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Cette année:


- le 28 janvier 2017, Geoff Nicholls, l'ancien claviériste de Black Sabbath meurt d'un cancer du poumon à 68 ans.
- décès d'un des pères fondateurs du rock Chuck Berry le 18 mars 2017.
- alors que GRANDADDY vient de faire un excellent retour, son bassiste Kevin Garcia meurt à 41 ans le 3 mai d'un AVC massif...
- le 17 mai disparition d'une des plus belle voix du rock, Chris Cornell (Soundgarden) à 52 ans (suicide).
- Chester Bennington le chanteur de Linkin Park se suicide le 20 juillet à l'âge de 41 ans.
- Dave Hlubek (guitariste fondateur de Molly Hatchet) meurt le 3 septembre d'une crise cardiaque (66 ans).
- décès d'un briseur de coeurs: Tom Petty, le 2 octobre 2017 (66 ans).




Actuellement il y a 56 chroniques écrites pour 2017...

Notation visuelle (pour les pressés):
: à chier ! : moyen : bon
: excellent : fantastique !





2017 MYRKUR "Mareridt"

label: relapse records
style: pagan/black metal scandinave
date de sortie: 15 septembre 2017
date de chronique: 15 octobre 2017

[par Barjozo]




Voilà un album de haute volée à classer dans une sorte de metal progressif à forts relents folk.
Myrkur est le groupe d'Amalie Bruun. Outre une plastique irréprochable (la belle est mannequin professionnel), cette danoise possède une voix cristalline et est poly-instrumentiste, composant l'intégralité de ses morceaux...Encore une que les dieux du Walhalla ont bien gâtée me direz-vous et vous avez entièrement raison!
Quand je vous aurai dit que Myrkur signifie pénombre en islandais et que "Mareridt" veut dire cauchemar en danois, vous ne serez pas surpris d'apprendre que l'artiste définit son oeuvre comme une sorte de concept-album à la King Diamond pour se référer à un des ses congénère officiant lui aussi en dehors des sentiers battus du metal classique.

Après un premier LP sobrement intitulé "M" [2015] et ayant fait suite à un EP publié l'année précédente, Amalie Bruun fut rapidement signée chez Relapse et nous propose donc ici son second album. Le fait que ce soit ce label qui le sorte le couvre d'une étiquette plus ou moins péjorative et un peu extrême puisque ce label US est connu pour avoir dans son catalogue Dying Fetus, Obituary, ou encore Death... mais aussi Mastodon rappelons-le. Ainsi classé dans un étroit tiroir 'Black metal', Myrkur ne saurait y rester longtemps car la palette des genres abordés par cette artiste atypique est large.

Parmi les 11 titres se trouvent de magnifiques passages mélodiques à fortes connotations folkloriques scandinaves associant une voix souvent très haut perchée (le site du label nous apprend que ce style de chant se nomme kulning) et des cordes magnifiques incluant à plusieurs reprises une nyckelharpa (instrument à corde scandinave). Ainsi, le LP est introduit par un chant cristallin sur le titre éponyme ou par la suite "De Tre Piker", véritable contine enchanteresse par sa mélodie belle à pleurer. Snif!
Ces passages clairs et lumineux vont alterner avec quelques brûlots black/speed comme "Maneblôt" (premier single) qui explosera littéralement dans votre ampli plein de contrastes avec "Mareridt" qui le précède, ou encore "Elleskudt" et son tempo speed metal, rugueux. D'où l'impression d'une balance permanente entre un côté lumière et un côté sombre.

Parmi les morceaux noirs, "The serpent" et son rythme rapide, sur un tempo martial, est une sorte de pop sombre et inquiétante. Excellent morceau polychrome très réussi avec un final sensuel sur quelques notes de piano. "Crown" quant à lui est basé sur les cordes, pour une ambiance à l'étrangeté évoquant un film mélodramatique (boucles), alors que les parties chantées ne pourront pas vous faire évoquer la grande Kate Bush par certaines intonations (refrain). Un tel titre reste déroutant pour qui s'attendrait à un album de black metal classique...
"Funeral" voit l'apparition de l'américaine Chelsea Wolfe en guest pour un chant en duo sur arrière fond de metal-indus au rythme lorgnant vers le doom. Plutôt réussi. "Ulvinde" est le titre le plus speed de l'album, toujours basé sur une ambiance inquiétante et sombre: bien que des choeurs tentent d'y introduire un peu de sérénité, on sent la présence permanente d'une sorte d'entité négative malfaisante. Ambiance black/gothique.

Sur "Gladiatrix" cette ambiance légèrement ambivalente ne fera que se confirmer, pour nous emmener vers la conclusion du LP qui après un petit instrumental folklorique ("Kaetteren") verra l'avènement des forces maléfiques d'un obscurantisme béant l'emporter sur le flippant (et très King Diamondien) "Bornehjem".
Notez que si vous succombez au charme de ce magnifique album vous pourrez acquérir sa version Deluxe sur laquelle vous aurez droit à pas moins de 4 bonus tracks dans le même registre musical.





2017 The DREAM SYNDICATE "How did I find myself here?"

label: anti records
style: Pop canal historique
date de sortie: 2 septembre 2017
date de chronique: 13 octobre 2017

[par Barjozo]




Qui se souvient de The Dream Syndicate, le combo de Steve Wynn qui fut un des fleurons de la pop US des années 80? Originaire de la côte ouest des States (Los Angeles) TDS n'aura vécu qu'une 10zaine d'années puisqu'il se sépara en 1989, non sans avoir publié un splendide live que je me souviens avoir écouté en K7 à l'époque (!), "Live at Raji's" [1988].
Reformé en 2012, il aura fallu attendre 5 ans pour que la nouvelle mouture du groupe nous propose un nouvel effort studio avec ce titre énigmatique "How did I find myself here?". Dès l'écoute du premier titre "Filter me through you" on se dit que la verve créatrice, le feeling et la hargne sont toujours d'actualité malgré le temps et cette fichue clepsydre qui n'a de cesse que de laisser filtrer la vie, goutte à goutte, grain après grain, sans aucune considération ni compassion pour nous autres pauvres mortels et éphémères passagers sur une Terre magnifique et si belle.

Après ce titre introductif, Wynn et ses 3 acolytes (Dennis Duck aux drums, Mark Walton à la basse et jason Victor à la guitare) poursuivent dans la même direction en enchaînant les morceaux dans un tempo toujours très pop-rock . On retiendra "Out of my head", "80 west" ou encore "The circle" comme autant de splendides entités musicales toujours inspirées.
TDS ou l'art d'une pop créative intacte comme aux premiers jours!





2017 Brant BJORK "Europe 16"

label: napalm records
style: stoner canal historique
date de sortie: 20 juillet 2017
date de chronique: 10 octobre 2017

[par Barjozo]




Brant! Pour ne pas se tromper! Et par les temps qui courrent la Bjork-sphère peut être un refuge musical on ne peut plus sympathique ! Point de salut dans les anti-Bjork-tiques car ce Bjork là est invulnérable, insaisissable, inaliénable dans un style heavy-rock puissant et majestueux, ce qu'une prise live saura rendre au mieux! Jugez plutôt avec cet enregistrement public à Berlin datant de 2016 (d'où les multiples dankeschön parsemés entre les titres): du bon gros son, un groove omniprésent grâce à une rythmique grassouillette et méthodique, des fuzz de gratte voluptueux étirés jusqu'à plus soif. Que demande l'auditeur adepte de ce genre de zike sans artifice? Rien!
Le seul petit bémol reste certainement la voix car BB est un peu limité dans ce rayon, mais il est toujours difficile de s'improviser chanteur même quand on a longtemps cotoyé John Garcia...

Question titres, l'américain poly-instrumentiste a ici pioché dans la quasi intégralité de sa discographie solo avec 5 extraits de son dernier et très bon "Tao of the devil" [2016] dont les splendides "The gree heen" et "Dave's war". Sont présents également 3 titres du précédent "Black flower power" [2014] enregistré avec le Low Desert Punk Band dont un volcanique "Controllers destroyer", et enfin 2 de "Jalamanta" [2005] ansi que 1 de "Somera sol" [2007] et de "Saved by magic" [2005]. Les 2 seuls albums non représentés étant "Gods and Goddess" [2010] dont on aurait aimé entendre le stoner-blues "Dirty bird, et "Punk rock guilt" [2008].

Au final "Europe 16" comblera les fans de Bjork, mais saura difficilement convertir les réfractaires...A moins que.. Je te fais Bjork-Bjork.. tu me fais Bjork-Bjork..on se fait Bjork-Bjork..et puis ça y est..! etc. LoL!





2017 STREAMLINE "S/T"

label: autoprod.
style: hard-rock
date de sortie: 20 juillet 2017
date de chronique: 10 octobre 2017

[par Franck and Furious]




Grosse découverte ! Gros coup de cour ! Sacré coup de maître pour un premier ! Indispensable ! c'est beau la jeunesse !

En ce vendredi matin, l'ami batteur Christophe Gaillard s'est levé de la bonne oreille, en nous diffusant sur fb un titre de ce groupe qui m'était alors inconnu, avec ce commentaire là : ''Ce matin, la bonne surprise de la rentrée. Du Hard Rock pur jus comme ça ne se fait plus. Pas de fioritures, tout dans la moulure et surtout SURTOUT ! pas un énième ersatz d'AC/DC. Bonne prod bien pêchue comme il faut. ''
Alors que j'étais en train de vaciller sur le fond de mon bugg du Hellfest, vidé de son café, y cherchant désespérément une chatte de verre de saké, cet à propos là me réveilla quelque peu, et me redonna la force d'appuyer sur ma petite souris à défaut de la petite chatte. Et là ma foi, BOUMM ! J'ai cru qu'on me faisait participer au Ice bucket challenge ! Le réveil fut brutal mais jouissif ! Pinaise c'est de la grosse bombasse de hard rock mélodique ! Quel son ! Un croisement entre le Europe du début des années 80, Giant et Treat, pour le côté mélodique, la fougue d'un Guns'n Roses ou d'un Skid Row, voire d'un Whitesnake 87 pour le côté rock pêchu, et Deep Purple, pour le son et le groove, voire un Uriah Heep, tout en oeuvrant dans la modernité. Un son d'orgue Hammond qui ferait danser Jon Lord dans sa tombe. Tout comme le groupe, le guitariste, lui aussi, n'est pas en reste, et sort de cette nasse de guitaristes aux jeux et aux sons similaires, les confondant plutôt pour des claviéristes qu'à des guitaristes.

Ce disque est bourré d'énergie : le groupe révélant avoir beaucoup bossé ce son, d'autant qu'en plus du claviériste, il ouvre avec 2 guitaristes. Et si je vous dis qu'ils sont suédois, le tampon ''Savoir faire mélodie'' vous saute de suite aux yeux. Gabriel Lindmark, quand à lui ouvre plutôt vers ces chanteurs à la voix lisse et mélodieuse des années 80, (Treat, Europe), ou à la Ray Gillen, mais sait sortir les griffes quand c'est nécessaire ("2d street", "Blind"). Bref l'album poutre tellement, qu'ils en ont oublié une ballade, et c'est tant mieux. C'est d'autant plus couillu dans ce genre mélodique où ils oeuvrent et excellent. Parce que des titres comme "Deliver us" qui ne va pas vous lâcher le cerveau, "Blind" qui groove à souhait et qui vous captive avec son refrain, puis les "Get what's coming" et "The Good Samaritan" qui vont rendre fou de jalousie le rageux Sebastien Bach, avec sa déflagration sonore de bout en bout et son duel de solo guitare-clavier digne des duo Lord-Blackmore et Airey-Morse, ... ou les telluriques "Freerider" et "Barely Runnin'", etc etc . On en redemande jusqu'à plus soif. Pinaise que c'est bon la fougue de la jeunesse ! Ils m'ont fait rajeunir.

Alors si Streamline est une bien belle première, les membres n'en sont tout de même pas à leur premier essai. En effet, à l'exception du chanteur, les membres du groupe sont des anciens de Diamond Dawn . ou c'est plutôt le nom du groupe qui à changé ainsi que le chanteur donc. Mais si Diamond Dawn oeuvrait dans un style proche d'Eclipse et Heat, on a accentué ici le côté plus rock, plus rageux. Le meilleur des deux mondes en somme.

Grosse découverte ! Gros coup de cour ! Probablement dans mon top 2017. Il n'y a rien à jeter sur ce premier disque. Pour un premier, c'est un sacré coup de maître, dont on peut même craindre la difficulté à surpasser à l'avenir !? Indispensable ! Merci Christophe ! Comme quoi, fb peut aussi avoir du bon.

PS : à noter que le groupe n'a pas encore de label, ce qui ne devrait tarder, et que la distribution du disque passe donc à ce jour, par leur facebook, et chaîne youtube.





2017 ZOLA JESUS "Okovi"

label: sacred bones records
style: new-gothic-postrock
date de sortie: 8 septembre 2017
date de chronique: 10 octobre 2017

[par Barjozo]




Nika Roza Danilova revient en 2017 avec "Okovi" et sa pop dépressive envoutante dont on se souvient qu'elle nous avait littéralement aimanté les esgourdes comme une sorte de chant de sirènes irrésistiblement attractif en 2010 sur le fabuleux "Stridulum II". Entre temps, c'est vrai, la belle américaine d'origine slave a proposé "Taiga" [2014] mais dans un style trop achevé, trop formaté pour assouvir un public connaisseur et avide de sensations sauvages et naturelles.

Je vous rassure d'emblée "Okovi" redresse le cap de belle manière. Même si "Doma" qui ouvre la galette peine à décoller avec son ambiance feutrée et ce son raisonnant comme si le titre avait été enregistré dans une église (orthodoxe of course), le deuxième morceau et ses cuivres enlevés ne pourra pas vous laisser indifférent alors que Zola nous adresse une première salve d'octaves bien sentis, soutenue par des choeurs ("Exhumed"). Morceau entecoupé de breaks à la douceur palpable et une sensibilité à fleur de voix. Le premier hit sur lequel la voix de l'artiste est tout simplement à tomber ("Soak") arrive ensuite: les intonations de la voix sont tout simplement belles, mises en valeur par un synthé planant en arrière plan associé à une boîte à rythme délivrant une sorte de transe contenue. Splendide.

Sur "Ash to bone", un sentiment mélancolique revient comme un boomerang vous renvoyant aux heures les plus sombres de "Stridulum". Idem sur "Witness" sur lequel la voix de Zola est au premier plan, uniquement soutenue par des cordes tranquilles en filigrane. Cette émotion sera un peu mise en retrait sur "Siphon", alors que le tempo se fait plus rugueux pour un titre pop moins intimiste...Ce qui ne sera pas le cas de "Veka" le morceau qui suit: ambiance futuriste, samples métalliques, pulsations et échos divers que la voix de Zola finira par véritablement dompter, ce qui prodigieusement finira par donner un petit bijou de pop-song moderne aéré, aérien et addictif au fil des écoutes. Un petit mot également sur "Remains" aux rythmes très dance, surprenants pour cette artiste.

Au final, les 11 nouvelles pistes proposées ici constituent un ensemble homogène témoignant du talent d'une artiste absolument à part dans la production musicale actuelle. La noirceur et les pulsions mortifères de "Stridulum", ont opéré une véritable transformation, une mutation artistique pour aboutir à un album qui certes ne transpire pas encore d'une allégresse naïve, mais pourra faire penser que Miss Nika Roza Danilova guérira un jour ou l'autre et saura vivre avec un esprit libéré de ses démons...





2017 NOCTURNAL RITES "Phoenix"

label: AFM records
style: power metal mélodique
date de sortie: 29 septembre 2017
date de chronique: 10 octobre 2017

[par Franck and Furious]




Il aura fallu 10 ans pour que le groupe suédois digère de ses 2 dernières pépites : "The 8th Sin" [2007] et "Grand Illusion" [2005].
Si le power metal mélodique est un genre passé de ''mode'' (beurk le vilain mot), il n'empêche que ces 2 albums là sont indispensables dans toute musicothèque de fan de metal mélodique, voire au delà des chapelles métalliques. On peut donc comprendre qu'il aura fallu du temps pour retrouver l'inspiration vu la haute qualité de composition et d'interprétation de ces 2 masterpieces, tout comme il aura fallu du temps pour que le groupe arrive enfin à un tel niveau : car, autant l'admettre, les 6 prédécesseurs sont assez quelconques, et ne s'adressent qu'aux die-hard fans du genre, voire du groupe.

Mais si Nocturnal Rites fut longtemps un groupe de 3e division, cela n'est donc plus le cas, désormais. Comme dit, le groupe a fait un gros effort de compositions sur les 2 albums précédents, ne présentant que des tubes en puissance. Et pour ce neuvième disque, il en est de même. La formule magique a été reprise et reste gagnante, quoique quelques touches nouvelles auront été apportées : un son moderne des claviers sur "Heart black as coal", légèrement électro sur "Nothing can break me" dont le solo à tiroirs est assez hypnotique, des choeurs poignants sur le beau final de "The Ghost inside me", et des synthé-violons en mode oriental sur le speed "Welcome to the end". Il est donc presqu'inutile de vous détailler l'album ou de faire un track by track. On a là 11 titres forts aux mélodies succulentes et divinement oppressantes.

Toutefois, il serait trop facile de faire de ce "Phoenix", un énième excellent album du genre. Car le groupe détient une arme fatale, qui le fait pour ma part, dominer la scène du genre au milieu des Helloween, Pretty Maids, Thunderstone, . il s'agit de la voix profonde trop méconnue de Johnny Lindkvist. Puissante, à la fois particulièrement aiguë et éraillée, écorchée, elle atteint des sommets de dramaturgie qui la hissent au dessus de beaucoup de chanteurs. Il pousse même le vice à faire du groll en chant clair !:) Si ! Si ! Je délire à peine : écoutez le final de "The poisonous seed". Un chanteur exceptionnel qui a fait passer le cap au groupe, qui bénéficie aussi, d'un excellent guitariste, en la personne de Per Nilsson, nouvelle recrue aux solos aiguisés : "Repens my sins", le second single, est un bon exemple présentant à la fois un solo accrocheur, et un powerfull vocal impressionnant d'émotivité. C'est simple, si Marvel cherchait une doublure dans ses films pour le hurlement de la mort du héros à la découverte de sa bien-aimée tuée par le méchant, on ne fait pas mieux que Johnny Lindkvist.

Contrairement à sa très belle pochette, ce Phoenix là est loin d'être moribond et déplumé. C'est donc un excellent retour qui fait très plaisir. Et qui grâce à ce chanteur à la voix si intense, pourrait remettre le power metal mélodique au goût du jour. Ne passez plus à côté de ce groupe. Avec leurs 2 albums précédents, on tient là un brelan d'As pour gagner la mise. Encore un album à classer dans mon top 10 2017.





2017 The Magpie Salute "S/T"

label: eagle records
style: rock sudiste
date de sortie: 09 juin 2017
date de chronique: 07 octobre 2017

[par Boucle d'or]




Les Kinks, Oasis,.quand il s'agit de fratries au sein d'un groupe de rock, les histoires finissent mal en général. Les Black Crowes n'ont pas échappé à la règle et ont disparu des radars depuis que les frères Robinson se sont écharpés, il y a une dizaine d'années déjà. Chacun d'entre eux suivant une carrière solo, avec d'un côté Chris Robinson (chant) et son Brotherhood et de l'autre Rich Robinson (guitares) sous différents projets. Chris refusant certainement de faire renaître le phoenix de ses cendres, quatre anciens membres du groupe ont décidé de former leur propre formation et de revisiter le répertoire du corbeau, associé à quelques reprises éclectiques. Le tout enregistré live aux studios de Woodstock.

Autour de la colonne vertébrale constituée de Rich Robinson (guitare), de son acolyte Marc Ford (guitare), du bassiste Sven Pipien, et du claviériste Eddie Harsch viennent se greffer six autres musiciens et choristes, constituant une sorte de super groupe à trois chanteurs, quatre guitaristes.offrant de multiples combinaisons possibles.

« Omission », seul titre original de ce skeud donne le ton. Du bon gros rock seventies, hargneux, avec un refrain soutenu par des choeurs féminins, laissant place à des parties de guitares lumineuses, stoniennes. Et que dire du chant de John Hogg qui sonne comme celui de Chris, le frère ennemi. Un très bon titre qui aurait pu être un classique des Black Crowes. C'est ensuite au répertoire de Delaney & Bonnie que s'attaque le collectif. Toujours ce son caractéristique, ces guitares et une facilité déconcertante à s'approprier le morceau, avec au chant Chris Robinson qui lui non plus n'a rien à envier à son frangin.

Retour au bercail avec le premier titre des corbeaux revisité, l'excellent « What is home » et ses passages planants. Titre réinterprété et étiré sur plus de sept minutes avec ses passages de guitares tricotées façon Lynyrd Skynyrd et autre Allman Brothers Band. On beigne en plein rock sudiste, avec l'ombre planante d'un Neil Young et des Stones. Tout cela est de très bonne facture.

« Wiser time » autre grand classique des Crowes retrouve des couleurs sous les peintures des musiciens, poussant le bouchon au-delà des neuf minutes, avec ses guitares qui s'entrecroisent, se parlent, s'éloignent et se retrouvent. Peut-être la meilleure version jamais enregistrée. « Goin' down south », long instrumental jazzy montre une autre facette du combo alors que « War drums » et ses 9 minutes nous plonge dans un univers plus progressif mais toujours avec ce son americana. Les 3 guitares montent crescendo jusqu'à édifier un mur du son, qui cède alors du terrain pour aborder un thème plus jazzy, avant de revenir terminer le travail. Les claviers d'Eddie Harsh illuminent la longue partie instrumentale.

« Ain't no more cane », chanson traditionnelle est ici réarrangée pour délivrer un rock/folk de toute beauté porté par les choristes. Pink Floyd n'échappe pas à la relecture avec « Fearless » complètement digéré et réemballé sous l'étiquette rock sudiste. Une des plus belles et étonnante reprise de ce disque avec ses parties de guitares planantes. S'ensuivent deux autres reprises (The faces et Bob Marley) toutes aussi intéressantes.

Au final, un des meilleurs albums southern rock de l'année où on sent le plaisir des musicos suinter des enceintes. Plaisir à partager en live car les Magpie Salute ont choisi de défendre leur zique sur scène (malgré le décès en 2016 d'Eddie Harsh). En espérant une suite discographique à défaut d'une reformation d'un des groupes les plus talentueux des années 90 - 2000.





2017 LONDON GRAMMAR "Truth is a beautiful thing"

label: columbia
style: trip hop pop
date de sortie: 9 juin 2017
date de chronique: 5 octobre 2017

[par Franck and furious]


A porter au Panthéon !

J'avoue que je ne trouve pas de mots pour chroniquer cette ouvre, sur cette voix stellaire. Le seul que je trouve c'est ''Merci''. Et la seul chose que j'ai envie de vous dire c'est ''fermez les yeux et laissez vous porter''.

Mais comme il faut se justifier sans cesse dans ce monde du zapping, où tout va à mille à l'heure, où il ne se passe pas un instant sans un conflit, un accrochage, une dispute, une accusation à tort, où la mauvaise foi règne à la minute dans n'importe quel coin de bitume de notre société pourtant riche, . qu'il est bon de se recueillir quelques instants loin de tout cela, avec cette voix lumineuse. On se réfugie dans ses sons, son envoûtement. On s'imagine enfin seul, ou avec toi, dans cette chapelle de Morlanne, de Sainte foy de Jerusalem, ou en haut de cette colline, et on s'évade.

"If you wait" [2013] avait déjà été une bulle de l'espace-temps. Mes mots d'alors cherchaient désespérément à décrire l'indescriptible. Je vous invite donc à la lire à nouveau.

L'esprit de l'ange Kate Bush et d'Era sont toujours présents ! La relève tout en ayant sa propre personnalité. Pas d'incompréhension : en aucun cas un clone ! Non ! Juste l'esprit de la magie. Moins 'évident' qu'If You wait, mais encore plus intimiste et tout autant touchant, "Thruth is a beautiful thing" est juste étincelant.

La vérité ? C'est que la voix et la musique de London Grammar sont juste . belles ! Une beauté pure. L'émotion à cour ouvert, mais déconseillé pour toute chair à vif. Il est très difficile de s'en remettre. Une mélancolie d'une puissance cosmique. La 8ème merveille du monde est là, tout simplement. Merci. Tout simplement beau !





2017 Jonny LANG "Signs"

label: concord records
style: rock blues
date de sortie: 08 septembre 2017
date de chronique: 05 octobre 2017

[par Franck and Furious]




Joe Bonamassa ! Prépare-toi de profiter de ta place de régent, le prince is back !
20 ans après ma découverte et la sortie de son indispensable second album "Lie to me" [1997], le prodige Jonny Lang nous revient avec son septième album. Enchaînant en 1998, un brillant "Wander this word" le propulsant star aux côtés des stars (Prince, Clapton, Sting, Blues Brothers.), trop jeune, le beau gosse se perdit quelque peu dans les méandres de la gloire, comme souvent chez les stars pubères (je vous invite à lire sa bio très bien argumentée sur wikipédia).

Ayant retrouvé la sérénité, marié, 4 enfants, à 36 ans, (ça c'est fait!) mieux entouré, et donc débarrassé des parasites de la célébrité, et suite à quelques albums un coup trop accès soul, ou trop gospel, l'homme devenu, revient aux sources avec un son davantage roots et blues, tout en conservant ses influences de la Motow, donc, du gospel, de la soul, du funk, et aussi de la pop, la classieuse pas la baveuse, car trop talentueux qu'il est pour rester dans une case.

Après une première écoute surprenante, voire déroutante, vu la diversité et les divers chemins de traverses que l'artiste prit, il m'aura fallu plusieurs écoutes pour me replonger dans son univers vaste, et 4 ans après "Fight for you soul", apprécier cet album que je jugerai du renouveau. On sent l'homme enfin apaisé, et parti pour retrouver la place qu'il n'aurait jamais du laisser : celle de numéro Un du blues classieux et mainstream, dans le bon sens du terme. C'est simple : en plus d'avoir un joli minois, d'être un excellent guitariste, sa voix est juste LA voix du blues. Sorte de mix entre la voix de Joe Cocker et la soul de Stevie Wonder, son organe est juste déchirant de beauté dans la dramaturgie. Je ne lui vois pas d'égal dans le genre. Au point, que l'homme au visage encore juvénile, privilégie la voi(e)x de l'âme, et peut laisser sa guitare discrète si la voix se suffit à elle-même pour toucher l'émotion d'une chanson : comme sur le bayou et ses choeurs d'esclaves de "Make it move" (retour aux sources on a dit), ou la ballade mélancolique "Singing songs".

Mais pour les amateurs de guitare, n'ayez crainte ! Si l'homme ne rend pas sa guitare bavarde, il sait la faire s'exprimer avec un feeling, et une inventivité, aussi rare dans le genre. Ici, il lui donnera un son davantage saturé, parfois jusqu'à la distorsion sans que cela ne soit désagréable à l'oreille, donnant ainsi, par rapport à ses ouvres précédentes, une nouvelle couleur à sa discographie. "Winsdow" est le morceau type qui marrie voix-guitare à la perfection - quel solo empli de finesse ! - et sur laquelle son talent peut rendre une chanson simple en véritable oeuvre d'art. Et que dire de celui de l'autre ballade intimiste "Bring me back home" ?

Par ailleurs, "Snakes" ravira les fans de Brian Setzer avec son tempo assez rockabilly, et sur lequel Jonny retrouve le ''Kid'' énergique qu'il fût. "Last man standing" rappellera sa passion pour le grunge avec un riff et une batterie déchirant tout sur leur passage, et dont le refrain rebelle et hymnesque, en feront un classique ; vite secondé par l'autre hit explosif "Bitter End", dont le refrain et le solo bref mais lumineux au son écorché, vous arracheront les tripes. Le mainstream n'est pas omis avec le funky gospel "What you're made of", le popy gospel "Stronger together", et surtout "Into the light", autre méga-tube en puissance.

Mais quelque soit le genre, il y met vocalement toute son âme avec un blues et une soul jamais absents : signature des plus grands.
Si l'homme semble ne plus se chercher, et espérons-le, semble retrouver enfin une certaine fougue et une certaine dynamique de production, l'album pourra toutefois paraître assez décousu pour ceux qui ont des goûts plus accentués vers un style de blues. Lui ne se prend pas la tête, se laissant porter par l'envie, préférant distiller les influences et faire partager sa jovialité. Quoiqu'il en soit, cela reste un retour de bonne augure pour la suite. Ce mec est si brillant qu'il n'est pas prêt de s'arrêter de nous émerveiller.




2017 PRIMUS "The desaturating seven"

label: ATO rec./Pias
style: funk-métal psychédélique
date de sortie: 29 septembre 2017
date de chronique: 4 octobre 2017

[par Barjozo]




Les Claypol est un grand enfant. Fantasque. Prolifique. Un surdoué qui peut vous voler la vedette à un guitar-hero, s'entichant aisément du concept de bass-hero, et haut la 4-cordes!
En 2011, Primus nous proposait un stratosphérique "Green Naugahyde" qui m'avait totalement subjugué. Puis le groupe sous l'influence de son gourou et leader avait fait une incartade vers une sorte de concept-LP reprenant le thème de Willy Wonka & the Chocolate Factory tiré d'un film de 1971: "Primus & the Chocolate Factory with the Fungi Ensemble" (2014) que j'ai même pu voir en live sur leur tournée Nord-Américaine (cf. chronique du set de Toronto).
C'est donc avec une certaine frénésie que j'attendais ce nouvel LP, car ce n'est pas le LP intermédiaire de Duo De Twang qui m'avait emballé..

"The desaturating seven" est encore un... concept-album! Fichtre! Ca confirme bien la phrase introductive de cette kro! En effet, ce disque relate l'histoire de 7 enfants comme racontée dans un livre pour bambins datant de 1975. Chacun des 7 moutards incarne une couleur de l'arc-en-ciel [sic], et l'oeuvre comporte donc 7 pistes. Cela dit, si on vire le morceau introductif "The valley" à la narration flippante sur fond de violoncelle allumé et l'outro "The end?" il ne reste au final que 5 'vrais' nouveaux morceaux dont les durées, certes, sont conséquentes mais l'album ne dure que 34 minutes.

Passés ces détails, que reste-t-il? Et bien 5 morceaux accrocheurs, inspirés et réellement sympathiques pour qui fait l'effort de rentrer dans l'univers de ce génial musicien qu'est Les Claypol. Les amoureux de soli de grattes mélodiques passeront leur chemin, tout comme les adeptes de morceaux battis sur un modèle historique couplet/refrain/solo...car la structure des titres est typiquement claypolienne c'est à dire modélisée autour de la basse mais également du violoncelle, les 2 instruments de prédilection de l'artiste.

Tour à tour galopante ("The seven"), entêtante et sautillante ("The trek") ou carrément obsédante ("The scheme") la 4-cordes paraît sans cesse en totale apesanteur dans les mains de Claypol, racontant des histoires comme nul autre ne le fait. Ainsi les ambiances fantastiques pleines de mystères de "The storm" cotoient les effluves orientalisantes de "The dream", le tout bien sûr agrémenté d'un chant si caractéristique, certains diront schizoïde, mais si touchant!

On est au final un peu déçu par cette livraison de Primus malgré le retour aux baguettes du batteur originel Tim Alexander, peut-être parce qu'on attend trop de ce groupe? Pourtant malgré sa brièveté, "The desaturing seven" risque de saturer mon lecteur MP3 à force d'écoutes répétées...





2017 BLACK COUNTRY COMMUNION "BCC IV"

label: mascot records
style: rock FM
date de sortie: 22 septembre 2017
date de chronique: 26 septembre 2017

[par Franck and Furious]




Glenn Hughes a beau dire que tout va bien entre les 4 musiciens, cinq ans après une séparation houleuse avec Joe Bonamassa priorisant sa carrière solo au point de ne pas faire tourner ce dirigeable, et un couac avec Jason Bonham dans leur projet California Breed, on sent bien que BCC est un des gardes-manger du bassiste chanteur dans lequel il apprécie se nourrir par philosophie et/ou bouddhisme. Et ce n'est pas son annonce d'un prochain album à sortir avec un ''autre fameux compagnon'' en pleine promo de BCC, ni le nouveau groupe Sons of Apollo de Sherinan qui retrouve son élément, qui vont nous rassurer, et ce même si tous, mettent tout leur talent dans ce nouvel album. Car écrire des paroles aussi personnelles sur ce IV, alors qu'on aurait pu croire que leur place serait sur un album solo, n'est-il pas gage d'investissement ?

Bref, à l'écoute de ce phénix, à l'artwork facile, une dualité de sentiments m'habite. Aussi je ferai une chronique à la Docteur Hyde et Mister Jekyl.

-D'un point de vue de Mister Jekyl-
Il y a toujours eu un truc qui me gêne dans ce groupe, et qui demeure pour ce IV, c'est son côté non exploité à 100% ; je m'explique. J'estime que Glenn Hughes a suffisamment de talent pour éviter de mettre des influences Led Zeppeliniene aussi grasses dans BCC, même si c'est une influence assumée, même si il y a à la batterie le fils de . et même si Joe Bonamassa n'a pas une personnalité assez forte pour proposer quelque chose d'innovant, lui même l'assume. Sauf que c'est un peu trop facile parfois, quand il y a autant de talent au m2. Car à l'inverse, porter le costume d'un Jimmy Page quand on en a ni le charisme, ni le talent, même si JB est un grand guitariste, peut faire un effet boomerang. Mais évidemment pour ceux qui vénèrent LZ, ce reproche fera pschiiiit.

Autre ronchonnement : un album (trop?) varié avec du folk celtique, un zest d'AOR, du classic rock, du LZ, qui part un peu dans tous les sens à la première écoute, même si au fil des replays, cela en devient au final une force. Puis une ballade hors propos chantée seul par Bonamassa comme de coutume, placée trop vite en 3ème position, casse un peu l'entrée en matière. Enfin, Derek Sherinan, ex Dream Theater, il faut le rappeler vu son sous-emploi indécent, est toujours autant mis de côté, et ce malgré des interventions d'accompagnement du plus bel effet. J'aurais envie de dire à Hughes : ''Arrête avec ce groupe bancal, et poursuit tes délires en solo'' ! Bref tous ces petits détails qui grattouillent mon omoplate, apportent toujours leur petit côté déception, par rapport à ce que devrait offrir cette équipe de super-héros aux multiples influences, avec en plus, ce léger doute quant à la réelle direction artistique qu'est censé apporter le producteur Kevin Shirley, surtout quand on sort juste d'un album solo de GH au son assez moderne. Bref, mon Jekkyl ronchonne, mais pas au point de grogner tout de même donc .

-Demandons à mon côté Hyde-
Une fois ôtés ces quelques poils à gratter, ce 4ème album va-t-il surpasser les I et II du groupe, et indirectement aussi, ce surprenant récent album solo du bassiste ? Et bien passé les premiers titres somme toute assez classiques, mais rassurez vous, d'excellent niveau, on découvre tout simplement un petit chef d'oeuvre. Si composer 4 titres de plus de 7mn, jusqu'à 8 et un de 6, n'est pas gage de qualité, la déception s'évapore au fur et à mesure des écoutes, pour disparaître à jamais. La magie opère et se faufile dans le grandiose. Le groupe tire vers le meilleur des précédents albums. Des titres épiques aux arrangements claviers exquis, des titres classieux, des titres aux mélodies accrocheuses : il est clair qu'un effort supplémentaire a été fait, probablement du fait des succès de titres comme "One last soul", "Great divide", . , et du dernier album solo de l'ex-Deep Purple "Resonate".

The Voice est toujours aussi hallucinant de puissance, de lyrisme, de blues et de soul et change de tonalité pour quasiment chaque titre, ce qui fait que ceux qui n'aiment pas telle variable de cette légende, ne seront pas trop gênés. A son âge, il reste encore époustouflant. Le pire c'est qu'il chante paradoxalement de façon soft, et n'éclatant les nuages que quand le ciel est trop surchargé d'émotions. Les frissons sont encore au rendez-vous à l'écoute de cette voix à la fois majestueuse et déchirante. Ce mec est un extraterrestre. Le guitariste Doug Aldrich (Whitesnake, Dio, ..) a déclaré : ''Glenn Hughes est une bénédiction pour la musique'' ! Tout est dit dans cette phrase : Amen !

Joe Bonamassa, s'il reste dans l'ombre des disparus SR Vaughan, Gary Moore, et Rory Gallagher, ne délivre pas moins tout ce qu'il a dans sa besace. Et c'est déjà un excellent pic-nique 4 étoiles en perspective. Bonham fait du Bonham, ou plutôt Jason fait du John, donc du costaud. Quant à Derek Sherinan, il illumine magnifiquement la salle de ce mariage blanc, bien qu'on aimerait qu'on le laisse briller davantage en solo. Ha . j'oubliais Kevin Shirley , ben lui, c'est simple, c'est le gars qu'on croit hyper important, mais qui au final pousse un groupe au classicisme le plus ennuyant, alors que le groupe a un potentiel pour sonner moderne. Cf Sherinan et Resonate. Heureusement, Hughes veille au grain en apportant étonnamment une subtile couleur AOR, par ses mélodies vocales, qui n'auraient pas dépareillé sur son classieux album solo "The Way it is".

Si vous n'avez rien de la discographie de Hughes en solo et de Led Zeppelin, alors cet album, qui est une pure merveille, vous paraîtra un chef d'oeuvre de chez Chez d'oeuvre.
Le titre par titre essaiera de vous convaincre davantage qu'on tient là encore un bijou de classic rock, même si j'aurais apprécié un son plus aventureux, comme la plupart des mélodies auraient pu l'inciter. On pleure d'avance s'il n'y a pas de tournée, et on priera pour que Hughes se charge alors de présenter en solo des titres de cet album indispensables à vivre live. Encore un joyau pour 2017. Probablement dans mon top 5 de l'année.

Ps : Glenn Hughes a 65 ans . Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, il est temps d'amener vos progénitures voir une des dernières légendes encore en scène et, surtout une voix qu'il faut entendre au moins une fois live dans sa vie. Vous ne viendrez pas pleurer auprès de tonton Francky ensuite, alors soyez curious, c'est pour votre bien ;)

***

Collide -4,75/5
Un démarrage Zeppelien à la "The boy can sing the blues" (album Blues de Hughes), donc à la "Black dog" de qui vous savez, tant par l'esprit que la folie vocale, mais avec un refrain à la mélodie oratrice, captivante, avec ces claviers séducteurs qu'on prend en pleine face, pendant que Joe Page joue parfaitement son rôle de clonage soliste. Belle entrée en matière grâce surtout à ce refrain enlaceur. 5/5 si les 2 titres cités n'existaient pas.

Over my head -5/5
Petit rythme rock sympa, et invitatoire, un refrain simple mais gagnant, assez FM au final avec cette voix de tête. Un morceau léger bienvenu qui ne vous lâche pas le cerveau, et qui va permettre surtout de prendre son souffle pour la suite de l'album, et de fredonner tranquilou dans les bouchons, sans devoir s'appeler Pavarotti. Titre qui aurait sied sur "Resonate" avec la production de "Resonate"..

The last song for my resting place -4,5/5
Ballade celtique folk mode pizza complète (violon, guitare sèche puis électrique) qui est à deux pieds de partir en gigue, mais heureusement cela ne va pas dans cette caricature là. Chantée par Bonamassa. Très bien chantée d'ailleurs, un zest en plus grave, avec un progrès vocal évident. Une chanson et une voix qui rappellent celles de Darren Wharton (Dare). Hughes ne fait qu'accompagner de loin en choeur le refrain. La ballade n'a pas l'intensité de "Song of yesterday", faut dire que c'est difficile de faire mieux, mais sa mélodie est charmeuse et fera sa place dans les soirées hivernales auprès du feu. Effet Bonamassa garanti avec un solo à rallonge pas piqué des vers. Seul bémol : sa position bien trop tôt sur l'album qui casse un peu l'entrée en matière dans l'ambiance BCC, par un intermède au final genre très (trop?) Bonamassa solo.

Sway -4,5/5
C'est la version LZ -BCC de "I am not your slave" de l'album solo "Addiction". Titre rock ici très sympa mais sans plus, quoique son groove est assez traître car mine de rien, assez hypnotiseur. La plus value restant l'énorme voix de Hughes, et un Sherinan déterminant mais hélàs là encore contraint au banc des remplaçants, alors qu'il aurait pu être le buteur décisif. Ceci dit Bonamassa, ici très Schenkerien envoie grave. Mais je préfère Slave. Comme quoi ça ne sert pas toujours d'avoir des noms, ni d'avoir 5 compositeurs de haut niveau pour refaire ce qui a déjà été fait, de surcroît en mieux : ce titre résume là, toute la pensée de Mister Hyde. Qu'on donne les moyens à Hughes, qu'il embarque Sherinan avec lui, et recrute un guitariste moderne, et qu'il nous fasse une (autre ?) tuerie en solo ou dans un autre super groupe hors LZ.

The Cove -6/5 (!)
Une power ballade qui monte crescendo en intensité et en émotion, qui rappelle la splendide "I don't want to live again" (album "Addiction"), mise à la sauce LZ "No quarter". C'est planant, ça monte doucement en puissance et surtout en dramaturgie : monsieur Glenn est brillant, émouvant, et porte encore à lui seul ce titre d'une beauté mélancolique à faire pleurer un Président Nord coréen. . Bonamassa essaie de retranscrire cette dramaturgie, mais il ne boxe hélàs pas dans la même catégorie que Hughes à qui on devrait décerner le titre de 8è merveille du monde pour sa voix. Juste incroyable.

The Crow -5/5
Badaboum ! Le groupe se lâche ici avec ce rock intrépide, et une intro basse au gros son très sabbathien. Hughes balance sa hargne, tout en restant mélodieux dans un refrain encore prenant. Encore une prestation vocale XXL et toujours sans répéter la prestation XXL du titre précédent. Et puis le chanteur laisse place à l'excellent bassiste pour un solo, qui invite, ENFIN, le duo Sherinan-Bonamassa à s'envoyer des baffes tel un Bakkies Botha face à un Gorgodze. Ca fait très mal, et ça fait du bien. Et le pire : une violence qui reste majestueuse. Phrases que vénéreront les matadors et leurs publics avides de sang et de souffrance . Pour les autres, pas pour soit n'est ce pas ? Petit message perso du corbeau.

Wanderlust -6/5 (!)
Attention ! À la première note de piano, appelez de suite le 15, frissons submergeants ! "Wanderlust" (Chef d') oeuvre dans la même catégorie des rock blues mélodieux mélancoliques du duo Tina Turner-Tony Joe White sur Foreign affair. Un début suave dont la voix et le piano font tomber par terre. Le piano qui donne une légère couleur AOR à la Toto, mais on reste tout de même dans le blues rock, notamment avec un Bonamassa qui se veut classieux et présent de bout en bout, et se hisse enfin au niveau hughesien : sa meilleure performance de l'album. Le refrain et le pont montent crescendo sur lequel The Voice est juste exquis de suavité, divin de feeling et d'intensité. La dramaturgie rappelle aussi l'album "Fused" du duo Iommi-Hughes, à l'exception bien entendu, du son du guitariste de Black Sabbath. Un titre qui ne se s'arrête pas - 8mn. Si l'orgue Hammond s'invite sur le final comme accompagnateur, on aurait aimé qu'il s'inscruste en solo aussi, pour définitivement tout exploser avec le guitariste, dont un Neil Schon (Journey) aurait pu aussi être invité pour ce côté mélodieux, et ce même si pour moi, il manque surtout à ce titre le son unique de la Stratocaster de Ritchie Blackmore. Un titre qui aurait pu aller jusqu'aux 10mn sans qu'on s'en lasse. Epique, juste fabuleux. Les frissons ne m'ont pas lâchés du début à la fin . Nooooonn ! Mais pourquoi une fin ? Allez vite : replay ! Allo le 15 ? SOS grands enfants en déstress..

Love remains -5/5
Reprend l'ambiance de "Over my head" avec un joli refrain mélancolique chantée encore en voix de tête, sans en faire des tonnes. LZ qui côtoie Muse. Le meilleur du passé et du présent en somme.

Awake -4,75/5
Riff original saccadé rythme rock'n roll façon LZ Trampled under foot, qu'aurait apprécié un Brian Setzer, avec le match revanche entre Sherinan et Bonamassa qui doit exciter Mike Tyson. Hughes se fait sobre, puis appuie quand il faut. Pas un classique en soit, mais un super titre d'album.

When a morning comes -4,75/5
Une ballade à la "Days of Avalon" (album R.O.C.K) où Hughes commence en mode papa tendre, accompagné de ces touches de clavier en version flûte qu'il affectionne tant. Puis Sherinan réveille ce beau monde avec quelques touches heavy d'Hammond. Le riff est lourd à la Black Sabbath avec le son de Led Zeppelin. Bonamassa déchire à nouveau ce rythme épais de Bonham, toujours inspiré Jimmy Page, et ne laisse que quelques miettes à Sherinan, pourtant encore sur un morceau de 8mn ; mais la présence du piano reste encore soignée et déterminante. Le final s'accélère, avec un Hughes encore en mode boss, sans en faire des tonnes. La force tranquille. Ce titre est un zest moins bien que "Days of Avalon", mais comme il s'agit ici de BCC et non de Hughes solo, la masse pensante publique impose qu'on dise que ce ne peut qu'être mieux. Ceci dit, on tient là encore du caviar, qui aurait du avoir la note de 5/5 si "Days of Avalon" n'existait pas, ou si Bonamassa invitait sur le final un John Sykes, ou pour rester dans le même registre, un Joe Perry ou un Slash. Peut être pour le V ?
chiche !





2017 DEAD CROSS "S/T"

label: ipecac records
style: thrash hardcore
date de sortie: 8 septembre 2017
date de chronique: 26 septembre 2017

[par Barjozo]




Quand un batteur sachant battre les peaux rencontre un chanteur sachant varier ses idiomes que peut-il bien advenir?
27 minutes hurlées, martelées, dynamitées, et cisaillées de riffs hardcores, pour un quatuor ricain improbable qui n'est pas là pour vous bercer de douces sérénades mielleuses ou gentillement édulcorées d'eau bénite. Que nenni car la croix proposée ici est sèche, raide, grillée, morte en un mot 'the Dead Cross', à des année-lumières des crucifix rutilants d'or pur ornant les cathédrales et autres lieux de culte. Vous la trouverez donc dans le fond d'un bar miteux, sentant la bière et le stupre, ou ornant la scène austère d'un vieux pub du fin fond de la Californie.
Les petites bombes punk-hardcores que sont "Obedience school" ou encore "Shillelagh" vous renverront aux prémisses d'une équation syllogistique musicale que d'aucuns feraient bien de méditer; point n'est besoin d'artifices pour toucher l'auditeur par la puissance basique du rock et une mélodie simple addictive. Si vous ne me croyez pas, filez à la "Church of the motherfuckers" et vous vous convertirez sans y prendre gare!
Au fait j'allais oublier! The Dead Cross c'est Mike 'Genious' Patton (Faith No More, Fantômas, Mr Bungle, Tomahawk..) et Dave Lombardo (Slayer, Grip Inc, Suicidal Tendencies..) associés à Mike Crain à la gratte et Justin Pearson à la basse.
The Dead Cross: une bonne claque dans nos esgourdes histoire d'en faire sortir le sable marin qui s'y est accumulé pendant les mois d'été!





2017 ALTER BRIDGE "Live at O2 Arena"

label: napalm records
style: heavy-rock FM débridé
date de sortie: 8 septembre 2017
date de chronique: 21 septembre 2017

[par Barjozo]




Même si comme moi vous n'êtes pas fan d'Alter Bridge, ne ratez pas ce live réellement très réussi!

Après une telle intro, comment la justifier en évitant superlatifs, poncifs ou emphase subjective surfaite? -Dur, dur!

Le lieu de l'enregistrement: London's Greenwich O2 Arena
La date: 24 Novembre 2016
Les faits: 19 titres/ 2 CDs (+1 troisième en version deluxe)

Le choix des morceaux est parfait: l'enchaînement initial est à couper le souffle tant l'alliance entre mélodie des morceaux et rugosité de leurs bases rythmiques fait mouche sur des titres véritablement libérés de leur gangue et leur enrobage studio hyper (trop?) travaillés. Ca donne un virevoltant "The writing on the wall" ['The Last hero' 2016] suivi d'un vrombissant "Come to life" ['Blackbird' 2007] et d'un non moins rugissant "Addicted to pain" ['Fortress' 2013]. Ces 3 morceaux prennent ici une envergure exceptionnelle à laquelle je ne m'attendais pas!

Après un tel déluge de décibels, le 4e morceau ralentit le tempo puisqu'il s'agit de la ballade "Ghost of days gone by" ['AB III' 2010] sur laquelle Myles Kennedy commence une première fois à solliciter le public. Passé ce petit interlude Alter Bridge remet le turbo sur les magnifiques "Cry of Achilles" ['Fortress' 2013] et "The other side" [2e titre de leur dernier opus 'The last hero']. Alors qu'on s'attend à un nouveau break calme, les américains continuent de nous pilonner les cages à miel en proposant ensuite "Farther than the sun" ['Fortress' 2013] enchaîné subtilement sur le tubesque "Ties that bind" ['Blackbird' 2007] au refrain imparable.

Vient ensuite "Waters rising" ['Fortress' 2013] sur lequel Tremonti assure les lead-vocals, épaulé quand même par kennedy, avant un autre tube destructeur, le formidable "Crows on a wire", certainement le meilleur titre de leur dernier album en date. A ce moment là du gig, arrive une coupure acoustique avec "Watch over you" ['Blackbird' 2007] sur lequel la performance du chanteur est de haute volée. Kennedy assure un max et sa tessiture de voix est remarquable en tous points. Ce titre est également repris en choeur par le public et vous procurera quelques frissons tout en refermant le CD-1.

Dès l'entame du CD-2, pas le temps de se remettre que "Isolation" ['AB III' 2010] vous saute dessus avec sa rythmique vrombissante et son tempo heavy, histoire de vous réveiller si vous vous étiez assoupi sur le morceau précédent. La suite du set ne fera que confirmer la (très) bonne impression donnée par le CD-1: une succession de titres prenant une dimension splendide on stage à l'instar de "Blackbird" ['Blackbird' 2007] et son intro suavement kitsch à la gratte sèche, mais qui ensuite va littéralement s'envoler vers une sorte de langoureuse ballade heavy déchirée par des riffs acérés de gratte électrifiée. Loin des clichés des groupes de hard-rock classiques, ce titre est aussi bon qu'il est sensuel dans le bon sens du terme. 9 minutes intenses et jouissives, même pour moi qui habituellement zappe vite les slows et autres titres mélos.

Ensuite Scott Philipps aux drums entame une petite descente de toms, rejoint par le bassiste Brian Marshall et Tremonti qui semble avoir les doigts en feu sur "Metalingus" ['One day remains' 2004] pour un titre qui verra aussi Kennedy nous offrir une prestation de haute volée, en sachant moduler ses aigüs! "Open your eyes" du même LP vient ensuite avec quelques relants celtiques, enchaîné sur le tube "Show me a leader" de leur dernier opus. Autant ce morceau m'est apparu gavant à la longue dans sa version studio, autant là certainement grâce à la performance de Monsieur Tremonti, j'avoue avoir totalement succombé. Quelle intro!

Le final anéantira toute persective et tout espoir de ma part de chercher une faille à ce double live: le majestueux "Rise today" ['Blackbird' 2007], puis "Poison in your veins" et "My champion" tirés de 'The Last Hero' et prenant ici une dimension que je n'avais pas soupçonné dans leurs versions studio respectives (encore un Tremonti magistral et surtout un Kennedy au chant simple et non dénaturé par un formatage numérique excessif).

Le live définitif dans le style à ranger à côté du mythique "Tokyo tapes" de Scorpions (pour la perf du guitar-hero aussi virevoltant qu'Uli Jon Roth) et du non moins indispensable et plus récent "Made in Stoke- 2011" de Slash (..et Kennedy). Un groupe que je ne manquerai pas d'aller (re)voir si d'aventure il passe près de chez moi! Respect!

Pour mémoire, la version deluxe contient un 3e CD 'raretés' pour les fans inconditionnels du combo et comprend en particulier 7 titres n'étant sortis jusqu'à présent qu'au Japon...ainsi que "Symphony Of Agony" la bonus-track de "The Last Hero".





2017 DIMMU BORGIR & The Norwegian Radio Orchestra & Choir "Forces of the northern night"

label: Nuclear blast
style: Black metal symphonique
date de sortie: 28 avril 2017
date de chronique: 28 août 2017

[par Boucle d'Or]




Dimmu Borgir, formation géologique volcanique située en Islande, serait d'après les légendes nordiques, une des portes de l'enfer. De ses entrailles surgit au début des années 90 un groupe de Black Metal qui prit alors son nom (et partit vivre en Norvège). Shagrath et ses sbires sortirent en 1993 un premier album de pur black metal (« For all tid », chanté en norvégien), incrusté de claviers lumineux à l'instar d'une autre formation nommée Emperor. Ainsi naquit le black metal dit ambiant puis symphonique.
Car évolution il y eut (et changement de personnel régulier), avec un son devenu plus clair, des orchestrations aux claviers de plus en plus élaborées (album « Spiritual black dimensions » 1999) jusqu'à intégrer en 2001 de véritables instruments classiques (album « Puritanical euphoric misanthropia). Et se coupant alors d'une frange hardcore de son public.

« Death cult Armageddon » marque en 2003 le zénith de leur carrière, contenant les plus belles pièces symphoniques jamais enregistrées. Depuis, j'avoue avoir délaissé le groupe, leurs productions suivantes étant moins bonnes.

C'est en tombant sur ce live, décliné en cd, vinyl, DVD, blu ray, que je me suis rappelé aux bons souvenirs de ce combo. D'autant que les prestations enregistrées en 2011 et 2012 lors de deux concerts (en salle à Oslo et au Wacken festival) font la part belle aux années glorieuses du groupe. La présence sur scène d'un véritable orchestre symphonique (50 musiciens et 20 choristes) titilla ma curiosité. Metallica s'était essayé à l'exercice (S&M) avec plus ou moins de réussite (la mayonnaise ne prenait pas sur tous les titres). Sauf que chez Dimmu Borgir, les orchestrations classiques ont toujours fait partie de l'ADN de leurs compositions et ne sonnent pas artificielles ou rajoutées. Pas d'effet de peinture en façade, chants gutturaux, guitares agressives et orchestrations viennent du même trou noir, cour palpitant et créatif distillant sa mélasse maléfique.

En introduction, « Xbir » premier morceau instrumental interprété seul par l'orchestre .annonce la couleur. Les musiciens classiques ne sont pas là pour faire de la figuration, Dimmu Borgir leur laisse interpréter seuls plusieurs titres de leur répertoire (5 sur 17). Alors oui, ça envoie du petit bois et quand le groupe rejoint l'orchestre et débute son set sur « Born treacherous » la fusion entre leur Black metal brutal (chants gutturaux, avalanches de grosses caisses, cavalcades de guitares.) et le volume sonore dégagé par l'orchestre se fait naturellement pour accoucher d'un alliage solide et percutant qui illumine une musique pourtant si sombre. Les morceaux instrumentaux apportent des moments calmes bienvenus, interludes à des déferlantes telluriques.

La première partie fait la part belle à leur dernier opus « Abrahadabra » pour monter crescendo vers les titres les plus anciens et marquants tels que « Progenies of the great Apocalypse », « Puritania » ou « Mourning palace », véritables tubes sublimés dans leur gangue orchestrale et qui font office de bouquet d'artifice final. Pas tout à fait fini, car l'orchestre clôture seul sur le très beau « Perfection or vanity », histoire de finir en douceur après une telle fessée. Un peu de vanité, oui mais beaucoup de perfection !

A noter pour les versions vidéo, que le premier concert donné à Oslo sur une très grande scène est excellemment filmé. Celui donné un an plus tard au Wacken fait office de bonus et est largement en dessous question montage vidéo. Musicalement les deux prestations sont identiques et grandioses.

Un live épique qui marquera d'une pierre noire le heavy metal de son empreinte sulfureuse.





2017 TRIGGERFINGER "Colossus"

label: mascot label group
style: rock belge avec frites et binouze
date de sortie: 25 août 2017
date de chronique: 12 septembre 2017

[par Barjozo]



Ruben Block est très certainement un des plus grands artistes rock que la Belgique ait enfanté à ce jour. Artiste-caméléon, chanteur et guitariste, il nous revient en 2017 avec son bébé, le fantastique trio Triggerfinger. Pour l'anecdote, il s'agit du 5e opus officiel du combo originaire d'Anvers qui propose son rock polychrome et inspiré depuis 2004.

Si Block est le leader, il ne faut pas oublier ses 2 acolytes (qui font bloc derrière lui, oui je sais..): Paul Van Bruystegem à la basse (connu pour avoir longtemps accompagné la chanteuse de blues Beverly Jo Scott) et Mario Goosens aux drums (ancien batteur de Hooverphonic dont tout le monde se souvient du fabuleux hit-single "Mad about you" paru sur l'album "The Magnificent tree" en 2000).

Triggerfinger n'avait rien proposé depuis l'excellent "By absence of the sun" (Excelsior rec.) en 2014, mais n'a pas cessé de tourner et de visiter les festivals ce qui m'avait permis de les découvrir on stage au Hellfest en 2015. Cerise sur le gâteau, pour qui aime les (bonnes) covers, le groupe s'en est fait une sorte de spécialité depuis son premier LP sur lequel figuraient "Commotion" (Creedance Clearwater Revival) et "Au suivant" (version rock déjantée du titre de Jacques Brel). Ainsi si vous allez sur leur chaîne YouTube, vous y trouverez des titres revisités de façon souvent splendide tels "Sweet dreams" (Eurythmics), "Aint nobody" (Chaka Khan), ou encore "I follow rivers"...

Bref, vous l'aurez compris, je suis fan!
Alors quid de ce "Colossus"?

Débutant par une ligne de basse virevoltante qui en forme sa colonne vertébrale, le titre éponyme "Colossus", est sacrément bien charpenté avec un tempo quasi-garage et un refrain scandé telle une offrande à ce demi-Dieu de la Grèce ancienne.
Contraste étonnant avec le second morceau "Flesh tight" et son rythme léger, aéré par des synthés new-wave: morceau pop-rock gentillet, mais permettant une bouffée d'air frais après la lourdeur et l'oppression ressenties sur "Colossus".
"Candy killer" s'ouvre ensuite et nous fait suspecter une sacrée tendance à vouloir dérouter l'auditeur qui s'attendait initialement à revenir vers leur précédent et 4e opus, le très remarqué et stoner-like "By absence of the sun".

Cette sensation sera confirmée par "Afterglow" qui est une ballade acoustique sensuelle et efficace permettant à Ruben Block de démontrer l'étendue de son talent: on a affaire ici à un titre splendide et dénué de toute arrière-pensée mercantile. Solo simple, à pleurer, et voix toujours magnifiquement posée, sans gnan-gnan ni chichis. Un must dans le genre.
"Breathlessness" qui vient ensuite est un morceau pop-rock envoutant à la mélodie ondulante, quant à "That'll be the day" et ses sonorités métalliques initiales, il cache un magnifique groove et m'a fait évoquer par certains côtés les compositions historiques de Muse (époque "Showbiz" [1999] ou "Origin of Symmetry" [2001], bien avant les délires Mercuriens de Mathiew Bellamy) cela d'autant plus que la voix se permet ici quelques fantaisies pas déplaisantes...

"Bring me bak a live wild" est certainement le titre le plus réussi avec son côté jazzy et ses accélérations rock bien agressives: un futur classique en live! Un dernier mot sur le dernier titre, le flippant "Wollensalk walk" et son ambiance de film à la Enio Moricone (à cause du sifflement?) qui clôt remarquablement les 36 minutes en renfermant une 'hidden track' au rythme country entraînant et en décalage complet par rapport au reste de l'album. Joke!

Au total "Colossus" est une oeuvre aboutie pour un groupe au potentiel énorme. Je vous incite à aller l'écouter attentivement, vous ne serez pas déçus.





2017 QUEENS Of The STONE AGE "Villains"

label: matador records
style: ex-stoner canal historique
date de sortie: 25 août 2017
date de chronique: 9 septembre 2017

[par Barjozo]



Quel est le point commun entre Queens Of The Stone Age (QOTSA) et Arcade Fire?
A vrai dire pas grand chose si ce n'est que les 2 groupes ont sorti leurs 2 derniers albums à quelques semaines d'intervalle en 2013 et 2017.
Mais cela s'arrête là. En effet, là où Arcade Fire a perdu 1 étoile en notation sur 4 ans en s'embourbant dans une pop difficile à digérer, QOTSA quant à lui en regagne une valeureusement. Et c'est heureux pour Barjozo!
Si j'avais difficilement apprécié à sa sortie le tournant pop pris par "...Like clockwork" le précédent opus du groupe en 2013, regrettant les envolées stoner du phénoménal "Songs for the Deaf" [2002] s'il fallait ne citer qu'un de leurs premiers LPs, je dois bien avouer que "Villains" m'a complètement -ou presque- REconquis.

Cette conquête ne s'est pas faite à la Pyrrhus et ne m'a pas distordu les tympans bien qu'elle ait nécessité un long et répétitif travail de sape, plutôt en phase avec un long siège à la Jules César: j'entends par là que "Villains" ne se dévoile réellement à vous qu'après une bonne dizaine d'écoutes qui seules vous permettent d'en appréhender la richesse mélodique et structurelle.

Josh Homme avait prévenu: "je veux un LP pour vivre pleinement l'instant présent", écartant d'un revers les lignes dépressives de "...Like clockwork". Le bonHomme (facile) est donc de retour et semble avoir fait tomber son masque empreint de spleen dont il s'était entiché au passage de la 4Otaine. L'ambiance est posée d'emblée sur l'introductif "Feet dont fail me" sur lequel le tempo (après une petite intro hétéroclite) se fait presque "dansant", ce qui sera entériné par "The way you used to do" et définitivement consacré sur le sautillant "head like a haunted house". Le côté un peu planant de l'oeuvre est mis en relief par des synthés dont certains aspects m'ont rappelé les intonations d'un Genesis période "Abacab" (comme l'intro de "Un-reborn again").

Vous trouverez sur cet LP tout ce qu'on aime chez QOTSA de la rythmique drums/basse originelle jusqu'à la voix de Homme, toujours attachante par ses multiples intonations, en passant par d'inventives trouvailles à la gratte sur des sonorités rarement entendues ailleurs. Le travail de Mark Ronson à la production y est certainement pour beaucoup, sans pour autant avoir dénaturé le côté roots du combo dont les bases stoner sont encore légèrement présentes, même si depuis quelques temps déjà le tempo global des compositions s'en est allègrement éloigné.

"Villains" m'a donc réconcilié avec QOTSA. Certes le groupe a évolué et l'Âge de pierre a laissé la place à une sorte d'Âge de bronze plus policé, mais force est de constater que ces musiciens ont encore beaucoup de choses à nous dire et le font très bien dans un style plus accessible au commun des auditeurs.
Il me plaît à penser que ce bon groupe US puisse venir en tête d'affiche au prochain Hellfest sur une mainstage car la Valley risque de leur paraître bien circonscrite.
Je croise les doigts \m/





2017 ACCEPT "The rise of chaos"

label: nuclear blast rec.
style: heavy metal teuton
date de sortie: 4 août 2017
date de chronique: 25 août 2017

[par Franck and Furious]



Quand vous n'êtes pas fan de heavy metal allemand parce que votre sensibilité est davantage portée par le rock anglais, et que vous trouvez donc ce deutsch metal un peu trop froid et clinique, et bien vous boudez quelque peu, quand un pote vous ''supplie'' de lui écrire une chro sur un de ses groupes préférés. Mais que veux-tu, quand tu finis chroniqueur bénévole, au lieu de rock star entouré de groupies, ben tu te contentes de potes au barbeuk de poulets rôtis. Vie de merde !:)

Mais on peut être parfois affable, tout en restant éthique. Donc, n'imaginez pas que je sois corrompu pour tapoter une chro complaisante et donc sujette à acceptation. Car, il m'aura fallu un paquet d'écoutes pour déceler un p'tit côté sexy à ce poulet . heu pardon, à ce disque.

Il est vrai que je préfère le côté plus inspiré et mélodique d'Udo. C'est vrai aussi que ce chanteur là assure. Rooo ! Mais qu'est ce que j'écris moi ? Pfff comparer des ex, c'est puéril et non constructif, bref chiant. Alors pendant que j'affronte le chaos de la vie, retournons nous, voir si ce côté du poulet est cramé ?
Bah non ! Tu penses bien que les allemands savent encore gérer un barbeuk. J'ai donc enfilé mon treillis pour ramper sous les fils barbelés de mon canapé. Cela commence avec du bon riff bien carré qui te fait ramper avec le sourire ...un petit aiguë à la King Diamond te rappelle qu'il ne faut pas traîner pendant l'exercice, sous peine de finir embrocher par une baïonnette, d'autant que le solo te canarde grave les fesses. Die by the Sword : 4,25/5

La seconde épreuve ressemble à l'escalade d'un mur de guillotine d'Alice Cooper avec cette voix aux intonations similaires bien malsaine ... tout en restant musicalement bien martiale. Les solo sont toujours aussi bien travaillés chez Accept. Hole in the Head : 4,25/5

3e épreuve : traverser un champ sous bombardement de tanks. Autrement dit, t'as intérêt à courir ... Mais rassure toi, les choeurs de tes copains t'encouragent même si tu sens que le chanteur veut vraiment te faire la peau. Solo toujours aussi long, à tiroirs et cinglant ...y a pas à dire l'armée d'en face est terriblement bien armée avec un zest de matériel de marque Metallica ... Et ce même si par moment, elle s'adoucit mélodieusement quelques instants pour mieux recharger. The Rise of Chaos : 4,25/5

La 4ème épreuve te laisse un peu récupérer et te remotiver en mode Rocky 4 ...ou plutôt Rambo avec un riff assez acédécien, une intro solo des plus invitatoire, des choeurs rassembleurs et un refrain hymnesque remotivant avec quelques belles variantes. Un futur classique ? A vos ordres ! Koolaids : 4,75/5

La 5 t'envoie les B16 ... Autrement dit, te reste plus qu'à prier pour qu il n'y ai pas un obus qui te tombe sur la gueule...Mais comme c'est un tant soit peu convenu, t'as eu le temps de te mettre aux abris à attendre que ca passe, même si cela a fait de gros dégâts. No regrets : 4/5

Analog Man. Retour à l épreuve sportive, mais moins dangereuse avec la traversée du fleuve même pas glacé ... Les copains, sortis à leur tour des abris, reviennent te rebooster sur le refrain pour franchir cette épreuve avec peps et envie. Facile mais motivante. 3,75/5

What's done is done. Bon ! la prochaine est davantage boueuse avec un refrain gonflant du genre "allez les gars ! qui c'est les meilleurs ? C'est nouuuuus !" et ce malgré un joli final qu'il aurait fallu mettre en pièce centrale du titre ... Bref ! on patauge, et il nous tarde de nous en sortir pour passer à la suivante . 2,5/5

Worlds Colliding . qui n'est guère mieux avec un refrain clichesque à souhait, qui devient vite insupportable ....et des potes que tu sens à court d'inspiration dans les chants militaires que t'as déjà entendus quelques parts, mais c'était tellement désolant, que tu ne sais plus ni où, ni quand ? Peut-être à un mariage pourri, ou aux fêtes à boire de village, ou chez un groupe de pop des années 80 ? Ou chez Battle Beast, mais là où ça le fait chez eux, ça le fait pas ici ! Seul le solo sauve la discipline, et il est d'ailleurs bien dommage d'avoir placé ce super solo sur ce titre. Bref, next. 2,5/5

Carry the Weight. Allez, on attaque le débarquement de la plage : Le truc épique à souhait, romanesque vu dans tous les bons films du genre. Classique, mais toujours aussi prenant, avec notamment son refrain genre ''nous sommes les héros qui allons sauver l'humanité, alors donnons nous du courage : Libertéeeeeee ... Chargezzzzz !'' 4,5/5

Race to Extinction. Bon tu as passé toutes les épreuves avec succès même si 2-3, furent laborieuses. Te reste que l'épreuve de QI à passer ... Ben ouais : ya pas que le muscle dans la vie ! Tu flippes ? Bah non, je déconne ... Là aussi va falloir que tu cours vite pour échapper à la mitrailleuse ... Fais gaffe ! le tireur est vicieux sur les solos et bouge pas mal sa pétrolette. 4/5

Après ces 10 épreuves plaisantes, mais classiques dans le genre, on appréciera toujours les solos à rallonge, toujours l'art du lance-flamme, chez Wolf Hoffmann, quelques titres fédérateurs et quelques belles envolées vocales... Pour le reste, on sent bien que le haut commandement ne recherche nullement quelconque originalité dans les entraînements militaires, et qu'il faut être fan de ce genre là pour se faire ce parcours sportif, où on trouvera son plaisir surtout chez le soliste et le vocaliste ; parcours bien sympathique donc, mais trop balisé. Difficile donc de noter ce disque tant il est solide mais peu surprenant. Est-ce suffisant après 14 albums et une concurrence sévère ? Mais après tout, est-ce que l'Homme cherche à évoluer ? On peut se le demander après tous ces siècles de guerres et de massacres, ces leçons d'histoire, pour se voir encore en 2017, des guerres et attentats à nos portes, à l'heure où tous, avons accès à l'école et à toute technologie, et que des billions de dollars poussent à foison ? Donc point d'originalité ici ; mais l'important est que le job reste efficace. Et ça l'est ! Objection ? non ? alors repos !
Quant à moi, me demande si j'ai mérité ce poulet rôti !? Peut-être plutôt une saucisse toulousaine ?





2017 SNAKECHARMER "Second skin"

label: Frontiers
style: rock FM
date de sortie: 12 mai 2017
date de chronique: 24 août 2017

[par Franck and Furious]



Je n'oublierai pas cette balade estivale en VTT sur ce chemin goudronné voisin d'un haras, et parsemé de crottins. Quant au milieu de la route et confondue au milieux des ''terreaux'' des chevaux, ma roue avant frôla une énorme couleuvre (?) qui pionçait là. Couleuvre ? je n'en suis point sûr tant elle me parut très longue et épaisse, et je vous avoue que je ne me suis pas arrêté pour lui demander ses papiers d'identité. Car quant sa tête se cabra au niveau de ma jambe, j'ai compris alors pourquoi des cyclistes se dopaient. Mais point besoin de dopage pour battre le record de vitesse sur 50m de Peter Sagan. Heureusement, les serpents sont aussi peureux que moi, et l'endormie s'enfuit à l'opposée. Et ni moi ni la couleuvre ne furent blessés. Tu t'en fous ? Oui mais j'écris ce que je veux tse tse tssssssss.

Donc, hormis envers LE ''blanc'', je suis serpent-phobe. J'étais donc assez sceptique sur ce Snakecharmer, pensant que ce serait une pâle contrefaçon des pythons du genre, et notamment du boa dont a émergé ce rampeur là. Mais quelle surprise ai-je eu à l'écoute du premier sifflement de sornettes ! Un sifflement de bout en bout qui a su donc me . charmer (ok facile !)
On le sait : après The Snakes, Company of snakes, The Muddy Marsden Band, puis M3,., Snakecharmer est une énième peau des ex de Whitesnake : Neil Murray, Micky Moody, Bernie Mardsen, . Ou plutôt ici de l'ex, puisqu'il ne reste que le bassiste, après que Micky Moody ne se soit récemment esquivé.

Et malgré le talent de ces musiciens, mis à part The Snakes, qui révéla Jorn Lande, fabuleux clone vocal de David Coverdale, ces serpents là m'apparaissaient bien peu venimeux. Mais c'est oublier que même les couleuvres ont un intérêt pour nous préserver des nuisances des mulots.
Aussi, moins râpeux qu'un Koritni, moins FM qu'un Gotthard, plus nerveux qu'un Quireboys, et plus direct mais aussi fun qu'un Thunder, Snakecharmer reprend à merveille, sans les révolutionner, les bonnes recettes rock-blues des Aerosmith, Bad company et . Whitesnake pré-1985.

Il faut dire que la voix de Chris Oussey change de peau pour se faufiler dans celle de l'hypnotique Paul Rodgers, valorisant des titres bien agréables pour sillonner les routes du printemps . en vélo bien sûr ;). On glissera une oreille sur les excellents "Are you ready to fly", "Follow me under", "Fade away", "Dress it up", "Where do we go from here" ... au milieu de titres bien sympathiques. On sera tenté tantôt par les invitations de la voix entre autres, sur la belle ballade "Fade away" ... ; tantôt par la basse sur "Dress it up" ..., et enfin par les invitations des chatoyants riffs et solos du genre "Are you ready to fly" ...

Alors si ce groupe ne fait partie que de la catégorie des bons groupes de seconde division, cette peau là n'est pas de chagrin, ni de banane sur laquelle vous pouvez vous laisser glisser sans risque comme une planche de surf sous les pieds de Kelly Slater. Alors ce n'est pas parce que les serpents sont ''sourds'', que tu dois l'être aussi. Tu peux donc faire sans risque un bisous à ce serpent charmeur. Tse tse tsssssssss .





2017 JORN "Life on the death road"

label: Frontiers
style: FM/AOR
date de sortie: 2 juin 2017
date de chronique: 20 août 2017

[par Franck and Furious]



''Arrête de déconner, Jorn !'' Ce sont ces mots qui conclurent la chronique de son dernier album de covers controversé. Alors, est-ce la fin de la récré ? Et si, Jorn + Frontiers + la bande à Sinner = qualité minimale assurée ! quid alors de la note artistique ?
J'avoue mon scepticisme, (lassitude ?) sur une telle équipe. Entre un Jorn se laissant aller à une certaine facilité (covers albums), une certaine usure dans l'inspiration (un Dracula décevant et un dernier album solo datant de 2013), puis une orientation vocale de plus en plus axée sur son côté agressif, un Frontiers au formatage connu, et un Sinner and co, à la rigueur teutonne, certes efficace, mais manquant d'un zeste de finesse, c'est un peu en mode renard que je posai une oreille sur ce corbeau motard.

Et il fut clair qu'à la première écoute en ces chaleurs d'été, j'eus trouvé le goudron bien trop brûlant pour refaire un tour de moto immédiat, craignant qu'il se transforme en corbillard.
Puis, à ma grande surprise, après avoir fait ronronner le moteur, le corbillard redouté s'est plutôt mué en corbeau hilare. (ok oui je sais j'ai tendance parfois à me prendre pour (une) Corneille, pas le contemporain, le vrai ; ok je sors, mais je finis la chro avant).
En effet, ce disque serait même devenu inespéré. En un mot, on a là le meilleur album solo de Jorn depuis "Out to every nation", même si derrière, il y eut du très bon. Le norvégien fait même une pause dans son trip à la Dio et à la Black Sabbath qui dominait sur ses dernières ouvres solo. On revient même aux bases mélodiques d'un Millenium, beaucoup ; de Masterplan, un peu ; avec un zeste de Saxon et de Whitesnake, sur respectivement les probables futurs classiques "Insoluble maze" et "Fire to the sun" ; le tout auréolé de quelques murmures des Ark et Beyond Twilight (les effets sur "Insoluble maze"). Ô ! ne vous enthousiasmez pas sur ces deux derniers groupes, ce ne sont que des clins d'oeil, de simples chuchotements. La dominante se situe bien vers Millenium et Masterplan, voire "Worldchanger" et "Out to every nation". Je pousserai même à dire qu'il se rapprocherait de "Starfire", l'album, dans sa sonorité générale, notamment avec "Life on the death road"et "Hammered to the cross".

Déjà, vocalement, Jorn chante ici avec légèreté au bon sens du terme, ne forçant pas toujours sa voix, et c'est rafraîchissant. La maturité ? Surtout il revient à davantage d'alternance, et redéploie enfin sa voix de velours, trop rare depuis un moment, et qui pourtant avait fait une grande partie de sa gloire : ce fameux côté grave si unique et séducteur à la David Coverdale. Et comble du plaisir, il rouvre la boîte à frissons sur d'excellentes compo : les très prenantes power ballades "Dreamwalker" et "I walked away", le pernicieux, mais si doux alcoolisé, "Devil you can drive", ou encore l'exquise ballade "The Optimist", qui nous régale par la vague sensuelle de sa basse, ses souffles de piano dans les cheveux, de cette guitare limite hispanique, ou encore de ce solo plein phare dans cette nuit si noire. Magnifique ! Et que dire de "Blackbirds", dont le début nous fait espérer à du Ark, pour au final nous conduire vers un brûlot de hard épique, classique certes, mais épique tout de même.

On a aussi quelques choeurs, certes furtifs, mais précieux pour habiller l'album d'ambiances diverses, qui enrichissent l'album. Vous me direz : ''c'est le rôle des choeurs'' Certes, mais y a choeurs et y a cris ;) . Quelques claviers ici et là aussi qui, mine de rien, amènent le petit plus. Ces choeurs et claviers, bien que dosés avec parcimonie apportent dans l'ensemble cette valeur ajoutée que les albums précédents n'avaient pas. Bref, un vrai travail d'artistes. Chapeau ou plutôt ''V'', à Alexandro Del Vecchio.

Les compositeurs ''maison Frontiers'' m'ont ici bluffé. Notamment avec des titres à variables. Et y a pas à dire, l'équipe à Sinner a bien balisé la piste. Seul "Man of the 80's" sera la plaque d'huile à éviter, avec son refrain (trop?) léger typé glam-AOR. Ce disque se révèle telle une belle route regorgeant de beaux paysages, même si avec les allemands, on démarre pied au plancher, sans tour de chauffe, cabrant l'engin et montrant ses grosses roues, enchaînant les solo, . heu les lacets, genoux au sol. Car tel les fameux duels Rossi-Marquez, Alex Beyrodt se fait un trip carrément monstrueux sur ce premier titre éponyme ; et le guitariste va s'envoyer à fond les manettes tout le long du parcours, rappelant sur quelques virages, le jeu des brillants Ronnie le Tekro (TNT) et John Sykes (Thin Lizzy, WS). Le guitariste des très Whitesnakien, Voodoo Circle, délivre ici un travail dingue. Ce qui en fait aussi le grand copilote de cette ouvre. Comme quoi quand on passe de David Readman à Jorn Lande, c'est comme si on passait des 250c au 500c. Une équipe qui gagne en somme. Et c'est peut-être ce qui manquait au guitariste pour passer au niveau dessus, que garantit un Jorn Lande dominateur. Qui au passage, à la vue des dernières vidéos live avec Avantasia, a maigri et semble affûté comme jamais. De quoi se préparer pour nous offrir une revanche sur sa défection au Hellfest ?

Je n'attendais plus rien de Jorn, et encore moins de cette association. Ils ont pris mon autoroute de ''l'idée reçue'' à contresens, (ils ont dü me prendre pour les très chers péagistes basques ou ceux de la Pau-Bordeaux à fuir) et je dis banco ! J'en redemande. De là à ce qu'ils poussent l'ambition à prendre la route des territoires d'Ark et/ou Beyond Twilight, non pas dans le clonage, mais dans la dimension artistique, je n'oserais y croire. Mais qui sait ? La surprise, avec ce "Life on the death road" est bien là, même si davantage accessible. Et ma foi, il y a longtemps que Jorn ne m'avait plus autant embarqué sur son side-car, avec un album, paradoxalement plus léger que ses prédécesseurs, et pourtant plus profond.

Bref, une fois passé le drapeau à damier, une seule envie : redémarrer. Mettez vos casques (d'écoute) et en route ! Mais en ce chaud été, je referais bien un tour en moto en nocturne, moi ! Pas vous ? . Reste plus qu'à ce beau monde à nous donner une suite digne de ce voyage sur cette route, qui sera probablement une de mes routes préférées 2017.

PS : roulez cool ! 3 mn de gagnées ne rentabiliseront jamais un séjour, au mieux, à l'hosto. Et faites gaffe aux cyclistes ! Même s'ils seraient en tort, leur corps n'est pas protégé d'une carrosserie et d'un airbag.





2017 MR.BIG "Defying gravity"

label: Frontiers rec.
style: rock FM
date de sortie: juillet 2017
date de chronique: 18 août 2017

[par Barjozo]



Mr.Big enfile les albums au fil du temps comme d'autres enfiles les perles [sic]. Quatre garçons surdoués qui malgré un ego conséquent savent se mettre en mode zen pour maintenir le combo à flots, même si le passé n'a pas toujours été aussi calme (période de séparation entre 1997 et 2002 suite au départ de Paul Guilbert le guitar-hero). Bref. Depuis 15 ans le groupe a su rester uni et nous propose en 2017 un nouvel album...

Autant vous le dire tout de suite, je ne me suis pas lancé à l'écoute de la galette sans une certaine appréhension: n'allais-je pas entendre une énième mouture de ce que les américains savent si bien faire, soit un rock FM modérément agressif associé à 3 ou 4 ballades mièvres et sans refief?

Pour les ballades j'avais tout bon! Ces sempiternelles mélodies formatées pour les radios US sont au RDV (elles ont pour nom ici "Damn I'm in love again" et ses 'dou tou dou tou tou', "Nothing bad", "Forever and back", "She's all coming back to me now"). Mais l'autre partie de la galette est délicieusement heavy-rock. Ouf! Le titre éponyme p.ex. est particulièrement réussi avec son riff aguicheur très réussi et un groove particulièrement soignés.

D'autres titres valent aussi le coup d'oreille: "Open your eyes" qui ouvre le bal et son riff mélodieux, "Everybody needs a little trouble" et un Eric Martin en pleine forme avec une excellente rythmique en soutien, ou encore "Mean to me" et cette basse monstrueusement déchaînée sous les doigts de Billy Sheehan, dialoguant avec la gratte de Gilbert. A noter que Pat Torpey, malade (Parkinson) a dû être doublé par Matt Starr aux baguettes (du groupe de l'ex Kiss, Ace Frehley) comme il le fait régulièrement en live depuis quelques mois. Encore un mot sur "1992" un morceau très rock et à l'inspiration fraîche qui laisse à penser qu'il deviendra vite un morceau phare en live.

Le pari était audacieux, mais finalement l'équilibre précaire matérialisé par ce pachyderme sur l'artwork a tenu, et Mr.Big nous délivre ici une galette avec laquelle il faudra compter en 2017, bien aidé en cela par leur producteur "historique" Kevin Elson, lequel avait bossé avec eux à leurs débuts dans les années 80/90...





2017 The MIDNIGHT GHOST TRAIN "Cypress Ave."

label: Napalm records
style: stoner 'roots' et funky
date de sortie: 28 juillet 2017
date de chronique: 17 août 2017

[par Barjozo]



A l'extérieur le vent sec fait tourbillonner la poussière en rendant la chaleur encore plus difficile à supporter dans ce désert aride et hostile. A travers la vitre sale et jaunie, on distingue les derniers rayons rasants du soleil. Les premières vastes zones d'ombre projetées au sol n'attendent que le coucher de l'astre du jour pour laisser place à la nuit noire. Après une introduction légère, "Tonight" retentit comme un cri d'effroi éructé puissamment par un Steve Moss en transe, lançant ainsi son train fantôme à l'assaut des ténèbres de la façon la plus rock qui soit.

Furibond et incontrolable, la machine stoner/heavy/rock propulse ensuite un fuzz rutilant et vrombissant sur l'assemblée réunie. La ligne de basse de ce deuxième morceau à la mélodie implacable va hypnotiser l'auditeur et le transformer en une sorte de "Red eye junkie queen". Après une telle entrée en matière, le trio originaire du Kansas vous propose de se désaltérer un peu avec un bon vieux bourbon de 20 ans d'âge afin d'éviter l'apoplexie auditive ("Glenn's promise"): mais le contraste saisissant entre cette fraîche liqueur et la brûlure qu'elle induit tout le long de votre tube digestif vous ramènera vite à la réalité pour un troisième titre absolument addictif et voluptueux.

Dans sa folle cavalcade émaillée de sifflements stridents et de fumée acre notre train fantôme repart ensuite de plus belle et tente de nous écraser à défaut de nous entérer profondément dans ce désert inhospitalier ("Bury me deep") tout en furetant ça et là à la recherche de notre moi profond le plus intime tel un psychanalyste tentant d'exorciser son patient ("The watcher's nest").

A ce stade du voyage, on se dit que le retour sera difficile! Quelle galette inspirée pour l'amateur de rock un peu nerveux!

C'est alors qu'une acalmie survient au milieu de ce déluge de rock en fusion. "Break my love" a tout du blues ancestral et associe une voix rocailleuse à un groove bien calibré. Jusque là rien d'extraordinaire dans le genre. Pourtant, le titre qui suit va confirmer l'orientation de cette deuxième partie du CD: "Lemon trees" reste ainsi toujours tranquille dans un style léger, limite pop même si le final ne manque pas de relief...On se dit alors que le train fantôme nous réserve quelque surprenantes incartades en dehors de son univers stoner.

Confirmation sur un "Boogie down" au style plutôt... étonnant! Jugez plutôt: cuivres jazzy, rythme smoothy, et voix...rappée (en l'occurrence celle de Sonny Cheeba rapper de Camp Ho, combo originaire du Bronx [New York City]). Ce grand écart stylistique va irriter plus d'un adepte du stoner pur et dur, mais il a le mérite de montrer que nos musiciens sont aux commandes d'une locomotive magnable et n'ayant pas peur de faire preuve d'audace! Alors ok d'aucuns diront que le train a déraillé, qu'il manque de charbon dans le moteur, ou qu'il a coulé une bielle et ils auront peut-être raison...Surtout que la suite est un peu trop calme à mon goût avec quelques arrangements orchestraux sur "Black wave" un tantinet trop mollasson, comme l'est aussi "I cant let you go" qui clôt l'album, précédé heureusement par un titre bien ciselé ("The echo"), nous renvoyant aux essences stoner primitives du combo.

Au total un album intéressant associant des ambiances déjà entendues chez ce groupe dans un passé récent (cf. leur splendide dernier opus "Cold was the ground" paru en 2015), mais également offrant d'autres rythmes plus inhabituels chez ce type de groupe témoignant d'une prise de risque qu'il faut saluer et encourager.
Un train fantôme à suivre...pour ne pas rater son prochain passage à quai!
Tchou Tchooouuuu!!!!!





2017 GEEZER "Psychoriffadelia"

label: kozmik/artifactz Bilocation rec.
style: stoner
date de sortie: juillet 2017
date de chronique: 15 août 2017

[par Barjozo]



Geezer est un super combo US originaire de Kingston dans l'état de New York dont j'ai déjà pu vous parler dans les chroniques de leurs précédents efforts studio: "Gage" EP paru en 2015 et l'album sans titre sorti en 2016.

Le trio propose ici un album hybride enregistré sur des jam-sessions en version quasi live. Cela donne une trentaine de minutes de zike en 5 titres...

L'album démarre plutôt de façon bancale avec une reprise archi-connue, celle de "Hair of the dog" de Nazareth. Si le riff central bien cadencé est excellemment joué, on peut logiquement se demander ce que vient faire ce morceau d'entrée de jeu? Mauvaise inspiration. Il aurait été plus inspiré de le placer en fin de galette car le manque de notoriété du groupe devrait l'inciter à mettre en avant ses propres compositions. Soit.

Vient ensuite "Stressknots" et son groovy boogie bien grassouillet et rassurant pour les fans, avant la perle de cette galette: le titre éponyme "Psychoriffadelia" (respirez...) et ses 10 minutes (soit le tiers de la durée totale du CD). Morceau instrumental absolument splendide débutant langoureusement et sur lequel Pat Harrington va de façon inspirée nous délivrer de belles plages de grattes pour une ambiance chaude et voluptueuse. Titre qui devrait casser la baraque en concert car propice à tous les dérapages, contrôlés ou non, question fuzZz!

Quatrième morceau, "Red hook" va vous emmener dans un univers musical psychédélique à fortes effluves orientales. Ca pue l'encens et aussi le chichon, alors que les vocaux se font calmes et presque normaux. Un titre langoureux, au spleen contagieux.

Pour refermer ce petit CD on va avoir droit à un long titre de plus de 13 minutes avec "Dirty Penny" dont l'introduction remet tout le monde d'accord, le groupe au final repartant dans ce qu'il sait faire de mieux, un proto-doom au groove monstrueux vous laminant les tympans, et plus si vous n'êtes pas à jeûn! Les 7 dernières minutes semblent vraiment prises 'on air' sans overdubs ni retouches, un petit bijou d'improvisations ou presque.

En conclusion, Geezer propose un petit opus mi-figue mi-raisin (en plus c'est la saison!) mais qui m'a un peu laissé sur ma faim, mais pas la fin, enfin, attendons le prochain véritable LP pour définitivement adouber ce groupe à l'énorme potentiel.





2017 ARCADE FIRE "Everything now"

label: Sonovox records
style: pop rock poussive
date de sortie: 28 juillet 2017
date de chronique: 9 août 2017

[par Barjozo]



Cinquième album studio pour les canadiens francophiles. Disponible intégralement sur Youtube à la date de sa sortie, et précédé d'une intense campagne de pub tous azimuts. Même les abonnés du Figaro comme aurait dit "mister Renard" auront eu droit à une jolie kro de la galette qu'ils pourront donc ainsi s'écouter en lisant les fluctuations du CAC40, les rodomontades des cols blancs encravatés estampillés MEDEF ou les éditoriaux suffisants d'experts autoproclamés es-economia.

"Everything now" confirme la lente descente aux Enfers d'un combo qui n'aura pas su tirer avantage d'un début de carrière mirifique. Autant "Funeral" aura littéralement su distiller un indie rock classieux et frais lors de sa sortie en 2005, ce que confirmeront plus tard un plus sombre "Neon bible" et un (déjà plus) léger "The Suburbs", autant l'évolution prise dernièrement sur leur précédent opus "Reflektor" (2013) laissait présager d'une perte d'élan créatif par un côté besogneux pénible tentant de racler quelques effets mélodiques deci (disco, années 80) delà (new wave, années 90) en semblant au final se perdre dans un labyrinthe musical impossible.

Franchement pourquoi tant de relents disco? -"Everything now" et ses "lah, lah, lah" vomis jusqu'à l'écoeurement, "Signs of life" ou "Put your money on me" et leurs boucles/samples répétées là aussi dans un but mélodique mais qui à terme se révellent complètement rébarbatives et indigestes! Le côté dance induit par la production d'un Daft Punk (Thomas Banglater) porté aux nues par la médiatocratie biberonnée aux fake news des agences de presse transnationales n'a également aucune réelle intention novatrice en se contentant de quelques accords binaires moult fois entendus ailleurs et totalement indignes d'un tel groupe. Comme a pu le dire leur leader Win Butler (non sans ironie car le bougre sait y faire avec l'intelligentsia dominante) "peut-être s'agit-il d'une sorte de 'passage à vide' mis en musique dans un monde hyperformaté déliquescent". En atteste un cruel "Peter Pan" dont le côté aérien (induit, rappelons-le par la fée Clochette) a complètement disparu ici en laissant place à un rythme lourd et visqueux, comme si notre héro avait trop abusé de bières et de pizzas...

Gageons qu'Arcade Fire puisse ratisser large avec cet album facile autorisant les passages radios intensifs et les jouissifs cris d'orfraies de critiques schizencéphaliques nonobstant de baigner dans un autosatisfecit complaisant. Alors, les dollars qu'ils soient canadiens ou autres tomberont facilement dans l'escarcelle des musiciens ce qui signifira qu'ils auront bien su profiter du Systême.
Mais à vendre son âme au diable on risque se damner à jamais...Espérons qu'Arcade Fire saura s'éloigner promptement à l'avenir du souffle chaud et humide de Cerbère, garant puissant de l'inviolabilité des portes des Enfers car n'est pas Héraclès qui veut!





2017 JANE'S ADDICTION "Ritual de lo Habitual: alive at Twenty Five"

label: Cleopatra records
style: rock fusion 'alternatif'
date de sortie: 4 août 2017
date de chronique: 8 août 2017

[par Barjozo]



Deuxième LP des américains de Los Angeles, "Ritual de lo habitual" est sorti en 1990, en pleine vague grunge et babillements stoner. Dire que cet LP a marqué ma CDthèque est un doux euphémisme tant la claque reçue à l'époque m'avait sacrément chauffé les oreilles! Petite bombe de rock mâtinée d'essences orientales et sud-américaines au gros son US bien pêchu, le rock 'fuzZzion' alternatif du quatuor sur cette galette n'a pas pris une ride et telles les bonnes cuvées a su se bonifier avec le temps.

Ce n'est donc pas une surprise de voir la sortie d'un live reprenant l'intégralité de l'album originel (les 9 morceaux dans l'ordre, +4 autres titres) car en 2017 tout semble bon pour récolter quelques dollars supplémentaires. Si la tentative est artistiquement réussie on pourra alors encenser les musicos, mais à l'inverse si elle échoue à nous captiver musicalement on pourra décrier les zozos en les désignant à la vindicte publique des chroniqueurs zélés de tous les horizons du net à l'ensemble des réseaux sociaux!

Commençons par ce qui fache!
Premier écueil: de 1990 à 2017 cela fait 27 si on compte bien...Las, cet enregistrement date déjà puisqu'il s'agit du live retraçant un set donné le 30 mai 2015 au 'California s irvine Meadows Amphitheatre' (détruit depuis {sic}) et qui fait également l'objet d'une commercialisation sous la forme d'un DVD. Notons aussi que la pochette fait état d'un curieux "2016 Silver Spoon Anniversary tour" et on comprendra que les dates sont un peu le cadet des soucis des zozos. Autre écueil le quatuor original n'a pas été réanimé puisque la basse est tenue par Chris Chaney en remplacement d'Eric Avery (parti avec Tex, lol). Les trois autres restant Perry Farrell, et sa tessiture de voix si particulière, Dave Navarro, le tatoué guitariste un temps recruté par les Red Hot Chili Peppers, et le batteur branché sur secteur Stephen Perkins.

Pour qui ne connaîtrait pas Jane's Addiction rappelons que sa carrière fut marquée par des débuts tonitruants avec leur premier album sans titre (1987) mais aussi et surtout ses deux successeurs "Nothing's shocking" (et sa fameuse pochette des siamoises nues, paru en 1988) et donc "Ritual de lo habitual" en 1990. Malheureusement il semble que ce soient des problèmes de drogue qui ont été à l'origine du split du groupe courant 1991, en pleine ascension vers la gloire...L'album qui suivit ne parut qu'en 2003 ("Strays") alors que dans l'intervalle Farrell et Perkins avaient monté Porno For Pyros, Navarro s'en allant proposer ses services aux Red Hot. Pourtant ce nouveau départ ne fut qu'un bref feu de paille puisqu'un an plus tard, Jane's Addiction se séparait une deuxième fois au grand dam de ses fans.
Leur 4e LP studio (et dernier à ce jour) sortit en 2011 sous le titre "The Great Escape Artist" après un bref passage de Duff McKagan (GNR) en son sein.

Etant donné l'instabilité génétique constitutionnelle de ce groupe, autant vous dire qu'en juin 2016 il ne fallait pas rater leur set du Hellfest sous la cultissime tente de la Valley, chose que j'ai pu vous relater de façon enjouée à l'époque (chronique live de Jane's Addiction, dimanche 19 juin 2016) dans le cadre d'une soirée qui restera marquée dans les annales barjoziennes.

Mais revenons à ce live. Pas de suspens pour la note finale qui selon moi doit se situer dans le quart supérieur. La production est correcte et le son sympathique. L'introduction avec la diatribe hispanisante rappelle celle de l'album, et c'est parti pour les 9 titres de la galette de 1990, joués dans le même ordre et avec fougue en particulier pour les premiers morceaux ("Stop", "No one's leaving", "Aint no right", "Obvious" et "Been caught stealing"). La voix est toujours aussi spéciale, Farrell semblant en permanence à la peine mais ce n'est qu'une illusion car le bougre enchaîne les couplets sans jamais se rater! Navarro est en pleine forme et nous distille des soli rapides et funky, se rappelant au bon souvenir des Red Hot...La rythmique en arrière se défend bien, entichée de choeurs féminins.

Vient ensuite la partie la plus sensuelle du set avec les accords d'orchestration splendides de "Three days", chef d'oeuvre de l'album et sa composition complexe passant en revue toutes les possibilités du groupe dont un final jouissif heavy-grunge qui m'a toujours scotché. Vient ensuite une première incartade feutrée planante avec "What she did..." avant ce (toujours) merveilleux violon sur "Of course" et également sur "Classic girl". Mais pourquoi diable ont-ils donc fait l'impasse sur ces 2 titres à Clisson? F*ck!

En complément à ces 9 morceaux, les Jane's Addiction propose 4 autres titres dont 3 issus de "Nothing's shocking" ("Mountain song", "Ted, just admit it" et "jane says") et un de "Strays" ("Just because"). On retiendra surtout les très rentre-dedans "Mountain song" et son riff pachydermique, et "Just because" qui vous obligera à dodeliner de la tête tant son tempo est addictif. Comme à Clisson, le set se referme calmement mais non sans sensualité sur un "Jane says" acoustique et calme pour un final en forme de salutation distinguée.

Terminons cette kro en signalant que Jane's Addiction vient d'être selectionné aux côtés de Pearl Jam, Bad Brains, le MC5, Chic ou Depeche Mode pour l'élection au Rock N'Roll Hall of Fame's Class de 2017 (dont les résultats seront connus début décembre 2017). Même si cette distinction n'a qu'une valeur toute relative en dehors des States elle témoigne quand même de la notoriété de ce groupe au delà de l'estime que lui portent quelques fans français dont ma pomme...





2017 ALICE COOPER "Paranormal"

label: Earmusic
style: classic rock US
date de sortie: 28 juillet 2017
date de chronique: 7 août 2017

[par Franck and Furious]



Le grand talent d'Alice, c'est de rendre un titre banal, paranormal !
Ok intro facile ! Disons que pour moi Alice, c'est comme Ozzy ! Un vieux pote dont on n'a pas tous les disques, parce que pas ultra-fan, mais qu'on aime bien s'écouter de temps à autres. Aussi, je ne vous ferai pas une chronique d'expert, comparative avec ses anciennes productions. Mais on est loin de "Trash", disque à hits de Desmond child, disque utile dans sa discographie, justement pour avoir 2-3 hits dans sa besace pour fédérer aux concerts, mais loin de l'univers théâtral du coupeur de têtes. On ouvre ici du côté de l'esprit du début de sa carrière ...On a ici un disque 'simple' joyeux, limite esprit année 60, et surtout 70, avec un son moderne.

Mais ce qui fait le plus d'Alice, c'est cette voix éraillée flippante qui nous fait bien imaginer un personnage intrigant, avec sa pléthore de bons guitaristes qui plus-valuent (ça faisait longtemps que j'avais pas inventé un mot, mais on oeuvre ici dans l'anormal) des titres, pourtant ici maintes fois entendus.
Commençons par nous débarrasser des titres à guillotiner pour passer aux choses sérieuses : "Private public breakdown" et "Genuine american girl" (2/5) ! Titres esprit Beach Boys qui auraient pu être interprétés par nos chers chanteurs, artistes, fêtards de l'époque des yéyés comme notre illustre Antoine, avec une voix oxydée par une nuit de cocktails fortement alcoolisés. Alice ayant invité les membres d'origine, ceci expliquant partiellement cela. Oter donc ces 2 titres poussifs, sauf si vous êtes fan de ce type de chansons, et on obtient un album solide de 10 bons morceaux.

On pourrait aussi brûler "Dead flies" et "You and all of your friends" (3/5), mais ils font partis des chansons dispensables qu'on aime bien tout de même dans un album selon l'humeur du moment ; "You and all of your friends", étant de la même veine des 2 yéyé-songs, mais avec un côté un peu plus rock qui lui fait passer avec succès sur le fil, les terribles services de l'adoption de la DDASS. "Dead flies" me paraît davantage défendable, avec son côté destroy et fun, mais qui à la longue peut me faire ronfler aussi fort qu'un bourdonnement de vol de mouches ; titre qui aurait pu s'envoler vers un album des Hollywood Vampires, comme d'ailleurs un paquet de titres.

Car le reste est majoritairement inspiré de bons blues boogies rock'n roll. "Fireball" (4/5) est le plus hard de cette série boogie, avec ce gros son qui aurait pu sortir de l'album "Eliminator" de ZZ Top. On peut juste regretter cet effet sur la voix tout le long du titre, qui gâche un peu l'engouement, un peu c'est bien, tout le long, c'est moins bien. Mais les guitares vont venir gratter sévère sur ce bon rock qui tâche gras, et compenser cette petite faute.

"Fallen'in love" (5/5), qui bénéficie d'un chouette solo de Billy Gibbons, sort tout droit d'un ZZ top, passé au mixeur d'Alice. Morceau standard mais lustré à l'huile Coopérienne.
"Dynamite road" (4/5) porte bien son nom de dynamiteur, malgré un chant parlé, (dont le non-bilingue que je suis peut imaginer des paroles sensées) ; Dynamite qu'aurait bien fait péter aussi un Brian Setzer, notamment par son rythme très boogie et un solo rugeux.
On continue avec l'incendiaire "Holy water" (5/5), dans le boogie swing avec ce début de roulement de batterie tout droit sortie d'un jazz swing big band, et qui excitera les danseurs de Shim sham, puis ses cuivres bien rock, partis pour t'envoyer direct au milieu de la piste où tu sens que le danseur de boogie va s'enflammer sur un refrain des plus jouissifs, et s'éclater sur ce break typé Balboa (la danse), pour mieux éructer sur un solo incisif. le meilleur morceau de r'nr de l'album pour votre serviteur.

Le style Brian Setzer, revient au galop avec "Rats" (4/5) que Lemmy aurait aussi adoré chanter : un rock'n roll du diable, certes classique, mais rien n'est classique quand c'est du Alice, d'autant que là aussi on s'en prend plein les oreilles niveau solo, et on commence à jouir quand Bob Ezrin se met . MAiiiS NOOooon ... à baisser le son. On voit bien là, qu'Ezrin est davantage un producteur de prog que de r'nr. Crime de lèse majesté qu'il nous a fait là ! Grrrrrr .
En parlant de prog, "The sound of A" (5/5) est marqué du sceau du Pink floyd. Ecrite en 67, une ballade de toute beauté qui rappelle l'ambiance lourde de "The Wall", l'album. Tout comme "Paranoiac Personnality" (5/5), mid-tempo, hybride du Floyd avec son rythme martial, ses choeurs de gang, et d'un zest de mélodie entraînante à la "This Maniacs'in love with you" de l'album "Trash", sans le côté FM, et donc en plus machiavélique. Le tout avec encore un solo sec et efficace.

Le fan de Deep Purple que je suis oublierais presque l'opener "Paranormal" (4/5) avec Roger Glover en invité d'horreur, et à son honneur, une intro de roulement de cymbale rappelant celui de "Smoke on the Water". Un démarrage en douceur avec une mélodie vocale assez . scolaire, mais qui a quelque chose de BO de film western. L'échauffement s'accélère avec un final solo guitare des plus encourageant pour la suite de l'album, que vous envisagez donc désormais avec envie, j'espère.

Alice arrive donc à transformer un album de titres de hard blues rock boogies, au final assez convenus en un album au dessus du lot grâce donc, à sa voix, à la production d'Ezrin et des solistes bien nerveux, et donc grâce à cette part de magie, d'irrationnel, qui illustre les grands. Il paraît que c'est cela le paranormal !
Définition = terme utilisé pour qualifier un ensemble de phénomènes supposés qui ne sont ni observables, ni explicables scientifiquement.
Bah voilà, j'ai eu beau essayer d'expliquer pourquoi c'est mieux, il n'y a pas vraiment d'explication rationnelle en fait : c'est Alice !





2017 GOROD "Kiss the freak"

label: autoprod.
style: trash girondin
date de sortie: 1er juin 2017
date de chronique: 14 juillet 2017

[par Franck and Furious]



Marrant ! Alors qu'un forumeur m'annonça qu'il cherchait à découvrir l'AOR, parce qu'il saturait de metal extrême, je lui rétorquai, amusé, que je faisais à 46 ans, le chemin inverse, après avoir tété aux biberons de Bon Jovi, Europe et autre Journey. Aussi, si ma découverte récente sur ce genre méchant, ne fera pas de cette chronique une expertise brillante, il n'empêche que si je passe des bons aux brutes, je vais tacher de vous éviter les truands.

Les fidèles du site auront pu lire il y a quelques mois mon report du Hell'oween Fest, dans lequel je pris une monstrueuse claque par Gorod, que je découvrais donc par la même occasion. Alors ne croyez pas que je sois maso, mais cette baffe m'a envoûté.Parce que si dans la catégorie des méchants, il existe un paquet de groupe d'excellent niveau, ce sera avec la morve du débutant que j'avancerai autain et irrespectueux, que Gorod se situe dans le haut du menhir.

Qui aura vu et entendu sur scène un jour Gorod ne s'en remettra pas. Tant par sa puissance, mais surtout sa virtuosité hallucinante des 5 tueurs. Que ce soit le chanteur et les 2 guitaristes, jusqu'au batteur et un bassiste à la technique foudroyante. Ajoutez à cela une vitesse d'exécution à faire pâlir de jalousie Flash, il est clair que tout fan d'extrême se DOIT de voir le groupe un jour. Et si jamais vous étiez trop effrayé, mouarf, rassurez-vous ! Le groupe s'est amusé à jouer plus ''soft'' sur cet EP. Façon de parler. Car c'est dans l'optique d'une tournée avec des groupes de trash et speed metal, que le groupe s'est amusé à sortir quelques titres, dans cette même veine, tout en gardant leurs spécificités intactes. Ce sera donc un EP ''moins'' death que les albums précédents, et davantage accès trash donc. Le tout dans un état d'esprit fun et bon enfant. Que demande le peuple?

Alors, de l'AOR à l'extrême ou de l'extrême à l'AOR, peu importe le sens, du moment que ce soit du bon. Et là c'est du bon, donc quand c'est bon, c'est bon ! . c'est bon ?





2017 ARCADEA "S/T"

label: relapse rec.
style: metal-synth US
date de sortie: 16 juin 2017
date de chronique: 3 juillet 2017

[par Barjozo]



Les membres de Mastodon rivalisent de 'side-projects':
Gone is Gone pour Troy Sanders,
Giraffe Tongue Orchestra pour Brent Hinds,
et voici donc maintenant Arcadea pour Brann Dailor!
Cela leur permet certainement d'évacuer leur trop plein d'égo en évitant donc les remous qui pourraient avoir raison de leur groupe originel...

Arcadea c'est donc le batteur/chanteur Brann Dailor associé à 2 claviéristes (oui, vous avez bien lu) dénommés Core Atoms (Zruda pour ceux qui connaissent) et Raheem Amlani (Withered, Scarab pour les connaisseurs..). Exit donc toute guitare sur cet LP absolument bizarre à la première écoute, tant les drums sont au premier plan, enrobés de nappes de synthés, et la voix de Dailor pour compléter le tout.

Cela produit une musique non pas électronique, mais plutôt synthétique, alliée à la puissance heavy des vocaux de Dailor et de ses toms. Pas facile d'aborder un tel ovni musical car nos oreilles n'y sont pas habituées. Il faudra bien de la ténacité aux auditeurs pour ne pas sombrer dans une critique trop crue mais après tout peut-être est-ce l'avenir du metal à un horizon lointain (c'est d'ailleurs le concept de l'album qui décrit un monde futur dans lequel toute humanité aura péri, Arcadea représentant la seule expression humanoïde au milieu d'un univers totalement destroy; ambiance heroic-fantasy bien retranscrite dans le clip du single "Gas giant").

Ce sera donc aux kids de juger cette oeuvre borderline dont on ne sait pas si elle aura une descendance...Mais qu'importe la texture musicale pourvu qu'on ait l'ivresse mélodique metal au final!

à suivre!





2017 SIENA ROOT "A dream of lasting peace"

label: M.i.G. music
style: Heavy, Psychedelic & Dynamic Root Rock Music
date de sortie: 26 mai 2017
date de chronique: 10 juin 2017

[par Barjozo]



Voilà un disque intéressant d'un côté et vraiment rébarbatif de l'autre..

Siena Root distille un condensé de heavy rock à forte consonnance seventies (ah! cet orgue Hammond qui ferait se damner un saint...) et aux mélodies addictives surtout quand le rythme s'accélère (écoutez en priorité "Growing underground" qui posséde une intro absolument diabolique pour un groove ultime!).

Ces suédois sont originaires de Stockholm et en sont déjà à leur ... 6ème album studio! Leur site web nous apprend que le groupe a été fondé à la fin des années 90 et est considéré dans son pays comme un des pionniers dans le rock 'old school'. Composé de Sam Riffer (Bass), Love Forsberg (Percussions), Erik Petersson (Organ), Samuel Björö (Vocals) et Matte Gustavsson (Guitar), le groupe a même déjà sorti un double live en 2011 ("Root jam" paru chez Transubstans records un label suédois underground).

Leur musique vous renverra aux grandes heures des pachydermes du heavy Metal des années 70 (Purple, Whitesnake..) car l'orgue y est omniprésent pour le meilleur ("Tales of independance", "Outlander", "Growing underground") mais aussi le pire sur des ballades vraiment (vraiment) chiantissimes (le pénible "The piper wont let you stay" gagnant le ponpon).

La voix de Björö n'est pas sans rappeler par moment celle de Jay Buchanan (Rival Sons) dans ses intonations sans qu'il n'ait le potentiel énorme de ce dernier en terme de variations d'octaves. Il peut se targuer cependant d'avoir une tessiture mélodique intéressante.

Alors même si ce n'est pas l'album de l'année, vous pouvez y jeter une oreille après avoir écouté le dernier Purple, juste pour vous rappeler ce qu'était ce rock pourpre il y a 40 ans passés...;))





2017 INGLORIOUS "II"

label: Frontiers
style: hard-rock
date de sortie: 12 mai 2017
date de chronique: 8 juin 2017

[par Franck and Furious]



Nathan James a le vent en poupe : vainqueur d'un télé crochet, appelé par Uli Jon Roth, et une presse conquise devant un charisme puissant à la Russel Allen en version blond. Autant le dire de suite, je n'avais pas accroché à sa voix. Sorte de clone de Graham Bonnet en ''moins'' puissant et en moins chaleureux, ou d'un Jimmy Barnes en moins braillard. Ce chanteur me donnait surtout l'envie de réecouter les "Down to earth" de Rainbow et "Assault attack" de MSG, ou tout simplement le dernier GB Band sorti récemment, "The Book". Mais le temps passe, et il faut savoir laisser la place à la jeunesse. Aussi, je mets en ''off'' mon mode 'vieux con', et tente de retrouver le mode ''On'' du jeune puceau que je fus adolescent, et qui découvrit avec enthousiasme ce monde merveilleux du Hard rock.

Car il est clair que même si à l'instar de Ronnie Romero, il pêche un peu d'une tessiture vocale encore trop ''neutre'', le bonhomme a de la voix, dont la puissance sort du lot. Il nous délivre une prestation remarquable de bout en bout. Le point culminant sera la ballade "Making me pay", où on ressent ses influences envers un Glenn Hughes ou un Ray Gillen. L'autre jolie ballade "Faraway" démontre aussi une certaine soul, qui me fait croire à un potentiel encore à optimiser. Y a pas à dire le fantôme du trop tôt disparu Ray Gillen s'est glissé dans l'âme de Nathan James. Et c'est une sacrée bonne nouvelle.

D'autant que la musique est un vrai brûlot de Hard rock ! Les 12 titres nous régalent. Il serait mal approprié d'en détacher quelques uns, tant ils sont tous bons. Bien produits par Kevin Shirley, leur donnant toute la puissance nécessaire, ils rappellent un Koritni sans le côté Acédécien, MSG, ou plutôt le regretté groupe Badlands des Jake E Lee (Ozzy) et Ray Gillen (Black Sabbath, Phenomena), dont je vous recommande expressément le premier album.

Inglorious rend un brillant hommage à ses aînés et reprend avec inspiration un créneau du Hard rock pur, au final assez délaissé de nos jours. Et fera un sacré concurrent à Alter Bridge. Du coup, je regrette mon à priori de vieux bouc. Car après avoir dégusté cette pépite, j'irai courir découvrir leur première ouvre. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Ce second album est une merveille, et augure un fort potentiel pour l'avenir. Il me tarde donc de les voir au Hellfest. Pinaise ! J'ai rajeuni. Merci Inglorious. Probablement dans mon top10 de l'année.





2017 SAMSARA BLUES EXPERIMENT "One with the universe"

label: electric magic
style: stoner-prog-vintage neoclassique au dessus du lot
date de sortie: 12 mai 2017
date de chronique: 24 mai 2017

[par Barjozo]



Aux confins d'une galaxie musicale rock bigarrée et aux influences sensorielles mélodiques larges le trio allemand du Samsara Blues Experiment vous propose ici un voyage initiatique qui frôle la perfection. En 5 titres se déroulant sur 47 minutes Christian Peters (voice & guitar), Hans Eiselt (bass guitar) et Thomas Vedder (drums) vous entraînent dans un univers musical kaléidoscopique empreint tour à tour d'un psychédélisme Morrisonien ("Glorious daze" ou l'intro de "Vipassana" vous renverront aux grandes heures des Doors certainement en partie par la façon qu'a le chanteur de s'exprimer sur certains couplets), d'un blues classieux semblant sortir d'un vieux bar perdu dans le désert US (le démentiel "One with the universe"), ou d'un rock progressif pur et intense dans la lignée des orphèvres du genre ("Eastern sun and western moon").

Fondé en 2007, Samsara Blues Experiment en est ici à son quatrième travail studio...Le moins qu'on puisse dire c'est que leur maturité d'écriture n'a d'égal que leur inspiration ce qui aboutit à une remarquable fluidité des titres malgré leur longueur, associée à une maîtrise complète des instruments sur le plan technique (y compris quelques ajouts de synthé planant comme sur "Vipassana", le titre éponyme ou "Eastern sun and western moon"). La rythmique reste lourde et très heavy évoquant un bon stoner-rock des familles (de LA famille Kyuss) comme sur les passages hypnotisants de "One for the universe" ce même titre évoqué plus haut et son break central dingue (du blues, du blues, du blues!).

Il n'est guère besoin ici de faire une chronique interminable pour noyer le lecteur dans l'incertitude du chroniqueur indécis tant le niveau est élevé!
Mais attention!
Entrer en totale étroite adoration symbiotique d'une telle musique comporte le risque de développer une assuétude potentiellement délétère sur des cerveaux non préparés...Ce qui vous rendra dépendant..
Au moins vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus!





2017 PALLBEARER "Heartless"

label: nuclear blast
style: doom/prog
date de sortie: 24 mars 2017
date de chronique: 22 mai 2017

[par Barjozo]



J'avoue qu'avant de me lancer à l'écoute de cet opus de Pallbearer je ne connaissais pas ce quatuor américain (Little Rock, Arkansas) étant donc totalement passé à côté de leurs 2 premiers albums aux essences doom-prog marquées. Doom pour le côté lent, le rythme pachydermique voire sénatorial invitant à la procession, et prog pour la faculté à se lancer dans d'épiques envolées mélodiques peuplées de guitares planantes et de breaks improbables.

L'intro du CD sur "I saw the end" m'a bien accroché. Sans en faire des tonnes, les musiciens vous embarquent dans un drapé de rythmes mélodiques qui allient la quiétude d'un stoner-doom puissant en boucles répétitives nonchalantes et des passages polychromiques inspirés. Cela est encore plus nets sur "Thorns" le deuxième morceau et son break central calme, quasi baroque (qui fera évoquer aux anciens le fameux break de "Master of Puppets" des 4 Horsemen) brisé par un puissant riff et des vocaux incantatoires. L'enchaînement calme et langoureux sur "Lie of survival" est très réussi pour un splendide morceau léger et aérien dans sa première partie, puis semblant s'envelopper d'un brouillard épais en raison de la rythmique qui reprend le dessus ensuite.

La voix principale du guitariste-chanteur Brett Campbell est épaulée par celle du bassiste joseph D.Rowland ce qui permet d'avoir un crédo vocal tantôt haut perchée, tantôt mid-tempo à la limite de la justesse mais toujours en parfait équilibre avec les instruments (les 2 autres musiciens étant devin Holt à la gratte et mark Lierly aux fûts). Alors c'est vrai que par moment on reprochera aux morceaux de ne pas s'accélérer un tantinet pour nous permettre de tapoter du pied, mais le style du combo se veut orienté vers une esthétique hyper-léchée en dressant de multiples tableaux musicaux n'ayant que faire d'un style festif ou dansant. Ce côté planant fera parfois évoquer les Pink Floyd themselves comme sur "Dancing in madness" et ses 12 minutes irrésistibles dont une introduction à la gratte très gilmourienne (même si la suite s'en éloigne beaucoup de part la lourdeur de certaines parties surtout dans le dernier tiers).

Bloc monolithique "Heartless" ne saurait laisser l'auditeur indifférent. Comme le géant dont on discerne les formes dans la montagne centrale de l'artwork. L'ambiance musicale se déploie lentement tel un sludge proto-sismique dont on a le pressentiment qu'il va lentement aboutir à une explosion de metal en fusion, à une explosion volcanique qui à terme pourra libérer le colosse emprisonné dans les entrailles rocailleuses.
En 59 minutes et sept titres (quatre de plus de 8 minutes), ces jeunes américains confirment ici les excellentes dispositions que leurs 2 premiers opus laissaient entrevoir. Encore un groupe à suivre comme son patronyme invite à le faire d'ailleurs... ;)





2017 AT THE DRIVE-IN "In*ter a*li*a"

label: rise records
style: rock garage-psyché
date de sortie: 5 mai 2017
date de chronique: 20 mai 2017

[par Barjozo]



Voilà un combo tout récemment reconstitué (2016) après être resté quelques années en pseudo-hibernation (je dis pseudo car les musicos qui le composent sont tous par ailleurs occupés à d'autres affaires musicales..). D'At The Drive-In on se rappelle quelques riffs post- rock/garage de la fin des années 90/début du millénaire avant que leurs membres ne se (dé)membrent et s'en aillent fonder The Mars Volta ou encore Sparta, Butcherettes ou plus récemment Gone is Gone.

At The Drive-In se compose actuellement de:
-Omar Rodriguez-Lopez à la guitare (The Mars Volta..)
-Keeley Davis également à la guitare (seul nouveau membre ayant remplacé Jim Ward)(Sparta..)
-Cedric Bixler-Zavala au chant (The Mars Volta..)
-Tony Ajjar aux baguettes (Sparta..)
-Paul Hinojos à la basse.

Le style? Un retour pur et simple 20 ans en arrière dans la droite lignée de leurs débuts: du bon rock aux essences punk/garage, direct et sans détour faisant évoquer un taureau déboulant dans une arêne tête baissée (celui que j'aurais mis sur l'artwork à la place de la bestiole centrale dont on peine à reconnaître les traits) . Pourtant ne vous fiez pas à la première impression, la musicalité l'emporte au final et ce taureau saura esquiver les banderilles et autres coups de sape car si le rythme est rugueux et post- hardcore, les mélodies restent omniprésentes et se greffent dans votre cerveau. Ainsi des premiers accords bruitistes de "No wolf like the present" aux dernières notes de "Hostage stamps" vous allez être embarqués dans un univers chaotique au gré des compositions 'engagées' ("Governed by contagions", "Incurably innocent"..) de ces quadras à la maturité aboutie ("Titing at the univendor", "Ghost tape9" ou "Callbroken arrow").

Qui a dit que les reformations sentaient la naphtaline???





2017 SUPERSCREAM "The engine cries"

label: season of mist
style: heavy-world-rock
date de sortie: 5 mai 2017
date de chronique: 15 mai 2017

[par Barjozo]



De Superscream je n'avais plus entendu parler depuis leur premier et excellent essai paru en 2011 "Some strange heavy sound"...

Groupe originaire de Rouen, Superscream se compose actuellement de Eric Pariche au chant, Daniel Sminiac et Philippe Vermont à la guitare ce dernier étant le principal compositeur, Stéphane Lescarbotte à la basse et Martin Mabire aux baguettes.

Sur leur page Facebook le groupe revendique des sources d'inspiration multiples aux premiers rangs desquelles Dream Theater, Deep Purple, Metallica ou Rage Against the Machine...Vaste palette dont le premier album avait su fort habilement nous donner un bon aperçu. Mais depuis 2011 les normands étaient restés muets...Alors qu'en est-il de ce second album?

"The engine cries" débute par un petit morceau instrumental "d'ambiance", "Cubozoas' gossips" sans trop d'originalité et déjà entendu X fois par le passé. Mais bon, il faut bien une introduction (heureusement très brève) avant que n'arrive le véritable premier titre de la galette "Evil scream": rythmique tribale, quasi martiale, avant une première volée d'harpèges à la gratte pour un rythme alliant la puissance d'un style lorgnant vers le thrash historique des groupes de la côte Est des States, à la virtuosité d'un combo de prog-metal moderne. Le chanteur fait montre de très bonnes capacités de variation dans ses interventions même si les quelques cris dans les aigus sont un peu démodés...Mais au total première très bonne impression sensorielle!

Vient ensuite "The engine cries (Superscreamrise)" qui débute sur des bases rythmiques sautillantes et légères vite relayées là aussi par un déluge de sonorités mélodiques à la guitare, les intonations comme sur le premier LP ayant tendance à beaucoup lorgner vers une inspiration orientale tout en ondulation. Un titre savamment orchestré plein de breaks et d'idées mais qui pêche peut-être un peu par un trop-plein de notes (comme une fameuse réplique du film "Amadeus" de Milos Forman). Les 6'30 du morceau auraient gagné un peu en clarté à être scindées en 2 titres plus ramassés avec une impression finale un peu moins brouillonne. N'est pas Maiden qui veut pour se lancer dans des titres à rallonge sans lasser l'auditeur...

"Pandora" nous invite ensuite à une autre aventure musicale débutant très calmement, dans un style très rock-FM, avant de nous laisser plonger dans un baroud de cavalcades mélodiques réussies à la gratte car pleines de virtuosité. Puis c'est "Velvet cigarette" qui remet les gaz et le tempo sur un versant heavy-rock vintage avant que "Your necklace of bites" ne s'enlise dans une power-ballad longue et limite indigeste...

En deuxième partie de CD, "Ways out" poursuit l'exploration de contrées exotiques avec tout un tas de réminiscences mélodiques sentant bon l'Orient et ses effluves bigarrées. "Where's my mom" quant à lui est une sorte de joke-song sur lequel le chanteur s'essaie (brillamment) au chant guttural (Dave)-growlien, enchaînant non moins élégamment sur "Metal builders" sur lequel il reviendra vite à un chant clair et standardisé parallèlement à ses comparses tenant baguettes et médiators. Final sur "Insane god" dans un style prog-rock des plus classiques pour conclure un album qui n'évitera pas l'écueil du '2e album' moins réussi que leur magnifique "Some strange heavy sound" que je vous engage à aller (re)écouter...





2017 DEEP PURPLE "InFinite"

label: ear music
style: papy-heavy-rock pépère
date de sortie: 7 avril 2017
date de chronique: 15 mai 2017

[par Franck and Furious]



Un album qui part de l'infiniment petit vers l'infiniment grand !

''Nooonnn ! Poussez pas ! Je ne veux pas sauter ! '' comme on pourrait le hurler sur la plate-forme de son baptême de saut à l'élastique. Entre l'envie de sensations et de liberté, et la trouille de ce vide infini. Tel est mon dilemme pour chroniquer ce 20ème (et dernier?) album d'un des plus grand groupe du monde (le plus grand pour moi) dans l'exercice difficile de rester objectif quand on est fan depuis son adolescence. Difficile de ne pas céder à une certaine émotion liée à ce qui pourrait être la der des ders d'une aventure commencée il y a bientôt 50 ans pour le groupe, et une fan-attitude de plus de 32 ans pour votre serviteur.
D'autant que pour cet album, entre les diverses ambiances, les rendez-vous connus, puis novateurs, et une ''accessibilité'' des titres, assez troublante, le groupe aime bien compliquer la tâche du chroniqueur, qui doit manier à la fois l'art de donner l'envie à un profane de découvrir un album, de gérer sa propre fan-titude, et de crouler sous l'objectivité d'un tel poids de l'histoire.

Parce que Purple, c'est l'histoire de mecs talentueux, parfois géniallissimes, parfois nonchalants, parfois trop faciles et têtes à claque, parfois même paumés, comme le reconnaîtra le pourtant expérimenté producteur bassiste, Roger Glover en ayant vu bosser Bob Ezrin à 68 ans. Comme quoi on apprend bien à tout âge. Ajoutez à ce trouble, une non gérance de ce talent, définie dans une carrière aux multiples line-ups et rebondissements, et des albums plus ou moins grandioses, plus ou moins réussis ou ratés selon les humeurs..
Et cet album reflète bien tout cela : un mélange de classe, d'émotions, de génie, entouré de titres soi-disant faciles, voire même parfois des passages carrément de . chenapans, de jeunes branleurs qui n'écoutent rien de ce qu'on leur dit... et un ordre de titres classés en bazar là où un "Now What !?" était hyper réfléchi, frôlant la perfection.
Pourtant, Bob Ezrin avait su les manager sur ce précédent album classieux qu'est "Now What !?", au point de leur faire retrouver cette magie, souvent ombragée sur les précédents albums, et dont on pensait déjà, qu'il serait le superbe album épitaphe de mes papys préférés.

Mais ces mecs-là ne vivent que pour la scène, la musique, le fun, le rock'n roll et le plaisir. Alors ils nous en redonnent sans penser aux avis extérieurs. Et si la première écoute de cet album est déconcertante - j'avoue que ce furent les points négatifs de l'album qui m'ont sauté aux oreilles en premier - on découvre ensuite le travail et le coté ''pensé'' de cet album, même s'il demeure quelques incompréhensions sur certains passages. Ian Paice, seul membre d'origine, l'admet : le groupe aime alterner album ''complexe'' et album plus direct. Mais j'avoue que je ne sais pas trop si "InFinite" est à classer chez les complexes ou les directs !? A priori, je serais tenté de dire la seconde hypothèse, puis au fil des écoutes, la première, ou l'inverse (gloups), car comme souvent avec eux, ce n'est pas si simple : Rois de la complexité simplifiée ou de la simplicité complexifiée !?

Il m'aura fallu beaucoup d'écoutes pour apprécier cet album, jusqu'à même en changer l'ordre des titres pour mieux me l'approprier. Car ce qui détonne sur cet album, c'est que les titres dit ''simples'' ne le sont pas tant que ça et que leur mélodie ''facile'', que le grand public appréciera probablement, mais que le die-hard fan pourrait rejeter à la première écoute, finissent au contraire à la longue par s'incruster dans son quotidien. A l'inverse, les titres dits complexes, une fois la bonne surprise passée, pourraient lasser . ou pas. En fait, cet album me fait penser à l'esprit de "Stormbringer" : soit on aime tout parce qu'on s'intègre complètement dans leur délire, soit on le prend comme un produit lambda, et on ne l'aime que partiellement, et ce malgré la diversité des titres. Bref vous l'avez compris : je me suis pris la tête pour faire cette chronique : cet album n'est pas évident.


Niveau ambiance :
Car ici, dans ce bazar mélodique pensé, les titres joyeux ("One night in Vegas", "Johnny's band", "Paradise bar") sont mélangés aux titres mélancoliques ("All I got is you", "The Surprising", "Birds of preys"), auxquels se rajoutent aussi, sans réelle ligne conceptuelle, des titres légers, fun, voire secondaires ("Hip boots", "Get me outta here", "On top of the World"), et les titres classieux prise de risques ("The Surprising", "Birds of prey"). On retrouve donc une certaine absence d'homogénéité de l'album "Bananas".

Niveau accessibilité :
Après une intro moderne, on retrouve un excellent opener en terrain connu avec "Time for Bedlam", cousin de "Picture of home". Puis quelques titres qui rappellent l'esprit d'"Abandon" ou de "Rapture of the deep", mais en mieux. Et des titres aux mélodies assez sucrées comme "Johnny's band" et "Paradise bar" (bonus). Puis très surprenant dans la discographique purplienne : 2 titres prog peu évidents, mais ô combien réussis : "The Surprising" et "Birds of prey". Et aussi des titres moins ''FM'' ("Hip boots", "Get me outta here", "On top of the World") qui toucheront principalement le gros fan.

Niveau production :
Bob Ezrin poursuit sa belle ouvre, même si l'album se veut plus léger que "Now What !?". On lui reprochera tout de même de ne pas avoir poussé l'ambition encore plus loin sur "On top of the world" et "Bird of prey", surtout quand on sait que l'album est fini depuis 1 an, et que quelques rajouts auraient été bienvenus sur ces 2 titres. Il manque aussi à l'album un titre qui poutre vraiment à la "Hell to pay" ou un "Things I never said". Quoiqu'il en soit on ne le remerciera jamais assez d'avoir poussé Steve Morse dans ses retranchements, et de l'avoir poussé à ''moins'' d'automatisme, en toute relativité bien entendu.

Niveau musiciens :
Si j'aime autant ce groupe, c'est parce que même pour un titre moyen, il y aura toujours 1 des 5 qui saura le rendre appréciable. Ian Paice et son swing inimitable tient à lui tout seul à la baguette un titre comme "Get me outta here". Roger Glover est tout autant plein de feeling avec sa basse, se faisant tour à tour discret ou très présent, mais toujours le pilier. L'album lui doit beaucoup au niveau des compositions et lyrics. Idem pour Don Airey qui varie tel un orchestre à lui seul, les ambiances et les sons, tantôt Hammond, tantôt piano, ou claviers modernes, voire les 3 à la fois : Airey fait un travail de maître sur les rythmiques, et on ne salut plus sa virtuosité sur les solos. Airey est positivement très présent.
Steve Morse est une grande surprise : on le croit discret, mais non ! Il est bien là. Lui aussi diversifie les sons, parfois son jeu se rapproche de plus en plus d'un Ritchie Blackmore, mais aussi ses solos où on ne subit plus quasiment systématiquement ses fameuses descentes de manches - l'arthrose a du bon parfois. Et puis Steve Morse a l'art de nous sortir LE solo divin quasiment sur chaque album : et celui de "Bird of prey" vous donnera des ailes : juste magnifique.
Quant à Ian Gillan, il démontre là encore quel crooner lyrique et bluesy, il est. Bien sûr, ce n'est plus le jeune hard-rockeur fougueux. Et si Airey ''domine'' Morse sur cet album, c'est peut-être aussi pour rendre moins hard le groupe, pour soulager un Gillan devenu rockeur par la force des âges : le hard-rockeur est à la retraite, même si bien sûr, il lui reste quelque flamboyance sur ce registre. Car il fait encore bien parti de la catégorie des chanteurs au dessus de la meute. Et il le prouve encore en modulant encore, et en donnant à certains titres mineurs un intérêt, qui ne serait pas avec un tout autre chanteur. Il y avait longtemps d'ailleurs que le chanteur à la voix d'or n'avait pas été autant lyrique. Encore un travail d'orfèvre.

Niveau composition :
Ce mélange de compositions n'aide pas à une appréciation à la première écoute, d'autant que les riffs immédiatement accrocheurs à la première note, se font rares. On retrouve tout de même des titres coup de foudre à l'accroche séduisante, et familière, comme "Time for Bedlan", "All I got is you", "One night in Vegas", puis à un degré moindre "Johnny's band", et le bonus "Paradise bar". Ce qui vous me direz, constitue 50% de l'album. Puis le groupe nous surprend avec 2 titres prog magiques, et novateurs pour le groupe comme "The Surprising" et "Bird of preys", qui nécessitent plusieurs écoutes attentives pour en digérer les nombreuses ambiances et succulentes mélodies, et pour lesquels producteur et musiciens se donnent à fond (quel solo final, très Gary Moorien, de Steve Morse sur "Birds of preys" et qui rappelle le magnifique "Sometimes I feel screaming" sur "Purpendicular").
Restent 3 titres assez indigestes selon les humeurs du fan : Ces titres excitent tout de même mon désir même si ce n'est pas le grand orgasme pour chacun, et qu'il y a toujours à un moment du titre, un drap qui vient se glisser là où il faut pas, ou une mouche qui passe : l'incompréhensible "Hip boots", le psychotique "Get me outta here" , et le non fini "On top of the world". Pour ce dernier, on lui trouvera un charme mélancolique de circonstance avec son ''au revoir'' qui arrachera une larmichette à votre serviteur, et dont l'enchaînement avec l'intro sombrement bluesy de "The surprising", le feront carrément craquer. Peu importe l'objectivité, ladies and gentlemen, la musique est là pour faire ressortir des émotions personnelles.

Mais si j'ai eu du mal à entrer dans l'univers de l'album, je l'écoute avec de plus en plus de plaisirs : il m'apprivoise au fil des écoutes.
J'avoue que je me perds un peu dans ma chronique, comme ce solo final de Steve Morse sur "On top of the world", coupé honteusement par Bob Ezrin. Mais pour essayer d'être précis, je classerai cet album dans mon top 3 des albums Morsien, juste après "Purpendicular" et "Now What !?" Et avant "Bananas" . "Abandon" et "Rapture of the deep" fermant la marche.
Et si au final, cet album reflétait la vraie image du groupe ? Son côté rock'n roll dandy I don't care ?
Il y a quasiment 50 ans, on avait de jeunes loups à l'ego affirmé, puis des quadras se balançant des plats de spaghetti aux visages, ou des quinquas, des bouteilles d'eau sur la scène . on a aujourd'hui des septuagénaires qui font encore le mur de leur maison de retraite ... et c'est tant mieux. Purple aurait-il en définitive trouvé la jeunesse éternelle ? J'ai été, je suis et je reste InFiniment fan : Merci Messieurs ! Et comme l'indique le slogan de la tournée, pourvu que ce ne soit qu'un très long au revoir. I thank youuuuuuu ...

Épilogue :
Et qui parle de jeunesse à un gars de 46 ans, se replonge dans la sienne. Et je me prends donc à me remémorer le gamin de 13 ans que je fus et qui eut un choc culturel en découvrant ce solo légendaire d'"Highway star", ce cri vocal inimitable sur "Child in time", ce roulement de batterie sur "The mule", ce riff de "Smoke on the water" sur le mythique "Made in Japan" dont je garde encore la cassette usée, puis se brûler les oreilles sur "Burn" et se retrouver avec un duo de nouveaux chanteurs qui formera une alchimie vocale unique, puis ces deux albums hors contexte mais tout autant formidable que furent "Come taste the band" et "Slaves and masters", puis la reformation inespérée de la célébre mk II, puis le départ du guitariste légendaire, puis la renaissance du phénix avec Steve Morse, puis cet album prog avec enfin un producteur digne de ce nom pour ce groupe de papy juvéniles, puis mon premier concert de hard rock qui sera avec ce groupe avec ma première petite amie et ma première voiture, puis ces 9 concerts que j'ai vu puis ce 20ème album inespéré qu'on les crois éternel, puis ce dur constat de la réalité de cette prochaine fin, qui vous met une grosse claque en prenant conscience que c'est aussi une part de soi qui va s'arrêter...


Track by track :

Time for Bedlan : 5/5
Excellent titre d'ouverture qui oeuvre en terrain connu ("Picture of home") tout en ayant un côté moderne avec son intro-outro futuriste. Le titre est épique. Paice cogne avec son jeu si particulier. Steve Morse intervient dans les couplets, pour laisser la place à Don Airey qui nous délivre un long solo en diverses parties et sonorités. Un must. Un titre qui serait un classique si 48 ans et 19 albums ne précédaient pas cet album.

One night in Vegas : 4,75/5
Le groove marche à fond ! Il te prend et t'amène jusqu'au bout ! Sorte d'hybride de titres funky d'"Abandon" mais en mieux, notamment grâce à un refrain qui décolle, et à "Nasty piece of work" par son coté diablotin. Un passage à un côté prenant à la "Battle rages on" sans y ressembler (passage de 1'20 à 1'50 + 2'20 à 2'40 : frissons live à prévoir) ; Gillan est sobre, calque quelques vocalises graves à la Elvis, une de ses idoles. Steve Morse est doublement incisif dont un solo assez rock n'roll suivi par un second à l'entrée sublimement lyrique, vite imité par un Airey qui s'amuse un coup Hammond, un coup piano, ce qui donne au titre une triple ambiance : groovy, fm, et cabaret (What's going on here)! Excellent pour se bouger le popotin et faire péter la roulette. Rien ne va plus : Le 20 rouge joue et gagne.

Paradise bar : 4,25/5 bonus track
Riff clavier à la "Might just take you life", rythmique-basse à la "King of dreams", clavier pompeux à la "Uncommon man" en mode sonorité chant de noël, qui peut effrayer, mais on s'y fait vite. Titre qui rappelle par son impression de légèreté aussi le "A little ain't enough" de David Lee Roth, ce qui donne au titre, une fois certaines sonorités douteuses digérées, un titre très fun sur lequel excelle Gillan qui chante en cool-attitude noblesse oblige, en mode ''No good luck'', pendant qu'Airey et Morse se font un billard en 4 bandes. Titre sympa en bord de piscine.

Fin de la trilogie des titres funs et place au prog.

The Surprising : 4,75/5
Le titre porte bien son nom dans l'univers purplien, car le plus prog qu'ils n'aient jamais composé. Un petit bijou que ceux qui n'aiment pas le prog vont sûrement moins apprécier. Le titre est donc structuré en plusieurs parties et ambiances : bien que démarrant par une intro clavier obscure nous faisant croire à un Vincent Price bis, le chant blues nous invite à la mélancolie, nous rappelle "Clearly Quite Absurd" de l'album "Rapture of the deep", ou pour les profanes, un mix du "Wicked games" de Chris Issack en plus sombre, ambiancé par un Léonard Cohen, à la voix plus ténébreuse, sauce Purple par un Ian Gillan, créateur de frissons. Un ami décrira une ambiance entre western et orient . mais le titre ne s'arrête pas là : Paice se met en mode militaire et matraque, vite suivi par Airey et Morse puis encore Airey qui revient avec des claviers rappelant par leur son toujours ''Uncommon man'' . on repasse ensuite par une ambiance atmosphérique avec un Gillan lointain et un chant des baleines joué par Morse . Gillan nous revient a capela avec sa voix ici grave et légèrement cassée pour un final mélangeant donc les claviers d'un "Rapture of the deep" (le titre), et "Uncommon man". Magnifique titre qui frôle la perfection, mais les petites ressemblances avec d'autres titres du passé trop flagrantes, m'empêchent de le noter 5/5. Assurément il aurait eu la note ultime s'il avait été écrit avant les 2 albums précédents . et parce qu'un titre prog ne peut pas avoir la note ultime, vu qu' on l'apprécie crescendo ou decrescendo au gré des humeurs ;) (humour)

Get me outta here : 4,25/5
Riff funky mais écrasé lourd et lent qui, bien qu'étonnant car la rythmique tourne en boucle, m'embarque bien au bout de plusieurs écoutes. Airey appuie par des bulles de claviers, qui pourraient rappeler le ''papam'' de "One more came" sans le ''pam'' ; Paice est juste le batteur inspiré qui fait de lui un des maîtres de toms et cymbales. Un titre pour apprenti batteur. Notons le seul cri aiguë de l'album de Gillan (avec peut-être le soutien sur sa première note d'un clavier !?). Morse se fait bluesy rock et varie vraiment son jeu sur cet album. A classer dans la catégorie des titres, qui seuls, pourraient laisser indifférent, mais qui solidifie un album. J'avoue être un des rare à aimer ce titre, probablement séduit par le groove hypnotique, à la fois jazzy et doom de mister Iaaaaaaan Paice, mais aussi par le ''au revoir'' balancé par Gillan qui me tord les tripes, même si ses paroles de la chanson n'ont rien à voir avec la fin de carrière du groupe.

Johnny's band : 4,25/5
Tiens !? Ritchie Blackmore est de retour ? Steve Morse envoie de beaux phrasés à la Blackmore à chaque fin de phrases de Gillan, ce qui rappelle dans cet exercice "Ramschakle man" ; pendant que Glover rend sa basse cajoleuse, et en profite avant le solo pour faire un clin d'oeil à un "Louie Louie" célèbre. Le titre en lui même est fun, joyeux, efficace comme un "I've got a number", un zest commercial à la "Call of the wind", en moins pompeux, en mieux donc. Au début, il peut paraître un peu trop facile pour la discographie du pourpre, mais au fil des écoutes il se fait séducteur, au point que le refrain, qui arrive un poil trop vite, vous trotte dans la tête un bon moment. A noter que l'intro ressemble à celle de "Loosen my strings", en plus rapide.

Duo de titres mélancoliques à suivre que je trouvais dommage de séparer, tant je les trouve jumeaux et complémentaires.

Bird of preys : 4,75/5
Second titre prog. Moins bon dans son ensemble que "The Surprising", mais possède un atout maître dans un final qu'on aimerait qu'il ne s'arrête jamais. Le titre s'ouvre par une frappe qui pèse 38 tonnes de John Bonham . Heu Ian Paice pardon ! Titre planant mais à l'ambiance lourde, limite Boudha pour méditer sur cette fin et cette carrière - peut être un clin d'oeil au poids des âges - attention ce n'est pas péjoratif : la bonne expérience, la force tranquille. Gillan se prend pour un chanteur de rock progressif, pop et lyrique : superbe. Morse balance une rythmique rare pour le groupe, puis une autre rythmique enchaîne par un mouvement de balançoire pour bébé : lent mais agréable. Airey balance un solo au son futuriste, puis revient Steve Morse qui nous offre un chef d'ouvre : un solo long, planant et poignant, cousin du final de "Loosen my string" tutoyant le lyrisme d'un "Sometimes I feel like screaming", et le côté crescendo de "Somebody stole my guitar" : une mélodie qui monte et s'en va vers l'infini : frisson assuré. Gary Moore avait déclaré ne pas être à la recherche de démonstration technique, mais de la note ultime. Se pourrait-il que Steve Morse l'ai trouvée !?

All I got is you : 5/5
Piou ce jeu exquis des cymbales de Paice : rien que ça, c'est la grande classe.
Un rock 'n roll mélancolique soft et superbement classieux, avec un refrain qui prend aux tripes. Gillan chante soft, en mode crooner irremplaçable ; Airey balance un solo moderne qu'il affectionne, puis Morse revient recadrer tout cela avec un solo lyrique et énergique, le tout enrobé par des boum boum bien ronds de la basse de Glover ; Magnifiquement somptueux : vous avez dit la classe ? J'espère que chacun a un ''quelqu'un'' ; quoiqu'il en soit merci à ce groupe d'exister.

On top of the world : 3,75/5
Je ne comprends pas ce titre, il est nul ! mais j'ai l'impression que c'est comme un ruisseau qui coule : t'as besoin de le voir et de l'entendre couler pour y planter tes fleurs, et faire vibrer tes litres d'eau qui circulent dans ton corps et qui le composent à 90% ; peut être est-ce dû à ce groove ''ami'', ce discours qui me berce, ou au solo final fantomatiquement ruiné par Ezrin ? Cette phrase ne veut rien dire mais tout comme ce titre, sorte de "Nobody's home" ou "Lick it up", qui constituent la faible liste des titres ratés dans la carrière du groupe. Tu les détestes, mais tu les écoutes sans trop savoir pourquoi, dubitatif ou déconcerté comme un lendemain de cuite, ou comme un second tour avec la seule blonde en France que t'as pas envie d'avoir dans ton lit, sauf si il est clouté. Bref, en fait ce titre est comme un pote qui t'invite à faire un billard, alors que t'as pas décuvé de la veille et que seul ton lit t'attire ; mais pote à qui tu ne peux pas refuser l'invitation. Ok ! titre plutôt on floor of the world, mais on the word tout de même.

Roadhouse Blues : Cover The Doors
Je ne note pas les reprises, c'est trop dur à faire. Mais c'est un bon choix de reprise, d'abord parce que le titre fait ressortir l'harmonica de Gillan. Mais si je trouve ce choix si subtil, c'est que les 2 groupes ont pour moi un gros point commun : ils dégagent une insolente nonchalance classieuse à la fois agaçante et hypnotique, qui rend le rock noble. Alors au final, qui d'autre que DP pouvait réellement reproduire l'esprit de cet autre groupe de légende ? Le titre se veut simple, et, tant l'original que cette cover assez respectueuse, il se prête au plaisir auditif sans révolutionner la planète Musique.

Hip boots : 2,75/5
Je sors ce titre de ma playlist qui devient mon titre bonus pour le marché Hindou, en même temps qu'on leur refourgue dans leur décharge toute notre amiante et autres ordinateurs pollués. Le titre démarre par le chant de Gillan qui rappelle le début de "Blue suede shoes" d'Elvis, version lente, puis au lieu d'enchaîner façon rock'n roll du King, ça part sur un tempo heavy, tel un titre moyen d'"Abandon", mais en plus lourd comme si c'était Tony Iommi qui le jouait. Le titre fait penser négativement à "Lick it up" ou un "One man's meat" dont j'avais oublié leur existence et pour cause - un ''Oyé » vient apporter tout de même un côté entraînant à la fête, mais c'est juste un clin d'oeil frustrant : on aurait aimé un truc dingo en suivant. Le duo des solistes fait le boulot comme d'habitude, mais ce titre ne bouscule pas, d'autant que Morse fait son plan solo habituel en mode lent. Probablement ont-ils été déconcentrés lors de sa composition par des hot boobs ? On leur pardonnera : après tout faut bien que jeunesse se passe.





2017 Richie KOTZEN "salting earth"

label: headroom inc.
style: pop-rock
date de sortie: 14 avril 2017
date de chronique: 15 mai 2017

[par Franck and Furious]



Quel est le point commun entre le Triangle des Bermudes, l'Atlantide, les femmes, et Ritchie Kotzen ?
Tous 4 sont des mystères non résolus ! En effet, nous sommes quelques-uns à nous étonner du succès trop relatif de ce double virtuose guitariste-chanteur soul crooner à la voix d'or (!?). Les chroniqueurs de Rockmeeting qui se sont acharnés à résoudre ce mystère sur ses albums précédents, seront d'accord. Alors s'il est vrai que l'énigme des Bermudes vient d'être récemment résolue, et proviendrait donc de l'émission de gaz, nous espérons que le manque de célébrité de Kotzen ne provienne pas de la même cause : cela casserait l'image du beau chanteur aux yeux bleus (oui, parce que les gens qui ont les yeux bleus sont forcément beaux! Et je ne dis pas ça parce que j'ai les yeux bleus, ou si, un peu ; on se rassure comme on peut - humour) Trêve de comparatif plus ou moins hasardeux, on ne répétera jamais assez notre incompréhension. Censure de sa ressemblance vocale et physique avec le chanteur de Soundgarden ? Je vous laisse donner vos versions.

Car fort d'une vingtaine d'albums solo, d'un succès conséquent dans ses apparitions temporaires, mais significatives, au sein de Mr Big et Poison (dans lequel il a écrit les hits "Shine" et "Stand" entre autres), et surtout de sa récente implication dans le super groupe The Winery Dogs, aux côtés des monstrueux Billy Sheehan et Mike Portnoy, on peut espérer que la reconnaissance sonne enfin à la porte de l'américain, ce qui tendrait par se vérifier par le succès des tournées avec TWD et de la belle tournée mondiale, et donc européenne, à venir en solo (Paris le 2 sept 2017).

Parce qu'à la limite, si on peut reprocher à ce musicien hors pair de rester dans un style, certes large, mais défini dans la soul, blues rock funk à la Stax et Motow, boosté aux shreds, ses deux derniers albums semblent se diversifier vers un côté plus ''pop''. Est-ce l'âge de la maturité ? Ou est-ce pour contrebalancer TWD dans lequel le ''Mister'' y a mis déjà tout son style, certes ''biggisé'' ? Quoiqu'il en soit, je me ravis de ce léger changement. Mais que donne donc ce nouvel album solo ?

Pour commencer, je le situerai entre le côté pop de Cannibals, et le coté groove de Mother head 's family réunion. Mais ce qui me surprend le plus dans cet album, et qui commençait à se dessiner déjà sur Cannibals, c'est son évolution guitaristique, et l'accent porté sur les voix. Dire que c'est un virtuose chanteur n'est pas un scoop. Non ! J'ai juste l'impression qu'il a mis encore plus de profondeur et de modulation dans sa voix, déjà soul et riche, ce qui n'est pas un mince exploit. Mais l'effort se situe surtout aux niveaux des choeurs : End of earth, Thunder, Divine power, Cannon ball ... Ecoutez cette intro à capela sur Divine power, très Coverdalienne, et les choeurs graves qu'on croirait chantés par des bagnards ou des esclaves noirs, et qui viennent compléter sa performance. , choeurs qui me hérissent les poils ; puis sur End of earth, tour à tour grave, cassée, lyrique et enfin dans ses aiguës en continu, sur la ballade This is life, quelle performance là encore !

Et que penser de My rock, titre crooner pop avec ses violons-clavier, se baladant carrément sur le territoire des indispensables Wet Wet Wet et des The Christians, ce qui, après la sublime ballade You et autres titres sur Cannibals, nous indique peut être une future orientation musicale. On peut rajouter This is life, la sensuelle Cannon ball avec ce vieux clavier suave, voire Meds dans ce trip là, qui a aussi un petit quelque chose du Cocaine d' Eric Clapton, version soul. Quant à son jeu de guitare, le schredder se repose ici, et laisse cela pour TWD. Kotzen, après avoir balancé un solo intermédiaire bien nerveux sur End of earth, se veut plus lyrique, joue moins vite, se gilmourise (enfin), notamment sur ce très beau final de ce même titre ; hendrixien aussi sur Divine power qui décidément porte bien son nom, puis redevient bluesyment exquis sur This is life ; et enfin s'essaie pour la première fois (?) à la guitare synthé sur Cannon ball.

Après ces constats, on retrouve le Kotzen hitman, soul dansant sur End of the earth, Thunder, I've got you, Make it easy le titre le plus Mother head. Enfin le maestro mettra tout le monde d'accord autour du feu de camp sur ce dernier acoustique de bord de plage, Grammy. Ritchie Kotzen semble avoir trouvé la maturité du quadra : plus posé, plus calme, plus lyrique. Certains pourraient lui reprocher cette orientation plus poppy, mais au bout de 20 albums, il est bon qu'il se renouvelle, d'autant qu'encore une fois, on passe ici un excellent moment. Alors il est vrai qu'il y a moins de titres interstellaires sur cet album, mais par Kotzenbuth ! que ce mec est agaçant d'être aussi doué tant vocalement que guitaristiquement ! Et si Kotzen veut pousser le bouchon encore plus loin en se lançant dans une carrière à la Wet Wet Wet, (oserais-je pousser la vision jusqu'à Prince ?), en parallèle aux The Winery Dogs et aux Mother Head, j'achète ! que ce soit en euros, en écu ou en franc. Alors, même s'il n'en a pas vraiment besoin, donnons les moyens à Monsieur Kotzen d'investir dans un producteur qui par son nom, fera révéler, au grand public, son génie de ce condensé pop soul blues funk lyrique, puisqu' aucun chroniqueur, moi inclus, n'arrivons à vous convaincre. Quoique j'ai peut être la solution pour t'obliger à écouter cet artiste en t'attachant à un poteau de baffe Kenwood, et en te posant la célèbre question de ce sale blagueur de Villemin : La mort ou Ritchie ?
Lol
(ok je sors)
*. ha j'oubliais :
Prince est mort, vive le Roitchie ! ... (pinaise on aura tout essayé !)

Mes musts :
***** End of the earth, Thunder, Divine power, Cannon ball
**** I've got you, My rock, This is life, Make it easy
*** Meds, Grammy

Ps : En tournée européenne cet été et à la rentrée





2017 The SWORD "Greetings from..."

label: razor & tie
style: heavy-rock texan poussiéreux...
date de sortie: 5 mai 2017
date de chronique: 9 mai 2017

[par Barjozo]



Après 5 albums studio les texans de The Sword s'essaient au live en publiant 9 titres enregistrés sur leur dernière tournée en support de leur excellent "High country".

La rondelle démarre tambour battant sur le fuzz de "Buzzards" morceau tiré de leur dernier opus sus-cité. Rythmique vrombissante, groove impeccable et implacable pour une entrée en matière bien heavy et vous mettant au parfum: pas d'overdub ni bidouillage studio sur ce live, cru, direct et vous plaçant au beau milieu du public...

"The chronomancerI: Hubris" vient ensuite (tiré de "Warp riders") sur un rythme plus lent, et va vous entraîner dans les arcanes d'un vieux boogie heavy rock des familles, ou plutôt de LA famille Sabbath (d'ailleurs on entend quelques défaillances dans le public...). Ce rythme lorgnant vers le doom sera détruit à plusieurs reprises par une 6 cordes flamboyante et semblant sortir furibonde d'un océan de lave en fuZZion. Excellent titre live qui finit sur quelques notes...(mais je dis bien seulement quelques notes)..de synthé...vite balayées d'un revers de gratte par l'enchaînement sur "Maiden, mother and crone" et sa montagne de fuzz...destroy!!!'...quel enchaînement motherf*ckers!!!!!

Arrive ensuite un des musts du combo avec "Tears like diamonds", tube en puissance avec ce refrain addictif, cette rythmique obsédante, et bien sûr un déluge de larsens, et autres dissonnances post-rock sludgissimes. Un titre à écouter loud et sans modération. Il est suivi par "Mist & shadows" blues-rock plus modéré, joué en retenue...sur les 20 premières secondes car ensuite progressivement, vous allez être entraînés dans un univers parallèle rempli d'un stoner-rock majestueux.

"Agartha" l'instrumental tiré de "Warp riders" se plaît ensuite à remplir le rôle d'intermède calme, délivrant une ambiance un peu flippante (genre film d'épouvante) avant une nouvelle envolée de fuzz sur le très rythmé "Tres brujas". Encore un titre en acier trempé dont le seul bémol est la voix parfois un ton en dessous des instruments (parmi lesquels l'apport d'un synthé en arrière plan ajoute un côté planant intéressant).

"John the revelator" arrive ensuite, vieux blues rugueux US écrit par Blind Willie Johnson en 1930, pour une version très roots. Enfin ce live se referme sur "The horned goddess" issu du premier album du groupe paru en 2006 ("Age of winters"): dans la même veine que les morceaux qui le précèdent, ce long titre heavy achève massivement l'auditeur sous un déluge de fuzz et les incantations de J.D. Cronise en totale symbiose.

Ce "Greetings from..." n'a pas la prétention de bousculer la production rock actuelle, mais Dieu qu'il est bon de se laisser pénétrer par une telle ambiance rock dénuée d'artifices! J'espère pouvoir bientôt les revoir on stage. CQFD.





2017 The NEW PORNOGRAPHERS "Whiteout conditions"

label: concord jazz records
style: indie pop canadienne de haut de gamme
date de sortie: 7 avril 2017
date de chronique: 30 avril 2017

[par Barjozo]



Trois ans après le très réussi"Brill bruisers" revoici venir le fringant collectif canadien avec un nouvel album plein de mélodies pop entraînantes, rafraîchissantes et addictives. Chez ce combo de multi-instrumentistes qui en est à son 7e opus, on peine à chercher une faille créatrice, une défaillance d'inspiration, et on se complaît album après album à leur délivrer régulièrement de multiples étoiles sur ce site...

Ce travail cependant me semble un peu en deçà du précédent. Est-ce l'absence du guitariste-chanteur Dan Bejar laissant le champs libre à la rouquine (pas carmélite comme aurait dit Bashung) Neko Case? Du coup même si les choeurs restent excellents grâce aux interventions de la claviériste Kathryn Calder, l'absence d'alternance des voix homme/femme se fait ressentir...Mais ce fléchissement reste tout relatif ici car si vous aimez la pop sautillante fleurant bon les années 80 (mais pas trop) vous ne pourrez qu'adhérer à cette nouvelle galette plein de bonnes trouvailles.

Dans le marasme socio-politico-culturel que vit actuellement notre hexagone (remettez-vous un peu la version du Renaud au bandana rouge), l'écoute des titres élaborés outre-Atlantique par les descendants de nos aïeuls (même si ces musiciens sont originaires de la côte est et donc anglophones), cette écoute donc, vous assurera des pensées positives, optimistes et ne pourra que vous transcender pour aborder sereinement le prochain quinquennat quelle que soit la couleur des nouveaux dirigeants puisque de toutes façons le cheval blanc d'henri IV l'était bel et bien (...).





2017 PERSEFONE "Aathma"

label: vicisolum prod
style: metal prog.
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 12 avril 2017

[par Barjozo]



Petit rappel mythologique: Perséphone, fille de Démeter fut contrainte de devenir la reine des Enfers après son enlèvement par Hadès le maître des lieux.
En 2001 un groupe metal originaire d'Andorre décide de prendre ce nom. L'orientation musicale de ce combo pouvait en effet le justifier puisque Persefone alterne parties planantes et complaintes aggressives tout comme la déesse grecque passait 6 mois sur Terre et 6 mois dans ses entrailles, lieu supposé où coulait le Styx, fleuve des Enfers éternels. Je vous laisse à votre imagination pour savoir à quel côté correspond chacune des parties musicales (...).

Persefone, le groupe, se compose actuellement de Marc Martins (Vocals), Carlos Lozano (Guitars), Miguel Espinosa (Keyboards & Vocals), Tony Mestre (Bass), Sergi Verdeguer (Drums) et Filipe Baldaia (Guitars).
Même s'il semble y avoir eu pas mal de changements de line-up dans sa carrière la ligne directrice reste donc résolument tournée vers un metal progressif lorgnant pas mal sur le death, mais en permanence imprégné par des claviers, synthés et autres pianos.
"Aathma" est leur 5e LP et 4 ans le séparent de "Spiritual migration" leur précédent opus studio paru en 2013.

Si vous voulez vous faire une idée du style, allez directement sur 'illoutoube' visionner la vidéo très réussie de "Prison skin". Après une intro mignonnette, les guitares sont lachées dans une furibonde cavalcade parsemée de breaks multiples et autres stop-and-go. Le chant alterne les parties claires et les hurlements (Dave) growls pour maintenir une impression de constante évolutivité pour des morceaux à l'architecture complexe. Bien sûr, on pensera au dernier Pain Of Salvation mais on pourra aussi évoquer Opeth, Cynic et même Gorod pour le côté technico-death hyper léché.

D'une homogénéité à faire se damner un saint (aux Enfers) il est difficile d'extraire une composition, mais parmi les 10 titres (dont le dernier se décompose en 4 parties) j'ai un faible pour "Stillnes is timeless" qui égrène ses plus de 9 minutes dans une ambiance en constante évolution alternant parties rugueuses/hargneuses/thrash et véritables petits bijoux de breaks langoureux au piano/synthé, parallèlement là aussi à des parties vocales en complète harmonie.

Ajoutons à tous ces éléments positifs une production parfaite et vous aurez compris que "Aathma" est un magnifique album studio qui pourra aisément rivaliser avec toutes les sorties du moment. Reste pour ma pomme que j'attends quand même de voir ce que ce type de compositions hyper-complexes peut donner lors d'une restitution live. Non que je puisse être inquiété par -sa -faune, car tous les thrashers se ressemblent, mais ce serait ballot si Persefone perd -sa- foi en se dis -per -sant -faute d'unité on stage.
Bref, 'trêfle de plaisanterie' comme aurait dit Francis Blanche en compagnie d'un lapin dans un carré de luzerne, vous pouvez foncer écouter cet album et vous me direz des nouvelles par téléphone, hygiaphone ou interphone de ce dernier Persefone!





2017 HOUSE OF LORDS "Saint of the lost souls"

label: frontiers
style: pop planante
date de sortie: mars 2017
date de chronique: 11 avril 2017

[par Franck and Furious]



Pistolet ou épée ? Hybride homme-cheval ou aigle-lion? Guitare ou claviers ?
S'il est assez facile de répondre aux 2 premières questions dans le cadre de la Maison des Seigneurs, il en est moins aisé pour la troisième. En effet, le maître du hard FM est un des rares groupes sachant manier claviers et guitares dans le bon dosage pour le genre. Et depuis son retour dans les années 2000, le groupe n'a cessé de nous proposer de très bons albums, sachant à la fois être hard et mélodiques, et surtout en s'appuyant sur la guitare de Jimi Bell, maintenant un esprit fort encré dans le rock tout en surfant sur des claviers complices. Aussi, on se demande si le groupe va rester orienté guitare comme sur ses derniers albums, ou s'il va revenir à une dominante clavier ? Et quand la source de l'inspiration sera tarie ?

Et bien, il se pourrait que ce soit sur cet album. En effet, contrairement à la présentation de cet album sur le site du groupe, si Jimi Bell excelle toujours en solo, l'album et les rythmiques sont tout de même très axés claviers (joués par qui ?) : constat symbolisé par l'intro de l'album et les titres "Concussion" (3/5) qu'on pourrait croire tout droit sorti des touches blanches et noires de l'outil de travail de Rick Wakeman de Yes, ou le titre très AOR '80, "Hit the wall", qui essaie de nous refaire le coup d'un "Live every day like it's the late" sans en avoir l'accroche, et que s'il est efficace sur une écoute, peut saouler en boucle (4/5).

Alors ma foi, la prédominance des claviers n'est pas un mal en soi quand ceux-ci sont bien utilisés, et c'est le cas. N'oublions pas que le groupe est le ''fils'' du groupe Angel, tous les 2 portés par l'excellent claviériste Greg Giuffria, qui a su donner ses lettres de noblesse au groupe. Le chroniqueur spécialiste AOR de Rockmeeting.com, Fab, devrait même être ravi (?) de cette option. Mais les plus hargneux d'entre nous, dont je fais partie, pourraient faire la moue, en ne retrouvant pas ici le coté nerveux des albums précédents, et qui à mon sens, met davantage en valeur la voix délicieusement éraillée de James Christian. Car ici, point de titres qui poutrent à la "Battle", à la "Go to hell" ou encore un "Die to tell", sur cet album. L'album pourrait même sonner comme le très recommandable groupe AOR Ten (le chanteur à la voix toujours aussi exquise, chante même dans les graves à la Gary Hughes sur les couplets d'"Oceans divide").

Mais on peut être hargneux, mais pas hard niais. Car si à chaud, on pourrait tiquer sur cette orientation sonore, on peut trouver logique qu'après cette série de pépites d'album, le groupe cherche à varier son son. Et si on s'écoute d'affilée l'intégrale, ce disque pourrait effectivement être une ''pause'' rafraîchissante, après les telluriques et excellents ''Precious metal'' et ''Indestructible''. Quand j'écris ''pause'', c'est une figure de style, car on trouvera tout de même des titres ''boucliers'' (4/5) comme "Harlequins" et sa couleur orientale, "Oceans divide", "Art of letting go", en éclaireurs des titres ''cavalerie'' (5/5) : "Saint of the lost souls", "new day breakin" et "Reign of fire", dont les refrains sont juste . majestueux.

La déception principale viendra de l'unique balade "The sun will never set again" (2/5), qui aurait pu faire partie des balades les plus sucrées (indigestes?) de Toto, et sa version encore plus fade en bonus acoustique piano-voix, qui en ferait presqu'une ouvre d'un Mickael Jacskon, composant avec son bébé dans les bras. On râlera aussi sur le final de l'album avec des titres aux refrains peu inspirés comme "Grains of stand" et les ''hoho'' de "The other option" (2/5) et qui gâchent donc la dernière partie de l'album.

Il est clair que le groupe avait fait fort, et qu'évidemment, le savoir-faire reste présent sur la moitié de l'album, voire davantage pour ceux qui apprécient la domination des claviers et de quelques sonorités davantage FM que hard. On pourrait même saluer ce choix de production pour varier la discographie. Mais, j'aurai du mal à m'attacher à cet album longtemps et en boucles. Si je dois faire une comparaison hybride : je dirais que le groupe habituellement joint le côté rock du Def Leppard de feu Steve Clark et le côté somptueux d'un Boston, et qu'ici, il joindrait le côté roll du Def Leppard de l'après Steve Clark et le côté mélodieux d'un Journey. Alors, si avec ce "Saint of the lost souls", le groupe n'a pas perdu son âme, attention tout de même, à ne pas perdre des saints.





2017 GRANDADDY "Last place"

label: columbia
style: pop planante
date de sortie: 3 mars 2017
date de chronique: 8 avril 2017

[par Barjozo]



Dix ans! Ca faisait dix ans que Grandaddy, et son leader à la voix si particulière Jason Lytle, ne nous avait pas proposé de disque (de production musicale, car qui achète encore des galettes de nos jours?). Et pour cause, Grandaddy avait jeté l'éponge en 2006 (faute de succès de l'album pourtant très bon "Just like the fambly cat" chez v2). Ce n'est que depuis 2012 et une participation à Rock en Seine que les fans avaient compris qu'un possible retour du combo était envisageable.

Ce retour est maintenant concret avec la sortie de ce "Last place" qui disons le sans détours ni ambages est un magnifique album de power-pop. Dès le titre introductif (qui a tous les ingrédients d'un hit en puissance) "Way we won't" vous serez (re)plongés dans les ambiances mélodiques si caractéristiques des albums pré-split (pour ma part j'avais découvert ce groupe avec "The sophtware slump" en 2000). Ces albums simples et mélodiques n'avaient pour moi de cesse de m'essorer le système limbique tout en l'inondant d'une suave substance nommée dopamine. Une sorte de shoot musical à vrai dire.

Et n'allez pas croire que la première plage n'est qu'un leurre. D'autres titres du même niveau ("Evermore", "Brush with the wild") sont parsemés au grès des pistes sur un album dont on perçoit qu'il a été longuement travaillé et a dû murir lentement dans le grand esprit créatif de mister Lytle...Celui-ci n'a pas oublié quelques ingrédients mélodico-bucoliques en incorporant de superbes balades romantiques à son oeuvre ("A lost machine", "This is my part, Jed the 4th"..).

Grandaddy est de retour.
Vive Grandaddy MFKers!





2017 MASTODON "Emperor of sand"

label: reprise rec
style: metal-prog-rock mature US
date de sortie: 31 mars 2017
date de chronique: 13 avril 2017

[par Barjozo]



Mastodon a atteint un tel degré de maturité que ses musiciens en viennent à participer à une foultitude de 'side-projects' comme en sont la preuve les néo-combos Gone is Gone (Troy Sanders) ou encore Giraffe Tongue Orchestra (Brent Hinds). D'aucuns pourraient se dire qu'à ainsi éparpiller leur verve créatrice, ces musicos risquent de manquer leurs futurs albums estampillés Mastodon.

Je vous rassure tout de suite il n'en est rien ici. Dans la droite lignée des 2 albums précédents "Once more round the sun" (2014) et "The Hunter (2011), les américains poursuivent un style qui a fait leur renommée, tout en incorporant à leur album quelques relents musicaux nouveaux.

Avec le retour de Brendan O'Brian (Pearl Jam) aux mannettes, Mastodon semble renouer avec le style concept-album puisque l'ensemble des titres si on se réfère à leur site web nous invite à faire un voyage initiatique dans de vastes contrées dominées par le sable et les vents tourbillonnants. L'histoire en filigrane est celle d'un être humain condamné à mort par le jugement d'un sultan et voué à trouver sa survie dans une errance échappatoire à travers des contrées arides et désertiques. Ce faisant les auteurs ont voulu évoquer une métaphore artistique de la maladie avec toutes ses vicissitudes. Ils semblent n'avoir guère été épargnés par les affres du cancer au cours des dernières années puisque la femme de Troy Sanders a souffert d'un cancer du sein, la mère du batteur Brann Dailor est atteinte d'un cancer depuis de nombreuses années, celle du guitariste Bill Kelliher étant récemment décédée d'une tumeur cérébrale.

On se souvient que déjà leur album-concept "Crack the Skye" paru en 2009 leur avait été inspiré par une précédente tragédie à savoir le suicide de Skye la soeur de Dailor. Y-a-t-il un lien de cause à effet mais toujours est-il que déjà à l'époque les musiciens avaient fait appel à Brendan O'Brian pour produire un LP dont le résultat fut assez phénoménal, puisque leur ouvrant véritablement les portes du panthéon Metal.
"Emperor of sand" s'ouvre avec fracas sur "Sultan's curse" qui met l'auditeur bien au parfum de ce qui va l'attendre tout du long des 11 pistes avec des riffs de guitares monstrueusement inspirés, celles-ci évoquant donc la fuite du condamné vers le désert. Plus avenant et moins rentre-dedans "Show yourself" lui emboîte le pas sur un tempo et une mélodie qui ne sont pas sans rappeler un peu, beaucoup, passionnément le QOTSA des grandes heures 2000 surtout dans la manière de chanter...Ce chant assez complexe chez Mastodon puisqu'il est partagé entre Sanders, Hinds et surtout Dailor, permettant l'obtention d'une vaste palette mélodique même si c'est véritablement le batteur qui s'en tire le mieux au final (cf. sa performance sur "Steambreather").

En 3e position "Precious stone" est un titre purement 'mastodonien' avec ses boucles de grattes mélodiques répétitives entêtantes..
"Steambreather" et sa rythmique heavy fait référence aux bases 70ies pour un morceau résolument roots...
Ce qui nous amène à ... "Roots remain" et son introduction psyché à l'aide de claviers semblant totalement dys/anachroniques sur un album de Mastodon, claviers qui après quelques secondes sont totalement explosés par un son bien gras et saturé dans un déluge heavy-prog qui va tel un maelstrom se déchaîner sur "Word to the wise" puis "Ancient kingdom".

Vient ensuite une sorte de parenthèse musicale avec le très floydien "Clandestiny" qui recèle aussi une surprise transitoire avec des synthés en son sein associés à une voix passée au vocoder...et quel solo en fin de titre avant l'enchaînement sur "Andromeda" qui voit l'apparition d'un premier guest avec le lead -singer de Brutal Truth, Kevin Sharp, alors que sur "Scorpion breath" c'est une figure ayant déjà participé aux albums antérieurs de Mastodon, à savoir Scott Kelly frontman de Neurosis...Autant vous dire tout de suite que ces 2 titres sont parmi les plus thrash du LP, sans toutefois tomber dans un rock bruitiste dépourvu de mélodie. Ca reste du Mastodon au final.

"Jaguar god" clôt ce magnifique album en démarrant comme une petite ballade gentillette grâce à des effets bluesy mais aussi la voix (splendide) d'un Brent Hinds dont on perçoit l'émotion contrastant avec son look de guerrier poly-tatoué. En déroulant ensuite lentement, sereinement tout un tas d'accords mélodiques ce titre va se transformer architecturalement en un extraordinaire diamant heavy-prog aux multiples facettes musicales. Placé en fin d'album il évoque les territoires contrastés que le héro de l'oeuvre a dû traverser, comme les multiples phases d'un combat contre la maladie qu'ont dû endurer les membres du groupe.

Album-concept certes, mais surtout nouvelle pierre angulaire incontournable dans la discographie d'un groupe dont le potentiel de progression semble insoupçonnable et illimité.





2017 IAMFIRE "From ashes"

label: autoprod
style: rock bruitiste dépressif
date de sortie: 23 janvier 2017
date de chronique: 8 avril 2017

[par Barjozo]



Groupe formé de Mikael Ehlert (bass), Peter Ahlers (guitar) et Peter Dolving (voice) et citant comme références sur sa page facebook des combos comme Swan, Tool ou Kyuss....Vous voyez donc vers où je vous embarque!
Un zeste de stoner (mais pas que), une pincée de doom (oui mais pas trop), un support heavy & vintage associé à des ambiances souvent pleine de spleen et de dark-cold wave et vous avez un mini résumé de ce petit album (8 titres) haut en couleurs...sombres!

Le titre introductif "Magpies and crows" est pachydermique, dans une ambiance post-rock/doom suffocante mais pourtant au final assez limpide dans son harmonie en évitant les écueils répétitifs du style. "Did you find your name", le long titre (7 minutes) qui lui succède est tout empreint d'une tristesse maladive (les vocaux y sont pour quelque chose) sur un tempo très stoner qui m'a totalement subjugué. Son écoute induit une langoureuse anxiété, heureusement cassée par les breaks agressifs qui le fractionnent.

Vient ensuite "Burn your halo" sur un rythme plus rapide mais non moins puissant. Enchaînement sur un "Eyes wide open" dont la mélodie vous agrippe dès les premières secondes pour ne plus vous lacher pendant plus de 7 minutes. Une descente lente et inexorable vers des contrées de rock teinté d'hallucinantes parties de synthés en total accord avec la rythmique, symbiose qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de Tool, Dolving semblant aussi allumé que Keenan...

La fin de la galette ne respire pas la joie de vivre. Elle sombre en effet dans un rock totalement bruitiste et dépressif, voire totalement mélancolique au sens psychiatrique du terme.





2017 TROUBLED HORSE "Revolution on repeat"

label: rise above records
style: rock vintage énergique
date de sortie: 31 mars 2017
date de chronique: 5 avril 2017

[par Barjozo]



La Suède semble confirmer d'excellentes prédispositions dans l'élaboration d'un rock énergique, mélodique et inspiré. En témoigne ce deuxième opus d'un groupe dont pour ma part j'ignorais l'existence jusqu'à ce que je tombe sur une chronique de leur travail au hasard de mes périgrinations sur internet, m'incitant ainsi à jeter une oreille d'abord distraite, puis rapidement attentive sur leur heavy-rock from the cold.
Troubled Horse a été fondé en 2003 à Örebro ville dont est aussi issu Witchcraft, combo dont on vous a déjà parlé puisque leur dernier album "Nucleus" ne nous avait pas laissé indifférent loin s'en faut en 2016.
Après un premier album "Step inside" paru en 2012, ayant eu un succès d'estime chez les headbangers scandinaves, Troubled Horse nous revient en 2017 plein de bonnes intentions après un total relookage question musiciens.

"Revolution on repeat" est donc leur second album studio. Le morceau introductif "Hurricane" déboule comme un cheval au galop, tout en contre-temps rythmiques vite enchaînés sur une belle mélodie heavy-rock. La voix est rocailleuse mais aussi assez légère et pas dénuée d'intérêt. Le deuxième titre "The filthy ones" a une structure assez proche tout en proposant un riff intéressant. Dès le 3e morceau "Which way to the mob", les relents vintage sont omniprésents (cette gratte évoquant la NWOBHM des Lizzy et autres Maiden...). On aurait aimé que le récent BSR nous propose un titre de cet acabit...

Ce Troubled Horse galope en zone heavy ("Track 7", "Let bastards know"), sous d'incessants éclairs de fuzz, une pluie d'influences seventies associant relents psychés (cette intro kitschissime sur le pré-cité "Which way to the mob") et autres coups de tonnerre blues ("The haunted", "Desperation", et le final un peu mélo sur "Bleeding"), parfois complètement imbibés d'un style garage ("Peasant") et s'essayant même à la rock-country ("My shits fucked up").
Sur leur page facebook les suédois rapportent que le titre "Revolution on repeat" évoque le côté cyclique des pages de notre histoire humaine. Il peut également licitement évoquer ce nécessaire retour aux sources que bon nombre de groupes de rock s'échinent à mettre en oeuvre sur des albums qui n'ont pas toujours la qualité et le niveau de celui-ci.
Un très bon album au final.





2017 LAURA COX BAND "Hard blues shot"

label: verycords
style: blues rock hexagonal
date de sortie: 10 mars 2017
date de chronique: 17 mars 2017

[par Barjozo]



Voici comment ce jeune groupe français définit sa musique sur son site officiel:
"Pour résumer, The Laura Cox Band, c'est de la musique de vieux rockeurs alcooliques jouée par des jeunes Français en pleine forme ! De la country, du blues, du southern rock ou du hard rock, voilà ce qu'ils aiment mélanger en fonction de leurs envies. Si malgré tout vous tenez à définir ce style, on pourrait parler de Southern Hard Blues.
Bien conscient d'être à contre-courant de la scène française actuelle, The Laura Cox Band veut faire de sa différence une force, en continuant à jouer la musique qu'il aime: du rock old school dans sa plus simple forme.
"

Et c'est exactement cela que vous pourrez retrouver en écoutant ce sympathique premier LP d'un groupe formé de Laura Cox (guitare / chant), Mathieu Albiac (guitare), François C. Delacoudre (basse), et Antonin Guérin (batterie).
Le disque est plein de relents musicaux vous renvoyant aux fondamentaux du rock: dès son intro déboulant sur un solo de gratte bien gras ("Hard blues shot") le ton est donné avec un tempo bien heavy. Si sur les premiers titres la voix in english semble un peu forcée, Laura Cox va vite se rattraper sur des morceaux plus lents à l'instar des très southern rock "Too nice for rock n'roll" et "Morning road" titres dont on pourrait penser qu'il viennent directement du Tenessee voire d'un Texas assorti de grandes barbes fleuries...Quant à "Barefoot in the countryside", le banjo et le style country sont bien vus et relevés en fin de titre par une guitare électrique bien grassouillette.
Autre influence majeure, AC/DC est directement évoqué dans "The australian way", sans qu'il ne soit besoin de vous faire un dessin...

Galette simple, bien rock n'roll, sans fioriture et délivrant une zike agréable jouée par de bons musiciens (Laura Cox est excellente à la gratte, on a pu s'en apercevoir en fin d'année 2016 en première partie de Trust) "Hard blues shot" vous fera passer 42 minutes de bonheur musical et c'est quand même ça qu'on demande à un album de rock avant tout!





2017 MONSTERNAUT "S/T"

label: heavy psych sound
style: stoner stoner stoner
date de sortie: fin 2016
date de chronique: 14 mars 2017

[par Barjozo]



Trio scandinave, plus exactement de Kerava en Finlande, composé de Tuomas Heiskanen [Guitars / Vocals], Perttu Härkönen [Bass] et Jani Kuusela [Drums], Monsternaut a sorti fin 2016 son premier LP, dont la distribution semble avoir été un peu retardée...d'où cette chronique en 2017.

Le son proposé ici, nimbé d'un archéo-proto-fuzz jouissif rappelera d'emblée à l'auditeur un combo historique semblant certainement avoir bercé nos 3 lascars: Fu Manchu of course. Rajoutez à cela des vocaux qui semblent s'être beaucoup inspirés de ceux d'un vieux reptile, un iguane déjanté pour être plus précis et répondant au nom de James Osterberg, alias Mister Iggy Pop, et vous obtenez un très bon album de rock roots dans l'âme et sans autre prétention que de vous en mettre plein les oreilles!

Alors certes, d'aucuns diront que Monsternaut n'a rien inventé, et que leur galette plagit le groupe US sus-évoqué, mais laissons ces râleurs à leurs turpitudes et laissons nous envouter par un fuzz diaboliquement efficace, bien construit et entiché de bonnes mélodies rocks.

Un rock-band à encourager après un premier travail studio prometteur. Gageons qu'avec le temps ils puissent se forger leur propre identité musicale en se démarquant de leurs illustres aînés. Encore un jeune combo à suivre...





2017 OVERKILL "The grinding wheel"

label: nuclear blast
style: East US coast classic thrash
date de sortie: 10 février 2017
date de chronique: 13 mars 2017

[par Barjozo]



Si je vous parle du New Jersey, USA à qui pensez-vous? -Bon Jovi vient naturellement à l'esprit mais pas que! Car il y a aussi les bons vieux thrashers d'Overkill! Si la côte Ouest des States a donné naissance dans les années 80 aux plus gros groupes de metal hargneux dont 3 du fameux Big Four avec Slayer, Megadeth et Metallica, mais aussi Suicidal Tenencies, Exodus, sacred Reich, Metal Church, Testament ou Flotsam & Jetsam pour les plus connus, n'oublions pas que la côte Est quant à elle bien qu'en retrait a aussi enfanté quelques rejetons thrashisants et crossoverisants dont Anthrax (New York), Nuclear Assault (New York) et bien sûr Overkill...
Et il se trouve que ces derniers mois tous ces groupes sus-cités ont la bonne idée de revenir à leurs fondamentaux et nous pondent les uns après les autres des galettes comparables à leurs premiers (très) bons efforts studio, comme si nous assistions à un retour en grâce avec une verve créatrice retrouvée. Ce "Grinding wheel" ne déroge pas à cette règle et s'annonce comme une des très bonne réussite du genre en ce début 2017.

Inspiration, rythmes, mélodies, breaks, riffs aiguisés, sont ici réunis afin d'induire chez l'auditeur un mouvement de tête archaïque pulsatile d'avant en arrière et vice-versa que d'aucuns nomment headbanging, alors que parallèlement l'extrémité d'un des membres inférieurs se met à osciller autour d'un axe horizontal au niveau de la cheville ce qui à vrai dire peut facilement se définir comme un tapotement du pied sur le sol. Si vous ajoutez à cela une tendance à lever un bras vers le ciel dans un mouvement brusque et saccadé s'associant à une érection concommittante de l'index et de l'auriculaire de la main (en formant des cornes), vous obtenez une sorte de danse basique thrash-hardcore chez le sujet étudié. Essayez vous-même sur "Goddamn trouble" ou encore "Come heavy" deux des morceaux les plus réussis de ce "The grinding wheel" et vous comprendrez que ces messieurs d'Overkill bien qu'avançant en âge [à l'instar de leur chanteur-leader Bobby 'Blitz' Ellsworth qui approche la soixantaine] n'en restent pas moins efficaces pour balancer un thrash chaloupé, mélodique et toujours plein de bonnes trouvailles.

Et quoi de mieux qu'une reprise pour conclure un tel album? Overkill se permet donc sa version de "Emerald", morceau mythique de Thin Lizzy et s'en sort très bien en revigorant ce titre de 1976 de manière magistrale.
Au final un excellent album à ranger à côté de leurs classiques, comme "Taking over"...Ce qui nous renvoie 30 ans en arrière MFKers!





2017 CRYSTAL FAIRY "S/T"

label: ipecac recordings
style: néo-grunge inspiré
date de sortie: 2017
date de chronique: 10 mars 2017

[par Barjozo]



Comme je le disais plus bas, la mode est aux dream-teams musicales. En voici une autre et pas des moindres car elle compte dans ses rangs:
-Omar Rodriguez-Lopez, génial multi-instrumentiste dont le groupe principal est The Mars Volta,
-Buzz Osborne, et sa tignasse hirsute connu pour son boulot de guitariste au sein des Melvins,
-son compère du même groupe, Dale Crover, batteur,
-et la belle Tery Bender Gender, chanteuse de The Butcherettes,
-sans oublier que la galette sort chez Ipecac, label de Mike 'Genious' Patton leader de Faith No More...

Le style? -une rythmique ronronnante, vrombissante, toute en rondeur sans oublier une accroche très heavy lorgnant souvent vers un rock vintage ou un néo-grunge. Là dessus se greffent à coups de griffes des relents de gratte électrique délicieusement décalés, parfois punks, souvent rock ou hard-rock, sans oublier des vocaux s'intégrant parfaitement à l'affaire et d'une polychromie tonale à faire se damner un saint. Une alchimie, une symbiose dont on a peine à croire qu'elle est réelle. Un album qui s'éteint trop vite après 'seulement' 11 titres et 40 minutes d'une intensité musicale rare.

J'ai volontairement omis de citer un titre car cette galette doit s'appréhender intégralement et reste d'une homogeneité complète dans son inspiration. Un autre LP qu'on se doit d'avoir écouté en ce début d'année 2017, qui vraiment commence sous de très bons auspices!





2017 PAIN OF SALVATION "In the passing light of day"

label: insideout music
style: metal-prog scandinave
date de sortie: 2017
date de chronique: 8 mars 2017

[par Barjozo]



Titillé par la lecture de commentaires dithyrambiques et parfois même emphatiques à l'encontre du dernier POS, je me suis décidé à l'écouter...alors que ce n'est pas ma 'cup of tea', le style prog-rock de ce combo n'ayant jamais su retenir mon attention par le passé.
Groupe suédois né en 1984 POS c'est surtout son fondateur historique Daniel Gildenlöw (vocaux, gratte, compositeur principal), entiché actuellement de l'islandais Ragnar Zolberg (également au micro et à la gratte), Léo Margarit (drums), Daniel Karlsson (claviers) et Gustaf Hielm (basse). Le site officiel du combo nous apprend qu'en 2014 Gildenlöw a souffert d'une fasciite nécrosante, affection nosocomiale contractée au cours d'une hospitalisation, et que cette surinfection lui a valu de nombreux mois d'immobilisation et d'indisponibilité. Il semble que cet LP "In the passing light of day" soit une retranscription artistique musicale de ce que Gildenlöw a pu ressentir pendant cette période de soins.

J'étais donc prêt à tirer sur POS à boulets rouges et incandescents car les critiques lues çà et là sur le net m'avaient un tantinet excité...Et la première écoute me conforta dans cette optique assassine !
Mais, je dois bien reconnaître qu'après 5 ou 6 écoutes, ce "In the passing light of day" laisse vraiment l'auditeur en totale béatitude avec ses mélodies dont on conçoit facilement qu'elles aient pu déboucher sur tant d'enthousiasme dans la sphère web du rock et Cie. La galette possède un fort potentiel dès le titre d'ouverture "On a tuesday" diaboliquement bien construit, riche en mélodies tantôt violentes (l'intro est splendide, le break central à la gratte dantesque) et tantôt légères (piano, voix parlée, chuchotée par moments) et vaut le détour à lui seul. L'enchaînement sur "Tongue of God" et son intro désuète laisse à désirer même si le morceau au final reste sympathique dans un style prog-rock bien construit lui aussi. Ensuite vient "Meaningless" et sa mélodie introductive lancinante (clavier ou mélotron?) qui s'imisce au fil des écoutes successives dans votre corps tel une drogue avide de vous faire du bien, mais aussi de vous rendre dépendant et addict. Encore plus intéressant est le titre suivant "Silent gold" morceau lent s'apparentant à une complainte mélodique splendide (quel refrain!), plage calme avant "Full throttle tribe" et son intro martiale entichée d'une nouvelle ligne de claviers planants, des paroles également empreintes d'une émotion palpable, morceau qui progressivement va s'accélérer dans une ambiance un peu 'space-rock' grace aux claviers et se transformer en un furieux post-rock rapeux. Viendra ensuite un break calme vous ramenant mentalement aux grandes heures du prog-rock des années 80, avant la délivrance finale qui va arriver par vagues. Ce titre est bien évidemment le morceau central et le point culminant du disque avec ses plus de 9 minutes se terminant sur une sorte de doom tribal inquiétant...

La deuxième partie du CD débute par "Reasons" morceau chaloupé et bien pêchu alternant une rythmique lourde et des vocaux chantonnés pour un antagonisme étonnant, mais ne vous fiez pas à l'intro car le titre va progressivement glisser vers une sorte de nu-metal expérimental très réussi. Viendront ensuite "Angel of broken things" titre toujours très polychrome avec un solo de gratte bien gras sur la fin, "The taming of a beast" ballade torturée, "Is this the end" alternant une première partie lente et mélancolique alors que la fin du titre est une explosion de rage destructrice et certainement libératrice si on reste dans le concept de l'album. Le final sur "In the passing light of day" va pendant plus de 15 minutes vous offrir une sorte de résumé de l'album à lui seul; c'est un peu mélo à la fin, mais c'est comme dans un film où tout finit bien ;)!
Certains vont donc dire que cet album est génial et je ne peux pas les blamer. Pourtant c'est le type de galette que l'on ne peut qu'écouter tranquilement assis en se concentrant tant il est riche en intonations multiples, et il sera difficile à POS de le retranscire on stage, à moins d'en proposer l'intégralité...à voir au Hellfest 2017!





2017 GONE IS GONE "Echolocation"

label: rise rec
style: dream team US
date de sortie: 2017
date de chronique: 8 mars 2017

[par Barjozo]



La mode est aux 'super-groupes' montés par des musiciens venant souvent de combos à la réputation sans équivoque.
Gone Is Gone c'est: Troy Sanders (bass & vocals, Mastodon), Tony Hajjar (drums, At The Drive-In) , Troy Van Leeuwen (guitars, Queens Of The Stone Age) et le multi-intrumentiste Mike Zarin.

Y a pas à chicaner, on est souvent déçu par les galettes de ces groupes créés ex-nihilo par des zozos qui pensent que l'addition de talents peut donner un groupe talentueux. Las, comme au foot il ne suffit pas de mettre ensemble des stars pour que la mayonnaise prenne! Si le coup de main n'est pas bon (pour la mayonnaise) ou si la verve créatrice originale fait défaut (pour la zike) et bien ça tourne (pour la mayonnaise) ou ça débouche sur une accumulation de morceaux insipides (pour la zike).

"Echolocation" est donc le premier LP de Gone Is Gone. Le premier titre "Sentient" est assez lent, lorgnant sur une sorte de prog-doom à l'ambiance lourde. Même si la répétition permet de mieux l'appréhender, je ne suis pas certain qu'il s'agit du meilleur titre pour débuter la galette. On lui préfèrera des titres plus accessibles mais non moins entre-dedans ("Ornament", "Pawns"). C'est là que ce néo-groupe semble le mieux se détacher des quatre fortes personnalités qui le composent, et tirer le meilleur de ce qu'il a à proposer lorsque chacune d'elles s'exprime au-delà de son registre standard. On a même droit à une surprenante et langoureuse reprise de "Roads" de Portishead qui se laisse écouter sans soucis.

"Echolocation" a donc d'incontestables atouts dans son jeu et propose ici un LP qui s'écoute aisément dans un style rock moderne (certains diront post-ceci ou post-cela) et non dénué de charme. La performance est à saluer comme il convient, mais l'avenir de Gone Is Gone n'en reste pas moins incertain car ces musiciens restent accaparés par leurs groupes respectifs...





2017 KREATOR "Gods of violence"

label: nuclear blast
style: Thrash
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 5 mars 2017

[par Barjozo]



Loin d'être un spécialiste du genre, et encore moins du combo malgré ses plus de 30 années de carrière, je vous propose ici un avis 'coup de coeur' pour Kreator. Car Kreator pour moi, c'est d'abord une musique très violente, et des vocaux rébarbatifs dans leurs intonations hurlées. C'est ensuite une succession d'artworks dont j'ai peine à comprendre l'intérêt tant ils sont laids, et celui de ce 14e LP du groupe ne déroge pas àla règle.

Faut croire que mes oreilles deviennent de plus en plus clémentes et acceptent des sonorités que plus jeunes elles dédaignaient, mais je dois avouer que l'écoute répétée de cet album des thrashers allemands m'a totalement fait revoir mon opinion à leur sujet. L'ouverture du CD est splendide avec une orchestration au tempo martial, mais à la mélodie abolument addictive ("Apocalypticon") et l'enchaînement sur "World war now" et son rythme fougueux est réussi, ce morceau thrash étant un des plus rapides de la galette. Vient ensuite "Satan is real" plus modulé dans sa cadence, mais pas moins violent au final (on reste dans un thrash pur, mais à la mélodie sous-jacente omniprésente, sans parler du solo de gratte lumineux délivré par Sami Yli-Sirniö).

"Totalitarian terror" déboule ensuite à 300 miles/hour, entiché d'un refrain qui s'immisce vite dans votre cerveau grâce à la mélodie de la gratte en arrière-plan. Un titre époustouflant d'un bout à l'autre et qui va subtilement se trouver lié au suivant "Gods of violence" à l'aide d'une 6-cordes surprenante puisq'acoustique, vite battue en brèches par les vocaux martellant "We shall kill!!!!" et une rythmique thrash déboulant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et pourtant là aussi Kreator va faire montre d'un subtil mélange entre des boucles mélodiques, un chant hurlé et des parties rythmiques d'une puissance heavy majestueuse.

Cet album m'a donc totalement conquis. Je vous passe les détails des titres suivants comme "Army of storms" ou "Hail to the hordes" aux relents prog-rock style Maiden, ou le plus cadencé "Fallen brother", pour dire un mot sur le dernier morceau "Death becomes my light": plus de 7 minutes pour un titre débutant lentement, telle une comptine enfantine, mais qui va ensuite trouver un développement complexe, galopant, en s'entichant de parties mélodiques en boucles nous plongeant totalement dans un déluge de décibels qui m'ont fait évoquer les grandes heures du metal teuton des années 80 (Helloween, Running Wild et consorts).

Un album à découvrir, même si vous n'êtes pas un thrasher dans l'âme ;)!





2017 BLACK STAR RIDERS "Heavy fire"

label: nuclear blast
style: Thin Lizzy qui se prend les pieds dans le tapis
date de sortie: 3 février 2017
date de chronique: 2 mars 2017

[par Barjozo]



BSR c'est comme Thin Lizzy mais en moins bien puisque sans Phil 'Magic' Lynott. Je n'apprend rien à personne en écrivant cela. Toujours est-il que BSR s'est fendu d'un bon album en 2015 avec "The killer instinct" ou au moins le pensais-je à l'époque, absolument enthousiaste à l'idée de ré-entendre une zike nimbée de mélodies proustiennes hautement évocatrices de mes années de lycée..

Mais quelle déception ici. Le LP s'ouvre sur un titre éponyme dont on a du mal à comprendre l'étrange agencement avec une structure bancale très déstabilisante. L'enchaînement sur le catastrophique "When the night comes in" n'aide pas à redresser son opinion car les choeurs sur ce morceau sont absolument à vomir. Pouah! Quelle idée! Une énorme faute de goût placée en tout début d'album...qu'ils vont reproduire plus loin sur "Ticket to rise". Ou comment se saborder d'entrée, à l'instar des cocasses pirates que l'on trouve régulièrement dans les albums d'Astérix le gaulois si vous voyez de quoi je veux parler...

Et la suite n'est pas meilleure car si "Dancing with the wrong girl" tente de recoller les morceaux en nous renvoyant à un des anciens hits de Lizzy ("Dancing in the moonlight"), "Who rides the tiger" qui lui succède peine à garder le cap tant le refrain est surfait et la mélodie gnan-gnan... Pourtant certains morceaux (le single "Testify or say goodbye", "True blue kid") arrivent à nous accrocher avec leurs mélodies sympathiques, mais pas assez au final pour sauver un album dont même l'artwork est totalement indigne de leur rang [sic].

BSR aurait peut-être dû se contenter de rester dans les reprises des compositions de Lynott en puisant dans les albums de Thin Lizzy. Cela leur aurait évité de se planter comme ça, vulgairement, sans gloire, à distance de l'âge d'or du heavy-rock porté en son temps par Brian Robertson, Gary Moore ou John Sykes aux côtés du légendaire bassiste irlandais. Au lieu de cela ces bons musiciens ont tenté de composer un LP 'canada-dry' qui ressemble à du Lizzy sans en être réellement, comme une sorte de générique si c'était un médicament...mais ici on n'est pas dans la même gamme. Espérons que leurs performances live n'en pâtissent pas trop et qu'ils auront la sagesse de laisser à leurs setlists une colonne vertébrale basée sur leur glorieux passé.





2017 PVT "New spirit"

label: felte
style: electronica
date de sortie: 17 février 2017
date de chronique: 1er mars 2017

[par Barjozo]



PVT est un trio instru électro-pop australien dont nous avons eu l'occasion de parler il y a quelques années sur ce site avec leur album "Church with no magic" paru en 2010. Depuis les musicos ont publié "Homosapien" en 2013 sans sortir pour autant de l'underground musical. Avec "new spirit", ils se proposent d'élargir leur public grâce à l'apport de vocaux s'intégrant parfaitement aux boucles et autres loops de synthés qui sont leur marque de fabrique depuis la création du combo à Sidney en 1999.

Si ce type de zike est assez éloigné du heavy-metal et du hard-rock, il n'en est pas moins intéressant en permettant à tout un chacun d élargir son horizon musical en évitant les arcanes hyperstéréotypées des productions bas de gamme pullulant sur les radios généralistes. Cela étant dit, "New spirit" n'est pas non plus un chef d'oeuvre et vous pouvez faire l'impasse sans trop de soucis si rien que l'évocation des synthés vous effraie...

Quant à moi j'ai bien apprécié la première partie de la galette débutant tout en retenue avec "Spirit of the plains" et son rythme lancinant évocateur d'une ambiance new-wave rétro mais qui bien vite va décoller tel un aéronef s'élançant vers des planètes éloignées de notre système solaire; enchaînement sur un morceau életro-hip hop "A feeling you can find" futuriste sur lequel pour la première fois les vocaux font leur apparition. Vient ensuite "Salt lake heart" et son début très probablement inspiré par un tube des années 80 de Stevie Wonder (...) avant que ne commence un enchaînement de titres liés à une évidente préoccupation écolo, jugez plutôt: "Another life", mais surtout "Fool in Rain II", "kangaroo" et "Fake sun in China". Des compositions toujours aériennes et hypnotisantes.

Un bon album électro-pop moderne et 'engagé'.





2017 KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD "Flying microtonal banana"

label: heavenly recordings
style: rock psyché des antipodes
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 28 février 2017

[par Barjozo]



Huit mois après un claquant et percutant "Nonagoon infinity", voici revenir les australiens de KGATLW pour un opus qui pourrait être une première vague de plusieurs albums en 2017 si on en croit les déclarations du groupe on the web. S'agit-il d'un coup de bluff pour faire le buzz ou sont-ce des compositeurs si prolifiques qu'il leur faille s'exprimer avec une multiparité digne de lapereaux échangistes, toujours est-il que nous est servie ici la première mouture de leur travail de l'année avec un album au titre légèrement décalé, "Flying microtonal banana". Et qui dit banana sur un site dédié à la musique fait évoquer instantanément au lecteur l'artwork du 1er l'album du Velvet Underground avec Nico, ou encore celui des Dandy Warhols "Welcome to the monkey house".

Cependant ne vous attendez pas à écouter du rock 'classique' ici car le style est plutôt inspiré des courants post-rock, voire krautrock (à vos souhaits!). D'emblée le single "Rattlesnake" vous persécute les tympans avec un refrain en boucles totalement addictif sur un rythme rapide et non moins excitant. Excellente entrée en matière même si le caractère répétitif pourra en irriter certains. Vient ensuite "Melting" sans temps mort (ceci a l'air d'être une marque de fabrique de KGATLW) sur une rythmique tribale évoquant les trottoirs de Rio un jour de carnaval. Groove magnifique pour un morceau funkysant à la légèreté rafraîchissante.

Plus loin, on se prend à dodeliner de la tête en cadence en sautillant dans l'eau ("Open water") ou à taper frénétiquement du pied en suivant l'entêtante rythmique orientalisante de "Sleep drifter". Le tempo ralentit ensuite sur "Billabong valley", au moins au début, car très vite des sonorités pétillantes reviennent nous rappeler que le spleen n'est pas au programme sur cet LP, résolument optimiste et tourné vers la fête (celle qui est proposée sur ce titre a clairement des connotations asiatiques). Les bases rocks ne sont pas loin, et "Anoxia" vous rappelera que si vous manquez d'air la gratte en carton (merci tonton!) vous en procurera de l'hyper-oxygéné afin de vous mener au bout de l'écoute du CD, en passant par la "Doom city" et ses relents sixties enrobés de synthés modernes quant à eux. Ces instruments si virevoltants sur "Nuclear fission". Un des musts de la rondelle qui se terminera sur un titre éponyme toujours empreint d'essences musicales asiatiques absolument splendides.

Bref, en 9 titres KGATLW nous balance un nouvel opus du niveau de leur précédent LP. On attend la suite avec impatiences MFKers!





2017 MY SLEEPING KARMA "Mela ananda"

label: napalm
style: stoner instru envoutant
date de sortie: 24 février 2017
date de chronique: 27 février 2017

[par Barjozo]



En octobre dernier le site officiel de MSK annonçait la sortie d'un LP live enregistré durant la tournée "Up on smoke" de février 2016. Il ne s'agit pas d'un seul concert mais de morceaux pris çà et là dans divers sets donnés pendant ces dates en Europe.
De MSK on connaissait jusqu'ici leurs splendides précédents LPs studio avec "Soma" paru en 2012 et "Moksha" en 2015.
Mais n'ayant pas encore pu les voir en live, la parution de cet enregistrement m'est apparu comme salvateur dans ce sens [!].

Toujours dans leur trip 'karma'-ceci, 'karma'-cela (une sorte de 'karma'-Chaméléon comme aurait dit Boy George) les allemands n'en oublient pas pour autant d'instaurer un groove dantesque dans leurs compositions qui on s'en doute font la part belle aux 2 albums sus-cités. En 10 titres et presque 70 minutes, MSK délivre avec maestria son stoner-rock instrumental nimbé de colorations chamaniques hypnotisantes en totale apesanteur. Que ce soit sur l'introductif et planant "Prithvi" tiré de "Moksha" (comme "vayu" et ""Akasha"), ou sur leur magnifique ode "Ephedra" tiré de "Soma", à aucun moment on ne s'ennuit et les rythmes/mélodies entêtantes s'enchaînent sans lasser au gré des mélodies en boucles délivrées par la gratte de Seppi bien soutenue par les claviers de Norman...

On a même droit à quelques effluves des années 70 avec "23 Enigma" qui en première partie de morceau est entiché de claviers semblant tout droit sortis d'un album avant-gardiste comme "Equinoxe" de J.M.Jarre, mais qui évite l'écueil du pastiche foireux en repartant sur des bases bien 'heavy' en deuxième partie. A ce sujet, la rythmique sur cet album est monstrueuse, que ce soient les lignes de basse de Matte (écoutez en priorité "Glow 11") ou la démoniaque batterie de Steffen.

Mieux qu'un best of, "Mela ananda" saura conforter les adorateurs de Ganesh ce dieu sage à tête d'éléphant ornant l'artwork, et pourra à l'occasion recruter de nouveaux adeptes tant son potentiel musical est puissant.

"Que la paix soit avec vous".





2017 SEPULTURA "Machine messiah"

label: Nuclear Blast
style: thrash
date de sortie: 13 janvier 2017
date de chronique: 26 février 2017

[par Barjozo]



Cela faisait 4 ans que l'on n'avait pas revu Sepultura en travail studio depuis leur correct "The Mediator between Head and Hands must be the Heart" paru donc en 2013. Pendant ce temps les frères Cavallera continuent de conspirer au gré de leur inspiration...

"Machine messiah" va certainement en étonner plus d'un. Il fait partie de ces disques qui innovent en incorporant bon nombre de sonorités peu usitées dans le passé du groupe. A commencer par ces intonations exotiques orientales apportées par le groupe tunisien Myrath qui a participé à certains titres. C'est ainsi que le morceau "Self control" par exemple va se trouver enrobé d'effluves et de senteurs maghrébines lui incorporant un zeste de légèreté pour un titre par ailleurs très thrash dans sa structure, ou que "Sworn oath" se pare d'une orchestration absolument dantesque.

Notons également que le (puissant) lead singer, Derrick Green se laisse aller à quelques modulations intéressantes ce qui nous vaut des parties chantées variées et cela dès le morceau éponyme d'ouverture. Il n'est pas en reste quand il faut balancer des rugissements pour accompagner certains titres à la puissance énorme comme "Resistant parasites" (lui aussi magnifiquement mis en valeur par l'orchestration légère en arrière fond) ou encore "Chosen skin". Autre titre de bravoure, l'instrumental "Iceberg dances" va vous secouer la pulpe du fond tout en vous proposant une grande variété de sonorités réunies dans un seul morceau, la partie de gratte acoustique n'y représentant pas la moins inattendue.

Sepultura nous livre ici un excellent album riche, varié et inspiré. A noter que les brésiliens proposent début 2017 une tournée européenne en compagnie de Kreator qui pourrait bien casser la baraque...





2017 Stephen PEARCY "Smash"

label: Frontiers
style: hair-metal US revival
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 23 février 2017

[par Barjozo]



Nouvel album solo pour le chanteur de Ratt.
Cela faisait un bail que je ne m'étais pas penché sur le travail de ce vieux rongeur, et j'étais donc prêt à le Ratt-atiné si ce n'est le Ratt-baissé au plus bas niveau, soit le niveau K, le caniveau donc, niveau qui semble convenir magnifiquement à ce mammifère aux petites dents pointues.

Car Ratt pour moi, c'est un triptyque fondateur excellemment huilé dans un hair-metal multicolore: "Out of the cellar" [1984], "Invasion of your privacy" [1985] et "Dancing undercover" [1986]. Et puis c'est tout. C'est pas vraiment que j'en avais Ratt le bol, ni que j'étais Ratt-sasié de ce glam-metal mais quand même assez repu avec un style qui commençait à tourner en rond, un peu comme un de leurs anciens succès, "Round and round".

Avec son visage buriné à la Clint du-Bois-de-l'Est, Pearcy pourrait faire peur-si par erreur vous le rencontriez dans les sous-sols de Bercy dans les suites d'un show. Un chaud show car le bougre a toujours su attirer les chattes les plus attrayantes, de belles mangeuses de souris et de Ratt cela va de soit! Mais pas un show pour chochottes quand bien même l'animal à le poil qui blanchit...

Venons-en au vif du sujet, soit la musique à Pearcy. L'oeuvre gravée débute on ne peut mieux avec un "I know I'm crazy" fougueux et totalement addictif commençant lentement et vous agrippant ensuite très vite par les limbes de votre cerveau sortant d'une pseudo-hibernation humanoïde. Le bougre a su garder intact son organe, reconnaissable au possible, faut croire que le larynx du gars est plus résistant que son épiderme. "Ten miles wide" ensuite nous renvoie directement à la case Ratt dans sa structure classic-glam imparable et au refrain taillé pour les radios US tout comme le sont ceux des titres "Jamie" ou "I cant take it" entre autres. En bon stratège, Pearcy referme la galette sur une ballade sirupeuse "Summers end" dont pourront se délecter les félines sus-évoquées comme s'il s'agissait d'une giclée de boisson lactée..

Au final pas de prise de risque pour treize titres qui se laissent écouter sans lasser l'auditeur dans un style hard-FM policé bien travaillé, mais manquant un peu de peps au final.





2017 GROUP DOUEH & CHEVEU "Dakhla Sahara session"

label:
style: electropop bordelaise en voyage au Sahara...
date de sortie: 2017
date de chronique: 23 février 2017

[par Barjozo]



Cheveu est un trio français originaire de Bordeaux dont on a déjà causé sur ce site. Leur album "1000" nous avait mis l'eau à la bouche et leur dernier opus "Bum" avait également su savamment exploser nos cages-à-miel d'une électro-pop moderne enjouée et délicieusement mélodique.

Trois ans plus tard revoici nos 3 gaillards avec un nouvel album sur lequel appararaîssent d'illustres inconnus marocains au patronyme quelque peu suffisant, Group Doueh. Il s'agit en fait de musiciens du Sahara Occidental jouant un proto-rock inventif aux racines africaines certaines à l'instar de leurs homologues touaregs maliens Tinariwen dont on a également pu vous toucher un mot ici par le passé ("Aman Iman" en 2007 et plus récemment "Tassili" en 2011).

Le résultat est assez surprenant. Mêlant sonorités occidentales modernes électroniques, avec une voix (David Lemoine) souvent parlée, scandée, à des accents de 6-cordes électrifiées sous la houlette du leader de Group Doueh, Baamir Selmou, et des chants multiples en langue Hassani ancien...D'après l'intervew que les 3 français ont donné au mag NewNOise en début d'année, l'alchimie et le mélange des 2 genres n'a pas été trouvé rapidement, et l'album initialement enregistré à Dakhla a été remastérisé en France en particulier pour les parôles en français, en faisant le tri sur l'ensemble des sessions mises en boîte dans les zones du sud marocain.

Parmi les réussites du disque citons les 2 premiers titres: d'abord "Moto 2 places" qui ouvre la rondelle sur des accents très rythmés et un arrière-plan au synthé bien trouvé (les paroles sont hilarantes en particulier le final..."vas-y monte, vas-y monte, monte derrière moi"). Vient ensuite "Bord de mer" toujours sur le même tempo enlevé avec les premiers riffs de gratte qui se profilent. Cette 6 cordes qui un peu plus tard sur "Azawan" va prendre des allures punk/garage vintage très à contre-courant de ce que fait habituellemnt Cheveu (sur ce titre d'ailleurs les français sont très en retrait, voire absents à première écoute). J'ai également un faible pour le titre "Je penche" pas bancal pour un sou et à l'homogénéité quasi-parfaite dans son mix Nord-Sud hors commerce équitable...

Si l'entreprise est louable, ce CD n'évite pas certains écueils. D'abord certains titres sont un peu longs, répétitifs comme "Charâa" et ses près de 10 minutes: ce morceau s'ouvre excellemment avec des relants de claviers évoquant une sorte d'acordéon moderne électrique (mélotron?), mais s'enlise en deuxième partie et s'égare sur des probables improvisations dont semblent se délecter les musicos de Group Doueh...Ensuite, passé l'effet de surprise, j'ai peur que les titres perdent un peu de leur mordant...à voir.





2017 John GARCIA "The coyote who spoke in tongues"

label: napalm
style: stoner-voice dépoussiérée du sable du désert...
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 6 février 2017

[par Barjozo]



Alors que l'évocation de John Garcia me renvoie inexorablement vers du bon rock stoner aux effluves de sable chauffé par des rayons d'un soleil rougeoyant, ce deuxième opus solo de la voix historique de Kyuss propose des ambiances beaucoup plus soft. Garcia nous emmène dans un univers acoustique chatoyant teinté d'un romantisme US pouvant paraître suranné à certains mais aux tonalités émotionnelles non feintes étant donné la personnalité du bonhomme.

Soutenu par Ehren Groban à la 6-cordes, Greg Saenz aux percussions et Mike Pygmie à la basse, John Garcia nous délivre 9 titres dont 4 morceaux de Kyuss retravaillés acoustiquement pour une autre approche sensorielle: "Green machine", "Space cadet", "Gardenia" et "El rodeo" vont ainsi prendre un nouvel essor, mais j'avoue que leur écoute ne m'a pas enthousiasmé outre mesure. Je leur préfère largement leurs versions électriques originales.
En vous lançant à l'écoute de cette galette oubliez vos a priori sur les musiques 'conventionnelles', et encore plus les pulsions qui vous poussent habituellement vers l'écoute de mélodies hardues, celles qui, pour reprendre un célèbre rock-critic US, vous poussent sur les traces d'une impulsion utopique, comme une négation de votre quotidien...
Parmi les 5 nouvelles compositions "Kylie" et sa gratte sèche très vivace et enjouée initialement sera certainement bien la seule à vous 'transporter' dans cet univers non électrique. Titre assez complexe et travaillé, on se laisse à penser que la suite pourrait nous surprendre. Las, pour "Give Me 250ml" le rythme devient nettement plus haché, on a l'impression désagréable d'une sorte de démo... "The hollingsworth session" ensuite a une structure assez sympathique avec plusieurs grattes qui s'entrecroisent pour une mélodie bien carrée mettant la voix en évidence, avec quelques passages au piano...
Et si "Argleben II" nous renvoie à "Argleben" qui figurait sur le premier album solo de Garcia ("S/T") autant ce titre en 2014 était empreint d'une implacable rythmique, associée à un son très lo-fi et des parties chantées bien rugueuses le rendant irrésistiblement éclatant, autant ce "Argleben II" semble être une sorte d'antithèse musicale dotée d'une coloration mélodique quelque peu monochrome.
Le final "Court Order" est un instrumental pur nous sevrant du seul intérêt du disque, soit la voix hors norme de Garcia, et s'avère assez rébarbatif après écoutes successives...

John Garcia reste un vocaliste hors pair... mais j'ai l'impression qu'il s'est un peu fourvoyé avec ce "Coyote.." un tantinet soporifique.





2017 KROKUS "Big Rocks"

label: columbia
style: rock n'roll baby!
date de sortie: 27 janvier 2017
date de chronique: 2 février 2017

[par Barjozo]



On aurait pu croire qu'avec le temps nos petits suisses allaient se périmer. Que nenni gentes dames et damoiseaux! Et qu'elles soient bien nées ou pas (mais cela dit il y a pire que la Suisse pour s'émanciper), nos rebelles âmes helvètes de rockers continuent de se la jouer bien rock après plus de 40 années de carrière. Leur dernier forfait gravé sur rondelle était un live bien rondouillet et qui envoyait un bon rock n'roll des familles (l'excellent "Long stick goes boom (Live from the House of Rust)"). Les revoici dans un autre style, celui des covers soit des reprises in french. Au total 12 hits souvent (très) très anciens et sortis des cartons du Swinging London des années 1964-68.
En 13ème plage un inédit made in Switzerland qui ne déparerait pas chez certains australiens avec son titre haut en couleur "Back seat rock n'roll" [sic].

Ces musiciens n'ont plus rien à prouver et semblent s'être réellement fait plaisir à reprendre des morceaux connus de tous. En voici le rapide track-by-track:

"N.I.B." [Black Sabbath, 1970]
Il ne s'agit que d'une approche partielle de ce monument du Sab, basée sur la mélodie à la gratte, les vocaux d'Ozzy étant irremplaçables! Krokus ne l'a utilisé semble-t-il que pour une intro somme toute assez intelligente à l'album.

"Tie your mother down" [Queen, 1976]
Un des titres bien rock que Mercury et ses sbires avaient conçu pour la scène; la voix de Mark Storace se prette très bien au tempo, légèrement modifié par les suisses, avec un solo bien senti.

"My Generation" [The Who, 1965]
Bien rythmée, cette version n'arrive cependant pas à totalement dépoussiérer ce vieux morceau qui a eu du mal à passer le cap du XXIè siècle..

"Wild thing" [The Troggs, 1966]
Aussi ancien que le précédent, paradoxalement ce titre tient un peu plus la route, en raison des breaks permettant à Storace de placer son organe vilipendeur éraillé bien en évidence..

"House of the rising sun" [The Animals, 1964]
Titre démarrant laborieusement, la mélodie émanant de la gratte de Mandy Meyer (remplaçant de Fernando von Arb depuis quelques temps maintenant) fait ensuite des merveilles dans un groove addictif et sensuel.

"Rockin' in the free world" [Neil Young, 1989]
Un de mes titres préférés du loner canadien. Je n'en connaissais que peu de reprises si ce n'est celles de Pearl Jam et du G3 version Vai/Malmsteen/Satriani (magnifique). Krokus s'en tire pas trop mal pour le seul morceau datant de moins de 40 ans repris sur cette galette!

"Gimme some lovin'" [The Spencer Davies Group, 1966]
Très bonne rythmique bien ronflante pour un titre cadencé et toujours efficace.

"Whole lotta love" [Led Zeppelin, 1969]
Standard du Dirigeable anglais, cette version a le mérite de montrer un chanteur excellent qui n'est pas loin des intonations de Plant himself n'en déplaise à ses détracteurs.

"Summertime blues" [Eddie Cochran, 1958]
Rock n'roll sexagénère qui se laisse toujours autant écouter malgré cette putain d'obsessionnelle clepsydre qui se vide ...

"Born to be wild" [Steppenwolf, 1968]
Je ne sais pas pourquoi nombre de groupes s'obstinent à reprendre ce morceau avec lequel j'avoue avoir du mal, y compris pour cette version; passons.

"Quinn the eskimo" [Bob Dylan, 1967]
Bon morceau mid-tempo plus connu sous le nom de "(The) Mighty Quinn" déjà repris par de nombreux artistes, y compris en français par Francis Cabrel dans une version folk qui lui sied plus qu'aux hardos; bref un titre de Dylan trop molasson pour un groupe comme Krokus à mon sens...

"Jumping Jack Flash" [The Rolling Stones, 1968]
Classique parmi les classiques déjà repris des dizaines de fois (Motörhead, Cinderella, Peter Frampton, Johnny Cash...) qui a le mérite en final de remettre les suisses en mode 'rock' mais leur version n'a rien de transcendante...

Au total, Krokus s'est fait plaisir et cela s'entend en reprenant des titres archi-connus qu'ils se feront certainement un malin plaisir de jouer on stage en édulcorant ainsi leurs setlists. Mais l'achat d'un tel CD est à réserver aux fans purs et durs du combo helvète et n'apporte rien de neuf sous le soleil de janvier 2017, bien qu'il ait le mérite de nous réchauffer un peu les esgourdes quelque peu ankylosées par l'hiver...








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