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Cette année:


- le 28 janvier 2017, Geoff Nicholls, l'ancien claviériste de Black Sabbath meurt d'un cancer du poumon à 68 ans.
- décès d'un des pères fondateurs du rock Chuck Berry le 18 mars 2017.
- alors que GRANDADDY vient de faire un excellent retour, son bassiste Kevin Garcia meurt à 41 ans le 3 mai d'un AVC massif...
- le 17 mai décès d'une des plus belle voix du rock, Chris Cornell (Soundgarden) à 52 ans (suicide).
- Chester Bennington le chanteur de Linkin Park se suicide le 20 juillet à l'âge de 41 ans.




Actuellement il y a 38 chroniques écrites pour 2017...

Notation visuelle (pour les pressés):
: à chier ! : moyen : bon
: excellent : fantastique !





2017 The MIDNIGHT GHOST TRAIN "Cypress Ave."

label: Napalm records
style: stoner 'roots' et funky
date de sortie: 28 juillet 2017
date de chronique: 17 août 2017

[par Barjozo]



A l'extérieur le vent sec fait tourbillonner la poussière en rendant la chaleur encore plus difficile à supporter dans ce désert aride et hostile. A travers la vitre sale et jaunie, on distingue les derniers rayons rasants du soleil. Les premières vastes zones d'ombre projetées au sol n'attendent que le coucher de l'astre du jour pour laisser place à la nuit noire. Après une introduction légère, "Tonight" retentit comme un cri d'effroi éructé puissamment par un Steve Moss en transe, lançant ainsi son train fantôme à l'assaut des ténèbres de la façon la plus rock qui soit.

Furibond et incontrolable, la machine stoner/heavy/rock propulse ensuite un fuzz rutilant et vrombissant sur l'assemblée réunie. La ligne de basse de ce deuxième morceau à la mélodie implacable va hypnotiser l'auditeur et le transformer en une sorte de "Red eye junkie queen". Après une telle entrée en matière, le trio originaire du Kansas vous propose de se désaltérer un peu avec un bon vieux bourbon de 20 ans d'âge afin d'éviter l'apoplexie auditive ("Glenn's promise"): mais le contraste saisissant entre cette fraîche liqueur et la brûlure qu'elle induit tout le long de votre tube digestif vous ramènera vite à la réalité pour un troisième titre absolument addictif et voluptueux.

Dans sa folle cavalcade émaillée de sifflements stridents et de fumée acre notre train fantôme repart ensuite de plus belle et tente de nous écraser à défaut de nous entérer profondément dans ce désert inhospitalier ("Bury me deep") tout en furetant ça et là à la recherche de notre moi profond le plus intime tel un psychanalyste tentant d'exorciser son patient ("The watcher's nest").

A ce stade du voyage, on se dit que le retour sera difficile! Quelle galette inspirée pour l'amateur de rock un peu nerveux!

C'est alors qu'une acalmie survient au milieu de ce déluge de rock en fusion. "Break my love" a tout du blues ancestral et associe une voix rocailleuse à un groove bien calibré. Jusque là rien d'extraordinaire dans le genre. Pourtant, le titre qui suit va confirmer l'orientation de cette deuxième partie du CD: "Lemon trees" reste ainsi toujours tranquille dans un style léger, limite pop même si le final ne manque pas de relief...On se dit alors que le train fantôme nous réserve quelque surprenantes incartades en dehors de son univers stoner.

Confirmation sur un "Boogie down" au style plutôt... étonnant! Jugez plutôt: cuivres jazzy, rythme smoothy, et voix...rappée (en l'occurrence celle de Sonny Cheeba rapper de Camp Ho, combo originaire du Bronx [New York City]). Ce grand écart stylistique va irriter plus d'un adepte du stoner pur et dur, mais il a le mérite de montrer que nos musiciens sont aux commandes d'une locomotive magnable et n'ayant pas peur de faire preuve d'audace! Alors ok d'aucuns diront que le train a déraillé, qu'il manque de charbon dans le moteur, ou qu'il a coulé une bielle et ils auront peut-être raison...Surtout que la suite est un peu trop calme à mon goût avec quelques arrangements orchestraux sur "Black wave" un tantinet trop mollasson, comme l'est aussi "I cant let you go" qui clôt l'album, précédé heureusement par un titre bien ciselé ("The echo"), nous renvoyant aux essences stoner primitives du combo.

Au total un album intéressant associant des ambiances déjà entendues chez ce groupe dans un passé récent (cf. leur splendide dernier opus "Cold was the ground" paru en 2015), mais également offrant d'autres rythmes plus inhabituels chez ce type de groupe témoignant d'une prise de risque qu'il faut saluer et encourager.
Un train fantôme à suivre...pour ne pas rater son prochain passage à quai!
Tchou Tchooouuuu!!!!!





2017 GEEZER "Psychoriffadelia"

label: kozmik/artifactz Bilocation rec.
style: stoner
date de sortie: juillet 2017
date de chronique: 15 août 2017

[par Barjozo]



Geezer est un super combo US originaire de Kingston dans l'état de New York dont j'ai déjà pu vous parler dans les chroniques de leurs précédents efforts studio: "Gage" EP paru en 2015 et l'album sans titre sorti en 2016.

Le trio propose ici un album hybride enregistré sur des jam-sessions en version quasi live. Cela donne une trentaine de minutes de zike en 5 titres...

L'album démarre plutôt de façon bancale avec une reprise archi-connue, celle de "Hair of the dog" de Nazareth. Si le riff central bien cadencé est excellemment joué, on peut logiquement se demander ce que vient faire ce morceau d'entrée de jeu? Mauvaise inspiration. Il aurait été plus inspiré de le placer en fin de galette car le manque de notoriété du groupe devrait l'inciter à mettre en avant ses propres compositions. Soit.

Vient ensuite "Stressknots" et son groovy boogie bien grassouillet et rassurant pour les fans, avant la perle de cette galette: le titre éponyme "Psychoriffadelia" (respirez...) et ses 10 minutes (soit le tiers de la durée totale du CD). Morceau instrumental absolument splendide débutant langoureusement et sur lequel Pat Harrington va de façon inspirée nous délivrer de belles plages de grattes pour une ambiance chaude et voluptueuse. Titre qui devrait casser la baraque en concert car propice à tous les dérapages, contrôlés ou non, question fuzZz!

Quatrième morceau, "Red hook" va vous emmener dans un univers musical psychédélique à fortes effluves orientales. Ca pue l'encens et aussi le chichon, alors que les vocaux se font calmes et presque normaux. Un titre langoureux, au spleen contagieux.

Pour refermer ce petit CD on va avoir droit à un long titre de plus de 13 minutes avec "Dirty Penny" dont l'introduction remet tout le monde d'accord, le groupe au final repartant dans ce qu'il sait faire de mieux, un proto-doom au groove monstrueux vous laminant les tympans, et plus si vous n'êtes pas à jeûn! Les 7 dernières minutes semblent vraiment prises 'on air' sans overdubs ni retouches, un petit bijou d'improvisations ou presque.

En conclusion, Geezer propose un petit opus mi-figue mi-raisin (en plus c'est la saison!) mais qui m'a un peu laissé sur ma faim, mais pas la fin, enfin, attendons le prochain véritable LP pour définitivement adouber ce groupe à l'énorme potentiel.





2017 ARCADE FIRE "Everything now"

label: Sonovox records
style: pop rock poussive
date de sortie: 28 juillet 2017
date de chronique: 9 août 2017

[par Barjozo]



Cinquième album studio pour les canadiens francophiles. Disponible intégralement sur Youtube à la date de sa sortie, et précédé d'une intense campagne de pub tous azimuts. Même les abonnés du Figaro comme aurait dit "mister Renard" auront eu droit à une jolie kro de la galette qu'ils pourront donc ainsi s'écouter en lisant les fluctuations du CAC40, les rodomontades des cols blancs encravatés estampillés MEDEF ou les éditoriaux suffisants d'experts autoproclamés es-economia.

"Everything now" confirme la lente descente aux Enfers d'un combo qui n'aura pas su tirer avantage d'un début de carrière mirifique. Autant "Funeral" aura littéralement su distiller un indie rock classieux et frais lors de sa sortie en 2005, ce que confirmeront plus tard un plus sombre "Neon bible" et un (déjà plus) léger "The Suburbs", autant l'évolution prise dernièrement sur leur précédent opus "Reflektor" (2013) laissait présager d'une perte d'élan créatif par un côté besogneux pénible tentant de racler quelques effets mélodiques deci (disco, années 80) delà (new wave, années 90) en semblant au final se perdre dans un labyrinthe musical impossible.

Franchement pourquoi tant de relents disco? -"Everything now" et ses "lah, lah, lah" vomis jusqu'à l'écoeurement, "Signs of life" ou "Put your money on me" et leurs boucles/samples répétées là aussi dans un but mélodique mais qui à terme se révellent complètement rébarbatives et indigestes! Le côté dance induit par la production d'un Daft Punk (Thomas Banglater) porté aux nues par la médiatocratie biberonnée aux fake news des agences de presse transnationales n'a également aucune réelle intention novatrice en se contentant de quelques accords binaires moult fois entendus ailleurs et totalement indignes d'un tel groupe. Comme a pu le dire leur leader Win Butler (non sans ironie car le bougre sait y faire avec l'intelligentsia dominante) "peut-être s'agit-il d'une sorte de 'passage à vide' mis en musique dans un monde hyperformaté déliquescent". En atteste un cruel "Peter Pan" dont le côté aérien (induit, rappelons-le par la fée Clochette) a complètement disparu ici en laissant place à un rythme lourd et visqueux, comme si notre héro avait trop abusé de bières et de pizzas...

Gageons qu'Arcade Fire puisse ratisser large avec cet album facile autorisant les passages radios intensifs et les jouissifs cris d'orfraies de critiques schizencéphaliques nonobstant de baigner dans un autosatisfecit complaisant. Alors, les dollars qu'ils soient canadiens ou autres tomberont facilement dans l'escarcelle des musiciens ce qui signifira qu'ils auront bien su profiter du Systême.
Mais à vendre son âme au diable on risque se damner à jamais...Espérons qu'Arcade Fire saura s'éloigner promptement à l'avenir du souffle chaud et humide de Cerbère, garant puissant de l'inviolabilité des portes des Enfers car n'est pas Héraclès qui veut!





2017 JANE'S ADDICTION "Ritual de lo Habitual: alive at Twenty Five"

label: Cleopatra records
style: rock fusion 'alternatif'
date de sortie: 4 août 2017
date de chronique: 8 août 2017

[par Barjozo]



Deuxième LP des américains de Los Angeles, "Ritual de lo habitual" est sorti en 1990, en pleine vague grunge et babillements stoner. Dire que cet LP a marqué ma CDthèque est un doux euphémisme tant la claque reçue à l'époque m'avait sacrément chauffé les oreilles! Petite bombe de rock mâtinée d'essences orientales et sud-américaines au gros son US bien pêchu, le rock 'fuzZzion' alternatif du quatuor sur cette galette n'a pas pris une ride et telles les bonnes cuvées a su se bonifier avec le temps.

Ce n'est donc pas une surprise de voir la sortie d'un live reprenant l'intégralité de l'album originel (les 9 morceaux dans l'ordre, +4 autres titres) car en 2017 tout semble bon pour récolter quelques dollars supplémentaires. Si la tentative est artistiquement réussie on pourra alors encenser les musicos, mais à l'inverse si elle échoue à nous captiver musicalement on pourra décrier les zozos en les désignant à la vindicte publique des chroniqueurs zélés de tous les horizons du net à l'ensemble des réseaux sociaux!

Commençons par ce qui fache!
Premier écueil: de 1990 à 2017 cela fait 27 si on compte bien...Las, cet enregistrement date déjà puisqu'il s'agit du live retraçant un set donné le 30 mai 2015 au 'California s irvine Meadows Amphitheatre' (détruit depuis {sic}) et qui fait également l'objet d'une commercialisation sous la forme d'un DVD. Notons aussi que la pochette fait état d'un curieux "2016 Silver Spoon Anniversary tour" et on comprendra que les dates sont un peu le cadet des soucis des zozos. Autre écueil le quatuor original n'a pas été réanimé puisque la basse est tenue par Chris Chaney en remplacement d'Eric Avery (parti avec Tex, lol). Les trois autres restant Perry Farrell, et sa tessiture de voix si particulière, Dave Navarro, le tatoué guitariste un temps recruté par les Red Hot Chili Peppers, et le batteur branché sur secteur Stephen Perkins.

Pour qui ne connaîtrait pas Jane's Addiction rappelons que sa carrière fut marquée par des débuts tonitruants avec leur premier album sans titre (1987) mais aussi et surtout ses deux successeurs "Nothing's shocking" (et sa fameuse pochette des siamoises nues, paru en 1988) et donc "Ritual de lo habitual" en 1990. Malheureusement il semble que ce soient des problèmes de drogue qui ont été à l'origine du split du groupe courant 1991, en pleine ascension vers la gloire...L'album qui suivit ne parut qu'en 2003 ("Strays") alors que dans l'intervalle Farrell et Perkins avaient monté Porno For Pyros, Navarro s'en allant proposer ses services aux Red Hot. Pourtant ce nouveau départ ne fut qu'un bref feu de paille puisqu'un an plus tard, Jane's Addiction se séparait une deuxième fois au grand dam de ses fans.
Leur 4e LP studio (et dernier à ce jour) sortit en 2011 sous le titre "The Great Escape Artist" après un bref passage de Duff McKagan (GNR) en son sein.

Etant donné l'instabilité génétique constitutionnelle de ce groupe, autant vous dire qu'en juin 2016 il ne fallait pas rater leur set du Hellfest sous la cultissime tente de la Valley, chose que j'ai pu vous relater de façon enjouée à l'époque (chronique live de Jane's Addiction, dimanche 19 juin 2016) dans le cadre d'une soirée qui restera marquée dans les annales barjoziennes.

Mais revenons à ce live. Pas de suspens pour la note finale qui selon moi doit se situer dans le quart supérieur. La production est correcte et le son sympathique. L'introduction avec la diatribe hispanisante rappelle celle de l'album, et c'est parti pour les 9 titres de la galette de 1990, joués dans le même ordre et avec fougue en particulier pour les premiers morceaux ("Stop", "No one's leaving", "Aint no right", "Obvious" et "Been caught stealing"). La voix est toujours aussi spéciale, Farrell semblant en permanence à la peine mais ce n'est qu'une illusion car le bougre enchaîne les couplets sans jamais se rater! Navarro est en pleine forme et nous distille des soli rapides et funky, se rappelant au bon souvenir des Red Hot...La rythmique en arrière se défend bien, entichée de choeurs féminins.

Vient ensuite la partie la plus sensuelle du set avec les accords d'orchestration splendides de "Three days", chef d'oeuvre de l'album et sa composition complexe passant en revue toutes les possibilités du groupe dont un final jouissif heavy-grunge qui m'a toujours scotché. Vient ensuite une première incartade feutrée planante avec "What she did..." avant ce (toujours) merveilleux violon sur "Of course" et également sur "Classic girl". Mais pourquoi diable ont-ils donc fait l'impasse sur ces 2 titres à Clisson? F*ck!

En complément à ces 9 morceaux, les Jane's Addiction propose 4 autres titres dont 3 issus de "Nothing's shocking" ("Mountain song", "Ted, just admit it" et "jane says") et un de "Strays" ("Just because"). On retiendra surtout les très rentre-dedans "Mountain song" et son riff pachydermique, et "Just because" qui vous obligera à dodeliner de la tête tant son tempo est addictif. Comme à Clisson, le set se referme calmement mais non sans sensualité sur un "Jane says" acoustique et calme pour un final en forme de salutation distinguée.

Terminons cette kro en signalant que Jane's Addiction vient d'être selectionné aux côtés de Pearl Jam, Bad Brains, le MC5, Chic ou Depeche Mode pour l'élection au Rock N'Roll Hall of Fame's Class de 2017 (dont les résultats seront connus début décembre 2017). Même si cette distinction n'a qu'une valeur toute relative en dehors des States elle témoigne quand même de la notoriété de ce groupe au delà de l'estime que lui portent quelques fans français dont ma pomme...





2017 ALICE COOPER "Paranormal"

label: Earmusic
style: classic rock US
date de sortie: 28 juillet 2017
date de chronique: 7 août 2017

[par Franck and Furious]



Le grand talent d'Alice, c'est de rendre un titre banal, paranormal !
Ok intro facile ! Disons que pour moi Alice, c'est comme Ozzy ! Un vieux pote dont on n'a pas tous les disques, parce que pas ultra-fan, mais qu'on aime bien s'écouter de temps à autres. Aussi, je ne vous ferai pas une chronique d'expert, comparative avec ses anciennes productions. Mais on est loin de "Trash", disque à hits de Desmond child, disque utile dans sa discographie, justement pour avoir 2-3 hits dans sa besace pour fédérer aux concerts, mais loin de l'univers théâtral du coupeur de têtes. On ouvre ici du côté de l'esprit du début de sa carrière ...On a ici un disque 'simple' joyeux, limite esprit année 60, et surtout 70, avec un son moderne.

Mais ce qui fait le plus d'Alice, c'est cette voix éraillée flippante qui nous fait bien imaginer un personnage intrigant, avec sa pléthore de bons guitaristes qui plus-valuent (ça faisait longtemps que j'avais pas inventé un mot, mais on oeuvre ici dans l'anormal) des titres, pourtant ici maintes fois entendus.
Commençons par nous débarrasser des titres à guillotiner pour passer aux choses sérieuses : "Private public breakdown" et "Genuine american girl" (2/5) ! Titres esprit Beach Boys qui auraient pu être interprétés par nos chers chanteurs, artistes, fêtards de l'époque des yéyés comme notre illustre Antoine, avec une voix oxydée par une nuit de cocktails fortement alcoolisés. Alice ayant invité les membres d'origine, ceci expliquant partiellement cela. Oter donc ces 2 titres poussifs, sauf si vous êtes fan de ce type de chansons, et on obtient un album solide de 10 bons morceaux.

On pourrait aussi brûler "Dead flies" et "You and all of your friends" (3/5), mais ils font partis des chansons dispensables qu'on aime bien tout de même dans un album selon l'humeur du moment ; "You and all of your friends", étant de la même veine des 2 yéyé-songs, mais avec un côté un peu plus rock qui lui fait passer avec succès sur le fil, les terribles services de l'adoption de la DDASS. "Dead flies" me paraît davantage défendable, avec son côté destroy et fun, mais qui à la longue peut me faire ronfler aussi fort qu'un bourdonnement de vol de mouches ; titre qui aurait pu s'envoler vers un album des Hollywood Vampires, comme d'ailleurs un paquet de titres.

Car le reste est majoritairement inspiré de bons blues boogies rock'n roll. "Fireball" (4/5) est le plus hard de cette série boogie, avec ce gros son qui aurait pu sortir de l'album "Eliminator" de ZZ Top. On peut juste regretter cet effet sur la voix tout le long du titre, qui gâche un peu l'engouement, un peu c'est bien, tout le long, c'est moins bien. Mais les guitares vont venir gratter sévère sur ce bon rock qui tâche gras, et compenser cette petite faute.

"Fallen'in love" (5/5), qui bénéficie d'un chouette solo de Billy Gibbons, sort tout droit d'un ZZ top, passé au mixeur d'Alice. Morceau standard mais lustré à l'huile Coopérienne.
"Dynamite road" (4/5) porte bien son nom de dynamiteur, malgré un chant parlé, (dont le non-bilingue que je suis peut imaginer des paroles sensées) ; Dynamite qu'aurait bien fait péter aussi un Brian Setzer, notamment par son rythme très boogie et un solo rugeux.
On continue avec l'incendiaire "Holy water" (5/5), dans le boogie swing avec ce début de roulement de batterie tout droit sortie d'un jazz swing big band, et qui excitera les danseurs de Shim sham, puis ses cuivres bien rock, partis pour t'envoyer direct au milieu de la piste où tu sens que le danseur de boogie va s'enflammer sur un refrain des plus jouissifs, et s'éclater sur ce break typé Balboa (la danse), pour mieux éructer sur un solo incisif. le meilleur morceau de r'nr de l'album pour votre serviteur.

Le style Brian Setzer, revient au galop avec "Rats" (4/5) que Lemmy aurait aussi adoré chanter : un rock'n roll du diable, certes classique, mais rien n'est classique quand c'est du Alice, d'autant que là aussi on s'en prend plein les oreilles niveau solo, et on commence à jouir quand Bob Ezrin se met . MAiiiS NOOooon ... à baisser le son. On voit bien là, qu'Ezrin est davantage un producteur de prog que de r'nr. Crime de lèse majesté qu'il nous a fait là ! Grrrrrr .
En parlant de prog, "The sound of A" (5/5) est marqué du sceau du Pink floyd. Ecrite en 67, une ballade de toute beauté qui rappelle l'ambiance lourde de "The Wall", l'album. Tout comme "Paranoiac Personnality" (5/5), mid-tempo, hybride du Floyd avec son rythme martial, ses choeurs de gang, et d'un zest de mélodie entraînante à la "This Maniacs'in love with you" de l'album "Trash", sans le côté FM, et donc en plus machiavélique. Le tout avec encore un solo sec et efficace.

Le fan de Deep Purple que je suis oublierais presque l'opener "Paranormal" (4/5) avec Roger Glover en invité d'horreur, et à son honneur, une intro de roulement de cymbale rappelant celui de "Smoke on the Water". Un démarrage en douceur avec une mélodie vocale assez . scolaire, mais qui a quelque chose de BO de film western. L'échauffement s'accélère avec un final solo guitare des plus encourageant pour la suite de l'album, que vous envisagez donc désormais avec envie, j'espère.

Alice arrive donc à transformer un album de titres de hard blues rock boogies, au final assez convenus en un album au dessus du lot grâce donc, à sa voix, à la production d'Ezrin et des solistes bien nerveux, et donc grâce à cette part de magie, d'irrationnel, qui illustre les grands. Il paraît que c'est cela le paranormal !
Définition = terme utilisé pour qualifier un ensemble de phénomènes supposés qui ne sont ni observables, ni explicables scientifiquement.
Bah voilà, j'ai eu beau essayer d'expliquer pourquoi c'est mieux, il n'y a pas vraiment d'explication rationnelle en fait : c'est Alice !





2017 GOROD "Kiss the freak"

label: autoprod.
style: trash girondin
date de sortie: 1er juin 2017
date de chronique: 14 juillet 2017

[par Franck and Furious]



Marrant ! Alors qu'un forumeur m'annonça qu'il cherchait à découvrir l'AOR, parce qu'il saturait de metal extrême, je lui rétorquai, amusé, que je faisais à 46 ans, le chemin inverse, après avoir tété aux biberons de Bon Jovi, Europe et autre Journey. Aussi, si ma découverte récente sur ce genre méchant, ne fera pas de cette chronique une expertise brillante, il n'empêche que si je passe des bons aux brutes, je vais tacher de vous éviter les truands.

Les fidèles du site auront pu lire il y a quelques mois mon report du Hell'oween Fest, dans lequel je pris une monstrueuse claque par Gorod, que je découvrais donc par la même occasion. Alors ne croyez pas que je sois maso, mais cette baffe m'a envoûté.Parce que si dans la catégorie des méchants, il existe un paquet de groupe d'excellent niveau, ce sera avec la morve du débutant que j'avancerai autain et irrespectueux, que Gorod se situe dans le haut du menhir.

Qui aura vu et entendu sur scène un jour Gorod ne s'en remettra pas. Tant par sa puissance, mais surtout sa virtuosité hallucinante des 5 tueurs. Que ce soit le chanteur et les 2 guitaristes, jusqu'au batteur et un bassiste à la technique foudroyante. Ajoutez à cela une vitesse d'exécution à faire pâlir de jalousie Flash, il est clair que tout fan d'extrême se DOIT de voir le groupe un jour. Et si jamais vous étiez trop effrayé, mouarf, rassurez-vous ! Le groupe s'est amusé à jouer plus ''soft'' sur cet EP. Façon de parler. Car c'est dans l'optique d'une tournée avec des groupes de trash et speed metal, que le groupe s'est amusé à sortir quelques titres, dans cette même veine, tout en gardant leurs spécificités intactes. Ce sera donc un EP ''moins'' death que les albums précédents, et davantage accès trash donc. Le tout dans un état d'esprit fun et bon enfant. Que demande le peuple?

Alors, de l'AOR à l'extrême ou de l'extrême à l'AOR, peu importe le sens, du moment que ce soit du bon. Et là c'est du bon, donc quand c'est bon, c'est bon ! . c'est bon ?





2017 ARCADEA "S/T"

label: relapse rec.
style: metal-synth US
date de sortie: 16 juin 2017
date de chronique: 3 juillet 2017

[par Barjozo]



Les membres de Mastodon rivalisent de 'side-projects':
Gone is Gone pour Troy Sanders,
Giraffe Tongue Orchestra pour Brent Hinds,
et voici donc maintenant Arcadea pour Brann Dailor!
Cela leur permet certainement d'évacuer leur trop plein d'égo en évitant donc les remous qui pourraient avoir raison de leur groupe originel...

Arcadea c'est donc le batteur/chanteur Brann Dailor associé à 2 claviéristes (oui, vous avez bien lu) dénommés Core Atoms (Zruda pour ceux qui connaissent) et Raheem Amlani (Withered, Scarab pour les connaisseurs..). Exit donc toute guitare sur cet LP absolument bizarre à la première écoute, tant les drums sont au premier plan, enrobés de nappes de synthés, et la voix de Dailor pour compléter le tout.

Cela produit une musique non pas électronique, mais plutôt synthétique, alliée à la puissance heavy des vocaux de Dailor et de ses toms. Pas facile d'aborder un tel ovni musical car nos oreilles n'y sont pas habituées. Il faudra bien de la ténacité aux auditeurs pour ne pas sombrer dans une critique trop crue mais après tout peut-être est-ce l'avenir du metal à un horizon lointain (c'est d'ailleurs le concept de l'album qui décrit un monde futur dans lequel toute humanité aura péri, Arcadea représentant la seule expression humanoïde au milieu d'un univers totalement destroy; ambiance heroic-fantasy bien retranscrite dans le clip du single "Gas giant").

Ce sera donc aux kids de juger cette oeuvre borderline dont on ne sait pas si elle aura une descendance...Mais qu'importe la texture musicale pourvu qu'on ait l'ivresse mélodique metal au final!

à suivre!





2017 SIENA ROOT "A dream of lasting peace"

label: M.i.G. music
style: Heavy, Psychedelic & Dynamic Root Rock Music
date de sortie: 26 mai 2017
date de chronique: 10 juin 2017

[par Barjozo]



Voilà un disque intéressant d'un côté et vraiment rébarbatif de l'autre..

Siena Root distille un condensé de heavy rock à forte consonnance seventies (ah! cet orgue Hammond qui ferait se damner un saint...) et aux mélodies addictives surtout quand le rythme s'accélère (écoutez en priorité "Growing underground" qui posséde une intro absolument diabolique pour un groove ultime!).

Ces suédois sont originaires de Stockholm et en sont déjà à leur ... 6ème album studio! Leur site web nous apprend que le groupe a été fondé à la fin des années 90 et est considéré dans son pays comme un des pionniers dans le rock 'old school'. Composé de Sam Riffer (Bass), Love Forsberg (Percussions), Erik Petersson (Organ), Samuel Björö (Vocals) et Matte Gustavsson (Guitar), le groupe a même déjà sorti un double live en 2011 ("Root jam" paru chez Transubstans records un label suédois underground).

Leur musique vous renverra aux grandes heures des pachydermes du heavy Metal des années 70 (Purple, Whitesnake..) car l'orgue y est omniprésent pour le meilleur ("Tales of independance", "Outlander", "Growing underground") mais aussi le pire sur des ballades vraiment (vraiment) chiantissimes (le pénible "The piper wont let you stay" gagnant le ponpon).

La voix de Björö n'est pas sans rappeler par moment celle de Jay Buchanan (Rival Sons) dans ses intonations sans qu'il n'ait le potentiel énorme de ce dernier en terme de variations d'octaves. Il peut se targuer cependant d'avoir une tessiture mélodique intéressante.

Alors même si ce n'est pas l'album de l'année, vous pouvez y jeter une oreille après avoir écouté le dernier Purple, juste pour vous rappeler ce qu'était ce rock pourpre il y a 40 ans passés...;))





2017 INGLORIOUS "II"

label: Frontiers
style: hard-rock
date de sortie: 12 mai 2017
date de chronique: 8 juin 2017

[par Franck and Furious]



Nathan James a le vent en poupe : vainqueur d'un télé crochet, appelé par Uli Jon Roth, et une presse conquise devant un charisme puissant à la Russel Allen en version blond. Autant le dire de suite, je n'avais pas accroché à sa voix. Sorte de clone de Graham Bonnet en ''moins'' puissant et en moins chaleureux, ou d'un Jimmy Barnes en moins braillard. Ce chanteur me donnait surtout l'envie de réecouter les "Down to earth" de Rainbow et "Assault attack" de MSG, ou tout simplement le dernier GB Band sorti récemment, "The Book". Mais le temps passe, et il faut savoir laisser la place à la jeunesse. Aussi, je mets en ''off'' mon mode 'vieux con', et tente de retrouver le mode ''On'' du jeune puceau que je fus adolescent, et qui découvrit avec enthousiasme ce monde merveilleux du Hard rock.

Car il est clair que même si à l'instar de Ronnie Romero, il pêche un peu d'une tessiture vocale encore trop ''neutre'', le bonhomme a de la voix, dont la puissance sort du lot. Il nous délivre une prestation remarquable de bout en bout. Le point culminant sera la ballade "Making me pay", où on ressent ses influences envers un Glenn Hughes ou un Ray Gillen. L'autre jolie ballade "Faraway" démontre aussi une certaine soul, qui me fait croire à un potentiel encore à optimiser. Y a pas à dire le fantôme du trop tôt disparu Ray Gillen s'est glissé dans l'âme de Nathan James. Et c'est une sacrée bonne nouvelle.

D'autant que la musique est un vrai brûlot de Hard rock ! Les 12 titres nous régalent. Il serait mal approprié d'en détacher quelques uns, tant ils sont tous bons. Bien produits par Kevin Shirley, leur donnant toute la puissance nécessaire, ils rappellent un Koritni sans le côté Acédécien, MSG, ou plutôt le regretté groupe Badlands des Jake E Lee (Ozzy) et Ray Gillen (Black Sabbath, Phenomena), dont je vous recommande expressément le premier album.

Inglorious rend un brillant hommage à ses aînés et reprend avec inspiration un créneau du Hard rock pur, au final assez délaissé de nos jours. Et fera un sacré concurrent à Alter Bridge. Du coup, je regrette mon à priori de vieux bouc. Car après avoir dégusté cette pépite, j'irai courir découvrir leur première ouvre. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Ce second album est une merveille, et augure un fort potentiel pour l'avenir. Il me tarde donc de les voir au Hellfest. Pinaise ! J'ai rajeuni. Merci Inglorious. Probablement dans mon top10 de l'année.





2017 SAMSARA BLUES EXPERIMENT "One with the universe"

label: electric magic
style: stoner-prog-vintage neoclassique au dessus du lot
date de sortie: 12 mai 2017
date de chronique: 24 mai 2017

[par Barjozo]



Aux confins d'une galaxie musicale rock bigarrée et aux influences sensorielles mélodiques larges le trio allemand du Samsara Blues Experiment vous propose ici un voyage initiatique qui frôle la perfection. En 5 titres se déroulant sur 47 minutes Christian Peters (voice & guitar), Hans Eiselt (bass guitar) et Thomas Vedder (drums) vous entraînent dans un univers musical kaléidoscopique empreint tour à tour d'un psychédélisme Morrisonien ("Glorious daze" ou l'intro de "Vipassana" vous renverront aux grandes heures des Doors certainement en partie par la façon qu'a le chanteur de s'exprimer sur certains couplets), d'un blues classieux semblant sortir d'un vieux bar perdu dans le désert US (le démentiel "One with the universe"), ou d'un rock progressif pur et intense dans la lignée des orphèvres du genre ("Eastern sun and western moon").

Fondé en 2007, Samsara Blues Experiment en est ici à son quatrième travail studio...Le moins qu'on puisse dire c'est que leur maturité d'écriture n'a d'égal que leur inspiration ce qui aboutit à une remarquable fluidité des titres malgré leur longueur, associée à une maîtrise complète des instruments sur le plan technique (y compris quelques ajouts de synthé planant comme sur "Vipassana", le titre éponyme ou "Eastern sun and western moon"). La rythmique reste lourde et très heavy évoquant un bon stoner-rock des familles (de LA famille Kyuss) comme sur les passages hypnotisants de "One for the universe" ce même titre évoqué plus haut et son break central dingue (du blues, du blues, du blues!).

Il n'est guère besoin ici de faire une chronique interminable pour noyer le lecteur dans l'incertitude du chroniqueur indécis tant le niveau est élevé!
Mais attention!
Entrer en totale étroite adoration symbiotique d'une telle musique comporte le risque de développer une assuétude potentiellement délétère sur des cerveaux non préparés...Ce qui vous rendra dépendant..
Au moins vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus!





2017 PALLBEARER "Heartless"

label: nuclear blast
style: doom/prog
date de sortie: 24 mars 2017
date de chronique: 22 mai 2017

[par Barjozo]



J'avoue qu'avant de me lancer à l'écoute de cet opus de Pallbearer je ne connaissais pas ce quatuor américain (Little Rock, Arkansas) étant donc totalement passé à côté de leurs 2 premiers albums aux essences doom-prog marquées. Doom pour le côté lent, le rythme pachydermique voire sénatorial invitant à la procession, et prog pour la faculté à se lancer dans d'épiques envolées mélodiques peuplées de guitares planantes et de breaks improbables.

L'intro du CD sur "I saw the end" m'a bien accroché. Sans en faire des tonnes, les musiciens vous embarquent dans un drapé de rythmes mélodiques qui allient la quiétude d'un stoner-doom puissant en boucles répétitives nonchalantes et des passages polychromiques inspirés. Cela est encore plus nets sur "Thorns" le deuxième morceau et son break central calme, quasi baroque (qui fera évoquer aux anciens le fameux break de "Master of Puppets" des 4 Horsemen) brisé par un puissant riff et des vocaux incantatoires. L'enchaînement calme et langoureux sur "Lie of survival" est très réussi pour un splendide morceau léger et aérien dans sa première partie, puis semblant s'envelopper d'un brouillard épais en raison de la rythmique qui reprend le dessus ensuite.

La voix principale du guitariste-chanteur Brett Campbell est épaulée par celle du bassiste joseph D.Rowland ce qui permet d'avoir un crédo vocal tantôt haut perchée, tantôt mid-tempo à la limite de la justesse mais toujours en parfait équilibre avec les instruments (les 2 autres musiciens étant devin Holt à la gratte et mark Lierly aux fûts). Alors c'est vrai que par moment on reprochera aux morceaux de ne pas s'accélérer un tantinet pour nous permettre de tapoter du pied, mais le style du combo se veut orienté vers une esthétique hyper-léchée en dressant de multiples tableaux musicaux n'ayant que faire d'un style festif ou dansant. Ce côté planant fera parfois évoquer les Pink Floyd themselves comme sur "Dancing in madness" et ses 12 minutes irrésistibles dont une introduction à la gratte très gilmourienne (même si la suite s'en éloigne beaucoup de part la lourdeur de certaines parties surtout dans le dernier tiers).

Bloc monolithique "Heartless" ne saurait laisser l'auditeur indifférent. Comme le géant dont on discerne les formes dans la montagne centrale de l'artwork. L'ambiance musicale se déploie lentement tel un sludge proto-sismique dont on a le pressentiment qu'il va lentement aboutir à une explosion de metal en fusion, à une explosion volcanique qui à terme pourra libérer le colosse emprisonné dans les entrailles rocailleuses.
En 59 minutes et sept titres (quatre de plus de 8 minutes), ces jeunes américains confirment ici les excellentes dispositions que leurs 2 premiers opus laissaient entrevoir. Encore un groupe à suivre comme son patronyme invite à le faire d'ailleurs... ;)





2017 AT THE DRIVE-IN "In*ter a*li*a"

label: rise records
style: rock garage-psyché
date de sortie: 5 mai 2017
date de chronique: 20 mai 2017

[par Barjozo]



Voilà un combo tout récemment reconstitué (2016) après être resté quelques années en pseudo-hibernation (je dis pseudo car les musicos qui le composent sont tous par ailleurs occupés à d'autres affaires musicales..). D'At The Drive-In on se rappelle quelques riffs post- rock/garage de la fin des années 90/début du millénaire avant que leurs membres ne se (dé)membrent et s'en aillent fonder The Mars Volta ou encore Sparta, Butcherettes ou plus récemment Gone is Gone.

At The Drive-In se compose actuellement de:
-Omar Rodriguez-Lopez à la guitare (The Mars Volta..)
-Keeley Davis également à la guitare (seul nouveau membre ayant remplacé Jim Ward)(Sparta..)
-Cedric Bixler-Zavala au chant (The Mars Volta..)
-Tony Ajjar aux baguettes (Sparta..)
-Paul Hinojos à la basse.

Le style? Un retour pur et simple 20 ans en arrière dans la droite lignée de leurs débuts: du bon rock aux essences punk/garage, direct et sans détour faisant évoquer un taureau déboulant dans une arêne tête baissée (celui que j'aurais mis sur l'artwork à la place de la bestiole centrale dont on peine à reconnaître les traits) . Pourtant ne vous fiez pas à la première impression, la musicalité l'emporte au final et ce taureau saura esquiver les banderilles et autres coups de sape car si le rythme est rugueux et post- hardcore, les mélodies restent omniprésentes et se greffent dans votre cerveau. Ainsi des premiers accords bruitistes de "No wolf like the present" aux dernières notes de "Hostage stamps" vous allez être embarqués dans un univers chaotique au gré des compositions 'engagées' ("Governed by contagions", "Incurably innocent"..) de ces quadras à la maturité aboutie ("Titing at the univendor", "Ghost tape9" ou "Callbroken arrow").

Qui a dit que les reformations sentaient la naphtaline???





2017 SUPERSCREAM "The engine cries"

label: season of mist
style: heavy-world-rock
date de sortie: 5 mai 2017
date de chronique: 15 mai 2017

[par Barjozo]



De Superscream je n'avais plus entendu parler depuis leur premier et excellent essai paru en 2011 "Some strange heavy sound"...

Groupe originaire de Rouen, Superscream se compose actuellement de Eric Pariche au chant, Daniel Sminiac et Philippe Vermont à la guitare ce dernier étant le principal compositeur, Stéphane Lescarbotte à la basse et Martin Mabire aux baguettes.

Sur leur page Facebook le groupe revendique des sources d'inspiration multiples aux premiers rangs desquelles Dream Theater, Deep Purple, Metallica ou Rage Against the Machine...Vaste palette dont le premier album avait su fort habilement nous donner un bon aperçu. Mais depuis 2011 les normands étaient restés muets...Alors qu'en est-il de ce second album?

"The engine cries" débute par un petit morceau instrumental "d'ambiance", "Cubozoas' gossips" sans trop d'originalité et déjà entendu X fois par le passé. Mais bon, il faut bien une introduction (heureusement très brève) avant que n'arrive le véritable premier titre de la galette "Evil scream": rythmique tribale, quasi martiale, avant une première volée d'harpèges à la gratte pour un rythme alliant la puissance d'un style lorgnant vers le thrash historique des groupes de la côte Est des States, à la virtuosité d'un combo de prog-metal moderne. Le chanteur fait montre de très bonnes capacités de variation dans ses interventions même si les quelques cris dans les aigus sont un peu démodés...Mais au total première très bonne impression sensorielle!

Vient ensuite "The engine cries (Superscreamrise)" qui débute sur des bases rythmiques sautillantes et légères vite relayées là aussi par un déluge de sonorités mélodiques à la guitare, les intonations comme sur le premier LP ayant tendance à beaucoup lorgner vers une inspiration orientale tout en ondulation. Un titre savamment orchestré plein de breaks et d'idées mais qui pêche peut-être un peu par un trop-plein de notes (comme une fameuse réplique du film "Amadeus" de Milos Forman). Les 6'30 du morceau auraient gagné un peu en clarté à être scindées en 2 titres plus ramassés avec une impression finale un peu moins brouillonne. N'est pas Maiden qui veut pour se lancer dans des titres à rallonge sans lasser l'auditeur...

"Pandora" nous invite ensuite à une autre aventure musicale débutant très calmement, dans un style très rock-FM, avant de nous laisser plonger dans un baroud de cavalcades mélodiques réussies à la gratte car pleines de virtuosité. Puis c'est "Velvet cigarette" qui remet les gaz et le tempo sur un versant heavy-rock vintage avant que "Your necklace of bites" ne s'enlise dans une power-ballad longue et limite indigeste...

En deuxième partie de CD, "Ways out" poursuit l'exploration de contrées exotiques avec tout un tas de réminiscences mélodiques sentant bon l'Orient et ses effluves bigarrées. "Where's my mom" quant à lui est une sorte de joke-song sur lequel le chanteur s'essaie (brillamment) au chant guttural (Dave)-growlien, enchaînant non moins élégamment sur "Metal builders" sur lequel il reviendra vite à un chant clair et standardisé parallèlement à ses comparses tenant baguettes et médiators. Final sur "Insane god" dans un style prog-rock des plus classiques pour conclure un album qui n'évitera pas l'écueil du '2e album' moins réussi que leur magnifique "Some strange heavy sound" que je vous engage à aller (re)écouter...





2017 DEEP PURPLE "InFinite"

label: ear music
style: papy-heavy-rock pépère
date de sortie: 7 avril 2017
date de chronique: 15 mai 2017

[par Franck and Furious]



Un album qui part de l'infiniment petit vers l'infiniment grand !

''Nooonnn ! Poussez pas ! Je ne veux pas sauter ! '' comme on pourrait le hurler sur la plate-forme de son baptême de saut à l'élastique. Entre l'envie de sensations et de liberté, et la trouille de ce vide infini. Tel est mon dilemme pour chroniquer ce 20ème (et dernier?) album d'un des plus grand groupe du monde (le plus grand pour moi) dans l'exercice difficile de rester objectif quand on est fan depuis son adolescence. Difficile de ne pas céder à une certaine émotion liée à ce qui pourrait être la der des ders d'une aventure commencée il y a bientôt 50 ans pour le groupe, et une fan-attitude de plus de 32 ans pour votre serviteur.
D'autant que pour cet album, entre les diverses ambiances, les rendez-vous connus, puis novateurs, et une ''accessibilité'' des titres, assez troublante, le groupe aime bien compliquer la tâche du chroniqueur, qui doit manier à la fois l'art de donner l'envie à un profane de découvrir un album, de gérer sa propre fan-titude, et de crouler sous l'objectivité d'un tel poids de l'histoire.

Parce que Purple, c'est l'histoire de mecs talentueux, parfois géniallissimes, parfois nonchalants, parfois trop faciles et têtes à claque, parfois même paumés, comme le reconnaîtra le pourtant expérimenté producteur bassiste, Roger Glover en ayant vu bosser Bob Ezrin à 68 ans. Comme quoi on apprend bien à tout âge. Ajoutez à ce trouble, une non gérance de ce talent, définie dans une carrière aux multiples line-ups et rebondissements, et des albums plus ou moins grandioses, plus ou moins réussis ou ratés selon les humeurs..
Et cet album reflète bien tout cela : un mélange de classe, d'émotions, de génie, entouré de titres soi-disant faciles, voire même parfois des passages carrément de . chenapans, de jeunes branleurs qui n'écoutent rien de ce qu'on leur dit... et un ordre de titres classés en bazar là où un "Now What !?" était hyper réfléchi, frôlant la perfection.
Pourtant, Bob Ezrin avait su les manager sur ce précédent album classieux qu'est "Now What !?", au point de leur faire retrouver cette magie, souvent ombragée sur les précédents albums, et dont on pensait déjà, qu'il serait le superbe album épitaphe de mes papys préférés.

Mais ces mecs-là ne vivent que pour la scène, la musique, le fun, le rock'n roll et le plaisir. Alors ils nous en redonnent sans penser aux avis extérieurs. Et si la première écoute de cet album est déconcertante - j'avoue que ce furent les points négatifs de l'album qui m'ont sauté aux oreilles en premier - on découvre ensuite le travail et le coté ''pensé'' de cet album, même s'il demeure quelques incompréhensions sur certains passages. Ian Paice, seul membre d'origine, l'admet : le groupe aime alterner album ''complexe'' et album plus direct. Mais j'avoue que je ne sais pas trop si "InFinite" est à classer chez les complexes ou les directs !? A priori, je serais tenté de dire la seconde hypothèse, puis au fil des écoutes, la première, ou l'inverse (gloups), car comme souvent avec eux, ce n'est pas si simple : Rois de la complexité simplifiée ou de la simplicité complexifiée !?

Il m'aura fallu beaucoup d'écoutes pour apprécier cet album, jusqu'à même en changer l'ordre des titres pour mieux me l'approprier. Car ce qui détonne sur cet album, c'est que les titres dit ''simples'' ne le sont pas tant que ça et que leur mélodie ''facile'', que le grand public appréciera probablement, mais que le die-hard fan pourrait rejeter à la première écoute, finissent au contraire à la longue par s'incruster dans son quotidien. A l'inverse, les titres dits complexes, une fois la bonne surprise passée, pourraient lasser . ou pas. En fait, cet album me fait penser à l'esprit de "Stormbringer" : soit on aime tout parce qu'on s'intègre complètement dans leur délire, soit on le prend comme un produit lambda, et on ne l'aime que partiellement, et ce malgré la diversité des titres. Bref vous l'avez compris : je me suis pris la tête pour faire cette chronique : cet album n'est pas évident.


Niveau ambiance :
Car ici, dans ce bazar mélodique pensé, les titres joyeux ("One night in Vegas", "Johnny's band", "Paradise bar") sont mélangés aux titres mélancoliques ("All I got is you", "The Surprising", "Birds of preys"), auxquels se rajoutent aussi, sans réelle ligne conceptuelle, des titres légers, fun, voire secondaires ("Hip boots", "Get me outta here", "On top of the World"), et les titres classieux prise de risques ("The Surprising", "Birds of prey"). On retrouve donc une certaine absence d'homogénéité de l'album "Bananas".

Niveau accessibilité :
Après une intro moderne, on retrouve un excellent opener en terrain connu avec "Time for Bedlam", cousin de "Picture of home". Puis quelques titres qui rappellent l'esprit d'"Abandon" ou de "Rapture of the deep", mais en mieux. Et des titres aux mélodies assez sucrées comme "Johnny's band" et "Paradise bar" (bonus). Puis très surprenant dans la discographique purplienne : 2 titres prog peu évidents, mais ô combien réussis : "The Surprising" et "Birds of prey". Et aussi des titres moins ''FM'' ("Hip boots", "Get me outta here", "On top of the World") qui toucheront principalement le gros fan.

Niveau production :
Bob Ezrin poursuit sa belle ouvre, même si l'album se veut plus léger que "Now What !?". On lui reprochera tout de même de ne pas avoir poussé l'ambition encore plus loin sur "On top of the world" et "Bird of prey", surtout quand on sait que l'album est fini depuis 1 an, et que quelques rajouts auraient été bienvenus sur ces 2 titres. Il manque aussi à l'album un titre qui poutre vraiment à la "Hell to pay" ou un "Things I never said". Quoiqu'il en soit on ne le remerciera jamais assez d'avoir poussé Steve Morse dans ses retranchements, et de l'avoir poussé à ''moins'' d'automatisme, en toute relativité bien entendu.

Niveau musiciens :
Si j'aime autant ce groupe, c'est parce que même pour un titre moyen, il y aura toujours 1 des 5 qui saura le rendre appréciable. Ian Paice et son swing inimitable tient à lui tout seul à la baguette un titre comme "Get me outta here". Roger Glover est tout autant plein de feeling avec sa basse, se faisant tour à tour discret ou très présent, mais toujours le pilier. L'album lui doit beaucoup au niveau des compositions et lyrics. Idem pour Don Airey qui varie tel un orchestre à lui seul, les ambiances et les sons, tantôt Hammond, tantôt piano, ou claviers modernes, voire les 3 à la fois : Airey fait un travail de maître sur les rythmiques, et on ne salut plus sa virtuosité sur les solos. Airey est positivement très présent.
Steve Morse est une grande surprise : on le croit discret, mais non ! Il est bien là. Lui aussi diversifie les sons, parfois son jeu se rapproche de plus en plus d'un Ritchie Blackmore, mais aussi ses solos où on ne subit plus quasiment systématiquement ses fameuses descentes de manches - l'arthrose a du bon parfois. Et puis Steve Morse a l'art de nous sortir LE solo divin quasiment sur chaque album : et celui de "Bird of prey" vous donnera des ailes : juste magnifique.
Quant à Ian Gillan, il démontre là encore quel crooner lyrique et bluesy, il est. Bien sûr, ce n'est plus le jeune hard-rockeur fougueux. Et si Airey ''domine'' Morse sur cet album, c'est peut-être aussi pour rendre moins hard le groupe, pour soulager un Gillan devenu rockeur par la force des âges : le hard-rockeur est à la retraite, même si bien sûr, il lui reste quelque flamboyance sur ce registre. Car il fait encore bien parti de la catégorie des chanteurs au dessus de la meute. Et il le prouve encore en modulant encore, et en donnant à certains titres mineurs un intérêt, qui ne serait pas avec un tout autre chanteur. Il y avait longtemps d'ailleurs que le chanteur à la voix d'or n'avait pas été autant lyrique. Encore un travail d'orfèvre.

Niveau composition :
Ce mélange de compositions n'aide pas à une appréciation à la première écoute, d'autant que les riffs immédiatement accrocheurs à la première note, se font rares. On retrouve tout de même des titres coup de foudre à l'accroche séduisante, et familière, comme "Time for Bedlan", "All I got is you", "One night in Vegas", puis à un degré moindre "Johnny's band", et le bonus "Paradise bar". Ce qui vous me direz, constitue 50% de l'album. Puis le groupe nous surprend avec 2 titres prog magiques, et novateurs pour le groupe comme "The Surprising" et "Bird of preys", qui nécessitent plusieurs écoutes attentives pour en digérer les nombreuses ambiances et succulentes mélodies, et pour lesquels producteur et musiciens se donnent à fond (quel solo final, très Gary Moorien, de Steve Morse sur "Birds of preys" et qui rappelle le magnifique "Sometimes I feel screaming" sur "Purpendicular").
Restent 3 titres assez indigestes selon les humeurs du fan : Ces titres excitent tout de même mon désir même si ce n'est pas le grand orgasme pour chacun, et qu'il y a toujours à un moment du titre, un drap qui vient se glisser là où il faut pas, ou une mouche qui passe : l'incompréhensible "Hip boots", le psychotique "Get me outta here" , et le non fini "On top of the world". Pour ce dernier, on lui trouvera un charme mélancolique de circonstance avec son ''au revoir'' qui arrachera une larmichette à votre serviteur, et dont l'enchaînement avec l'intro sombrement bluesy de "The surprising", le feront carrément craquer. Peu importe l'objectivité, ladies and gentlemen, la musique est là pour faire ressortir des émotions personnelles.

Mais si j'ai eu du mal à entrer dans l'univers de l'album, je l'écoute avec de plus en plus de plaisirs : il m'apprivoise au fil des écoutes.
J'avoue que je me perds un peu dans ma chronique, comme ce solo final de Steve Morse sur "On top of the world", coupé honteusement par Bob Ezrin. Mais pour essayer d'être précis, je classerai cet album dans mon top 3 des albums Morsien, juste après "Purpendicular" et "Now What !?" Et avant "Bananas" . "Abandon" et "Rapture of the deep" fermant la marche.
Et si au final, cet album reflétait la vraie image du groupe ? Son côté rock'n roll dandy I don't care ?
Il y a quasiment 50 ans, on avait de jeunes loups à l'ego affirmé, puis des quadras se balançant des plats de spaghetti aux visages, ou des quinquas, des bouteilles d'eau sur la scène . on a aujourd'hui des septuagénaires qui font encore le mur de leur maison de retraite ... et c'est tant mieux. Purple aurait-il en définitive trouvé la jeunesse éternelle ? J'ai été, je suis et je reste InFiniment fan : Merci Messieurs ! Et comme l'indique le slogan de la tournée, pourvu que ce ne soit qu'un très long au revoir. I thank youuuuuuu ...

Épilogue :
Et qui parle de jeunesse à un gars de 46 ans, se replonge dans la sienne. Et je me prends donc à me remémorer le gamin de 13 ans que je fus et qui eut un choc culturel en découvrant ce solo légendaire d'"Highway star", ce cri vocal inimitable sur "Child in time", ce roulement de batterie sur "The mule", ce riff de "Smoke on the water" sur le mythique "Made in Japan" dont je garde encore la cassette usée, puis se brûler les oreilles sur "Burn" et se retrouver avec un duo de nouveaux chanteurs qui formera une alchimie vocale unique, puis ces deux albums hors contexte mais tout autant formidable que furent "Come taste the band" et "Slaves and masters", puis la reformation inespérée de la célébre mk II, puis le départ du guitariste légendaire, puis la renaissance du phénix avec Steve Morse, puis cet album prog avec enfin un producteur digne de ce nom pour ce groupe de papy juvéniles, puis mon premier concert de hard rock qui sera avec ce groupe avec ma première petite amie et ma première voiture, puis ces 9 concerts que j'ai vu puis ce 20ème album inespéré qu'on les crois éternel, puis ce dur constat de la réalité de cette prochaine fin, qui vous met une grosse claque en prenant conscience que c'est aussi une part de soi qui va s'arrêter...


Track by track :

Time for Bedlan : 5/5
Excellent titre d'ouverture qui oeuvre en terrain connu ("Picture of home") tout en ayant un côté moderne avec son intro-outro futuriste. Le titre est épique. Paice cogne avec son jeu si particulier. Steve Morse intervient dans les couplets, pour laisser la place à Don Airey qui nous délivre un long solo en diverses parties et sonorités. Un must. Un titre qui serait un classique si 48 ans et 19 albums ne précédaient pas cet album.

One night in Vegas : 4,75/5
Le groove marche à fond ! Il te prend et t'amène jusqu'au bout ! Sorte d'hybride de titres funky d'"Abandon" mais en mieux, notamment grâce à un refrain qui décolle, et à "Nasty piece of work" par son coté diablotin. Un passage à un côté prenant à la "Battle rages on" sans y ressembler (passage de 1'20 à 1'50 + 2'20 à 2'40 : frissons live à prévoir) ; Gillan est sobre, calque quelques vocalises graves à la Elvis, une de ses idoles. Steve Morse est doublement incisif dont un solo assez rock n'roll suivi par un second à l'entrée sublimement lyrique, vite imité par un Airey qui s'amuse un coup Hammond, un coup piano, ce qui donne au titre une triple ambiance : groovy, fm, et cabaret (What's going on here)! Excellent pour se bouger le popotin et faire péter la roulette. Rien ne va plus : Le 20 rouge joue et gagne.

Paradise bar : 4,25/5 bonus track
Riff clavier à la "Might just take you life", rythmique-basse à la "King of dreams", clavier pompeux à la "Uncommon man" en mode sonorité chant de noël, qui peut effrayer, mais on s'y fait vite. Titre qui rappelle par son impression de légèreté aussi le "A little ain't enough" de David Lee Roth, ce qui donne au titre, une fois certaines sonorités douteuses digérées, un titre très fun sur lequel excelle Gillan qui chante en cool-attitude noblesse oblige, en mode ''No good luck'', pendant qu'Airey et Morse se font un billard en 4 bandes. Titre sympa en bord de piscine.

Fin de la trilogie des titres funs et place au prog.

The Surprising : 4,75/5
Le titre porte bien son nom dans l'univers purplien, car le plus prog qu'ils n'aient jamais composé. Un petit bijou que ceux qui n'aiment pas le prog vont sûrement moins apprécier. Le titre est donc structuré en plusieurs parties et ambiances : bien que démarrant par une intro clavier obscure nous faisant croire à un Vincent Price bis, le chant blues nous invite à la mélancolie, nous rappelle "Clearly Quite Absurd" de l'album "Rapture of the deep", ou pour les profanes, un mix du "Wicked games" de Chris Issack en plus sombre, ambiancé par un Léonard Cohen, à la voix plus ténébreuse, sauce Purple par un Ian Gillan, créateur de frissons. Un ami décrira une ambiance entre western et orient . mais le titre ne s'arrête pas là : Paice se met en mode militaire et matraque, vite suivi par Airey et Morse puis encore Airey qui revient avec des claviers rappelant par leur son toujours ''Uncommon man'' . on repasse ensuite par une ambiance atmosphérique avec un Gillan lointain et un chant des baleines joué par Morse . Gillan nous revient a capela avec sa voix ici grave et légèrement cassée pour un final mélangeant donc les claviers d'un "Rapture of the deep" (le titre), et "Uncommon man". Magnifique titre qui frôle la perfection, mais les petites ressemblances avec d'autres titres du passé trop flagrantes, m'empêchent de le noter 5/5. Assurément il aurait eu la note ultime s'il avait été écrit avant les 2 albums précédents . et parce qu'un titre prog ne peut pas avoir la note ultime, vu qu' on l'apprécie crescendo ou decrescendo au gré des humeurs ;) (humour)

Get me outta here : 4,25/5
Riff funky mais écrasé lourd et lent qui, bien qu'étonnant car la rythmique tourne en boucle, m'embarque bien au bout de plusieurs écoutes. Airey appuie par des bulles de claviers, qui pourraient rappeler le ''papam'' de "One more came" sans le ''pam'' ; Paice est juste le batteur inspiré qui fait de lui un des maîtres de toms et cymbales. Un titre pour apprenti batteur. Notons le seul cri aiguë de l'album de Gillan (avec peut-être le soutien sur sa première note d'un clavier !?). Morse se fait bluesy rock et varie vraiment son jeu sur cet album. A classer dans la catégorie des titres, qui seuls, pourraient laisser indifférent, mais qui solidifie un album. J'avoue être un des rare à aimer ce titre, probablement séduit par le groove hypnotique, à la fois jazzy et doom de mister Iaaaaaaan Paice, mais aussi par le ''au revoir'' balancé par Gillan qui me tord les tripes, même si ses paroles de la chanson n'ont rien à voir avec la fin de carrière du groupe.

Johnny's band : 4,25/5
Tiens !? Ritchie Blackmore est de retour ? Steve Morse envoie de beaux phrasés à la Blackmore à chaque fin de phrases de Gillan, ce qui rappelle dans cet exercice "Ramschakle man" ; pendant que Glover rend sa basse cajoleuse, et en profite avant le solo pour faire un clin d'oeil à un "Louie Louie" célèbre. Le titre en lui même est fun, joyeux, efficace comme un "I've got a number", un zest commercial à la "Call of the wind", en moins pompeux, en mieux donc. Au début, il peut paraître un peu trop facile pour la discographie du pourpre, mais au fil des écoutes il se fait séducteur, au point que le refrain, qui arrive un poil trop vite, vous trotte dans la tête un bon moment. A noter que l'intro ressemble à celle de "Loosen my strings", en plus rapide.

Duo de titres mélancoliques à suivre que je trouvais dommage de séparer, tant je les trouve jumeaux et complémentaires.

Bird of preys : 4,75/5
Second titre prog. Moins bon dans son ensemble que "The Surprising", mais possède un atout maître dans un final qu'on aimerait qu'il ne s'arrête jamais. Le titre s'ouvre par une frappe qui pèse 38 tonnes de John Bonham . Heu Ian Paice pardon ! Titre planant mais à l'ambiance lourde, limite Boudha pour méditer sur cette fin et cette carrière - peut être un clin d'oeil au poids des âges - attention ce n'est pas péjoratif : la bonne expérience, la force tranquille. Gillan se prend pour un chanteur de rock progressif, pop et lyrique : superbe. Morse balance une rythmique rare pour le groupe, puis une autre rythmique enchaîne par un mouvement de balançoire pour bébé : lent mais agréable. Airey balance un solo au son futuriste, puis revient Steve Morse qui nous offre un chef d'ouvre : un solo long, planant et poignant, cousin du final de "Loosen my string" tutoyant le lyrisme d'un "Sometimes I feel like screaming", et le côté crescendo de "Somebody stole my guitar" : une mélodie qui monte et s'en va vers l'infini : frisson assuré. Gary Moore avait déclaré ne pas être à la recherche de démonstration technique, mais de la note ultime. Se pourrait-il que Steve Morse l'ai trouvée !?

All I got is you : 5/5
Piou ce jeu exquis des cymbales de Paice : rien que ça, c'est la grande classe.
Un rock 'n roll mélancolique soft et superbement classieux, avec un refrain qui prend aux tripes. Gillan chante soft, en mode crooner irremplaçable ; Airey balance un solo moderne qu'il affectionne, puis Morse revient recadrer tout cela avec un solo lyrique et énergique, le tout enrobé par des boum boum bien ronds de la basse de Glover ; Magnifiquement somptueux : vous avez dit la classe ? J'espère que chacun a un ''quelqu'un'' ; quoiqu'il en soit merci à ce groupe d'exister.

On top of the world : 3,75/5
Je ne comprends pas ce titre, il est nul ! mais j'ai l'impression que c'est comme un ruisseau qui coule : t'as besoin de le voir et de l'entendre couler pour y planter tes fleurs, et faire vibrer tes litres d'eau qui circulent dans ton corps et qui le composent à 90% ; peut être est-ce dû à ce groove ''ami'', ce discours qui me berce, ou au solo final fantomatiquement ruiné par Ezrin ? Cette phrase ne veut rien dire mais tout comme ce titre, sorte de "Nobody's home" ou "Lick it up", qui constituent la faible liste des titres ratés dans la carrière du groupe. Tu les détestes, mais tu les écoutes sans trop savoir pourquoi, dubitatif ou déconcerté comme un lendemain de cuite, ou comme un second tour avec la seule blonde en France que t'as pas envie d'avoir dans ton lit, sauf si il est clouté. Bref, en fait ce titre est comme un pote qui t'invite à faire un billard, alors que t'as pas décuvé de la veille et que seul ton lit t'attire ; mais pote à qui tu ne peux pas refuser l'invitation. Ok ! titre plutôt on floor of the world, mais on the word tout de même.

Roadhouse Blues : Cover The Doors
Je ne note pas les reprises, c'est trop dur à faire. Mais c'est un bon choix de reprise, d'abord parce que le titre fait ressortir l'harmonica de Gillan. Mais si je trouve ce choix si subtil, c'est que les 2 groupes ont pour moi un gros point commun : ils dégagent une insolente nonchalance classieuse à la fois agaçante et hypnotique, qui rend le rock noble. Alors au final, qui d'autre que DP pouvait réellement reproduire l'esprit de cet autre groupe de légende ? Le titre se veut simple, et, tant l'original que cette cover assez respectueuse, il se prête au plaisir auditif sans révolutionner la planète Musique.

Hip boots : 2,75/5
Je sors ce titre de ma playlist qui devient mon titre bonus pour le marché Hindou, en même temps qu'on leur refourgue dans leur décharge toute notre amiante et autres ordinateurs pollués. Le titre démarre par le chant de Gillan qui rappelle le début de "Blue suede shoes" d'Elvis, version lente, puis au lieu d'enchaîner façon rock'n roll du King, ça part sur un tempo heavy, tel un titre moyen d'"Abandon", mais en plus lourd comme si c'était Tony Iommi qui le jouait. Le titre fait penser négativement à "Lick it up" ou un "One man's meat" dont j'avais oublié leur existence et pour cause - un ''Oyé » vient apporter tout de même un côté entraînant à la fête, mais c'est juste un clin d'oeil frustrant : on aurait aimé un truc dingo en suivant. Le duo des solistes fait le boulot comme d'habitude, mais ce titre ne bouscule pas, d'autant que Morse fait son plan solo habituel en mode lent. Probablement ont-ils été déconcentrés lors de sa composition par des hot boobs ? On leur pardonnera : après tout faut bien que jeunesse se passe.





2017 Richie KOTZEN "salting earth"

label: headroom inc.
style: pop-rock
date de sortie: 14 avril 2017
date de chronique: 15 mai 2017

[par Franck and Furious]



Quel est le point commun entre le Triangle des Bermudes, l'Atlantide, les femmes, et Ritchie Kotzen ?
Tous 4 sont des mystères non résolus ! En effet, nous sommes quelques-uns à nous étonner du succès trop relatif de ce double virtuose guitariste-chanteur soul crooner à la voix d'or (!?). Les chroniqueurs de Rockmeeting qui se sont acharnés à résoudre ce mystère sur ses albums précédents, seront d'accord. Alors s'il est vrai que l'énigme des Bermudes vient d'être récemment résolue, et proviendrait donc de l'émission de gaz, nous espérons que le manque de célébrité de Kotzen ne provienne pas de la même cause : cela casserait l'image du beau chanteur aux yeux bleus (oui, parce que les gens qui ont les yeux bleus sont forcément beaux! Et je ne dis pas ça parce que j'ai les yeux bleus, ou si, un peu ; on se rassure comme on peut - humour) Trêve de comparatif plus ou moins hasardeux, on ne répétera jamais assez notre incompréhension. Censure de sa ressemblance vocale et physique avec le chanteur de Soundgarden ? Je vous laisse donner vos versions.

Car fort d'une vingtaine d'albums solo, d'un succès conséquent dans ses apparitions temporaires, mais significatives, au sein de Mr Big et Poison (dans lequel il a écrit les hits "Shine" et "Stand" entre autres), et surtout de sa récente implication dans le super groupe The Winery Dogs, aux côtés des monstrueux Billy Sheehan et Mike Portnoy, on peut espérer que la reconnaissance sonne enfin à la porte de l'américain, ce qui tendrait par se vérifier par le succès des tournées avec TWD et de la belle tournée mondiale, et donc européenne, à venir en solo (Paris le 2 sept 2017).

Parce qu'à la limite, si on peut reprocher à ce musicien hors pair de rester dans un style, certes large, mais défini dans la soul, blues rock funk à la Stax et Motow, boosté aux shreds, ses deux derniers albums semblent se diversifier vers un côté plus ''pop''. Est-ce l'âge de la maturité ? Ou est-ce pour contrebalancer TWD dans lequel le ''Mister'' y a mis déjà tout son style, certes ''biggisé'' ? Quoiqu'il en soit, je me ravis de ce léger changement. Mais que donne donc ce nouvel album solo ?

Pour commencer, je le situerai entre le côté pop de Cannibals, et le coté groove de Mother head 's family réunion. Mais ce qui me surprend le plus dans cet album, et qui commençait à se dessiner déjà sur Cannibals, c'est son évolution guitaristique, et l'accent porté sur les voix. Dire que c'est un virtuose chanteur n'est pas un scoop. Non ! J'ai juste l'impression qu'il a mis encore plus de profondeur et de modulation dans sa voix, déjà soul et riche, ce qui n'est pas un mince exploit. Mais l'effort se situe surtout aux niveaux des choeurs : End of earth, Thunder, Divine power, Cannon ball ... Ecoutez cette intro à capela sur Divine power, très Coverdalienne, et les choeurs graves qu'on croirait chantés par des bagnards ou des esclaves noirs, et qui viennent compléter sa performance. , choeurs qui me hérissent les poils ; puis sur End of earth, tour à tour grave, cassée, lyrique et enfin dans ses aiguës en continu, sur la ballade This is life, quelle performance là encore !

Et que penser de My rock, titre crooner pop avec ses violons-clavier, se baladant carrément sur le territoire des indispensables Wet Wet Wet et des The Christians, ce qui, après la sublime ballade You et autres titres sur Cannibals, nous indique peut être une future orientation musicale. On peut rajouter This is life, la sensuelle Cannon ball avec ce vieux clavier suave, voire Meds dans ce trip là, qui a aussi un petit quelque chose du Cocaine d' Eric Clapton, version soul. Quant à son jeu de guitare, le schredder se repose ici, et laisse cela pour TWD. Kotzen, après avoir balancé un solo intermédiaire bien nerveux sur End of earth, se veut plus lyrique, joue moins vite, se gilmourise (enfin), notamment sur ce très beau final de ce même titre ; hendrixien aussi sur Divine power qui décidément porte bien son nom, puis redevient bluesyment exquis sur This is life ; et enfin s'essaie pour la première fois (?) à la guitare synthé sur Cannon ball.

Après ces constats, on retrouve le Kotzen hitman, soul dansant sur End of the earth, Thunder, I've got you, Make it easy le titre le plus Mother head. Enfin le maestro mettra tout le monde d'accord autour du feu de camp sur ce dernier acoustique de bord de plage, Grammy. Ritchie Kotzen semble avoir trouvé la maturité du quadra : plus posé, plus calme, plus lyrique. Certains pourraient lui reprocher cette orientation plus poppy, mais au bout de 20 albums, il est bon qu'il se renouvelle, d'autant qu'encore une fois, on passe ici un excellent moment. Alors il est vrai qu'il y a moins de titres interstellaires sur cet album, mais par Kotzenbuth ! que ce mec est agaçant d'être aussi doué tant vocalement que guitaristiquement ! Et si Kotzen veut pousser le bouchon encore plus loin en se lançant dans une carrière à la Wet Wet Wet, (oserais-je pousser la vision jusqu'à Prince ?), en parallèle aux The Winery Dogs et aux Mother Head, j'achète ! que ce soit en euros, en écu ou en franc. Alors, même s'il n'en a pas vraiment besoin, donnons les moyens à Monsieur Kotzen d'investir dans un producteur qui par son nom, fera révéler, au grand public, son génie de ce condensé pop soul blues funk lyrique, puisqu' aucun chroniqueur, moi inclus, n'arrivons à vous convaincre. Quoique j'ai peut être la solution pour t'obliger à écouter cet artiste en t'attachant à un poteau de baffe Kenwood, et en te posant la célèbre question de ce sale blagueur de Villemin : La mort ou Ritchie ?
Lol
(ok je sors)
*. ha j'oubliais :
Prince est mort, vive le Roitchie ! ... (pinaise on aura tout essayé !)

Mes musts :
***** End of the earth, Thunder, Divine power, Cannon ball
**** I've got you, My rock, This is life, Make it easy
*** Meds, Grammy

Ps : En tournée européenne cet été et à la rentrée





2017 The SWORD "Greetings from..."

label: razor & tie
style: heavy-rock texan poussiéreux...
date de sortie: 5 mai 2017
date de chronique: 9 mai 2017

[par Barjozo]



Après 5 albums studio les texans de The Sword s'essaient au live en publiant 9 titres enregistrés sur leur dernière tournée en support de leur excellent "High country".

La rondelle démarre tambour battant sur le fuzz de "Buzzards" morceau tiré de leur dernier opus sus-cité. Rythmique vrombissante, groove impeccable et implacable pour une entrée en matière bien heavy et vous mettant au parfum: pas d'overdub ni bidouillage studio sur ce live, cru, direct et vous plaçant au beau milieu du public...

"The chronomancerI: Hubris" vient ensuite (tiré de "Warp riders") sur un rythme plus lent, et va vous entraîner dans les arcanes d'un vieux boogie heavy rock des familles, ou plutôt de LA famille Sabbath (d'ailleurs on entend quelques défaillances dans le public...). Ce rythme lorgnant vers le doom sera détruit à plusieurs reprises par une 6 cordes flamboyante et semblant sortir furibonde d'un océan de lave en fuZZion. Excellent titre live qui finit sur quelques notes...(mais je dis bien seulement quelques notes)..de synthé...vite balayées d'un revers de gratte par l'enchaînement sur "Maiden, mother and crone" et sa montagne de fuzz...destroy!!!'...quel enchaînement motherf*ckers!!!!!

Arrive ensuite un des musts du combo avec "Tears like diamonds", tube en puissance avec ce refrain addictif, cette rythmique obsédante, et bien sûr un déluge de larsens, et autres dissonnances post-rock sludgissimes. Un titre à écouter loud et sans modération. Il est suivi par "Mist & shadows" blues-rock plus modéré, joué en retenue...sur les 20 premières secondes car ensuite progressivement, vous allez être entraînés dans un univers parallèle rempli d'un stoner-rock majestueux.

"Agartha" l'instrumental tiré de "Warp riders" se plaît ensuite à remplir le rôle d'intermède calme, délivrant une ambiance un peu flippante (genre film d'épouvante) avant une nouvelle envolée de fuzz sur le très rythmé "Tres brujas". Encore un titre en acier trempé dont le seul bémol est la voix parfois un ton en dessous des instruments (parmi lesquels l'apport d'un synthé en arrière plan ajoute un côté planant intéressant).

"John the revelator" arrive ensuite, vieux blues rugueux US écrit par Blind Willie Johnson en 1930, pour une version très roots. Enfin ce live se referme sur "The horned goddess" issu du premier album du groupe paru en 2006 ("Age of winters"): dans la même veine que les morceaux qui le précèdent, ce long titre heavy achève massivement l'auditeur sous un déluge de fuzz et les incantations de J.D. Cronise en totale symbiose.

Ce "Greetings from..." n'a pas la prétention de bousculer la production rock actuelle, mais Dieu qu'il est bon de se laisser pénétrer par une telle ambiance rock dénuée d'artifices! J'espère pouvoir bientôt les revoir on stage. CQFD.





2017 The NEW PORNOGRAPHERS "Whiteout conditions"

label: concord jazz records
style: indie pop canadienne de haut de gamme
date de sortie: 7 avril 2017
date de chronique: 30 avril 2017

[par Barjozo]



Trois ans après le très réussi"Brill bruisers" revoici venir le fringant collectif canadien avec un nouvel album plein de mélodies pop entraînantes, rafraîchissantes et addictives. Chez ce combo de multi-instrumentistes qui en est à son 7e opus, on peine à chercher une faille créatrice, une défaillance d'inspiration, et on se complaît album après album à leur délivrer régulièrement de multiples étoiles sur ce site...

Ce travail cependant me semble un peu en deçà du précédent. Est-ce l'absence du guitariste-chanteur Dan Bejar laissant le champs libre à la rouquine (pas carmélite comme aurait dit Bashung) Neko Case? Du coup même si les choeurs restent excellents grâce aux interventions de la claviériste Kathryn Calder, l'absence d'alternance des voix homme/femme se fait ressentir...Mais ce fléchissement reste tout relatif ici car si vous aimez la pop sautillante fleurant bon les années 80 (mais pas trop) vous ne pourrez qu'adhérer à cette nouvelle galette plein de bonnes trouvailles.

Dans le marasme socio-politico-culturel que vit actuellement notre hexagone (remettez-vous un peu la version du Renaud au bandana rouge), l'écoute des titres élaborés outre-Atlantique par les descendants de nos aïeuls (même si ces musiciens sont originaires de la côte est et donc anglophones), cette écoute donc, vous assurera des pensées positives, optimistes et ne pourra que vous transcender pour aborder sereinement le prochain quinquennat quelle que soit la couleur des nouveaux dirigeants puisque de toutes façons le cheval blanc d'henri IV l'était bel et bien (...).





2017 PERSEFONE "Aathma"

label: vicisolum prod
style: metal prog.
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 12 avril 2017

[par Barjozo]



Petit rappel mythologique: Perséphone, fille de Démeter fut contrainte de devenir la reine des Enfers après son enlèvement par Hadès le maître des lieux.
En 2001 un groupe metal originaire d'Andorre décide de prendre ce nom. L'orientation musicale de ce combo pouvait en effet le justifier puisque Persefone alterne parties planantes et complaintes aggressives tout comme la déesse grecque passait 6 mois sur Terre et 6 mois dans ses entrailles, lieu supposé où coulait le Styx, fleuve des Enfers éternels. Je vous laisse à votre imagination pour savoir à quel côté correspond chacune des parties musicales (...).

Persefone, le groupe, se compose actuellement de Marc Martins (Vocals), Carlos Lozano (Guitars), Miguel Espinosa (Keyboards & Vocals), Tony Mestre (Bass), Sergi Verdeguer (Drums) et Filipe Baldaia (Guitars).
Même s'il semble y avoir eu pas mal de changements de line-up dans sa carrière la ligne directrice reste donc résolument tournée vers un metal progressif lorgnant pas mal sur le death, mais en permanence imprégné par des claviers, synthés et autres pianos.
"Aathma" est leur 5e LP et 4 ans le séparent de "Spiritual migration" leur précédent opus studio paru en 2013.

Si vous voulez vous faire une idée du style, allez directement sur 'illoutoube' visionner la vidéo très réussie de "Prison skin". Après une intro mignonnette, les guitares sont lachées dans une furibonde cavalcade parsemée de breaks multiples et autres stop-and-go. Le chant alterne les parties claires et les hurlements (Dave) growls pour maintenir une impression de constante évolutivité pour des morceaux à l'architecture complexe. Bien sûr, on pensera au dernier Pain Of Salvation mais on pourra aussi évoquer Opeth, Cynic et même Gorod pour le côté technico-death hyper léché.

D'une homogénéité à faire se damner un saint (aux Enfers) il est difficile d'extraire une composition, mais parmi les 10 titres (dont le dernier se décompose en 4 parties) j'ai un faible pour "Stillnes is timeless" qui égrène ses plus de 9 minutes dans une ambiance en constante évolution alternant parties rugueuses/hargneuses/thrash et véritables petits bijoux de breaks langoureux au piano/synthé, parallèlement là aussi à des parties vocales en complète harmonie.

Ajoutons à tous ces éléments positifs une production parfaite et vous aurez compris que "Aathma" est un magnifique album studio qui pourra aisément rivaliser avec toutes les sorties du moment. Reste pour ma pomme que j'attends quand même de voir ce que ce type de compositions hyper-complexes peut donner lors d'une restitution live. Non que je puisse être inquiété par -sa -faune, car tous les thrashers se ressemblent, mais ce serait ballot si Persefone perd -sa- foi en se dis -per -sant -faute d'unité on stage.
Bref, 'trêfle de plaisanterie' comme aurait dit Francis Blanche en compagnie d'un lapin dans un carré de luzerne, vous pouvez foncer écouter cet album et vous me direz des nouvelles par téléphone, hygiaphone ou interphone de ce dernier Persefone!





2017 HOUSE OF LORDS "Saint of the lost souls"

label: frontiers
style: pop planante
date de sortie: mars 2017
date de chronique: 11 avril 2017

[par Franck and Furious]



Pistolet ou épée ? Hybride homme-cheval ou aigle-lion? Guitare ou claviers ?
S'il est assez facile de répondre aux 2 premières questions dans le cadre de la Maison des Seigneurs, il en est moins aisé pour la troisième. En effet, le maître du hard FM est un des rares groupes sachant manier claviers et guitares dans le bon dosage pour le genre. Et depuis son retour dans les années 2000, le groupe n'a cessé de nous proposer de très bons albums, sachant à la fois être hard et mélodiques, et surtout en s'appuyant sur la guitare de Jimi Bell, maintenant un esprit fort encré dans le rock tout en surfant sur des claviers complices. Aussi, on se demande si le groupe va rester orienté guitare comme sur ses derniers albums, ou s'il va revenir à une dominante clavier ? Et quand la source de l'inspiration sera tarie ?

Et bien, il se pourrait que ce soit sur cet album. En effet, contrairement à la présentation de cet album sur le site du groupe, si Jimi Bell excelle toujours en solo, l'album et les rythmiques sont tout de même très axés claviers (joués par qui ?) : constat symbolisé par l'intro de l'album et les titres "Concussion" (3/5) qu'on pourrait croire tout droit sorti des touches blanches et noires de l'outil de travail de Rick Wakeman de Yes, ou le titre très AOR '80, "Hit the wall", qui essaie de nous refaire le coup d'un "Live every day like it's the late" sans en avoir l'accroche, et que s'il est efficace sur une écoute, peut saouler en boucle (4/5).

Alors ma foi, la prédominance des claviers n'est pas un mal en soi quand ceux-ci sont bien utilisés, et c'est le cas. N'oublions pas que le groupe est le ''fils'' du groupe Angel, tous les 2 portés par l'excellent claviériste Greg Giuffria, qui a su donner ses lettres de noblesse au groupe. Le chroniqueur spécialiste AOR de Rockmeeting.com, Fab, devrait même être ravi (?) de cette option. Mais les plus hargneux d'entre nous, dont je fais partie, pourraient faire la moue, en ne retrouvant pas ici le coté nerveux des albums précédents, et qui à mon sens, met davantage en valeur la voix délicieusement éraillée de James Christian. Car ici, point de titres qui poutrent à la "Battle", à la "Go to hell" ou encore un "Die to tell", sur cet album. L'album pourrait même sonner comme le très recommandable groupe AOR Ten (le chanteur à la voix toujours aussi exquise, chante même dans les graves à la Gary Hughes sur les couplets d'"Oceans divide").

Mais on peut être hargneux, mais pas hard niais. Car si à chaud, on pourrait tiquer sur cette orientation sonore, on peut trouver logique qu'après cette série de pépites d'album, le groupe cherche à varier son son. Et si on s'écoute d'affilée l'intégrale, ce disque pourrait effectivement être une ''pause'' rafraîchissante, après les telluriques et excellents ''Precious metal'' et ''Indestructible''. Quand j'écris ''pause'', c'est une figure de style, car on trouvera tout de même des titres ''boucliers'' (4/5) comme "Harlequins" et sa couleur orientale, "Oceans divide", "Art of letting go", en éclaireurs des titres ''cavalerie'' (5/5) : "Saint of the lost souls", "new day breakin" et "Reign of fire", dont les refrains sont juste . majestueux.

La déception principale viendra de l'unique balade "The sun will never set again" (2/5), qui aurait pu faire partie des balades les plus sucrées (indigestes?) de Toto, et sa version encore plus fade en bonus acoustique piano-voix, qui en ferait presqu'une ouvre d'un Mickael Jacskon, composant avec son bébé dans les bras. On râlera aussi sur le final de l'album avec des titres aux refrains peu inspirés comme "Grains of stand" et les ''hoho'' de "The other option" (2/5) et qui gâchent donc la dernière partie de l'album.

Il est clair que le groupe avait fait fort, et qu'évidemment, le savoir-faire reste présent sur la moitié de l'album, voire davantage pour ceux qui apprécient la domination des claviers et de quelques sonorités davantage FM que hard. On pourrait même saluer ce choix de production pour varier la discographie. Mais, j'aurai du mal à m'attacher à cet album longtemps et en boucles. Si je dois faire une comparaison hybride : je dirais que le groupe habituellement joint le côté rock du Def Leppard de feu Steve Clark et le côté somptueux d'un Boston, et qu'ici, il joindrait le côté roll du Def Leppard de l'après Steve Clark et le côté mélodieux d'un Journey. Alors, si avec ce "Saint of the lost souls", le groupe n'a pas perdu son âme, attention tout de même, à ne pas perdre des saints.





2017 GRANDADDY "Last place"

label: columbia
style: pop planante
date de sortie: 3 mars 2017
date de chronique: 8 avril 2017

[par Barjozo]



Dix ans! Ca faisait dix ans que Grandaddy, et son leader à la voix si particulière Jason Lytle, ne nous avait pas proposé de disque (de production musicale, car qui achète encore des galettes de nos jours?). Et pour cause, Grandaddy avait jeté l'éponge en 2006 (faute de succès de l'album pourtant très bon "Just like the fambly cat" chez v2). Ce n'est que depuis 2012 et une participation à Rock en Seine que les fans avaient compris qu'un possible retour du combo était envisageable.

Ce retour est maintenant concret avec la sortie de ce "Last place" qui disons le sans détours ni ambages est un magnifique album de power-pop. Dès le titre introductif (qui a tous les ingrédients d'un hit en puissance) "Way we won't" vous serez (re)plongés dans les ambiances mélodiques si caractéristiques des albums pré-split (pour ma part j'avais découvert ce groupe avec "The sophtware slump" en 2000). Ces albums simples et mélodiques n'avaient pour moi de cesse de m'essorer le système limbique tout en l'inondant d'une suave substance nommée dopamine. Une sorte de shoot musical à vrai dire.

Et n'allez pas croire que la première plage n'est qu'un leurre. D'autres titres du même niveau ("Evermore", "Brush with the wild") sont parsemés au grès des pistes sur un album dont on perçoit qu'il a été longuement travaillé et a dû murir lentement dans le grand esprit créatif de mister Lytle...Celui-ci n'a pas oublié quelques ingrédients mélodico-bucoliques en incorporant de superbes balades romantiques à son oeuvre ("A lost machine", "This is my part, Jed the 4th"..).

Grandaddy est de retour.
Vive Grandaddy MFKers!





2017 MASTODON "Emperor of sand"

label: reprise rec
style: metal-prog-rock mature US
date de sortie: 31 mars 2017
date de chronique: 13 avril 2017

[par Barjozo]



Mastodon a atteint un tel degré de maturité que ses musiciens en viennent à participer à une foultitude de 'side-projects' comme en sont la preuve les néo-combos Gone is Gone (Troy Sanders) ou encore Giraffe Tongue Orchestra (Brent Hinds). D'aucuns pourraient se dire qu'à ainsi éparpiller leur verve créatrice, ces musicos risquent de manquer leurs futurs albums estampillés Mastodon.

Je vous rassure tout de suite il n'en est rien ici. Dans la droite lignée des 2 albums précédents "Once more round the sun" (2014) et "The Hunter (2011), les américains poursuivent un style qui a fait leur renommée, tout en incorporant à leur album quelques relents musicaux nouveaux.

Avec le retour de Brendan O'Brian (Pearl Jam) aux mannettes, Mastodon semble renouer avec le style concept-album puisque l'ensemble des titres si on se réfère à leur site web nous invite à faire un voyage initiatique dans de vastes contrées dominées par le sable et les vents tourbillonnants. L'histoire en filigrane est celle d'un être humain condamné à mort par le jugement d'un sultan et voué à trouver sa survie dans une errance échappatoire à travers des contrées arides et désertiques. Ce faisant les auteurs ont voulu évoquer une métaphore artistique de la maladie avec toutes ses vicissitudes. Ils semblent n'avoir guère été épargnés par les affres du cancer au cours des dernières années puisque la femme de Troy Sanders a souffert d'un cancer du sein, la mère du batteur Brann Dailor est atteinte d'un cancer depuis de nombreuses années, celle du guitariste Bill Kelliher étant récemment décédée d'une tumeur cérébrale.

On se souvient que déjà leur album-concept "Crack the Skye" paru en 2009 leur avait été inspiré par une précédente tragédie à savoir le suicide de Skye la soeur de Dailor. Y-a-t-il un lien de cause à effet mais toujours est-il que déjà à l'époque les musiciens avaient fait appel à Brendan O'Brian pour produire un LP dont le résultat fut assez phénoménal, puisque leur ouvrant véritablement les portes du panthéon Metal.
"Emperor of sand" s'ouvre avec fracas sur "Sultan's curse" qui met l'auditeur bien au parfum de ce qui va l'attendre tout du long des 11 pistes avec des riffs de guitares monstrueusement inspirés, celles-ci évoquant donc la fuite du condamné vers le désert. Plus avenant et moins rentre-dedans "Show yourself" lui emboîte le pas sur un tempo et une mélodie qui ne sont pas sans rappeler un peu, beaucoup, passionnément le QOTSA des grandes heures 2000 surtout dans la manière de chanter...Ce chant assez complexe chez Mastodon puisqu'il est partagé entre Sanders, Hinds et surtout Dailor, permettant l'obtention d'une vaste palette mélodique même si c'est véritablement le batteur qui s'en tire le mieux au final (cf. sa performance sur "Steambreather").

En 3e position "Precious stone" est un titre purement 'mastodonien' avec ses boucles de grattes mélodiques répétitives entêtantes..
"Steambreather" et sa rythmique heavy fait référence aux bases 70ies pour un morceau résolument roots...
Ce qui nous amène à ... "Roots remain" et son introduction psyché à l'aide de claviers semblant totalement dys/anachroniques sur un album de Mastodon, claviers qui après quelques secondes sont totalement explosés par un son bien gras et saturé dans un déluge heavy-prog qui va tel un maelstrom se déchaîner sur "Word to the wise" puis "Ancient kingdom".

Vient ensuite une sorte de parenthèse musicale avec le très floydien "Clandestiny" qui recèle aussi une surprise transitoire avec des synthés en son sein associés à une voix passée au vocoder...et quel solo en fin de titre avant l'enchaînement sur "Andromeda" qui voit l'apparition d'un premier guest avec le lead -singer de Brutal Truth, Kevin Sharp, alors que sur "Scorpion breath" c'est une figure ayant déjà participé aux albums antérieurs de Mastodon, à savoir Scott Kelly frontman de Neurosis...Autant vous dire tout de suite que ces 2 titres sont parmi les plus thrash du LP, sans toutefois tomber dans un rock bruitiste dépourvu de mélodie. Ca reste du Mastodon au final.

"Jaguar god" clôt ce magnifique album en démarrant comme une petite ballade gentillette grâce à des effets bluesy mais aussi la voix (splendide) d'un Brent Hinds dont on perçoit l'émotion contrastant avec son look de guerrier poly-tatoué. En déroulant ensuite lentement, sereinement tout un tas d'accords mélodiques ce titre va se transformer architecturalement en un extraordinaire diamant heavy-prog aux multiples facettes musicales. Placé en fin d'album il évoque les territoires contrastés que le héro de l'oeuvre a dû traverser, comme les multiples phases d'un combat contre la maladie qu'ont dû endurer les membres du groupe.

Album-concept certes, mais surtout nouvelle pierre angulaire incontournable dans la discographie d'un groupe dont le potentiel de progression semble insoupçonnable et illimité.





2017 IAMFIRE "From ashes"

label: autoprod
style: rock bruitiste dépressif
date de sortie: 23 janvier 2017
date de chronique: 8 avril 2017

[par Barjozo]



Groupe formé de Mikael Ehlert (bass), Peter Ahlers (guitar) et Peter Dolving (voice) et citant comme références sur sa page facebook des combos comme Swan, Tool ou Kyuss....Vous voyez donc vers où je vous embarque!
Un zeste de stoner (mais pas que), une pincée de doom (oui mais pas trop), un support heavy & vintage associé à des ambiances souvent pleine de spleen et de dark-cold wave et vous avez un mini résumé de ce petit album (8 titres) haut en couleurs...sombres!

Le titre introductif "Magpies and crows" est pachydermique, dans une ambiance post-rock/doom suffocante mais pourtant au final assez limpide dans son harmonie en évitant les écueils répétitifs du style. "Did you find your name", le long titre (7 minutes) qui lui succède est tout empreint d'une tristesse maladive (les vocaux y sont pour quelque chose) sur un tempo très stoner qui m'a totalement subjugué. Son écoute induit une langoureuse anxiété, heureusement cassée par les breaks agressifs qui le fractionnent.

Vient ensuite "Burn your halo" sur un rythme plus rapide mais non moins puissant. Enchaînement sur un "Eyes wide open" dont la mélodie vous agrippe dès les premières secondes pour ne plus vous lacher pendant plus de 7 minutes. Une descente lente et inexorable vers des contrées de rock teinté d'hallucinantes parties de synthés en total accord avec la rythmique, symbiose qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de Tool, Dolving semblant aussi allumé que Keenan...

La fin de la galette ne respire pas la joie de vivre. Elle sombre en effet dans un rock totalement bruitiste et dépressif, voire totalement mélancolique au sens psychiatrique du terme.





2017 TROUBLED HORSE "Revolution on repeat"

label: rise above records
style: rock vintage énergique
date de sortie: 31 mars 2017
date de chronique: 5 avril 2017

[par Barjozo]



La Suède semble confirmer d'excellentes prédispositions dans l'élaboration d'un rock énergique, mélodique et inspiré. En témoigne ce deuxième opus d'un groupe dont pour ma part j'ignorais l'existence jusqu'à ce que je tombe sur une chronique de leur travail au hasard de mes périgrinations sur internet, m'incitant ainsi à jeter une oreille d'abord distraite, puis rapidement attentive sur leur heavy-rock from the cold.
Troubled Horse a été fondé en 2003 à Örebro ville dont est aussi issu Witchcraft, combo dont on vous a déjà parlé puisque leur dernier album "Nucleus" ne nous avait pas laissé indifférent loin s'en faut en 2016.
Après un premier album "Step inside" paru en 2012, ayant eu un succès d'estime chez les headbangers scandinaves, Troubled Horse nous revient en 2017 plein de bonnes intentions après un total relookage question musiciens.

"Revolution on repeat" est donc leur second album studio. Le morceau introductif "Hurricane" déboule comme un cheval au galop, tout en contre-temps rythmiques vite enchaînés sur une belle mélodie heavy-rock. La voix est rocailleuse mais aussi assez légère et pas dénuée d'intérêt. Le deuxième titre "The filthy ones" a une structure assez proche tout en proposant un riff intéressant. Dès le 3e morceau "Which way to the mob", les relents vintage sont omniprésents (cette gratte évoquant la NWOBHM des Lizzy et autres Maiden...). On aurait aimé que le récent BSR nous propose un titre de cet acabit...

Ce Troubled Horse galope en zone heavy ("Track 7", "Let bastards know"), sous d'incessants éclairs de fuzz, une pluie d'influences seventies associant relents psychés (cette intro kitschissime sur le pré-cité "Which way to the mob") et autres coups de tonnerre blues ("The haunted", "Desperation", et le final un peu mélo sur "Bleeding"), parfois complètement imbibés d'un style garage ("Peasant") et s'essayant même à la rock-country ("My shits fucked up").
Sur leur page facebook les suédois rapportent que le titre "Revolution on repeat" évoque le côté cyclique des pages de notre histoire humaine. Il peut également licitement évoquer ce nécessaire retour aux sources que bon nombre de groupes de rock s'échinent à mettre en oeuvre sur des albums qui n'ont pas toujours la qualité et le niveau de celui-ci.
Un très bon album au final.





2017 LAURA COX BAND "Hard blues shot"

label: verycords
style: blues rock hexagonal
date de sortie: 10 mars 2017
date de chronique: 17 mars 2017

[par Barjozo]



Voici comment ce jeune groupe français définit sa musique sur son site officiel:
"Pour résumer, The Laura Cox Band, c'est de la musique de vieux rockeurs alcooliques jouée par des jeunes Français en pleine forme ! De la country, du blues, du southern rock ou du hard rock, voilà ce qu'ils aiment mélanger en fonction de leurs envies. Si malgré tout vous tenez à définir ce style, on pourrait parler de Southern Hard Blues.
Bien conscient d'être à contre-courant de la scène française actuelle, The Laura Cox Band veut faire de sa différence une force, en continuant à jouer la musique qu'il aime: du rock old school dans sa plus simple forme.
"

Et c'est exactement cela que vous pourrez retrouver en écoutant ce sympathique premier LP d'un groupe formé de Laura Cox (guitare / chant), Mathieu Albiac (guitare), François C. Delacoudre (basse), et Antonin Guérin (batterie).
Le disque est plein de relents musicaux vous renvoyant aux fondamentaux du rock: dès son intro déboulant sur un solo de gratte bien gras ("Hard blues shot") le ton est donné avec un tempo bien heavy. Si sur les premiers titres la voix in english semble un peu forcée, Laura Cox va vite se rattraper sur des morceaux plus lents à l'instar des très southern rock "Too nice for rock n'roll" et "Morning road" titres dont on pourrait penser qu'il viennent directement du Tenessee voire d'un Texas assorti de grandes barbes fleuries...Quant à "Barefoot in the countryside", le banjo et le style country sont bien vus et relevés en fin de titre par une guitare électrique bien grassouillette.
Autre influence majeure, AC/DC est directement évoqué dans "The australian way", sans qu'il ne soit besoin de vous faire un dessin...

Galette simple, bien rock n'roll, sans fioriture et délivrant une zike agréable jouée par de bons musiciens (Laura Cox est excellente à la gratte, on a pu s'en apercevoir en fin d'année 2016 en première partie de Trust) "Hard blues shot" vous fera passer 42 minutes de bonheur musical et c'est quand même ça qu'on demande à un album de rock avant tout!





2017 MONSTERNAUT "S/T"

label: heavy psych sound
style: stoner stoner stoner
date de sortie: fin 2016
date de chronique: 14 mars 2017

[par Barjozo]



Trio scandinave, plus exactement de Kerava en Finlande, composé de Tuomas Heiskanen [Guitars / Vocals], Perttu Härkönen [Bass] et Jani Kuusela [Drums], Monsternaut a sorti fin 2016 son premier LP, dont la distribution semble avoir été un peu retardée...d'où cette chronique en 2017.

Le son proposé ici, nimbé d'un archéo-proto-fuzz jouissif rappelera d'emblée à l'auditeur un combo historique semblant certainement avoir bercé nos 3 lascars: Fu Manchu of course. Rajoutez à cela des vocaux qui semblent s'être beaucoup inspirés de ceux d'un vieux reptile, un iguane déjanté pour être plus précis et répondant au nom de James Osterberg, alias Mister Iggy Pop, et vous obtenez un très bon album de rock roots dans l'âme et sans autre prétention que de vous en mettre plein les oreilles!

Alors certes, d'aucuns diront que Monsternaut n'a rien inventé, et que leur galette plagit le groupe US sus-évoqué, mais laissons ces râleurs à leurs turpitudes et laissons nous envouter par un fuzz diaboliquement efficace, bien construit et entiché de bonnes mélodies rocks.

Un rock-band à encourager après un premier travail studio prometteur. Gageons qu'avec le temps ils puissent se forger leur propre identité musicale en se démarquant de leurs illustres aînés. Encore un jeune combo à suivre...





2017 OVERKILL "The grinding wheel"

label: nuclear blast
style: East US coast classic thrash
date de sortie: 10 février 2017
date de chronique: 13 mars 2017

[par Barjozo]



Si je vous parle du New Jersey, USA à qui pensez-vous? -Bon Jovi vient naturellement à l'esprit mais pas que! Car il y a aussi les bons vieux thrashers d'Overkill! Si la côte Ouest des States a donné naissance dans les années 80 aux plus gros groupes de metal hargneux dont 3 du fameux Big Four avec Slayer, Megadeth et Metallica, mais aussi Suicidal Tenencies, Exodus, sacred Reich, Metal Church, Testament ou Flotsam & Jetsam pour les plus connus, n'oublions pas que la côte Est quant à elle bien qu'en retrait a aussi enfanté quelques rejetons thrashisants et crossoverisants dont Anthrax (New York), Nuclear Assault (New York) et bien sûr Overkill...
Et il se trouve que ces derniers mois tous ces groupes sus-cités ont la bonne idée de revenir à leurs fondamentaux et nous pondent les uns après les autres des galettes comparables à leurs premiers (très) bons efforts studio, comme si nous assistions à un retour en grâce avec une verve créatrice retrouvée. Ce "Grinding wheel" ne déroge pas à cette règle et s'annonce comme une des très bonne réussite du genre en ce début 2017.

Inspiration, rythmes, mélodies, breaks, riffs aiguisés, sont ici réunis afin d'induire chez l'auditeur un mouvement de tête archaïque pulsatile d'avant en arrière et vice-versa que d'aucuns nomment headbanging, alors que parallèlement l'extrémité d'un des membres inférieurs se met à osciller autour d'un axe horizontal au niveau de la cheville ce qui à vrai dire peut facilement se définir comme un tapotement du pied sur le sol. Si vous ajoutez à cela une tendance à lever un bras vers le ciel dans un mouvement brusque et saccadé s'associant à une érection concommittante de l'index et de l'auriculaire de la main (en formant des cornes), vous obtenez une sorte de danse basique thrash-hardcore chez le sujet étudié. Essayez vous-même sur "Goddamn trouble" ou encore "Come heavy" deux des morceaux les plus réussis de ce "The grinding wheel" et vous comprendrez que ces messieurs d'Overkill bien qu'avançant en âge [à l'instar de leur chanteur-leader Bobby 'Blitz' Ellsworth qui approche la soixantaine] n'en restent pas moins efficaces pour balancer un thrash chaloupé, mélodique et toujours plein de bonnes trouvailles.

Et quoi de mieux qu'une reprise pour conclure un tel album? Overkill se permet donc sa version de "Emerald", morceau mythique de Thin Lizzy et s'en sort très bien en revigorant ce titre de 1976 de manière magistrale.
Au final un excellent album à ranger à côté de leurs classiques, comme "Taking over"...Ce qui nous renvoie 30 ans en arrière MFKers!





2017 CRYSTAL FAIRY "S/T"

label: ipecac recordings
style: néo-grunge inspiré
date de sortie: 2017
date de chronique: 10 mars 2017

[par Barjozo]



Comme je le disais plus bas, la mode est aux dream-teams musicales. En voici une autre et pas des moindres car elle compte dans ses rangs:
-Omar Rodriguez-Lopez, génial multi-instrumentiste dont le groupe principal est The Mars Volta,
-Buzz Osborne, et sa tignasse hirsute connu pour son boulot de guitariste au sein des Melvins,
-son compère du même groupe, Dale Crover, batteur,
-et la belle Tery Bender Gender, chanteuse de The Butcherettes,
-sans oublier que la galette sort chez Ipecac, label de Mike 'Genious' Patton leader de Faith No More...

Le style? -une rythmique ronronnante, vrombissante, toute en rondeur sans oublier une accroche très heavy lorgnant souvent vers un rock vintage ou un néo-grunge. Là dessus se greffent à coups de griffes des relents de gratte électrique délicieusement décalés, parfois punks, souvent rock ou hard-rock, sans oublier des vocaux s'intégrant parfaitement à l'affaire et d'une polychromie tonale à faire se damner un saint. Une alchimie, une symbiose dont on a peine à croire qu'elle est réelle. Un album qui s'éteint trop vite après 'seulement' 11 titres et 40 minutes d'une intensité musicale rare.

J'ai volontairement omis de citer un titre car cette galette doit s'appréhender intégralement et reste d'une homogeneité complète dans son inspiration. Un autre LP qu'on se doit d'avoir écouté en ce début d'année 2017, qui vraiment commence sous de très bons auspices!





2017 PAIN OF SALVATION "In the passing light of day"

label: insideout music
style: metal-prog scandinave
date de sortie: 2017
date de chronique: 8 mars 2017

[par Barjozo]



Titillé par la lecture de commentaires dithyrambiques et parfois même emphatiques à l'encontre du dernier POS, je me suis décidé à l'écouter...alors que ce n'est pas ma 'cup of tea', le style prog-rock de ce combo n'ayant jamais su retenir mon attention par le passé.
Groupe suédois né en 1984 POS c'est surtout son fondateur historique Daniel Gildenlöw (vocaux, gratte, compositeur principal), entiché actuellement de l'islandais Ragnar Zolberg (également au micro et à la gratte), Léo Margarit (drums), Daniel Karlsson (claviers) et Gustaf Hielm (basse). Le site officiel du combo nous apprend qu'en 2014 Gildenlöw a souffert d'une fasciite nécrosante, affection nosocomiale contractée au cours d'une hospitalisation, et que cette surinfection lui a valu de nombreux mois d'immobilisation et d'indisponibilité. Il semble que cet LP "In the passing light of day" soit une retranscription artistique musicale de ce que Gildenlöw a pu ressentir pendant cette période de soins.

J'étais donc prêt à tirer sur POS à boulets rouges et incandescents car les critiques lues çà et là sur le net m'avaient un tantinet excité...Et la première écoute me conforta dans cette optique assassine !
Mais, je dois bien reconnaître qu'après 5 ou 6 écoutes, ce "In the passing light of day" laisse vraiment l'auditeur en totale béatitude avec ses mélodies dont on conçoit facilement qu'elles aient pu déboucher sur tant d'enthousiasme dans la sphère web du rock et Cie. La galette possède un fort potentiel dès le titre d'ouverture "On a tuesday" diaboliquement bien construit, riche en mélodies tantôt violentes (l'intro est splendide, le break central à la gratte dantesque) et tantôt légères (piano, voix parlée, chuchotée par moments) et vaut le détour à lui seul. L'enchaînement sur "Tongue of God" et son intro désuète laisse à désirer même si le morceau au final reste sympathique dans un style prog-rock bien construit lui aussi. Ensuite vient "Meaningless" et sa mélodie introductive lancinante (clavier ou mélotron?) qui s'imisce au fil des écoutes successives dans votre corps tel une drogue avide de vous faire du bien, mais aussi de vous rendre dépendant et addict. Encore plus intéressant est le titre suivant "Silent gold" morceau lent s'apparentant à une complainte mélodique splendide (quel refrain!), plage calme avant "Full throttle tribe" et son intro martiale entichée d'une nouvelle ligne de claviers planants, des paroles également empreintes d'une émotion palpable, morceau qui progressivement va s'accélérer dans une ambiance un peu 'space-rock' grace aux claviers et se transformer en un furieux post-rock rapeux. Viendra ensuite un break calme vous ramenant mentalement aux grandes heures du prog-rock des années 80, avant la délivrance finale qui va arriver par vagues. Ce titre est bien évidemment le morceau central et le point culminant du disque avec ses plus de 9 minutes se terminant sur une sorte de doom tribal inquiétant...

La deuxième partie du CD débute par "Reasons" morceau chaloupé et bien pêchu alternant une rythmique lourde et des vocaux chantonnés pour un antagonisme étonnant, mais ne vous fiez pas à l'intro car le titre va progressivement glisser vers une sorte de nu-metal expérimental très réussi. Viendront ensuite "Angel of broken things" titre toujours très polychrome avec un solo de gratte bien gras sur la fin, "The taming of a beast" ballade torturée, "Is this the end" alternant une première partie lente et mélancolique alors que la fin du titre est une explosion de rage destructrice et certainement libératrice si on reste dans le concept de l'album. Le final sur "In the passing light of day" va pendant plus de 15 minutes vous offrir une sorte de résumé de l'album à lui seul; c'est un peu mélo à la fin, mais c'est comme dans un film où tout finit bien ;)!
Certains vont donc dire que cet album est génial et je ne peux pas les blamer. Pourtant c'est le type de galette que l'on ne peut qu'écouter tranquilement assis en se concentrant tant il est riche en intonations multiples, et il sera difficile à POS de le retranscire on stage, à moins d'en proposer l'intégralité...à voir au Hellfest 2017!





2017 GONE IS GONE "Echolocation"

label: rise rec
style: dream team US
date de sortie: 2017
date de chronique: 8 mars 2017

[par Barjozo]



La mode est aux 'super-groupes' montés par des musiciens venant souvent de combos à la réputation sans équivoque.
Gone Is Gone c'est: Troy Sanders (bass & vocals, Mastodon), Tony Hajjar (drums, At The Drive-In) , Troy Van Leeuwen (guitars, Queens Of The Stone Age) et le multi-intrumentiste Mike Zarin.

Y a pas à chicaner, on est souvent déçu par les galettes de ces groupes créés ex-nihilo par des zozos qui pensent que l'addition de talents peut donner un groupe talentueux. Las, comme au foot il ne suffit pas de mettre ensemble des stars pour que la mayonnaise prenne! Si le coup de main n'est pas bon (pour la mayonnaise) ou si la verve créatrice originale fait défaut (pour la zike) et bien ça tourne (pour la mayonnaise) ou ça débouche sur une accumulation de morceaux insipides (pour la zike).

"Echolocation" est donc le premier LP de Gone Is Gone. Le premier titre "Sentient" est assez lent, lorgnant sur une sorte de prog-doom à l'ambiance lourde. Même si la répétition permet de mieux l'appréhender, je ne suis pas certain qu'il s'agit du meilleur titre pour débuter la galette. On lui préfèrera des titres plus accessibles mais non moins entre-dedans ("Ornament", "Pawns"). C'est là que ce néo-groupe semble le mieux se détacher des quatre fortes personnalités qui le composent, et tirer le meilleur de ce qu'il a à proposer lorsque chacune d'elles s'exprime au-delà de son registre standard. On a même droit à une surprenante et langoureuse reprise de "Roads" de Portishead qui se laisse écouter sans soucis.

"Echolocation" a donc d'incontestables atouts dans son jeu et propose ici un LP qui s'écoute aisément dans un style rock moderne (certains diront post-ceci ou post-cela) et non dénué de charme. La performance est à saluer comme il convient, mais l'avenir de Gone Is Gone n'en reste pas moins incertain car ces musiciens restent accaparés par leurs groupes respectifs...





2017 KREATOR "Gods of violence"

label: nuclear blast
style: Thrash
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 5 mars 2017

[par Barjozo]



Loin d'être un spécialiste du genre, et encore moins du combo malgré ses plus de 30 années de carrière, je vous propose ici un avis 'coup de coeur' pour Kreator. Car Kreator pour moi, c'est d'abord une musique très violente, et des vocaux rébarbatifs dans leurs intonations hurlées. C'est ensuite une succession d'artworks dont j'ai peine à comprendre l'intérêt tant ils sont laids, et celui de ce 14e LP du groupe ne déroge pas àla règle.

Faut croire que mes oreilles deviennent de plus en plus clémentes et acceptent des sonorités que plus jeunes elles dédaignaient, mais je dois avouer que l'écoute répétée de cet album des thrashers allemands m'a totalement fait revoir mon opinion à leur sujet. L'ouverture du CD est splendide avec une orchestration au tempo martial, mais à la mélodie abolument addictive ("Apocalypticon") et l'enchaînement sur "World war now" et son rythme fougueux est réussi, ce morceau thrash étant un des plus rapides de la galette. Vient ensuite "Satan is real" plus modulé dans sa cadence, mais pas moins violent au final (on reste dans un thrash pur, mais à la mélodie sous-jacente omniprésente, sans parler du solo de gratte lumineux délivré par Sami Yli-Sirniö).

"Totalitarian terror" déboule ensuite à 300 miles/hour, entiché d'un refrain qui s'immisce vite dans votre cerveau grâce à la mélodie de la gratte en arrière-plan. Un titre époustouflant d'un bout à l'autre et qui va subtilement se trouver lié au suivant "Gods of violence" à l'aide d'une 6-cordes surprenante puisq'acoustique, vite battue en brèches par les vocaux martellant "We shall kill!!!!" et une rythmique thrash déboulant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et pourtant là aussi Kreator va faire montre d'un subtil mélange entre des boucles mélodiques, un chant hurlé et des parties rythmiques d'une puissance heavy majestueuse.

Cet album m'a donc totalement conquis. Je vous passe les détails des titres suivants comme "Army of storms" ou "Hail to the hordes" aux relents prog-rock style Maiden, ou le plus cadencé "Fallen brother", pour dire un mot sur le dernier morceau "Death becomes my light": plus de 7 minutes pour un titre débutant lentement, telle une comptine enfantine, mais qui va ensuite trouver un développement complexe, galopant, en s'entichant de parties mélodiques en boucles nous plongeant totalement dans un déluge de décibels qui m'ont fait évoquer les grandes heures du metal teuton des années 80 (Helloween, Running Wild et consorts).

Un album à découvrir, même si vous n'êtes pas un thrasher dans l'âme ;)!





2017 BLACK STAR RIDERS "Heavy fire"

label: nuclear blast
style: Thin Lizzy qui se prend les pieds dans le tapis
date de sortie: 3 février 2017
date de chronique: 2 mars 2017

[par Barjozo]



BSR c'est comme Thin Lizzy mais en moins bien puisque sans Phil 'Magic' Lynott. Je n'apprend rien à personne en écrivant cela. Toujours est-il que BSR s'est fendu d'un bon album en 2015 avec "The killer instinct" ou au moins le pensais-je à l'époque, absolument enthousiaste à l'idée de ré-entendre une zike nimbée de mélodies proustiennes hautement évocatrices de mes années de lycée..

Mais quelle déception ici. Le LP s'ouvre sur un titre éponyme dont on a du mal à comprendre l'étrange agencement avec une structure bancale très déstabilisante. L'enchaînement sur le catastrophique "When the night comes in" n'aide pas à redresser son opinion car les choeurs sur ce morceau sont absolument à vomir. Pouah! Quelle idée! Une énorme faute de goût placée en tout début d'album...qu'ils vont reproduire plus loin sur "Ticket to rise". Ou comment se saborder d'entrée, à l'instar des cocasses pirates que l'on trouve régulièrement dans les albums d'Astérix le gaulois si vous voyez de quoi je veux parler...

Et la suite n'est pas meilleure car si "Dancing with the wrong girl" tente de recoller les morceaux en nous renvoyant à un des anciens hits de Lizzy ("Dancing in the moonlight"), "Who rides the tiger" qui lui succède peine à garder le cap tant le refrain est surfait et la mélodie gnan-gnan... Pourtant certains morceaux (le single "Testify or say goodbye", "True blue kid") arrivent à nous accrocher avec leurs mélodies sympathiques, mais pas assez au final pour sauver un album dont même l'artwork est totalement indigne de leur rang [sic].

BSR aurait peut-être dû se contenter de rester dans les reprises des compositions de Lynott en puisant dans les albums de Thin Lizzy. Cela leur aurait évité de se planter comme ça, vulgairement, sans gloire, à distance de l'âge d'or du heavy-rock porté en son temps par Brian Robertson, Gary Moore ou John Sykes aux côtés du légendaire bassiste irlandais. Au lieu de cela ces bons musiciens ont tenté de composer un LP 'canada-dry' qui ressemble à du Lizzy sans en être réellement, comme une sorte de générique si c'était un médicament...mais ici on n'est pas dans la même gamme. Espérons que leurs performances live n'en pâtissent pas trop et qu'ils auront la sagesse de laisser à leurs setlists une colonne vertébrale basée sur leur glorieux passé.





2017 PVT "New spirit"

label: felte
style: electronica
date de sortie: 17 février 2017
date de chronique: 1er mars 2017

[par Barjozo]



PVT est un trio instru électro-pop australien dont nous avons eu l'occasion de parler il y a quelques années sur ce site avec leur album "Church with no magic" paru en 2010. Depuis les musicos ont publié "Homosapien" en 2013 sans sortir pour autant de l'underground musical. Avec "new spirit", ils se proposent d'élargir leur public grâce à l'apport de vocaux s'intégrant parfaitement aux boucles et autres loops de synthés qui sont leur marque de fabrique depuis la création du combo à Sidney en 1999.

Si ce type de zike est assez éloigné du heavy-metal et du hard-rock, il n'en est pas moins intéressant en permettant à tout un chacun d élargir son horizon musical en évitant les arcanes hyperstéréotypées des productions bas de gamme pullulant sur les radios généralistes. Cela étant dit, "New spirit" n'est pas non plus un chef d'oeuvre et vous pouvez faire l'impasse sans trop de soucis si rien que l'évocation des synthés vous effraie...

Quant à moi j'ai bien apprécié la première partie de la galette débutant tout en retenue avec "Spirit of the plains" et son rythme lancinant évocateur d'une ambiance new-wave rétro mais qui bien vite va décoller tel un aéronef s'élançant vers des planètes éloignées de notre système solaire; enchaînement sur un morceau életro-hip hop "A feeling you can find" futuriste sur lequel pour la première fois les vocaux font leur apparition. Vient ensuite "Salt lake heart" et son début très probablement inspiré par un tube des années 80 de Stevie Wonder (...) avant que ne commence un enchaînement de titres liés à une évidente préoccupation écolo, jugez plutôt: "Another life", mais surtout "Fool in Rain II", "kangaroo" et "Fake sun in China". Des compositions toujours aériennes et hypnotisantes.

Un bon album électro-pop moderne et 'engagé'.





2017 KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD "Flying microtonal banana"

label: heavenly recordings
style: rock psyché des antipodes
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 28 février 2017

[par Barjozo]



Huit mois après un claquant et percutant "Nonagoon infinity", voici revenir les australiens de KGATLW pour un opus qui pourrait être une première vague de plusieurs albums en 2017 si on en croit les déclarations du groupe on the web. S'agit-il d'un coup de bluff pour faire le buzz ou sont-ce des compositeurs si prolifiques qu'il leur faille s'exprimer avec une multiparité digne de lapereaux échangistes, toujours est-il que nous est servie ici la première mouture de leur travail de l'année avec un album au titre légèrement décalé, "Flying microtonal banana". Et qui dit banana sur un site dédié à la musique fait évoquer instantanément au lecteur l'artwork du 1er l'album du Velvet Underground avec Nico, ou encore celui des Dandy Warhols "Welcome to the monkey house".

Cependant ne vous attendez pas à écouter du rock 'classique' ici car le style est plutôt inspiré des courants post-rock, voire krautrock (à vos souhaits!). D'emblée le single "Rattlesnake" vous persécute les tympans avec un refrain en boucles totalement addictif sur un rythme rapide et non moins excitant. Excellente entrée en matière même si le caractère répétitif pourra en irriter certains. Vient ensuite "Melting" sans temps mort (ceci a l'air d'être une marque de fabrique de KGATLW) sur une rythmique tribale évoquant les trottoirs de Rio un jour de carnaval. Groove magnifique pour un morceau funkysant à la légèreté rafraîchissante.

Plus loin, on se prend à dodeliner de la tête en cadence en sautillant dans l'eau ("Open water") ou à taper frénétiquement du pied en suivant l'entêtante rythmique orientalisante de "Sleep drifter". Le tempo ralentit ensuite sur "Billabong valley", au moins au début, car très vite des sonorités pétillantes reviennent nous rappeler que le spleen n'est pas au programme sur cet LP, résolument optimiste et tourné vers la fête (celle qui est proposée sur ce titre a clairement des connotations asiatiques). Les bases rocks ne sont pas loin, et "Anoxia" vous rappelera que si vous manquez d'air la gratte en carton (merci tonton!) vous en procurera de l'hyper-oxygéné afin de vous mener au bout de l'écoute du CD, en passant par la "Doom city" et ses relents sixties enrobés de synthés modernes quant à eux. Ces instruments si virevoltants sur "Nuclear fission". Un des musts de la rondelle qui se terminera sur un titre éponyme toujours empreint d'essences musicales asiatiques absolument splendides.

Bref, en 9 titres KGATLW nous balance un nouvel opus du niveau de leur précédent LP. On attend la suite avec impatiences MFKers!





2017 MY SLEEPING KARMA "Mela ananda"

label: napalm
style: stoner instru envoutant
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 27 février 2017

[par Barjozo]



En octobre dernier le site officiel de MSK annonçait la sortie d'un LP live enregistré durant la tournée "Up on smoke" de février 2016. Il ne s'agit pas d'un seul concert mais de morceaux pris çà et là dans divers sets donnés pendant ces dates en Europe.
De MSK on connaissait jusqu'ici leurs splendides précédents LPs studio avec "Soma" paru en 2012 et "Moksha" en 2015.
Mais n'ayant pas encore pu les voir en live, la parution de cet enregistrement m'est apparu comme salvateur dans ce sens [!].

Toujours dans leur trip 'karma'-ceci, 'karma'-cela (une sorte de 'karma'-Chaméléon comme aurait dit Boy George) les allemands n'en oublient pas pour autant d'instaurer un groove dantesque dans leurs compositions qui on s'en doute font la part belle aux 2 albums sus-cités. En 10 titres et presque 70 minutes, MSK délivre avec maestria son stoner-rock instrumental nimbé de colorations chamaniques hypnotisantes en totale apesanteur. Que ce soit sur l'introductif et planant "Prithvi" tiré de "Moksha" (comme "vayu" et ""Akasha"), ou sur leur magnifique ode "Ephedra" tiré de "Soma", à aucun moment on ne s'ennuit et les rythmes/mélodies entêtantes s'enchaînent sans lasser au gré des mélodies en boucles délivrées par la gratte de Seppi bien soutenue par les claviers de Norman...

On a même droit à quelques effluves des années 70 avec "23 Enigma" qui en première partie de morceau est entiché de claviers semblant tout droit sortis d'un album avant-gardiste comme "Equinoxe" de J.M.Jarre, mais qui évite l'écueil du pastiche foireux en repartant sur des bases bien 'heavy' en deuxième partie. A ce sujet, la rythmique sur cet album est monstrueuse, que ce soient les lignes de basse de Matte (écoutez en priorité "Glow 11") ou la démoniaque batterie de Steffen.

Mieux qu'un best of, "Mela ananda" saura conforter les adorateurs de Ganesh ce dieu sage à tête d'éléphant ornant l'artwork, et pourra à l'occasion recruter de nouveaux adeptes tant son potentiel musical est puissant.

"Que la paix soit avec vous".





2017 SEPULTURA "Machine messiah"

label: Nuclear Blast
style: thrash
date de sortie: 13 janvier 2017
date de chronique: 26 février 2017

[par Barjozo]



Cela faisait 4 ans que l'on n'avait pas revu Sepultura en travail studio depuis leur correct "The Mediator between Head and Hands must be the Heart" paru donc en 2013. Pendant ce temps les frères Cavallera continuent de conspirer au gré de leur inspiration...

"Machine messiah" va certainement en étonner plus d'un. Il fait partie de ces disques qui innovent en incorporant bon nombre de sonorités peu usitées dans le passé du groupe. A commencer par ces intonations exotiques orientales apportées par le groupe tunisien Myrath qui a participé à certains titres. C'est ainsi que le morceau "Self control" par exemple va se trouver enrobé d'effluves et de senteurs maghrébines lui incorporant un zeste de légèreté pour un titre par ailleurs très thrash dans sa structure, ou que "Sworn oath" se pare d'une orchestration absolument dantesque.

Notons également que le (puissant) lead singer, Derrick Green se laisse aller à quelques modulations intéressantes ce qui nous vaut des parties chantées variées et cela dès le morceau éponyme d'ouverture. Il n'est pas en reste quand il faut balancer des rugissements pour accompagner certains titres à la puissance énorme comme "Resistant parasites" (lui aussi magnifiquement mis en valeur par l'orchestration légère en arrière fond) ou encore "Chosen skin". Autre titre de bravoure, l'instrumental "Iceberg dances" va vous secouer la pulpe du fond tout en vous proposant une grande variété de sonorités réunies dans un seul morceau, la partie de gratte acoustique n'y représentant pas la moins inattendue.

Sepultura nous livre ici un excellent album riche, varié et inspiré. A noter que les brésiliens proposent début 2017 une tournée européenne en compagnie de Kreator qui pourrait bien casser la baraque...





2017 Stephen PEARCY "Smash"

label: Frontiers
style: hair-metal US revival
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 23 février 2017

[par Barjozo]



Nouvel album solo pour le chanteur de Ratt.
Cela faisait un bail que je ne m'étais pas penché sur le travail de ce vieux rongeur, et j'étais donc prêt à le Ratt-atiné si ce n'est le Ratt-baissé au plus bas niveau, soit le niveau K, le caniveau donc, niveau qui semble convenir magnifiquement à ce mammifère aux petites dents pointues.

Car Ratt pour moi, c'est un triptyque fondateur excellemment huilé dans un hair-metal multicolore: "Out of the cellar" [1984], "Invasion of your privacy" [1985] et "Dancing undercover" [1986]. Et puis c'est tout. C'est pas vraiment que j'en avais Ratt le bol, ni que j'étais Ratt-sasié de ce glam-metal mais quand même assez repu avec un style qui commençait à tourner en rond, un peu comme un de leurs anciens succès, "Round and round".

Avec son visage buriné à la Clint du-Bois-de-l'Est, Pearcy pourrait faire peur-si par erreur vous le rencontriez dans les sous-sols de Bercy dans les suites d'un show. Un chaud show car le bougre a toujours su attirer les chattes les plus attrayantes, de belles mangeuses de souris et de Ratt cela va de soit! Mais pas un show pour chochottes quand bien même l'animal à le poil qui blanchit...

Venons-en au vif du sujet, soit la musique à Pearcy. L'oeuvre gravée débute on ne peut mieux avec un "I know I'm crazy" fougueux et totalement addictif commençant lentement et vous agrippant ensuite très vite par les limbes de votre cerveau sortant d'une pseudo-hibernation humanoïde. Le bougre a su garder intact son organe, reconnaissable au possible, faut croire que le larynx du gars est plus résistant que son épiderme. "Ten miles wide" ensuite nous renvoie directement à la case Ratt dans sa structure classic-glam imparable et au refrain taillé pour les radios US tout comme le sont ceux des titres "Jamie" ou "I cant take it" entre autres. En bon stratège, Pearcy referme la galette sur une ballade sirupeuse "Summers end" dont pourront se délecter les félines sus-évoquées comme s'il s'agissait d'une giclée de boisson lactée..

Au final pas de prise de risque pour treize titres qui se laissent écouter sans lasser l'auditeur dans un style hard-FM policé bien travaillé, mais manquant un peu de peps au final.





2017 GROUP DOUEH & CHEVEU "Dakhla Sahara session"

label:
style: electropop bordelaise en voyage au Sahara...
date de sortie: 2017
date de chronique: 23 février 2017

[par Barjozo]



Cheveu est un trio français originaire de Bordeaux dont on a déjà causé sur ce site. Leur album "1000" nous avait mis l'eau à la bouche et leur dernier opus "Bum" avait également su savamment exploser nos cages-à-miel d'une électro-pop moderne enjouée et délicieusement mélodique.

Trois ans plus tard revoici nos 3 gaillards avec un nouvel album sur lequel appararaîssent d'illustres inconnus marocains au patronyme quelque peu suffisant, Group Doueh. Il s'agit en fait de musiciens du Sahara Occidental jouant un proto-rock inventif aux racines africaines certaines à l'instar de leurs homologues touaregs maliens Tinariwen dont on a également pu vous toucher un mot ici par le passé ("Aman Iman" en 2007 et plus récemment "Tassili" en 2011).

Le résultat est assez surprenant. Mêlant sonorités occidentales modernes électroniques, avec une voix (David Lemoine) souvent parlée, scandée, à des accents de 6-cordes électrifiées sous la houlette du leader de Group Doueh, Baamir Selmou, et des chants multiples en langue Hassani ancien...D'après l'intervew que les 3 français ont donné au mag NewNOise en début d'année, l'alchimie et le mélange des 2 genres n'a pas été trouvé rapidement, et l'album initialement enregistré à Dakhla a été remastérisé en France en particulier pour les parôles en français, en faisant le tri sur l'ensemble des sessions mises en boîte dans les zones du sud marocain.

Parmi les réussites du disque citons les 2 premiers titres: d'abord "Moto 2 places" qui ouvre la rondelle sur des accents très rythmés et un arrière-plan au synthé bien trouvé (les paroles sont hilarantes en particulier le final..."vas-y monte, vas-y monte, monte derrière moi"). Vient ensuite "Bord de mer" toujours sur le même tempo enlevé avec les premiers riffs de gratte qui se profilent. Cette 6 cordes qui un peu plus tard sur "Azawan" va prendre des allures punk/garage vintage très à contre-courant de ce que fait habituellemnt Cheveu (sur ce titre d'ailleurs les français sont très en retrait, voire absents à première écoute). J'ai également un faible pour le titre "Je penche" pas bancal pour un sou et à l'homogénéité quasi-parfaite dans son mix Nord-Sud hors commerce équitable...

Si l'entreprise est louable, ce CD n'évite pas certains écueils. D'abord certains titres sont un peu longs, répétitifs comme "Charâa" et ses près de 10 minutes: ce morceau s'ouvre excellemment avec des relants de claviers évoquant une sorte d'acordéon moderne électrique (mélotron?), mais s'enlise en deuxième partie et s'égare sur des probables improvisations dont semblent se délecter les musicos de Group Doueh...Ensuite, passé l'effet de surprise, j'ai peur que les titres perdent un peu de leur mordant...à voir.





2017 John GARCIA "The coyote who spoke in tongues"

label: napalm
style: stoner-voice dépoussiérée du sable du désert...
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 6 février 2017

[par Barjozo]



Alors que l'évocation de John Garcia me renvoie inexorablement vers du bon rock stoner aux effluves de sable chauffé par des rayons d'un soleil rougeoyant, ce deuxième opus solo de la voix historique de Kyuss propose des ambiances beaucoup plus soft. Garcia nous emmène dans un univers acoustique chatoyant teinté d'un romantisme US pouvant paraître suranné à certains mais aux tonalités émotionnelles non feintes étant donné la personnalité du bonhomme.

Soutenu par Ehren Groban à la 6-cordes, Greg Saenz aux percussions et Mike Pygmie à la basse, John Garcia nous délivre 9 titres dont 4 morceaux de Kyuss retravaillés acoustiquement pour une autre approche sensorielle: "Green machine", "Space cadet", "Gardenia" et "El rodeo" vont ainsi prendre un nouvel essor, mais j'avoue que leur écoute ne m'a pas enthousiasmé outre mesure. Je leur préfère largement leurs versions électriques originales.
En vous lançant à l'écoute de cette galette oubliez vos a priori sur les musiques 'conventionnelles', et encore plus les pulsions qui vous poussent habituellement vers l'écoute de mélodies hardues, celles qui, pour reprendre un célèbre rock-critic US, vous poussent sur les traces d'une impulsion utopique, comme une négation de votre quotidien...
Parmi les 5 nouvelles compositions "Kylie" et sa gratte sèche très vivace et enjouée initialement sera certainement bien la seule à vous 'transporter' dans cet univers non électrique. Titre assez complexe et travaillé, on se laisse à penser que la suite pourrait nous surprendre. Las, pour "Give Me 250ml" le rythme devient nettement plus haché, on a l'impression désagréable d'une sorte de démo... "The hollingsworth session" ensuite a une structure assez sympathique avec plusieurs grattes qui s'entrecroisent pour une mélodie bien carrée mettant la voix en évidence, avec quelques passages au piano...
Et si "Argleben II" nous renvoie à "Argleben" qui figurait sur le premier album solo de Garcia ("S/T") autant ce titre en 2014 était empreint d'une implacable rythmique, associée à un son très lo-fi et des parties chantées bien rugueuses le rendant irrésistiblement éclatant, autant ce "Argleben II" semble être une sorte d'antithèse musicale dotée d'une coloration mélodique quelque peu monochrome.
Le final "Court Order" est un instrumental pur nous sevrant du seul intérêt du disque, soit la voix hors norme de Garcia, et s'avère assez rébarbatif après écoutes successives...

John Garcia reste un vocaliste hors pair... mais j'ai l'impression qu'il s'est un peu fourvoyé avec ce "Coyote.." un tantinet soporifique.





2017 KROKUS "Big Rocks"

label: columbia
style: rock n'roll baby!
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 2 février 2017

[par Barjozo]



On aurait pu croire qu'avec le temps nos petits suisses allaient se périmer. Que nenni gentes dames et damoiseaux! Et qu'elles soient bien nées ou pas (mais cela dit il y a pire que la Suisse pour s'émanciper), nos rebelles âmes helvètes de rockers continuent de se la jouer bien rock après plus de 40 années de carrière. Leur dernier forfait gravé sur rondelle était un live bien rondouillet et qui envoyait un bon rock n'roll des familles (l'excellent "Long stick goes boom (Live from the House of Rust)"). Les revoici dans un autre style, celui des covers soit des reprises in french. Au total 12 hits souvent (très) très anciens et sortis des cartons du Swinging London des années 1964-68.
En 13ème plage un inédit made in Switzerland qui ne déparerait pas chez certains australiens avec son titre haut en couleur "Back seat rock n'roll" [sic].

Ces musiciens n'ont plus rien à prouver et semblent s'être réellement fait plaisir à reprendre des morceaux connus de tous. En voici le rapide track-by-track:

"N.I.B." [Black Sabbath, 1970]
Il ne s'agit que d'une approche partielle de ce monument du Sab, basée sur la mélodie à la gratte, les vocaux d'Ozzy étant irremplaçables! Krokus ne l'a utilisé semble-t-il que pour une intro somme toute assez intelligente à l'album.

"Tie your mother down" [Queen, 1976]
Un des titres bien rock que Mercury et ses sbires avaient conçu pour la scène; la voix de Mark Storace se prette très bien au tempo, légèrement modifié par les suisses, avec un solo bien senti.

"My Generation" [The Who, 1965]
Bien rythmée, cette version n'arrive cependant pas à totalement dépoussiérer ce vieux morceau qui a eu du mal à passer le cap du XXIè siècle..

"Wild thing" [The Troggs, 1966]
Aussi ancien que le précédent, paradoxalement ce titre tient un peu plus la route, en raison des breaks permettant à Storace de placer son organe vilipendeur éraillé bien en évidence..

"House of the rising sun" [The Animals, 1964]
Titre démarrant laborieusement, la mélodie émanant de la gratte de Mandy Meyer (remplaçant de Fernando von Arb depuis quelques temps maintenant) fait ensuite des merveilles dans un groove addictif et sensuel.

"Rockin' in the free world" [Neil Young, 1989]
Un de mes titres préférés du loner canadien. Je n'en connaissais que peu de reprises si ce n'est celles de Pearl Jam et du G3 version Vai/Malmsteen/Satriani (magnifique). Krokus s'en tire pas trop mal pour le seul morceau datant de moins de 40 ans repris sur cette galette!

"Gimme some lovin'" [The Spencer Davies Group, 1966]
Très bonne rythmique bien ronflante pour un titre cadencé et toujours efficace.

"Whole lotta love" [Led Zeppelin, 1969]
Standard du Dirigeable anglais, cette version a le mérite de montrer un chanteur excellent qui n'est pas loin des intonations de Plant himself n'en déplaise à ses détracteurs.

"Summertime blues" [Eddie Cochran, 1958]
Rock n'roll sexagénère qui se laisse toujours autant écouter malgré cette putain d'obsessionnelle clepsydre qui se vide ...

"Born to be wild" [Steppenwolf, 1968]
Je ne sais pas pourquoi nombre de groupes s'obstinent à reprendre ce morceau avec lequel j'avoue avoir du mal, y compris pour cette version; passons.

"Quinn the eskimo" [Bob Dylan, 1967]
Bon morceau mid-tempo plus connu sous le nom de "(The) Mighty Quinn" déjà repris par de nombreux artistes, y compris en français par Francis Cabrel dans une version folk qui lui sied plus qu'aux hardos; bref un titre de Dylan trop molasson pour un groupe comme Krokus à mon sens...

"Jumping Jack Flash" [The Rolling Stones, 1968]
Classique parmi les classiques déjà repris des dizaines de fois (Motörhead, Cinderella, Peter Frampton, Johnny Cash...) qui a le mérite en final de remettre les suisses en mode 'rock' mais leur version n'a rien de transcendante...

Au total, Krokus s'est fait plaisir et cela s'entend en reprenant des titres archi-connus qu'ils se feront certainement un malin plaisir de jouer on stage en édulcorant ainsi leurs setlists. Mais l'achat d'un tel CD est à réserver aux fans purs et durs du combo helvète et n'apporte rien de neuf sous le soleil de janvier 2017, bien qu'il ait le mérite de nous réchauffer un peu les esgourdes quelque peu ankylosées par l'hiver...








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