laisser indifférents. Idem pour l'enchaînement sur "Rainbow dust" qui s'inscrit dans la même lignée avec un tempo rapide et addictif au fil des écoutes. On peut dire ici que ce LP commence à nous "HAG"-griper [facile].

Quand "Trauma yauma" s'éclate tel un TGV lancé à toute berzingue dans vos écouteurs, on ne donne alors pas cher de vos tympans au final, à moins que vous ne connaissiez un bon otorhyno...(ok je peux vous en indiquer un bon si vous insistez). Mais avouez que ce titre, c'est de la dynamite! Sauf la fin assez bizarre, avec son côté martial. Sur "Low" qui vient ensuite on a droit à un véritable décalaminage en règle à la basse-tronçonneuse dopée à la nitroglycérine, à moins que ce ne soit la fameuse sorcière qui n'ait fait boire au bassiste une mixture diabolique tirée d'un vieux grimoire poussiéreux...Sur ce morceau aussi, on peut dire que question rythme Hag s'y connaît et reste "HAG"-ressif [facile-bis].

"Metal detector man" continue le ramonage en règle de vos canaux auditifs non pas à l'aide de coton-tiges douillets, mais avec des bouts de féraille hérissée de crochets. Pourtant, on peut avoir un peu de mal à aller jusqu'au bout des presque 7 minutes de ce titre. Il faut alors (hé! hé! hé!), s'"HAG"-ripper [moins facile celle-là..]. Pareil pour les 3'51 de "White lion" qui peine à nous "HAG"-rémenter de nouvelles harmonies, avec un petit côté répétitif assez dés-"HAG"-réable au final [pas mal non?].

Je vous passe les 2 derniers morceaux qui finissent l'opus dans le même style...On attendra le 2e LP en espérant que les orientations musicales du groupe s'"HAG"-randissent pour éviter que le style ne finisse par s'"HAG"-graver et qu'au fil du temps ce genre de chronique ne devienne totalement "HAG"-ramaticale et ne finisse dans une rubrique "HAG"-ricole complètement dès-"HAG"-régée [ouf !].





2016 BRIMSTONE COVEN "Black magic"

label: metal blade rec.
style: heavy-rock version vintage
date de sortie: 29 janvier 2016
date de chronique: 31 janvier 2016

[par Barjozo]



C'est parti pour 2016, et on démarre sur les jantes avec ce 2e effort studio des américains de Brimstone Coven (Wheeling, West Virginia, USA).
Ces 4 musicos ont certainement été bercés trop près des haut-parleurs des chaînes hi-fi de leurs parents et celles-ci devaient très certainement déverser des flots de décibels rock version heavy des années 60/70ies. En effet, ce groupe à l'instar de pas mal d'autres en ce moment (p.ex. Kadavar ou Rival Sons pour ceux qui ont été bien notés dernièrement sur ce site) nous renvoie non pas à nos chères études (ça serait un tantinet mal vu), mais à nos chers groupes ayant marqué l'Histoire du métal, du Rock gras et poisseux matiné de Mélodies bien onctueuses (au hasard Balthazard on pourra citer pêle-mêle le Sabbath Noir bien sûr, mais aussi le majestueux Dirigeable anglais, ou d'autres de l'époque).

A l'écoute de cet album on ne recherchera donc pas une originalité débridée, mais plutôt un sens correct de la composition, pour des titres oscillants entre rock pur et véritable doom (donc une sorte de revival des années 70s). Ainsi, "Black magic" qui ouvre le LP sent à plein nez le rock vintage que ce soit dans le rythme, la structure du morceau ou même les soli de gratte qui bien que très bien exécutés, ne sont pas sans nous donner une impression de 'déjà entendu'. Tout cela n'est pas désagréable au final et on laissera aisément les morceaux défiler sans problème...

Petite mention pour "As we fall" qui est une ballade langoureuse à la guitare sèche, agréable à écouter avec un petit solo de guitare électrique bien amené, suivi de "Upon the mountain" et sa rythmique pachydermique, lorgnant du côté du doom sus-cité avec une voix incantatoire, nous entraînant vers une sorte de messe noire pour initiés (Sabbath, Sabbath, Sabbath...).

On ne s'attardera donc pas sur ce LP. Il nous permet pourtant d'aborder 2016 de bonne manière, tout en espérant que les futures sorties sauront nous exciter un peu plus!








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