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Cette année:


- le 28 janvier 2017, Geoff Nicholls, l'ancien claviériste de Black Sabbath meurt d'un cancer du poumon à 68 ans.
- décès d'un des pères fondateurs du rock Chuck Berry le 18 mars 2017.




Actuellement il y a 22 chroniques écrites pour 2017...

Notation visuelle (pour les pressés):
: à chier ! : moyen : bon
: excellent : fantastique !




2017 PERSEFONE "Aathma"

label: vicisolum prod
style: metal prog.
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 12 avril 2017

[par Barjozo]



Petit rappel mythologique: Perséphone, fille de Démeter fut contrainte de devenir la reine des Enfers après son enlèvement par Hadès le maître des lieux.
En 2001 un groupe metal originaire d'Andorre décide de prendre ce nom. L'orientation musicale de ce combo pouvait en effet le justifier puisque Persefone alterne parties planantes et complaintes aggressives tout comme la déesse grecque passait 6 mois sur Terre et 6 mois dans ses entrailles, lieu supposé où coulait le Styx, fleuve des Enfers éternels. Je vous laisse à votre imagination pour savoir à quel côté correspond chacune des parties musicales (...).

Persefone, le groupe, se compose actuellement de Marc Martins (Vocals), Carlos Lozano (Guitars), Miguel Espinosa (Keyboards & Vocals), Tony Mestre (Bass), Sergi Verdeguer (Drums) et Filipe Baldaia (Guitars).
Même s'il semble y avoir eu pas mal de changements de line-up dans sa carrière la ligne directrice reste donc résolument tournée vers un metal progressif lorgnant pas mal sur le death, mais en permanence imprégné par des claviers, synthés et autres pianos.
"Aathma" est leur 5e LP et 4 ans le séparent de "Spiritual migration" leur précédent opus studio paru en 2013.

Si vous voulez vous faire une idée du style, allez directement sur 'illoutoube' visionner la vidéo très réussie de "Prison skin". Après une intro mignonnette, les guitares sont lachées dans une furibonde cavalcade parsemée de breaks multiples et autres stop-and-go. Le chant alterne les parties claires et les hurlements (Dave) growls pour maintenir une impression de constante évolutivité pour des morceaux à l'architecture complexe. Bien sûr, on pensera au dernier Pain Of Salvation mais on pourra aussi évoquer Opeth, Cynic et même Gorod pour le côté technico-death hyper léché.

D'une homogénéité à faire se damner un saint (aux Enfers) il est difficile d'extraire une composition, mais parmi les 10 titres (dont le dernier se décompose en 4 parties) j'ai un faible pour "Stillnes is timeless" qui égrène ses plus de 9 minutes dans une ambiance en constante évolution alternant parties rugueuses/hargneuses/thrash et véritables petits bijoux de breaks langoureux au piano/synthé, parallèlement là aussi à des parties vocales en complète harmonie.

Ajoutons à tous ces éléments positifs une production parfaite et vous aurez compris que "Aathma" est un magnifique album studio qui pourra aisément rivaliser avec toutes les sorties du moment. Reste pour ma pomme que j'attends quand même de voir ce que ce type de compositions hyper-complexes peut donner lors d'une restitution live. Non que je puisse être inquiété par -sa -faune, car tous les thrashers se ressemblent, mais ce serait ballot si Persefone perd -sa- foi en se dis -per -sant -faute d'unité on stage.
Bref, 'trêfle de plaisanterie' comme aurait dit Francis Blanche en compagnie d'un lapin dans un carré de luzerne, vous pouvez foncer écouter cet album et vous me direz des nouvelles par téléphone, hygiaphone ou interphone de ce dernier Persefone!





2017 HOUSE OF LORDS "Saint of the lost souls"

label: frontiers
style: pop planante
date de sortie: mars 2017
date de chronique: 11 avril 2017

[par Franck and Furious]



Pistolet ou épée ? Hybride homme-cheval ou aigle-lion? Guitare ou claviers ?
S'il est assez facile de répondre aux 2 premières questions dans le cadre de la Maison des Seigneurs, il en est moins aisé pour la troisième. En effet, le maître du hard FM est un des rares groupes sachant manier claviers et guitares dans le bon dosage pour le genre. Et depuis son retour dans les années 2000, le groupe n'a cessé de nous proposer de très bons albums, sachant à la fois être hard et mélodiques, et surtout en s'appuyant sur la guitare de Jimi Bell, maintenant un esprit fort encré dans le rock tout en surfant sur des claviers complices. Aussi, on se demande si le groupe va rester orienté guitare comme sur ses derniers albums, ou s'il va revenir à une dominante clavier ? Et quand la source de l'inspiration sera tarie ?

Et bien, il se pourrait que ce soit sur cet album. En effet, contrairement à la présentation de cet album sur le site du groupe, si Jimi Bell excelle toujours en solo, l'album et les rythmiques sont tout de même très axés claviers (joués par qui ?) : constat symbolisé par l'intro de l'album et les titres "Concussion" (3/5) qu'on pourrait croire tout droit sorti des touches blanches et noires de l'outil de travail de Rick Wakeman de Yes, ou le titre très AOR '80, "Hit the wall", qui essaie de nous refaire le coup d'un "Live every day like it's the late" sans en avoir l'accroche, et que s'il est efficace sur une écoute, peut saouler en boucle (4/5).

Alors ma foi, la prédominance des claviers n'est pas un mal en soi quand ceux-ci sont bien utilisés, et c'est le cas. N'oublions pas que le groupe est le ''fils'' du groupe Angel, tous les 2 portés par l'excellent claviériste Greg Giuffria, qui a su donner ses lettres de noblesse au groupe. Le chroniqueur spécialiste AOR de Rockmeeting.com, Fab, devrait même être ravi (?) de cette option. Mais les plus hargneux d'entre nous, dont je fais partie, pourraient faire la moue, en ne retrouvant pas ici le coté nerveux des albums précédents, et qui à mon sens, met davantage en valeur la voix délicieusement éraillée de James Christian. Car ici, point de titres qui poutrent à la "Battle", à la "Go to hell" ou encore un "Die to tell", sur cet album. L'album pourrait même sonner comme le très recommandable groupe AOR Ten (le chanteur à la voix toujours aussi exquise, chante même dans les graves à la Gary Hughes sur les couplets d'"Oceans divide").

Mais on peut être hargneux, mais pas hard niais. Car si à chaud, on pourrait tiquer sur cette orientation sonore, on peut trouver logique qu'après cette série de pépites d'album, le groupe cherche à varier son son. Et si on s'écoute d'affilée l'intégrale, ce disque pourrait effectivement être une ''pause'' rafraîchissante, après les telluriques et excellents ''Precious metal'' et ''Indestructible''. Quand j'écris ''pause'', c'est une figure de style, car on trouvera tout de même des titres ''boucliers'' (4/5) comme "Harlequins" et sa couleur orientale, "Oceans divide", "Art of letting go", en éclaireurs des titres ''cavalerie'' (5/5) : "Saint of the lost souls", "new day breakin" et "Reign of fire", dont les refrains sont juste . majestueux.

La déception principale viendra de l'unique balade "The sun will never set again" (2/5), qui aurait pu faire partie des balades les plus sucrées (indigestes?) de Toto, et sa version encore plus fade en bonus acoustique piano-voix, qui en ferait presqu'une ouvre d'un Mickael Jacskon, composant avec son bébé dans les bras. On râlera aussi sur le final de l'album avec des titres aux refrains peu inspirés comme "Grains of stand" et les ''hoho'' de "The other option" (2/5) et qui gâchent donc la dernière partie de l'album.

Il est clair que le groupe avait fait fort, et qu'évidemment, le savoir-faire reste présent sur la moitié de l'album, voire davantage pour ceux qui apprécient la domination des claviers et de quelques sonorités davantage FM que hard. On pourrait même saluer ce choix de production pour varier la discographie. Mais, j'aurai du mal à m'attacher à cet album longtemps et en boucles. Si je dois faire une comparaison hybride : je dirais que le groupe habituellement joint le côté rock du Def Leppard de feu Steve Clark et le côté somptueux d'un Boston, et qu'ici, il joindrait le côté roll du Def Leppard de l'après Steve Clark et le côté mélodieux d'un Journey. Alors, si avec ce "Saint of the lost souls", le groupe n'a pas perdu son âme, attention tout de même, à ne pas perdre des saints.





2017 GRANDADDY "Last place"

label: columbia
style: pop planante
date de sortie: 3 mars 2017
date de chronique: 8 avril 2017

[par Barjozo]



Dix ans! Ca faisait dix ans que Grandaddy, et son leader à la voix si particulière Jason Lytle, ne nous avait pas proposé de disque (de production musicale, car qui achète encore des galettes de nos jours?). Et pour cause, Grandaddy avait jeté l'éponge en 2006 (faute de succès de l'album pourtant très bon "Just like the fambly cat" chez v2). Ce n'est que depuis 2012 et une participation à Rock en Seine que les fans avaient compris qu'un possible retour du combo était envisageable.

Ce retour est maintenant concret avec la sortie de ce "Last place" qui disons le sans détours ni ambages est un magnifique album de power-pop. Dès le titre introductif (qui a tous les ingrédients d'un hit en puissance) "Way we won't" vous serez (re)plongés dans les ambiances mélodiques si caractéristiques des albums pré-split (pour ma part j'avais découvert ce groupe avec "The sophtware slump" en 2000). Ces albums simples et mélodiques n'avaient pour moi de cesse de m'essorer le système limbique tout en l'inondant d'une suave substance nommée dopamine. Une sorte de shoot musical à vrai dire.

Et n'allez pas croire que la première plage n'est qu'un leurre. D'autres titres du même niveau ("Evermore", "Brush with the wild") sont parsemés au grès des pistes sur un album dont on perçoit qu'il a été longuement travaillé et a dû murir lentement dans le grand esprit créatif de mister Lytle...Celui-ci n'a pas oublié quelques ingrédients mélodico-bucoliques en incorporant de superbes balades romantiques à son oeuvre ("A lost machine", "This is my part, Jed the 4th"..).

Grandaddy est de retour.
Vive Grandaddy MFKers!





2017 MASTODON "Emperor of sand"

label: reprise rec
style: metal-prog-rock mature US
date de sortie: 31 mars 2017
date de chronique: 13 avril 2017

[par Barjozo]



Mastodon a atteint un tel degré de maturité que ses musiciens en viennent à participer à une foultitude de 'side-projects' comme en sont la preuve les néo-combos Gone is Gone (Troy Sanders) ou encore Giraffe Tongue Orchestra (Brent Hinds). D'aucuns pourraient se dire qu'à ainsi éparpiller leur verve créatrice, ces musicos risquent de manquer leurs futurs albums estampillés Mastodon.

Je vous rassure tout de suite il n'en est rien ici. Dans la droite lignée des 2 albums précédents "Once more round the sun" (2014) et "The Hunter (2011), les américains poursuivent un style qui a fait leur renommée, tout en incorporant à leur album quelques relents musicaux nouveaux.

Avec le retour de Brendan O'Brian (Pearl Jam) aux mannettes, Mastodon semble renouer avec le style concept-album puisque l'ensemble des titres si on se réfère à leur site web nous invite à faire un voyage initiatique dans de vastes contrées dominées par le sable et les vents tourbillonnants. L'histoire en filigrane est celle d'un être humain condamné à mort par le jugement d'un sultan et voué à trouver sa survie dans une errance échappatoire à travers des contrées arides et désertiques. Ce faisant les auteurs ont voulu évoquer une métaphore artistique de la maladie avec toutes ses vicissitudes. Ils semblent n'avoir guère été épargnés par les affres du cancer au cours des dernières années puisque la femme de Troy Sanders a souffert d'un cancer du sein, la mère du batteur Brann Dailor est atteinte d'un cancer depuis de nombreuses années, celle du guitariste Bill Kelliher étant récemment décédée d'une tumeur cérébrale.

On se souvient que déjà leur album-concept "Crack the Skye" paru en 2009 leur avait été inspiré par une précédente tragédie à savoir le suicide de Skye la soeur de Dailor. Y-a-t-il un lien de cause à effet mais toujours est-il que déjà à l'époque les musiciens avaient fait appel à Brendan O'Brian pour produire un LP dont le résultat fut assez phénoménal, puisque leur ouvrant véritablement les portes du panthéon Metal.
"Emperor of sand" s'ouvre avec fracas sur "Sultan's curse" qui met l'auditeur bien au parfum de ce qui va l'attendre tout du long des 11 pistes avec des riffs de guitares monstrueusement inspirés, celles-ci évoquant donc la fuite du condamné vers le désert. Plus avenant et moins rentre-dedans "Show yourself" lui emboîte le pas sur un tempo et une mélodie qui ne sont pas sans rappeler un peu, beaucoup, passionnément le QOTSA des grandes heures 2000 surtout dans la manière de chanter...Ce chant assez complexe chez Mastodon puisqu'il est partagé entre Sanders, Hinds et surtout Dailor, permettant l'obtention d'une vaste palette mélodique même si c'est véritablement le batteur qui s'en tire le mieux au final (cf. sa performance sur "Steambreather").

En 3e position "Precious stone" est un titre purement 'mastodonien' avec ses boucles de grattes mélodiques répétitives entêtantes..
"Steambreather" et sa rythmique heavy fait référence aux bases 70ies pour un morceau résolument roots...
Ce qui nous amène à ... "Roots remain" et son introduction psyché à l'aide de claviers semblant totalement dys/anachroniques sur un album de Mastodon, claviers qui après quelques secondes sont totalement explosés par un son bien gras et saturé dans un déluge heavy-prog qui va tel un maelstrom se déchaîner sur "Word to the wise" puis "Ancient kingdom".

Vient ensuite une sorte de parenthèse musicale avec le très floydien "Clandestiny" qui recèle aussi une surprise transitoire avec des synthés en son sein associés à une voix passée au vocoder...et quel solo en fin de titre avant l'enchaînement sur "Andromeda" qui voit l'apparition d'un premier guest avec le lead -singer de Brutal Truth, Kevin Sharp, alors que sur "Scorpion breath" c'est une figure ayant déjà participé aux albums antérieurs de Mastodon, à savoir Scott Kelly frontman de Neurosis...Autant vous dire tout de suite que ces 2 titres sont parmi les plus thrash du LP, sans toutefois tomber dans un rock bruitiste dépourvu de mélodie. Ca reste du Mastodon au final.

"Jaguar god" clôt ce magnifique album en démarrant comme une petite ballade gentillette grâce à des effets bluesy mais aussi la voix (splendide) d'un Brent Hinds dont on perçoit l'émotion contrastant avec son look de guerrier poly-tatoué. En déroulant ensuite lentement, sereinement tout un tas d'accords mélodiques ce titre va se transformer architecturalement en un extraordinaire diamant heavy-prog aux multiples facettes musicales. Placé en fin d'album il évoque les territoires contrastés que le héro de l'oeuvre a dû traverser, comme les multiples phases d'un combat contre la maladie qu'ont dû endurer les membres du groupe.

Album-concept certes, mais surtout nouvelle pierre angulaire incontournable dans la discographie d'un groupe dont le potentiel de progression semble insoupçonnable et illimité.





2017 IAMFIRE "From ashes"

label: autoprod
style: rock bruitiste dépressif
date de sortie: 23 janvier 2017
date de chronique: 8 avril 2017

[par Barjozo]



Groupe formé de Mikael Ehlert (bass), Peter Ahlers (guitar) et Peter Dolving (voice) et citant comme références sur sa page facebook des combos comme Swan, Tool ou Kyuss....Vous voyez donc vers où je vous embarque!
Un zeste de stoner (mais pas que), une pincée de doom (oui mais pas trop), un support heavy & vintage associé à des ambiances souvent pleine de spleen et de dark-cold wave et vous avez un mini résumé de ce petit album (8 titres) haut en couleurs...sombres!

Le titre introductif "Magpies and crows" est pachydermique, dans une ambiance post-rock/doom suffocante mais pourtant au final assez limpide dans son harmonie en évitant les écueils répétitifs du style. "Did you find your name", le long titre (7 minutes) qui lui succède est tout empreint d'une tristesse maladive (les vocaux y sont pour quelque chose) sur un tempo très stoner qui m'a totalement subjugué. Son écoute induit une langoureuse anxiété, heureusement cassée par les breaks agressifs qui le fractionnent.

Vient ensuite "Burn your halo" sur un rythme plus rapide mais non moins puissant. Enchaînement sur un "Eyes wide open" dont la mélodie vous agrippe dès les premières secondes pour ne plus vous lacher pendant plus de 7 minutes. Une descente lente et inexorable vers des contrées de rock teinté d'hallucinantes parties de synthés en total accord avec la rythmique, symbiose qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de Tool, Dolving semblant aussi allumé que Keenan...

La fin de la galette ne respire pas la joie de vivre. Elle sombre en effet dans un rock totalement bruitiste et dépressif, voire totalement mélancolique au sens psychiatrique du terme.





2017 TROUBLED HORSE "Revolution on repeat"

label: rise above records
style: rock vintage énergique
date de sortie: 31 mars 2017
date de chronique: 5 avril 2017

[par Barjozo]



La Suède semble confirmer d'excellentes prédispositions dans l'élaboration d'un rock énergique, mélodique et inspiré. En témoigne ce deuxième opus d'un groupe dont pour ma part j'ignorais l'existence jusqu'à ce que je tombe sur une chronique de leur travail au hasard de mes périgrinations sur internet, m'incitant ainsi à jeter une oreille d'abord distraite, puis rapidement attentive sur leur heavy-rock from the cold.
Troubled Horse a été fondé en 2003 à Örebro ville dont est aussi issu Witchcraft, combo dont on vous a déjà parlé puisque leur dernier album "Nucleus" ne nous avait pas laissé indifférent loin s'en faut en 2016.
Après un premier album "Step inside" paru en 2012, ayant eu un succès d'estime chez les headbangers scandinaves, Troubled Horse nous revient en 2017 plein de bonnes intentions après un total relookage question musiciens.

"Revolution on repeat" est donc leur second album studio. Le morceau introductif "Hurricane" déboule comme un cheval au galop, tout en contre-temps rythmiques vite enchaînés sur une belle mélodie heavy-rock. La voix est rocailleuse mais aussi assez légère et pas dénuée d'intérêt. Le deuxième titre "The filthy ones" a une structure assez proche tout en proposant un riff intéressant. Dès le 3e morceau "Which way to the mob", les relents vintage sont omniprésents (cette gratte évoquant la NWOBHM des Lizzy et autres Maiden...). On aurait aimé que le récent BSR nous propose un titre de cet acabit...

Ce Troubled Horse galope en zone heavy ("Track 7", "Let bastards know"), sous d'incessants éclairs de fuzz, une pluie d'influences seventies associant relents psychés (cette intro kitschissime sur le pré-cité "Which way to the mob") et autres coups de tonnerre blues ("The haunted", "Desperation", et le final un peu mélo sur "Bleeding"), parfois complètement imbibés d'un style garage ("Peasant") et s'essayant même à la rock-country ("My shits fucked up").
Sur leur page facebook les suédois rapportent que le titre "Revolution on repeat" évoque le côté cyclique des pages de notre histoire humaine. Il peut également licitement évoquer ce nécessaire retour aux sources que bon nombre de groupes de rock s'échinent à mettre en oeuvre sur des albums qui n'ont pas toujours la qualité et le niveau de celui-ci.
Un très bon album au final.





2017 LAURA COX BAND "Hard blues shot"

label: verycords
style: blues rock hexagonal
date de sortie: 10 mars 2017
date de chronique: 17 mars 2017

[par Barjozo]



Voici comment ce jeune groupe français définit sa musique sur son site officiel:
"Pour résumer, The Laura Cox Band, c'est de la musique de vieux rockeurs alcooliques jouée par des jeunes Français en pleine forme ! De la country, du blues, du southern rock ou du hard rock, voilà ce qu'ils aiment mélanger en fonction de leurs envies. Si malgré tout vous tenez à définir ce style, on pourrait parler de Southern Hard Blues.
Bien conscient d'être à contre-courant de la scène française actuelle, The Laura Cox Band veut faire de sa différence une force, en continuant à jouer la musique qu'il aime: du rock old school dans sa plus simple forme.
"

Et c'est exactement cela que vous pourrez retrouver en écoutant ce sympathique premier LP d'un groupe formé de Laura Cox (guitare / chant), Mathieu Albiac (guitare), François C. Delacoudre (basse), et Antonin Guérin (batterie).
Le disque est plein de relents musicaux vous renvoyant aux fondamentaux du rock: dès son intro déboulant sur un solo de gratte bien gras ("Hard blues shot") le ton est donné avec un tempo bien heavy. Si sur les premiers titres la voix in english semble un peu forcée, Laura Cox va vite se rattraper sur des morceaux plus lents à l'instar des très southern rock "Too nice for rock n'roll" et "Morning road" titres dont on pourrait penser qu'il viennent directement du Tenessee voire d'un Texas assorti de grandes barbes fleuries...Quant à "Barefoot in the countryside", le banjo et le style country sont bien vus et relevés en fin de titre par une guitare électrique bien grassouillette.
Autre influence majeure, AC/DC est directement évoqué dans "The australian way", sans qu'il ne soit besoin de vous faire un dessin...

Galette simple, bien rock n'roll, sans fioriture et délivrant une zike agréable jouée par de bons musiciens (Laura Cox est excellente à la gratte, on a pu s'en apercevoir en fin d'année 2016 en première partie de Trust) "Hard blues shot" vous fera passer 42 minutes de bonheur musical et c'est quand même ça qu'on demande à un album de rock avant tout!





2017 MONSTERNAUT "S/T"

label: heavy psych sound
style: stoner stoner stoner
date de sortie: fin 2016
date de chronique: 14 mars 2017

[par Barjozo]



Trio scandinave, plus exactement de Kerava en Finlande, composé de Tuomas Heiskanen [Guitars / Vocals], Perttu Härkönen [Bass] et Jani Kuusela [Drums], Monsternaut a sorti fin 2016 son premier LP, dont la distribution semble avoir été un peu retardée...d'où cette chronique en 2017.

Le son proposé ici, nimbé d'un archéo-proto-fuzz jouissif rappelera d'emblée à l'auditeur un combo historique semblant certainement avoir bercé nos 3 lascars: Fu Manchu of course. Rajoutez à cela des vocaux qui semblent s'être beaucoup inspirés de ceux d'un vieux reptile, un iguane déjanté pour être plus précis et répondant au nom de James Osterberg, alias Mister Iggy Pop, et vous obtenez un très bon album de rock roots dans l'âme et sans autre prétention que de vous en mettre plein les oreilles!

Alors certes, d'aucuns diront que Monsternaut n'a rien inventé, et que leur galette plagit le groupe US sus-évoqué, mais laissons ces râleurs à leurs turpitudes et laissons nous envouter par un fuzz diaboliquement efficace, bien construit et entiché de bonnes mélodies rocks.

Un rock-band à encourager après un premier travail studio prometteur. Gageons qu'avec le temps ils puissent se forger leur propre identité musicale en se démarquant de leurs illustres aînés. Encore un jeune combo à suivre...





2017 OVERKILL "The grinding wheel"

label: nuclear blast
style: East US coast classic thrash
date de sortie: 10 février 2017
date de chronique: 13 mars 2017

[par Barjozo]



Si je vous parle du New Jersey, USA à qui pensez-vous? -Bon Jovi vient naturellement à l'esprit mais pas que! Car il y a aussi les bons vieux thrashers d'Overkill! Si la côte Ouest des States a donné naissance dans les années 80 aux plus gros groupes de metal hargneux dont 3 du fameux Big Four avec Slayer, Megadeth et Metallica, mais aussi Suicidal Tenencies, Exodus, sacred Reich, Metal Church, Testament ou Flotsam & Jetsam pour les plus connus, n'oublions pas que la côte Est quant à elle bien qu'en retrait a aussi enfanté quelques rejetons thrashisants et crossoverisants dont Anthrax (New York), Nuclear Assault (New York) et bien sûr Overkill...
Et il se trouve que ces derniers mois tous ces groupes sus-cités ont la bonne idée de revenir à leurs fondamentaux et nous pondent les uns après les autres des galettes comparables à leurs premiers (très) bons efforts studio, comme si nous assistions à un retour en grâce avec une verve créatrice retrouvée. Ce "Grinding wheel" ne déroge pas à cette règle et s'annonce comme une des très bonne réussite du genre en ce début 2017.

Inspiration, rythmes, mélodies, breaks, riffs aiguisés, sont ici réunis afin d'induire chez l'auditeur un mouvement de tête archaïque pulsatile d'avant en arrière et vice-versa que d'aucuns nomment headbanging, alors que parallèlement l'extrémité d'un des membres inférieurs se met à osciller autour d'un axe horizontal au niveau de la cheville ce qui à vrai dire peut facilement se définir comme un tapotement du pied sur le sol. Si vous ajoutez à cela une tendance à lever un bras vers le ciel dans un mouvement brusque et saccadé s'associant à une érection concommittante de l'index et de l'auriculaire de la main (en formant des cornes), vous obtenez une sorte de danse basique thrash-hardcore chez le sujet étudié. Essayez vous-même sur "Goddamn trouble" ou encore "Come heavy" deux des morceaux les plus réussis de ce "The grinding wheel" et vous comprendrez que ces messieurs d'Overkill bien qu'avançant en âge [à l'instar de leur chanteur-leader Bobby 'Blitz' Ellsworth qui approche la soixantaine] n'en restent pas moins efficaces pour balancer un thrash chaloupé, mélodique et toujours plein de bonnes trouvailles.

Et quoi de mieux qu'une reprise pour conclure un tel album? Overkill se permet donc sa version de "Emerald", morceau mythique de Thin Lizzy et s'en sort très bien en revigorant ce titre de 1976 de manière magistrale.
Au final un excellent album à ranger à côté de leurs classiques, comme "Taking over"...Ce qui nous renvoie 30 ans en arrière MFKers!





2017 CRYSTAL FAIRY "S/T"

label: ipecac recordings
style: néo-grunge inspiré
date de sortie: 2017
date de chronique: 10 mars 2017

[par Barjozo]



Comme je le disais plus bas, la mode est aux dream-teams musicales. En voici une autre et pas des moindres car elle compte dans ses rangs:
-Omar Rodriguez-Lopez, génial multi-instrumentiste dont le groupe principal est The Mars Volta,
-Buzz Osborne, et sa tignasse hirsute connu pour son boulot de guitariste au sein des Melvins,
-son compère du même groupe, Dale Crover, batteur,
-et la belle Tery Bender Gender, chanteuse de The Butcherettes,
-sans oublier que la galette sort chez Ipecac, label de Mike 'Genious' Patton leader de Faith No More...

Le style? -une rythmique ronronnante, vrombissante, toute en rondeur sans oublier une accroche très heavy lorgnant souvent vers un rock vintage ou un néo-grunge. Là dessus se greffent à coups de griffes des relents de gratte électrique délicieusement décalés, parfois punks, souvent rock ou hard-rock, sans oublier des vocaux s'intégrant parfaitement à l'affaire et d'une polychromie tonale à faire se damner un saint. Une alchimie, une symbiose dont on a peine à croire qu'elle est réelle. Un album qui s'éteint trop vite après 'seulement' 11 titres et 40 minutes d'une intensité musicale rare.

J'ai volontairement omis de citer un titre car cette galette doit s'appréhender intégralement et reste d'une homogeneité complète dans son inspiration. Un autre LP qu'on se doit d'avoir écouté en ce début d'année 2017, qui vraiment commence sous de très bons auspices!





2017 PAIN OF SALVATION "In the passing light of day"

label: insideout music
style: metal-prog scandinave
date de sortie: 2017
date de chronique: 8 mars 2017

[par Barjozo]



Titillé par la lecture de commentaires dithyrambiques et parfois même emphatiques à l'encontre du dernier POS, je me suis décidé à l'écouter...alors que ce n'est pas ma 'cup of tea', le style prog-rock de ce combo n'ayant jamais su retenir mon attention par le passé.
Groupe suédois né en 1984 POS c'est surtout son fondateur historique Daniel Gildenlöw (vocaux, gratte, compositeur principal), entiché actuellement de l'islandais Ragnar Zolberg (également au micro et à la gratte), Léo Margarit (drums), Daniel Karlsson (claviers) et Gustaf Hielm (basse). Le site officiel du combo nous apprend qu'en 2014 Gildenlöw a souffert d'une fasciite nécrosante, affection nosocomiale contractée au cours d'une hospitalisation, et que cette surinfection lui a valu de nombreux mois d'immobilisation et d'indisponibilité. Il semble que cet LP "In the passing light of day" soit une retranscription artistique musicale de ce que Gildenlöw a pu ressentir pendant cette période de soins.

J'étais donc prêt à tirer sur POS à boulets rouges et incandescents car les critiques lues çà et là sur le net m'avaient un tantinet excité...Et la première écoute me conforta dans cette optique assassine !
Mais, je dois bien reconnaître qu'après 5 ou 6 écoutes, ce "In the passing light of day" laisse vraiment l'auditeur en totale béatitude avec ses mélodies dont on conçoit facilement qu'elles aient pu déboucher sur tant d'enthousiasme dans la sphère web du rock et Cie. La galette possède un fort potentiel dès le titre d'ouverture "On a tuesday" diaboliquement bien construit, riche en mélodies tantôt violentes (l'intro est splendide, le break central à la gratte dantesque) et tantôt légères (piano, voix parlée, chuchotée par moments) et vaut le détour à lui seul. L'enchaînement sur "Tongue of God" et son intro désuète laisse à désirer même si le morceau au final reste sympathique dans un style prog-rock bien construit lui aussi. Ensuite vient "Meaningless" et sa mélodie introductive lancinante (clavier ou mélotron?) qui s'imisce au fil des écoutes successives dans votre corps tel une drogue avide de vous faire du bien, mais aussi de vous rendre dépendant et addict. Encore plus intéressant est le titre suivant "Silent gold" morceau lent s'apparentant à une complainte mélodique splendide (quel refrain!), plage calme avant "Full throttle tribe" et son intro martiale entichée d'une nouvelle ligne de claviers planants, des paroles également empreintes d'une émotion palpable, morceau qui progressivement va s'accélérer dans une ambiance un peu 'space-rock' grace aux claviers et se transformer en un furieux post-rock rapeux. Viendra ensuite un break calme vous ramenant mentalement aux grandes heures du prog-rock des années 80, avant la délivrance finale qui va arriver par vagues. Ce titre est bien évidemment le morceau central et le point culminant du disque avec ses plus de 9 minutes se terminant sur une sorte de doom tribal inquiétant...

La deuxième partie du CD débute par "Reasons" morceau chaloupé et bien pêchu alternant une rythmique lourde et des vocaux chantonnés pour un antagonisme étonnant, mais ne vous fiez pas à l'intro car le titre va progressivement glisser vers une sorte de nu-metal expérimental très réussi. Viendront ensuite "Angel of broken things" titre toujours très polychrome avec un solo de gratte bien gras sur la fin, "The taming of a beast" ballade torturée, "Is this the end" alternant une première partie lente et mélancolique alors que la fin du titre est une explosion de rage destructrice et certainement libératrice si on reste dans le concept de l'album. Le final sur "In the passing light of day" va pendant plus de 15 minutes vous offrir une sorte de résumé de l'album à lui seul; c'est un peu mélo à la fin, mais c'est comme dans un film où tout finit bien ;)!
Certains vont donc dire que cet album est génial et je ne peux pas les blamer. Pourtant c'est le type de galette que l'on ne peut qu'écouter tranquilement assis en se concentrant tant il est riche en intonations multiples, et il sera difficile à POS de le retranscire on stage, à moins d'en proposer l'intégralité...à voir au Hellfest 2017!





2017 GONE IS GONE "Echolocation"

label: rise rec
style: dream team US
date de sortie: 2017
date de chronique: 8 mars 2017

[par Barjozo]



La mode est aux 'super-groupes' montés par des musiciens venant souvent de combos à la réputation sans équivoque.
Gone Is Gone c'est: Troy Sanders (bass & vocals, Mastodon), Tony Hajjar (drums, At The Drive-In) , Troy Van Leeuwen (guitars, Queens Of The Stone Age) et le multi-intrumentiste Mike Zarin.

Y a pas à chicaner, on est souvent déçu par les galettes de ces groupes créés ex-nihilo par des zozos qui pensent que l'addition de talents peut donner un groupe talentueux. Las, comme au foot il ne suffit pas de mettre ensemble des stars pour que la mayonnaise prenne! Si le coup de main n'est pas bon (pour la mayonnaise) ou si la verve créatrice originale fait défaut (pour la zike) et bien ça tourne (pour la mayonnaise) ou ça débouche sur une accumulation de morceaux insipides (pour la zike).

"Echolocation" est donc le premier LP de Gone Is Gone. Le premier titre "Sentient" est assez lent, lorgnant sur une sorte de prog-doom à l'ambiance lourde. Même si la répétition permet de mieux l'appréhender, je ne suis pas certain qu'il s'agit du meilleur titre pour débuter la galette. On lui préfèrera des titres plus accessibles mais non moins entre-dedans ("Ornament", "Pawns"). C'est là que ce néo-groupe semble le mieux se détacher des quatre fortes personnalités qui le composent, et tirer le meilleur de ce qu'il a à proposer lorsque chacune d'elles s'exprime au-delà de son registre standard. On a même droit à une surprenante et langoureuse reprise de "Roads" de Portishead qui se laisse écouter sans soucis.

"Echolocation" a donc d'incontestables atouts dans son jeu et propose ici un LP qui s'écoute aisément dans un style rock moderne (certains diront post-ceci ou post-cela) et non dénué de charme. La performance est à saluer comme il convient, mais l'avenir de Gone Is Gone n'en reste pas moins incertain car ces musiciens restent accaparés par leurs groupes respectifs...





2017 KREATOR "Gods of violence"

label: nuclear blast
style: Thrash
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 5 mars 2017

[par Barjozo]



Loin d'être un spécialiste du genre, et encore moins du combo malgré ses plus de 30 années de carrière, je vous propose ici un avis 'coup de coeur' pour Kreator. Car Kreator pour moi, c'est d'abord une musique très violente, et des vocaux rébarbatifs dans leurs intonations hurlées. C'est ensuite une succession d'artworks dont j'ai peine à comprendre l'intérêt tant ils sont laids, et celui de ce 14e LP du groupe ne déroge pas àla règle.

Faut croire que mes oreilles deviennent de plus en plus clémentes et acceptent des sonorités que plus jeunes elles dédaignaient, mais je dois avouer que l'écoute répétée de cet album des thrashers allemands m'a totalement fait revoir mon opinion à leur sujet. L'ouverture du CD est splendide avec une orchestration au tempo martial, mais à la mélodie abolument addictive ("Apocalypticon") et l'enchaînement sur "World war now" et son rythme fougueux est réussi, ce morceau thrash étant un des plus rapides de la galette. Vient ensuite "Satan is real" plus modulé dans sa cadence, mais pas moins violent au final (on reste dans un thrash pur, mais à la mélodie sous-jacente omniprésente, sans parler du solo de gratte lumineux délivré par Sami Yli-Sirniö).

"Totalitarian terror" déboule ensuite à 300 miles/hour, entiché d'un refrain qui s'immisce vite dans votre cerveau grâce à la mélodie de la gratte en arrière-plan. Un titre époustouflant d'un bout à l'autre et qui va subtilement se trouver lié au suivant "Gods of violence" à l'aide d'une 6-cordes surprenante puisq'acoustique, vite battue en brèches par les vocaux martellant "We shall kill!!!!" et une rythmique thrash déboulant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et pourtant là aussi Kreator va faire montre d'un subtil mélange entre des boucles mélodiques, un chant hurlé et des parties rythmiques d'une puissance heavy majestueuse.

Cet album m'a donc totalement conquis. Je vous passe les détails des titres suivants comme "Army of storms" ou "Hail to the hordes" aux relents prog-rock style Maiden, ou le plus cadencé "Fallen brother", pour dire un mot sur le dernier morceau "Death becomes my light": plus de 7 minutes pour un titre débutant lentement, telle une comptine enfantine, mais qui va ensuite trouver un développement complexe, galopant, en s'entichant de parties mélodiques en boucles nous plongeant totalement dans un déluge de décibels qui m'ont fait évoquer les grandes heures du metal teuton des années 80 (Helloween, Running Wild et consorts).

Un album à découvrir, même si vous n'êtes pas un thrasher dans l'âme ;)!





2017 BLACK STAR RIDERS "Heavy fire"

label: nuclear blast
style: Thin Lizzy qui se prend les pieds dans le tapis
date de sortie: 3 février 2017
date de chronique: 2 mars 2017

[par Barjozo]



BSR c'est comme Thin Lizzy mais en moins bien puisque sans Phil 'Magic' Lynott. Je n'apprend rien à personne en écrivant cela. Toujours est-il que BSR s'est fendu d'un bon album en 2015 avec "The killer instinct" ou au moins le pensais-je à l'époque, absolument enthousiaste à l'idée de ré-entendre une zike nimbée de mélodies proustiennes hautement évocatrices de mes années de lycée..

Mais quelle déception ici. Le LP s'ouvre sur un titre éponyme dont on a du mal à comprendre l'étrange agencement avec une structure bancale très déstabilisante. L'enchaînement sur le catastrophique "When the night comes in" n'aide pas à redresser son opinion car les choeurs sur ce morceau sont absolument à vomir. Pouah! Quelle idée! Une énorme faute de goût placée en tout début d'album...qu'ils vont reproduire plus loin sur "Ticket to rise". Ou comment se saborder d'entrée, à l'instar des cocasses pirates que l'on trouve régulièrement dans les albums d'Astérix le gaulois si vous voyez de quoi je veux parler...

Et la suite n'est pas meilleure car si "Dancing with the wrong girl" tente de recoller les morceaux en nous renvoyant à un des anciens hits de Lizzy ("Dancing in the moonlight"), "Who rides the tiger" qui lui succède peine à garder le cap tant le refrain est surfait et la mélodie gnan-gnan... Pourtant certains morceaux (le single "Testify or say goodbye", "True blue kid") arrivent à nous accrocher avec leurs mélodies sympathiques, mais pas assez au final pour sauver un album dont même l'artwork est totalement indigne de leur rang [sic].

BSR aurait peut-être dû se contenter de rester dans les reprises des compositions de Lynott en puisant dans les albums de Thin Lizzy. Cela leur aurait évité de se planter comme ça, vulgairement, sans gloire, à distance de l'âge d'or du heavy-rock porté en son temps par Brian Robertson, Gary Moore ou John Sykes aux côtés du légendaire bassiste irlandais. Au lieu de cela ces bons musiciens ont tenté de composer un LP 'canada-dry' qui ressemble à du Lizzy sans en être réellement, comme une sorte de générique si c'était un médicament...mais ici on n'est pas dans la même gamme. Espérons que leurs performances live n'en pâtissent pas trop et qu'ils auront la sagesse de laisser à leurs setlists une colonne vertébrale basée sur leur glorieux passé.





2017 PVT "New spirit"

label: felte
style: electronica
date de sortie: 17 février 2017
date de chronique: 1er mars 2017

[par Barjozo]



PVT est un trio instru électro-pop australien dont nous avons eu l'occasion de parler il y a quelques années sur ce site avec leur album "Church with no magic" paru en 2010. Depuis les musicos ont publié "Homosapien" en 2013 sans sortir pour autant de l'underground musical. Avec "new spirit", ils se proposent d'élargir leur public grâce à l'apport de vocaux s'intégrant parfaitement aux boucles et autres loops de synthés qui sont leur marque de fabrique depuis la création du combo à Sidney en 1999.

Si ce type de zike est assez éloigné du heavy-metal et du hard-rock, il n'en est pas moins intéressant en permettant à tout un chacun d élargir son horizon musical en évitant les arcanes hyperstéréotypées des productions bas de gamme pullulant sur les radios généralistes. Cela étant dit, "New spirit" n'est pas non plus un chef d'oeuvre et vous pouvez faire l'impasse sans trop de soucis si rien que l'évocation des synthés vous effraie...

Quant à moi j'ai bien apprécié la première partie de la galette débutant tout en retenue avec "Spirit of the plains" et son rythme lancinant évocateur d'une ambiance new-wave rétro mais qui bien vite va décoller tel un aéronef s'élançant vers des planètes éloignées de notre système solaire; enchaînement sur un morceau életro-hip hop "A feeling you can find" futuriste sur lequel pour la première fois les vocaux font leur apparition. Vient ensuite "Salt lake heart" et son début très probablement inspiré par un tube des années 80 de Stevie Wonder (...) avant que ne commence un enchaînement de titres liés à une évidente préoccupation écolo, jugez plutôt: "Another life", mais surtout "Fool in Rain II", "kangaroo" et "Fake sun in China". Des compositions toujours aériennes et hypnotisantes.

Un bon album électro-pop moderne et 'engagé'.





2017 KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD "Flying microtonal banana"

label: heavenly recordings
style: rock psyché des antipodes
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 28 février 2017

[par Barjozo]



Huit mois après un claquant et percutant "Nonagoon infinity", voici revenir les australiens de KGATLW pour un opus qui pourrait être une première vague de plusieurs albums en 2017 si on en croit les déclarations du groupe on the web. S'agit-il d'un coup de bluff pour faire le buzz ou sont-ce des compositeurs si prolifiques qu'il leur faille s'exprimer avec une multiparité digne de lapereaux échangistes, toujours est-il que nous est servie ici la première mouture de leur travail de l'année avec un album au titre légèrement décalé, "Flying microtonal banana". Et qui dit banana sur un site dédié à la musique fait évoquer instantanément au lecteur l'artwork du 1er l'album du Velvet Underground avec Nico, ou encore celui des Dandy Warhols "Welcome to the monkey house".

Cependant ne vous attendez pas à écouter du rock 'classique' ici car le style est plutôt inspiré des courants post-rock, voire krautrock (à vos souhaits!). D'emblée le single "Rattlesnake" vous persécute les tympans avec un refrain en boucles totalement addictif sur un rythme rapide et non moins excitant. Excellente entrée en matière même si le caractère répétitif pourra en irriter certains. Vient ensuite "Melting" sans temps mort (ceci a l'air d'être une marque de fabrique de KGATLW) sur une rythmique tribale évoquant les trotoirs de Rio un jour de carnaval. Groove magnifique pour un morceau funkysant à la légèreté rafraîchissante.

Plus loin, on se prend à dodeliner de la tête en cadence en sautillant dans l'eau ("Open water") ou à taper frénétiquement du pied en suivant l'entêtante rythmique orientalisante de "Sleep drifter". Le tempo ralentit ensuite sur "Billabong valley", au moins au début, car très vite des sonorités pétillantes reviennent nous rappeler que le spleen n'est pas au programme sur cet LP, résolument optimiste et tourné vers la fête (celle qui est proposée sur ce titre a clairement des connotations asiatiques). Les bases rocks ne sont pas loin, et "Anoxia" vous rappelera que si vous manquez d'air la gratte en carton (merci tonton!) vous en procurera de l'hyper-oxygéné afin de vous mener au bout de l'écoute du CD, en passant par la "Doom city" et ses relants sixties enrobés de synthés modernes quant à eux. Ces instruments si virevoltants sur "Nuclear fission". Un des musts de la rondelle qui se terminera sur un titre éponyme toujours empreint d'essences musicales asiatiques absolument splendides.

Bref, en 9 titres KGATLW nous balance un nouvel opus du niveau de leur précédent LP. On attend la suite avec impatiences MFKers!





2017 MY SLEEPING KARMA "Mela ananda"

label: napalm
style: stoner instru envoutant
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 27 février 2017

[par Barjozo]



En octobre dernier le site officiel de MSK annonçait la sortie d'un LP live enregistré durant la tournée "Up on smoke" de février 2016. Il ne s'agit pas d'un seul concert mais de morceaux pris çà et là dans divers sets donnés pendant ces dates en Europe.
De MSK on connaissait jusqu'ici leurs splendides précédents LPs studio avec "Soma" paru en 2012 et "Moksha" en 2015.
Mais n'ayant pas encore pu les voir en live, la parution de cet enregistrement m'est apparu comme salvateur dans ce sens [!].

Toujours dans leur trip 'karma'-ceci, 'karma'-cela (une sorte de 'karma'-Chaméléon comme aurait dit Boy George) les allemands n'en oublient pas pour autant d'instaurer un groove dantesque dans leurs compositions qui on s'en doute font la part belle aux 2 albums sus-cités. En 10 titres et presque 70 minutes, MSK délivre avec maestria son stoner-rock instrumental nimbé de colorations chamaniques hypnotisantes en totale apesanteur. Que ce soit sur l'introductif et planant "Prithvi" tiré de "Moksha" (comme "vayu" et ""Akasha"), ou sur leur magnifique ode "Ephedra" tiré de "Soma", à aucun moment on ne s'ennuit et les rythmes/mélodies entêtantes s'enchaînent sans lasser au gré des mélodies en boucles délivrées par la gratte de Seppi bien soutenue par les claviers de Norman...

On a même droit à quelques effluves des années 70 avec "23 Enigma" qui en première partie de morceau est entiché de claviers semblant tout droit sortis d'un album avant-gardiste comme "Equinoxe" de J.M.Jarre, mais qui évite l'écueil du pastiche foireux en repartant sur des bases bien 'heavy' en deuxième partie. A ce sujet, la rythmique sur cet album est monstrueuse, que ce soient les lignes de basse de Matte (écoutez en priorité "Glow 11") ou la démoniaque batterie de Steffen.

Mieux qu'un best of, "Mela ananda" saura conforter les adorateurs de Ganesh ce dieu sage à tête d'éléphant ornant l'artwork, et pourra à l'occasion recruter de nouveaux adeptes tant son potentiel musical est puissant.

"Que la paix soit avec vous".





2017 SEPULTURA "Machine messiah"

label: Nuclear Blast
style: thrash
date de sortie: 13 janvier 2017
date de chronique: 26 février 2017

[par Barjozo]



Cela faisait 4 ans que l'on n'avait pas revu Sepultura en travail studio depuis leur correct "The Mediator between Head and Hands must be the Heart" paru donc en 2013. Pendant ce temps les frères Cavallera continuent de conspirer au gré de leur inspiration...

"Machine messiah" va certainement en étonner plus d'un. Il fait partie de ces disques qui innovent en incorporant bon nombre de sonorités peu usitées dans le passé du groupe. A commencer par ces intonations exotiques orientales apportées par le groupe tunisien Myrath qui a participé à certains titres. C'est ainsi que le morceau "Self control" par exemple va se trouver enrobé d'effluves et de senteurs maghrébines lui incorporant un zeste de légèreté pour un titre par ailleurs très thrash dans sa structure, ou que "Sworn oath" se pare d'une orchestration absolument dantesque.

Notons également que le (puissant) lead singer, Derrick Green se laisse aller à quelques modulations intéressantes ce qui nous vaut des parties chantées variées et cela dès le morceau éponyme d'ouverture. Il n'est pas en reste quand il faut balancer des rugissements pour accompagner certains titres à la puissance énorme comme "Resistant parasites" (lui aussi magnifiquement mis en valeur par l'orchestration légère en arrière fond) ou encore "Chosen skin". Autre titre de bravoure, l'instrumental "Iceberg dances" va vous secouer la pulpe du fond tout en vous proposant une grande variété de sonorités réunies dans un seul morceau, la partie de gratte acoustique n'y représentant pas la moins inattendue.

Sepultura nous livre ici un excellent album riche, varié et inspiré. A noter que les brésiliens proposent début 2017 une tournée européenne en compagnie de Kreator qui pourrait bien casser la baraque...





2017 Stephen PEARCY "Smash"

label: Frontiers
style: hair-metal US revival
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 23 février 2017

[par Barjozo]



Nouvel album solo pour le chanteur de Ratt.
Cela faisait un bail que je ne m'étais pas penché sur le travail de ce vieux rongeur, et j'étais donc prêt à le Ratt-atiné si ce n'est le Ratt-baissé au plus bas niveau, soit le niveau K, le caniveau donc, niveau qui semble convenir magnifiquement à ce mammifère aux petites dents pointues.

Car Ratt pour moi, c'est un triptyque fondateur excellemment huilé dans un hair-metal multicolore: "Out of the cellar" [1984], "Invasion of your privacy" [1985] et "Dancing undercover" [1986]. Et puis c'est tout. C'est pas vraiment que j'en avais Ratt le bol, ni que j'étais Ratt-sasié de ce glam-metal mais quand même assez repu avec un style qui commençait à tourner en rond, un peu comme un de leurs anciens succès, "Round and round".

Avec son visage buriné à la Clint du-Bois-de-l'Est, Pearcy pourrait faire peur-si par erreur vous le rencontriez dans les sous-sols de Bercy dans les suites d'un show. Un chaud show car le bougre a toujours su attirer les chattes les plus attrayantes, de belles mangeuses de souris et de Ratt cela va de soit! Mais pas un show pour chochottes quand bien même l'animal à le poil qui blanchit...

Venons-en au vif du sujet, soit la musique à Pearcy. L'oeuvre gravée débute on ne peut mieux avec un "I know I'm crazy" fougueux et totalement addictif commençant lentement et vous agrippant ensuite très vite par les limbes de votre cerveau sortant d'une pseudo-hibernation humanoïde. Le bougre a su garder intact son organe, reconnaissable au possible, faut croire que le larynx du gars est plus résistant que son épiderme. "Ten miles wide" ensuite nous renvoie directement à la case Ratt dans sa structure classic-glam imparable et au refrain taillé pour les radios US tout comme le sont ceux des titres "Jamie" ou "I cant take it" entre autres. En bon stratège, Pearcy referme la galette sur une ballade sirupeuse "Summers end" dont pourront se délecter les félines sus-évoquées comme s'il s'agissait d'une giclée de boisson lactée..

Au final pas de prise de risque pour treize titres qui se laissent écouter sans lasser l'auditeur dans un style hard-FM policé bien travaillé, mais manquant un peu de peps au final.





2017 GROUP DOUEH & CHEVEU "Dakhla Sahara session"

label:
style: electropop bordelaise en voyage au Sahara...
date de sortie: 2017
date de chronique: 23 février 2017

[par Barjozo]



Cheveu est un trio français originaire de Bordeaux dont on a déjà causé sur ce site. Leur album "1000" nous avait mis l'eau à la bouche et leur dernier opus "Bum" avait également su savamment exploser nos cages-à-miel d'une électro-pop moderne enjouée et délicieusement mélodique.

Trois ans plus tard revoici nos 3 gaillards avec un nouvel album sur lequel appararaîssent d'illustres inconnus marocains au patronyme quelque peu suffisant, Group Doueh. Il s'agit en fait de musiciens du Sahara Occidental jouant un proto-rock inventif aux racines africaines certaines à l'instar de leurs homologues touaregs maliens Tinariwen dont on a également pu vous toucher un mot ici par le passé ("Aman Iman" en 2007 et plus récemment "Tassili" en 2011).

Le résultat est assez surprenant. Mêlant sonorités occidentales modernes électroniques, avec une voix (David Lemoine) souvent parlée, scandée, à des accents de 6-cordes électrifiées sous la houlette du leader de Group Doueh, Baamir Selmou, et des chants multiples en langue Hassani ancien...D'après l'intervew que les 3 français ont donné au mag NewNOise en début d'année, l'alchimie et le mélange des 2 genres n'a pas été trouvé rapidement, et l'album initialement enregistré à Dakhla a été remastérisé en France en particulier pour les parôles en français, en faisant le tri sur l'ensemble des sessions mises en boîte dans les zones du sud marocain.

Parmi les réussites du disque citons les 2 premiers titres: d'abord "Moto 2 places" qui ouvre la rondelle sur des accents très rythmés et un arrière-plan au synthé bien trouvé (les paroles sont hilarantes en particulier le final..."vas-y monte, vas-y monte, monte derrière moi"). Vient ensuite "Bord de mer" toujours sur le même tempo enlevé avec les premiers riffs de gratte qui se profilent. Cette 6 cordes qui un peu plus tard sur "Azawan" va prendre des allures punk/garage vintage très à contre-courant de ce que fait habituellemnt Cheveu (sur ce titre d'ailleurs les français sont très en retrait, voire absents à première écoute). J'ai également un faible pour le titre "Je penche" pas bancal pour un sou et à l'homogénéité quasi-parfaite dans son mix Nord-Sud hors commerce équitable...

Si l'entreprise est louable, ce CD n'évite pas certains écueils. D'abord certains titres sont un peu longs, répétitifs comme "Charâa" et ses près de 10 minutes: ce morceau s'ouvre excellemment avec des relants de claviers évoquant une sorte d'acordéon moderne électrique (mélotron?), mais s'enlise en deuxième partie et s'égare sur des probables improvisations dont semblent se délecter les musicos de Group Doueh...Ensuite, passé l'effet de surprise, j'ai peur que les titres perdent un peu de leur mordant...à voir.





2017 John GARCIA "The coyote who spoke in tongues"

label: napalm
style: stoner-voice dépoussiérée du sable du désert...
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 6 février 2017

[par Barjozo]



Alors que l'évocation de John Garcia me renvoie inexorablement vers du bon rock stoner aux effluves de sable chauffé par des rayons d'un soleil rougeoyant, ce deuxième opus solo de la voix historique de Kyuss propose des ambiances beaucoup plus soft. Garcia nous emmène dans un univers acoustique chatoyant teinté d'un romantisme US pouvant paraître suranné à certains mais aux tonalités émotionnelles non feintes étant donné la personnalité du bonhomme.

Soutenu par Ehren Groban à la 6-cordes, Greg Saenz aux percussions et Mike Pygmie à la basse, John Garcia nous délivre 9 titres dont 4 morceaux de Kyuss retravaillés acoustiquement pour une autre approche sensorielle: "Green machine", "Space cadet", "Gardenia" et "El rodeo" vont ainsi prendre un nouvel essor, mais j'avoue que leur écoute ne m'a pas enthousiasmé outre mesure. Je leur préfère largement leurs versions électriques originales.
En vous lançant à l'écoute de cette galette oubliez vos a priori sur les musiques 'conventionnelles', et encore plus les pulsions qui vous poussent habituellement vers l'écoute de mélodies hardues, celles qui, pour reprendre un célèbre rock-critic US, vous poussent sur les traces d'une impulsion utopique, comme une négation de votre quotidien...
Parmi les 5 nouvelles compositions "Kylie" et sa gratte sèche très vivace et enjouée initialement sera certainement bien la seule à vous 'transporter' dans cet univers non électrique. Titre assez complexe et travaillé, on se laisse à penser que la suite pourrait nous surprendre. Las, pour "Give Me 250ml" le rythme devient nettement plus haché, on a l'impression désagréable d'une sorte de démo... "The hollingsworth session" ensuite a une structure assez sympathique avec plusieurs grattes qui s'entrecroisent pour une mélodie bien carrée mettant la voix en évidence, avec quelques passages au piano...
Et si "Argleben II" nous renvoie à "Argleben" qui figurait sur le premier album solo de Garcia ("S/T") autant ce titre en 2014 était empreint d'une implacable rythmique, associée à un son très lo-fi et des parties chantées bien rugueuses le rendant irrésistiblement éclatant, autant ce "Argleben II" semble être une sorte d'antithèse musicale dotée d'une coloration mélodique quelque peu monochrome.
Le final "Court Order" est un instrumental pur nous sevrant du seul intérêt du disque, soit la voix hors norme de Garcia, et s'avère assez rébarbatif après écoutes successives...

John Garcia reste un vocaliste hors pair... mais j'ai l'impression qu'il s'est un peu fourvoyé avec ce "Coyote.." un tantinet soporifique.





2017 KROKUS "Big Rocks"

label: columbia
style: rock n'roll baby!
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 2 février 2017

[par Barjozo]



On aurait pu croire qu'avec le temps nos petits suisses allaient se périmer. Que nenni gentes dames et damoiseaux! Et qu'elles soient bien nées ou pas (mais cela dit il y a pire que la Suisse pour s'émanciper), nos rebelles âmes helvètes de rockers continuent de se la jouer bien rock après plus de 40 années de carrière. Leur dernier forfait gravé sur rondelle était un live bien rondouillet et qui envoyait un bon rock n'roll des familles (l'excellent "Long stick goes boom (Live from the House of Rust)"). Les revoici dans un autre style, celui des covers soit des reprises in french. Au total 12 hits souvent (très) très anciens et sortis des cartons du Swinging London des années 1964-68.
En 13ème plage un inédit made in Switzerland qui ne déparerait pas chez certains australiens avec son titre haut en couleur "Back seat rock n'roll" [sic].

Ces musiciens n'ont plus rien à prouver et semblent s'être réellement fait plaisir à reprendre des morceaux connus de tous. En voici le rapide track-by-track:

"N.I.B." [Black Sabbath, 1970]
Il ne s'agit que d'une approche partielle de ce monument du Sab, basée sur la mélodie à la gratte, les vocaux d'Ozzy étant irremplaçables! Krokus ne l'a utilisé semble-t-il que pour une intro somme toute assez intelligente à l'album.

"Tie your mother down" [Queen, 1976]
Un des titres bien rock que Mercury et ses sbires avaient conçu pour la scène; la voix de Mark Storace se prette très bien au tempo, légèrement modifié par les suisses, avec un solo bien senti.

"My Generation" [The Who, 1965]
Bien rythmée, cette version n'arrive cependant pas à totalement dépoussiérer ce vieux morceau qui a eu du mal à passer le cap du XXIè siècle..

"Wild thing" [The Troggs, 1966]
Aussi ancien que le précédent, paradoxalement ce titre tient un peu plus la route, en raison des breaks permettant à Storace de placer son organe vilipendeur éraillé bien en évidence..

"House of the rising sun" [The Animals, 1964]
Titre démarrant laborieusement, la mélodie émanant de la gratte de Mandy Meyer (remplaçant de Fernando von Arb depuis quelques temps maintenant) fait ensuite des merveilles dans un groove addictif et sensuel.

"Rockin' in the free world" [Neil Young, 1989]
Un de mes titres préférés du loner canadien. Je n'en connaissais que peu de reprises si ce n'est celles de Pearl Jam et du G3 version Vai/Malmsteen/Satriani (magnifique). Krokus s'en tire pas trop mal pour le seul morceau datant de moins de 40 ans repris sur cette galette!

"Gimme some lovin'" [The Spencer Davies Group, 1966]
Très bonne rythmique bien ronflante pour un titre cadencé et toujours efficace.

"Whole lotta love" [Led Zeppelin, 1969]
Standard du Dirigeable anglais, cette version a le mérite de montrer un chanteur excellent qui n'est pas loin des intonations de Plant himself n'en déplaise à ses détracteurs.

"Summertime blues" [Eddie Cochran, 1958]
Rock n'roll sexagénère qui se laisse toujours autant écouter malgré cette putain d'obsessionnelle clepsydre qui se vide ...

"Born to be wild" [Steppenwolf, 1968]
Je ne sais pas pourquoi nombre de groupes s'obstinent à reprendre ce morceau avec lequel j'avoue avoir du mal, y compris pour cette version; passons.

"Quinn the eskimo" [Bob Dylan, 1967]
Bon morceau mid-tempo plus connu sous le nom de "(The) Mighty Quinn" déjà repris par de nombreux artistes, y compris en français par Francis Cabrel dans une version folk qui lui sied plus qu'aux hardos; bref un titre de Dylan trop molasson pour un groupe comme Krokus à mon sens...

"Jumping Jack Flash" [The Rolling Stones, 1968]
Classique parmi les classiques déjà repris des dizaines de fois (Motörhead, Cinderella, Peter Frampton, Johnny Cash...) qui a le mérite en final de remettre les suisses en mode 'rock' mais leur version n'a rien de transcendante...

Au total, Krokus s'est fait plaisir et cela s'entend en reprenant des titres archi-connus qu'ils se feront certainement un malin plaisir de jouer on stage en édulcorant ainsi leurs setlists. Mais l'achat d'un tel CD est à réserver aux fans purs et durs du combo helvète et n'apporte rien de neuf sous le soleil de janvier 2017, bien qu'il ait le mérite de nous réchauffer un peu les esgourdes quelque peu ankylosées par l'hiver...








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