2 0 1 8

barjozo.fr




Welcome Home


Chroniques Disques


Chroniques Concerts


TOP 5 Redac'


Photos live


Jolis liens


Contact-Redac'




Cette année:



- le 10 janvier 2018, le 3e et dernier membre du trio historique de Motörhead ayant officié sur la trilogie "Overkill", "Bomber", "Ace of spades" jette à son tour l'éponge: le classieux guitariste 'Fast' Eddie Clarke meurt à 67 ans d'une infection pulmonaire.
- Dolores O'Riordan leader du groupe indie The Cranberries meurt le 15 janvier à 46 ans.
- Mark E. Smith leader du groupe punk The Fall meurt le 24 janvier à 60 ans.
- le batteur Pat Torpey (Mr.Big) décède le 7 février à 64 ans de complications liées à sa maladie de Parkinson.




Actuellement il y a 9 chroniques écrites pour 2018...

Notation visuelle (pour les pressés):
: à chier ! : moyen : bon
: excellent : fantastique !





2018 WEEDPECKER "III"

label: Stickman records
style: stoner psyché
date de sortie: 5 janvier 2018
date de chronique: 20 Février 2018

[par Barjozo]



Les plus âgés connaissent le woodpecker, en particulier Woody -et son fameux rire/cri qui tue- petit oiseau farceur né de l'imagination de scénaristes du dessin animé US dans les années 50/60 du siècle passé...Mais Weedpecker? What is it? -traduire par kiki (au sens de zizi, quéquette) de l'herbe ??? soit de la fumette qui rend stoned... - Patronyme on ne peut plus singulier pour un groupe de rock d'origine polonaise! Quatuor basé à Varsovie, ces musicos en sont à leur 3e LP et sont barrés de l'étiquette stoner rock. Pour ma part, j'avais déjà eu un petit aperçu de leur monde musical sur la compilation "A stoner rock salute to Black Sabbath" parue en 2015 chez Deadline Music et sur laquelle ce combo reprenait "Sweet leaf" d'une façon assez planante.

Les sonorités de ce "III" restent marquées par le prog-rock introspectif des années 70/80 et en particulier par Pink Floyd (les accords langoureux de guitares sur les parties calmes rappellent fortement le jeu de Gilmour, quant aux parties vocales/choeurs...), mais sait aussi s'engager sur des voies plus rugueuses. A l'instar du premier morceau "Molecule" ce mélange d'ambiances très contrastées est assez savoureux à écouter et vous fera voyager comme si vous naviguiez sur la fameuse Vistule polonaise, vous conduisant de Cracovie à Varsovie nonchalamment mais aussi parfois avec quelques remous...

Sur "Embrace" les envolées de grattes en boucles voluptueuses vous ensorcelleront durant près de 9 minutes, avant un break vous renvoyant au beau milieu des années 60/70 à l'aide de claviers très prog et d'effluves orientales fleurant la Marie-Jane...Le rythme repart de plus belle sur "Liquid sky", titre le plus concis de la galette avec ses 6 minutes 30 qui également aura un break final tout en légèreté acoustique, avant un déboulé bien rugueux sur "From Mars to Mercury" (qui lui aussi sera marqué par une pause planante psychédélique, ce qui semble être la spécialité de nos 4 polonais).
Le 5e et dernier morceau "Lazy boy and the temple of wonders" finira de vous convaincre que le grand Pink Floyd hantait certainement les locaux où ont été élaborées les pistes de ce très bon CD, car le style prog-rock/psyché y constitue l'armature générale, colonne vertébrale sur laquelle les 2 guitares vont tour à tour greffer et griffer des accords tantôt bluesy, tantôt bien rock.

Weedpecker c'est Wyro à la guitare et au chant, Bartek également à la guitare et au chant, Mroku à la basse et Falon aux drums. "III" a été enregistré aux studios Nebula de Varsovie par Haldor Grunberg et saura combler les amateurs de sonorités stoner aussi bien que les adeptes d'un rock progressif que d'aucuns pourront qualifier d'atmosphérique. Le mariage d'une certaine lourdeur faite de riffs brûlants avec la légèreté d'une petite brise rafraichissante.





2018 NEBULA "Let it burn"

label: Heavy Psych Sound
style: desert rock historique
date de sortie: 9 février 2018
date de chronique: 14 Février 2018

[par Barjozo]



Profitons de cette ré-édition chez Heavy Psych Sound du premier Nebula paru en 1998 chez Relapse, pour se remémorer un petit historique stoner.
Ruben Romano (drums) a été un des musiciens fondateurs du courant stoner, et cela à plus d'un titre:
-il fut d'abord un adepte d'un rock rugueux lorgnant vers le hardcore, avant de fonder un premier combo du nom de Virulence qui officia de 1985 à 1989 et dont l'inspiration était Black Sabbath (of course) mais aussi les Melvins (des jeûnots à l'époque...);
-il va ensuite fonder Fu Manchu avec Scott Hill (qui reste le guitariste et vocaliste du-dit groupe en 2018 [cf. chronique suivante]), Mark Abshire (basse) qui ne restera que le temps d'un LP, et plus tard Eddie Glass à la guitare solo (1993);
-cette aventure durera pour lui jusqu'en 1996 car après la tournée ayant suivi la sortie de "In search of..." il quittera Fu Manchu pour aller créer Nebula, la raison invoquée étant une incompatibilité grandissante entre lui et Scott Hill;
-en compagnie d'Eddie Glass, il sort un premier EP 6 titres intitulé "Let it burn" sur le microscopique label Tee Pee records en 1997. S'en suivront des shows live avec Scott Reeder à la basse (le bassiste de Kyuss, groupe qui venait de splitter). La basse reviendra ensuite en studio à Mark Abshire, et le label Relapse remit une version 8 titres dans les bacs en 1998 de ce premier album.

Vous suivez?

La galaxie stoner étant assez restreinte (à l'époque), les 3 ex-FU Manchu (Ruben Romano, Mark Abshire et Eddie Glass) s'en furent répéter à Seattle dans les locaux de Mark Arm (Mudhoney -là on touche le côté grunge de l'histoire...) pour préparer leur second opus "To the center" qui quant à lui sortirait, après moult péripéties, sur le major Sub Pop. A ce propos, il semblerait qu'une ré-édition de ce deuxième LP soit attendue également dans le courant du premier semestre 2018 toujours sur Heavy Psych Sound. Avis aux amateurs...

Si nous revenons à nos moutons, et en l'occurence aux 8 titres de ce "Let it burn", soit les 6 parus chez Tee Pee rec. agrémentés du très heavy "Sonic titan" et de "Devil's liquid" qui leur furent adjoints après la signature chez Relapse, la première chose qui vient à l'esprit pour les qualifier est qu'ils sonnent un peu comme des prises de sessions jam entre les 3 copains, libérés de la tutelle de Fu Manchu (et Scott Hill). Pour vous en convaincre écoutez l'instrumental "Raga in the bloodshot pyramid" et ses effluves orientales marquées.

Sans artifice, bruts et parfois limités (en particulier la voix d'Eddie Glass) les morceaux n'en restent pas moins d'une spontanéité toute empreinte de blues (le groove de "Let it burn") lorgnant aussi sur le punk ("Vulcan bomber"). A redécouvrir ou à découvrir simplement pour celles et ceux qui l'auraient raté à sa sortie...

PS. Nebula est attendu on stage dans les festivals courant 2018 (en particulier au Hellfest, under the Valley). Vous ne verrez sur scène ni Ruben Romano (qui se consacre désormais à sa famille et son groupe actuel The Freeks [dont on attend un album dans les prochains mois]) ni Mark Abshire. Le seul membre fondateur restera Eddie Glass (guitare). [source des infos: interview de Ruben Romano parue dans le N°42 de la revue New Noise mag.]





2018 FU MANCHU "Clone of the universe"

label: At the Dojo rec.
style: desert rock historique
date de sortie: 9 février 2018
date de chronique: 14 Février 2018

[par Barjozo]



Dès les premières notes et le premier fuzz laché sur "Intelligent worship" ont reconnaît la signature musicale des californiens et on sait qu'on ne sera pas déçu. Premier titre Fu Manchien au possible. Un délice pour les amateurs.

"(I've been) Hexed" vient ensuite sur un tempo plus lent, mais toujours un riff tueur, au classissisme et à l'authenticité stoner non dissimulés.

Nouveau déboulé rapide ensuite avec "Don't panic" qui met le turbo; guitares distordues, voix scandée, rythmique lourde pour un futur classique à n'en point douter!

Sur le 4e morceau "Slower than light", les américains s'essaient à une intro pachydermique et lorgnant vers une sorte de doom psyché, que la voix quasi parlée va plus loin orienter vers une sorte d'omélie rock qui n'est pas sans rappeler les premiers albums de Black Sabbath (of course). Mais en dernière partie de titre l'accélération est manifeste, comme pour que l'auditeur puisse se défaire du carcan
Cette lourdeur du tempo va encore s'affirmer sur "Nowhere left to hide" et "Clone of the Universe" qui s'enchaînent intelligemment dans un continuum de fuzz inspiré.

Arrive enfin la délivrance sur le dernier morceau et ses 18 délicieuses minutes (presque exclusivement) instrumentales ("Il mostro atomico"). Ce titre s'ouvre sur une gratte semblant littéralement gémir et va ensuite méthodiquement, lentement, consciencieusement, s'attacher à dérouler son thème central en l'enroulant autour de boucles musicales au groove bluesy et foncièrement stoner, tout en y plaquant des passages s'apparentant à des prises live et improvisations. L'envoutement musical qui va en émaner entérine ce titre final comme la pièce maîtresse du LP.
On notera sur ce morceau la participation d'Alex Lifeson, guitar-hero de Rush (dont on a appris récemment la fin de carrière- snif!).

Au final avec ce 12e album studio en 30 années de carrière Fu Manchu reste une valeur sûre et un des piliers du rock et de son courant dit stoner, toujours menée de mains de maître par leur leader Scott Hill, seul membre fondateur du groupe (ceux qui n'ont pas suivi n'ont qu'à se rabattre à la chronique précédente concernant la ré-édition du "Let it burn" de Nebula!).





2018 SAXON "THUNDERBOLT"

label: Silver Lining
style: Heavy metal
date de sortie: 2 février 2018
date de chronique: 8 Février 2018

[par CACOU]



22 v'la les SAXON !!
22ème comme la nouvelle galette enfournée avec gourmandise en cette période d'épiphanie. La fève trouvée dans ce nouvel opus des vétérans Britanniques n'est ni plus ni moins qu'un émouvant hommage à Lemmy auquel ce disque est dédié dans sa totalité ainsi qu'un titre vibrant, "They played Rock n'roll", en hommage à Motörhead leurs frères d'armes avec lesquels ils ont tant partagé, et pas que la scène.

12 portions dans cette galette avec des titres bien incisifs tels que l'éponyme "Thunderbollt" qui lance l'écoute sur des bases bien réjouissantes. La puissance perdure sur "Predator", "Sniper" et "Speed Merchants". Au menu riffs sans concession des duettistes des cordes Paul QUINN et Doug SCARRATT enrobés par les vocalises rageuses de Biff BYFORD qui ne faiblit pas après 40 années de bons et loyaux services au service du metal de sa majesté, le tout saupoudré d'une rythmique frôlant l'excès de vitesse.

Un gros coup de cour aussi pour "The Roadies Song" en souvenir des années passées sur la route et des journées partagées avec les gros bras qui les accompagnent, qui montent leur matos avant que eux nous démontent les tympans. Le goût du sang les inspirent sur 2 titres consacrés à Nosferatu, qui sont peut-être les 2 légers bémols en ce qui me concerne, quoique.

Envolées épiques sur "Sons of Odin" et "The Secret of Flight" avec un zeste de grace et d'originalité bienvenues.

En synthèse, un très bon cru que ce millésime qui alterne des pointes de vitesse à décoiffer les plus chauves d'entre nous et petites sorties des sentiers battus qui ont le mérite de nous faire voir du pays sans jamais trahir leurs origines et ceux qui comme moi les suivent depuis leurs premiers pas.
They play Rock n'roll !!!





2018 FRANZ FERDINAND "Always ascending"

label: domino
style: dance-pop/rock qui se prend les pieds dans l'tapis [snif!]
date de sortie: 9 février 2018
date de chronique: 14 février 2018

[par Barjozo]


J'adore ce groupe depuis leurs tonitruants débuts en 2002 et les ai déjà vus 3 fois en concerts (Rock en Seine 2005, Olympia 2009 et Toulouse 2009). Leur dernier disque "Right thoughts, right words, right action" a connu les honneurs du Top en 2013.
Adeptes d'une pop-rock enlevée, sautillante et dansante, les 4 écossais nous ont pondu 4 premiers albums splendides et franchement inovants. Reconnus à leur juste valeur, le succès leur a ouvert les portes des plus grands festivals et live-shows worldwide, faisant de la holding Franz Ferdinand une proie facile pour les transnationales en tous genres.

Depuis son dernier LP, le groupe a également opéré une mue interne avec le départ du guitariste/claviériste fondateur Nick McCarthy, remplacé par Dino Bardot à la gratte et Julian Corrie aux claviers/synthés. Enfin, la production a été confiée au français Philippe Cerboneschi alias Zdar (Daho, Phoenix, The Rapture) pour le meilleur (le pire?).

Le résulat de tout ceci est matérialisé par ce "Always ascending". Titre que je considère comme totalement inadéquat car ici, et malheureusement, le groupe me semble en plein descending!
Je m'explique.
La corde raide sur laquelle la pop-dance-rock des écossais évoluait ces derniers temps soutenait des compositions en complet équilibre entre une pop dansante cherchant parfois son inspiration du côté des années 80 et un rock qui, loin d'être heavy n'en était pas moins funk dans le bon sens du terme. Ainsi, même si les débuts furent un tantinet plus rugueux, les dernières compositions de "Right thoughts..." à l'instar du très réussi titre éponyme ou de "Love illumination" montraient une évolution de la musique vers des contrées quasi ex-new wave '80avec une utilisation des synthés parcimonieuse et à la précision d'orfèvre, toujours en équilibre avec les accents électriques d'une guitare au groove très funky.

Cet équilibre à mon sens n'est plus présent ici.
L'inspiration semble avoir délaissé Kapranos et sa bande. Les relents rock semblent tous être restés au fond des tiroirs -ou sont-ils partis dans les valises de McCarthy?-, alors que l'album est lourdement peinturluré de sons synthétiques, robotiques, dénués de groove et de feeling. C'est là que l'on peut se demander si l'effet Zdar n'a pas un peu (beaucoup, passionnément, à la folie..) dénaturé la musique des britanniques...A force Zdar-tifices, la zike de Franz Ferdinand s'est dé-Zdar-ticulée, comme un jockey peut être dé-Zdar-çonné par un canasson un peu fou-fou (comme Hong-Kong).
J'avais malheureusement un peu senti l'affaire à l'écoute des 3 premiers morceaux lachés sur le net en début d'année: que ce soit le titre éponyme et ses choeurs chiantissimes (sans parler des samples 'aérien' ignobles), ou encore "Lazy boy" sur lequel les 'Get up! Get up!' feraient se retourner James Brown dans sa tombe (toujours ces synthés pure soup, même s'il faut bien l'avouer les parties de guitare sont bien ficelées sur ce titre).

Mièvres, sans reliefs, enrobés de samples/synthés/claviers foutraques telles de mauvaises friandises bas de gamme le seraient de guimauve gélatineuse insipide, les titres de ce 5e opus de Franz Ferdinand n'ont aucune saveur et sont un véritable calvaire pour les conduits auditifs.
Rabattez-vous plutôt sur les 4 premiers albums qui restent encore superbes malgré les ans.
Espérons que les shows live des écossais ne pâtiront pas de ce disque et qu'ils sauront garder un cap rock on stage.





2018 TRIBULATION "Down below"


label: century media rec.
style: death progressif nordique
date de sortie: 26 janvier 2018
date de chronique: 6 février 2018

[par Barjozo]


Dire que l'on attendait cette nouvelle galette des scandinaves est un doux euphémisme tant "The Children of the night" datant de 2015 nous avait excité le système limbique et inondé de dopamine, comme sous la giclée d'une méga-dose d'endorphines vénales. Nous avions pu, c'est sûr, nous envoyer le petit EP "Melancholia" en 2016 en guise d'interlude, mais il nous manquait assurément une bonne dose de ce death gothique venu du froid.

'Down Below' a été enregistré aux Soundtrade Studios (à Solna dans la banlieue de Stockholm) et au Studio Cobra (en plein coeur de la capitale suédoise). Soundtrade, renommé pour avoir vu passer dans ses couloirs bon nombre d'artistes légendaires suédois (entre autres pour les plus connus ABBA, Yngwie Malmsteen, ou Europe) permit à Oscar Leander [petit nouveau aux drums] de réaliser ses parties avec Martin Ehrencrona (Vampire, The Oath) et Linus Björklund. Après les séssions aux Soundtrade Studios qui ne prirent qu'environ une semaine (dixit Adam Zaars [guitars] sur leur site Facebook), le groupe se rendit au Studio Cobra pour y faire les prises de basse, guitares, et vocaux, ainsi que les autres instruments d'appoint. Le tout prit 3 mois.

Le résultat est un album de death aux forts relents gothiques, nimbé d'ambiances noires et lorgnant vers des contrées musicales qui évoqueront par leurs arrangements aux plus anciens, les précurseurs du genre que furent Mercyful Fate et son leader haut en couleurs King Diamond. Le son de la gratte saura rappeler les envolées d'Hank Shermann et Michael Denner. Mais le plus réside quand même dans une production hyper-léchée, ce que les premiers LPs des danois sus-nommés n'avaient malheureusement pas...

Rentrons dans le vif du sujet. Le LP débute lentement avec "The lament" et ses accords de guitare langoureux, mélancoliques. Mais rapidement le tempo s'accélère: riffs accrocheurs, voix rugueuse et rocailleuse venue d'outre-tombe (Johannes Andersson), et surtout les boucles de synthé qui font le socle du morceau et le rendent absolument jouissif. Enchaînement sur "Nightbound" et une ambiance solennelle, pour un titre bien cadencé, et surtout en arrière fond des arpèges mélodiques allant et venant pour des guitares furibondes. Top.

"Lady death" vient ensuite (premier single) avec en intro le souffle froid d'un blizzard scandinave, mais qui va rapidement être balayé par les gratteux et la voix chaude et cramoisie du soliste en chef. Là aussi mélodie et tempo rapide n'ont pas été oubliés! Que nenni! Arrive alors le titre "Subterranea" plantant un décors initialement calme au piano qui sera là aussi balayé par des accords de guitares flamboyants. Morceau très empreint d'une ambiance noire et underground, comme le laissait bien présager son titre me direz-vous!

Vient ensuite "Purgatory" un intermède de 3 minutes 40 sous la forme d'une petite comptine purement instrumentale, à la candeur toute immaculée, bien que l'on puisse distinguer en arrière fond le souffle froid de ce vent évoqué plus haut, ou sont-ce les doigts glacés et exsangues d'une puissance occulte? Possiblement celle qui poussera les "Cries from the underworld" rallumant les guitares et une puissante rythmique, associées à un chant incantatoire dont la rugosité en impose. Toujours dans le style, lorgnant maintenant vers le speed metal "Lacrimosa" est à mon sens le point culminant de cette splendide oeuvre. On y trouve une mélodie malsaine et addictive, des breaks jouissifs et des parties de synthé black d'une pure beauté. L'enchaînement sur "The world" n'en est que plus impressionant, pour un style lorgnant discrètement vers le pagan-metal par moments.

"Here be dragons" et "Come, become, to be" vont refermer la galette de façon lourde et puissante pour le premier, la last track quant à elle s'avérant un bon morceau de black/speed metal toujours nimbé de parties de synthé entraînantes cotoyant les 2 guitares.

Au total, Tribulation nous propose un 4e LP de black metal progressif intense et impréssionant de maturité qui saura rallier à lui aussi bien les adeptes d'un death basique que les amateurs d'un heavy mélodique.





2018 MACHINE HEAD "Catharsis"

label: nuclear blast records
style: thrash metal US
date de sortie: 26 janvier 2018
date de chronique: 31 janvier 2018


Et de neuf! Après un correct "Bloodstone & diamonds" paru il y a (déjà) 4 ans, ayant fait suite à un très bon "Unto the locust" datant quant à lui de 2011, revoici venir la bande à Robb Flynn (gratteux, compositeur, mélodiste et hurleur en chef) avec un "Catharsis" expiatoire en plein début d'année et dans les frimas de l'hiver.

De Machine Head on n'attend plus grand chose en vérité. On connaît la maîtrise technique des musiciens, le talent de mélodiste du leader, leur capacité à balancer des titres tantôt brefs et rugissants, tantôt longs et remplis de multiples ambiances et breaks en veux-tu en voilà. Allons directement aux titres à éviter [sic]! Pour commencer si vous n'êtes pas un fan du combo, vous éviterez les quasi 9 minutes de "Heavy lies the crown" et son intro interminable façon musique de film dramatico-symphonico-flippante associée à un chant certes clair mais assez rébarbatif dans son phrasé. Vous prendrez également soin de sauter la piste numéro 7, pompeusement intitulée "Bastards"...car le style pleureur d'une power-ballad sur laquelle on a droit à des choeurs horribles sied assez mal à ce groupe vous en conviendrez! Et finalement vous éviterez aussi le dernier morceau "Eulogy", sorte de final lent mélodramatique, dénué de groove ou de style et s'embourbant dans une sorte de mélasse musicale totalement en inadéquation avec le standing du groupe et à la teneur globale du LP.

Une fois cela dit, restent des titres de bon alloi au premier rang desquels "Grind you down" saura rapidement se frayer un chemin vers les futures setlists live des tournées à venir. Magistral morceau au tempo rapide et mélodique, associant voix claires et mugissantes alors que la guitare distille des sonorités polychromes en parfaite harmonie. Un des musts de la galette en compagnie de l'avant-dernière piste "Razorblade smile" et son tempo bien rapide associé à des vocaux sobrement chantés.
Mention TB également au titre introductif "Volatile" et ses premières paroles littéralement vomies "...F*ck the wOrld!"! Dans la même veine "California bleeding" saura vous entraîner dans une danse tribale thrash tout en vous faisant headbanguer à vous rompre les cervicales, alors que "Triple beam" et son rythme haché vous entraînera dans une sorte de rap metalleux non dénué de mélodie.

Même si ce "Catharsis" ne recèle pas de réelle surprise (Robb Flynn le classe comme nu-metal, malgré la connotation quelque peu dénigrée que ce qualificatif peut avoir en 2018), on l'écoutera quand même pour les bons morceaux qui s'y cachent, même s'il faut savoir y faire un peu le tri. Pour 75 minutes et 15 titres l'acquéreur de ce dernier Machine Head en aura pour son argent (et ses tympans...)!




2018 CORROSION OF CONFORMITY "No cross no crown"

label: Nuclear Blast records
style: heavy rock
date de sortie: 12 janvier 2018
date de chronique: 23 janvier 2018

[par Barjozo]




Après un très bon "IX" paru en 2014, Corrosion Of Conformity a vu le retour dans ses rangs de Pepper Keenan (chant/guitare) après 12 ans d'absence. Autre nouveauté par rapport à l'album précédent, c'est Nuclear Blast qui les sort.

Avec "The luddite" (suivant une petite intro stoner "Novus deus") le LP est mis sur orbite avec un titre puissamment heavy et à l'énergie lorgnant du côté d'un hardcore déjanté. Il est vrai que la puissance des vocaux n'a rien de comparable entre un Keenan rugissant et un Mike Dean (basse) qui s'était collé au chant un peu par la force des choses mais avec des capacités vocales nettement moindres. Ceci est confirmé sur "Cast the first stone" qui s'apparente à un autre brûlot quasi punk sur lequel Keenan hurle et fait montre de capacités hors-normes dans le genre.

Vient ensuite un premier break d'une minute ("No cross") dont on se demande ce qu'il vient faire là. Ambiance? En tous cas pas en place surtout avant le morceau qui le suit, "Wolf named crow" bien heavy, chaloupé et au groove assez sympathique! Vient ensuite un titre plus lent et présentant quelques relents sudistes (Keenan est un fan de Lynyrd Skynyrd): sur ce "Little man" les vocaux sont plus retenus et par moments secondés de quelques choeurs sur les chorus.

Nouveau break ensuite ("Matre's diem"). Peut-être encore plus irritant que le premier car en totale inadéquation avec la galette, et surtout le déboulé de gratte sur le titre suivant "Forgive me". Rythmique impeccable; refrain imparable; riffs qui tuent. Un des musts de cet album avec "The Luddite". Le contraste avec l'intro stoner-folk de "Nothing left to say" qui lui succède n'en est que plus saisissant. Ce morceau comporte un refrain rentre-dedans associé à des couplets langoureux pour un titre au final assez pesant, en particulier avec ses guitares semblant littéralement se consummer dans un trip heavy-blues qui se révèle excellent après quelques écoutes.

"Sacred isolation" et revoilou un piti break complètement inopportun et assez chiant il faut bien le dire! Passons au splendide "Old disaster" et son intro martiale; morceau lent sur lequel le tempo est donné par les frappes magistrales de Reed Mullin et ponctué de brillants riffs de gratte. Vient ensuite "E.L.M." un morceau heavy dans la lignée des précédents avec quelques passages de guitares synchros rappelant les cadors anglais de la NWOBHM du siècle passé.

Arrive ensuite en 13e piste le titre éponyme "No cross no crown" dont l'intro très travaillée semble nous plonger au choeur d'un lieu de culte; ambiance d'une noirceur accentuée par le chant monocorde et très grave de Keenan. On pourra classer ce titre comme une sorte de ballade doom mystique pas inintéressante au final. "A quest to believe (a call to the void)" et "Son and daughter" vont ensuite clôre le LP sans que ces morceaux n'apportent grand chose à l'ensemble pour des morceaux heavy assez en dedans (surtout le dernier). Remplissage?

Au final, s'il n'y a pas de grand bouleversement dans l'écriture et le style avec le retour de Keenan, on ne boudera pas son plaisir d'écouter un bon album sur lequel certains titres heavy valent réellement le détour.




2018 Joe SATRIANI "What happens next"

label: Sony/Legacy records
style: du satch de haute volée
date de sortie: 12 janvier 2018
date de chronique: 17 janvier 2018

[par Barjozo]




Il y a bien longtemps que je n'avais pas pris un tel pied en écoutant une galette du Satch. Cette bouffée d'endorphines m'a renvoyé tout droit quelques années en arrière lors de mes premiers émois satrianesques aux sorties respectives du phénoménal "Surfing with the alien" (1987) ou autre "The extremist" (1992). Bref, la cuvée 2018 du maestro me semble exceptionnelle à tous points de vue.

D'abord question musicos, le bougre a fait appel à Chad Smith aux drums (Red Hot Chili Peppers) avec lequel il a déjà joué avec Chickenfoot et, tenez vous bien (en particulier l'ami Francky) à mister Glenn Hughes à la basse. Encore plus fort: le Satch a réussi à éviter que "The Voice" ne chante, excusez du peu! Notons aussi que la production est assurée par un proche du guitariste américain, Mike Fraser.

Dans cet album vous trouverez des morceaux rapides et bien thrashy comme le bien nommé "Energy" qui ouvre la galette ou encore "Headrush" et "Invisible", titres qui ne dépareront pas dans la galerie de tubes purement instrumentaux que Satriani a déjà composé par le passé. Sensibilité et sensualité sont également au RDV comme par exemple sur le sautillant "Cherry blossoms" ou "Smooth souls". Mais les titres les plus marquants sont très certainement ceux qui innovent et font de Satriani un esthète es-musica. Dès le second titre "Catbot", le bougre nous propose une plongée dans une sorte de blues-rock expérimental à la pulsatilité robotique (splendide partie de basse) jusqu'au solo du maestro libérateur et jouissif. Dans la même veine, "Super funky badass" ne vole aucunement son titre et claque d'un bout à l'autre tant par sa rythmique que ses parties de grattes. 7 minutes 35 de pur délice avec breaks calmes et lumineuses envolées de guitare.

Au bout de 12 morceaux d'un niveau sensiblement identique et tutoyant les hautes sphères de la galaxie Rock, l'album se termine et vous laisse K.O.
Magique.







Retour à la Page d'Accueil
· Conception du site web: Barjozo ·
· contact@barjozo.fr ·