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Chroniques de concerts









En 2015 :


SCORPIONS & EUROPE


Toulouse
Le Zénith
4 décembre 2015


[par Franck and Furious]


Tournée d'adieu, tournée des 50 ans, . tournée générale ! C'est donc avec un esprit enjoué que 4.500 zénithois toulouzois et 4.500 zénithoises toulouzoises (pronounced zénissoizes ! Vas-y ezzaie encore !). vinrent festoyer avec ces 2 grosses pointures aux tubes interplanétaires ; bref, une parité quasiment respectée à vue de dard,
Oui ! Qui ne connait pas les "The final countdown", "Carrie", "Rock the night" des Suédois, et les "Still lovin you", 'siffle le vent du changement', et autres "rock you like a hurricane" des Allemands ? . qui ne connait pas donc, ne saute pas ! Et mis à part celle qui est tombée dans les vapes à cause d'un coup de chaud à la dernière vue du encore bien conservé Joey Tempest, et des quelques quinquagénaires avec lumbago (hein ! Denis), ce fut donc un public motivé qui mit une belle ambiance dans l'arène ; même chez la jeune génération nombreuse, qui chante aussi faux que l'ancienne, et qui étonnamment, semblait mieux connaître les titres des 80 que les récents. Pfff ces jeunes n'ont aucune personnalité, et écoutent sagement les disques de leur parent . bande de branleurs d'enfants de rebelles ! Mais on vous pardonne, car vous avez mis l'ambiance, alternant poliment mains et appareils levés, chantant dès que Joey Tempest, puis Klaus Meine vous y invitaient, sauf toi, le grand jeunot : ce n'est pas parce que ta copine te laisse chanter comme une casserole tout le temps que Meine va t'inviter en duo ; si elle ne te dit rien, c'est parce qu'elle t'aime, mais épargne-la, et nous, par la même occasion, on a payé pour écouter les chanteurs, pas toi, danke !

C'est donc bien chaud qu'on reprendra à tue-tête les classiques des hôtes.
A commencer par Europe ! Venu intelligemment faire la première partie des Scorpions pour reconquérir un grand public qui ne sait probablement pas que le groupe s'est reformé en 2003, et nous a conçus depuis, 5 excellents albums dont 2 considérés comme leurs meilleurs d'après les die hard fan. Les albums "Last look of Eden" et le p'tit dernier "War of kings". Ce sont d'ailleurs ces 2 titres éponymes qui serviront d'opener sur leur tournée promotionnelle respective, avec une nette préférence pour le premier. Si le titre "War of king" envoie un riff efficace, la suite du morceau bien que mélodique fait retomber le soufflet. Ce sera mon seul petit reproche à la set-list de ce soir écourtée à 1h, et un ''hélas'' unanime pour cause de 1ère partie.

Il semble clair que le public est aussi venu pour Europe, et espère une tournée en tête d'affiche pour ces prochaines années, tant titres nouveaux, et anciens ont été appréciés par la foule conquise, à la fois par un Tempest en voix, imitant David Coverdale avec son beau pied blanc de micro, sur des poses suggestives, ou un Mick Jaegger ; puis par un John Norum, toujours aussi discret scéniquement, mais qui s'investit musicalement et plutôt efficacement tour à tour sur une Gibson, une Flying et une Stratocaster ; un Ian Haughland qui nous fait admirer son jeu intéressant grâce à des caisses transparentes, pendant que Mic Mickaeli et John Leven assurent une bonne rythmique aux claviers et à la basse.
Le groupe, débarrassé enfin de son image caricaturale des années 80, nous livre une set-list tonitruante avec une seule ballade et des titres qui chauffent un Zénith in trance comme "Hole in the pocket" et le fabuleux "Ready or not" préparé par une introduction quasi a capela, et à la guitare magnifiquement bluesy.
Vite ! la suite. On espérera juste que sur une longue set-list, le groupe nous épargnera sa ballade tubesque un peu mièvre, "Carrie", pour nous proposer d'autres ballades récentes bien plus agréables. Mais ce soir, le groupe est en mode reconquête. C'est chose faite à n'en pas douter.
A noter qu'une allée scénique a été montée pour traverser la fosse gavée. Mais le groupe suédois n'a semble-t-il pas eu l'autorisation d'y accéder. C'est bien dommage, on aurait au moins aimé les saluer de près à la fin.

On comprend la crainte des Allemands de se faire voler la vedette tant les Suédois proposent des classiques ; d'autant que les dernières tournées furent mitigées, avec un Klaus Meine vocalement en déclin, et des shows jugés trop mous par la trop grande présence de ballades, et de solo de batterie long et soporifique.
Mais revitalisés, ce soir il n'en sera rien. Un show surpuissant, avec la présence de l'inespéré et disparu, "Dynamite" ; avec un Meine prouvant tout le long du show qu'il a retrouvé sa voix à pleine puissance et se laissant aller à quelques aiguës en fin de morceau - monstrueux et respect ; avec une partie acoustique ballades qui passe très bien et très vite au final, un pot-pourri des titres bien rock'n roll période 70, et avec un jeu scénique des musiciens enthousiasmant ce public chaud à chacune de leur arrivée sur cette scène avancée.

D'autres bonnes surprises nous arracheront les zygomatiques : un solo de batterie réduit à sa seule expression humoristique, ce qui aura donc le mérite de ne pas nous ennuyer, et d'être écourté à quelques minutes seulement, et non aux 20mn par le passé, un Kottak décrié mais qui au final colle très bien pour Scorpions ; un solo de Matthias Jabs, qui n'en sera pas un, mais qui nous présentera un instrumental du meilleur goût alternant passages lents et rapides avec une mélodie exquise, un instru limite Satrianien, qui nous fera oublier le vieillissant et pourtant toujours présent "Coast to coast".
Et enfin, soulignons les supers effets spéciaux : tous de très bon goût, variés et adaptés à chaque titre, ils seront un vrai must complémentaire à ce super concert. Une avalanche de classiques présentés et que l'on ne présente plus, rafraichie avec des titres du nouvel album. Oui, les Scorpions sont comme nos politiques : ils ont l'âge de la retraite, promettent de ne pas cumuler, mais . Mais eux, avec un méga show comme ce soir, on veut qu'ils continuent. Europe devra encore attendre pour prendre la relève, mais ils sont prêts, et n'attendent que vous au prochain tour.
Quant aux Allemands, allez donc leur fêter leurs 50 ans de carrière, car nos pépés sont en giga forme. Ils restent encore des Maîtres d'art.

Allez zou ! Retour dans les bouchons (hein Audrey !), mais là, dans la voiture à poireauter, on pourra reparler de ces 2 concerts vainqueurs avec la banane.

Ps : je sais qu'on dit toulousains, cousin ! mais c'est pas toi qui essaie d'écrire une chronique avec un brin d'humour et d'amour, alors j'écris ce que je veux ou peux ! Et puis saura-t-on un jour qui a décrété pourquoi on t'appelle Toulousain, et pas Tousleszoies ?

Ps2 : c'était mon premier concert et mon premier report depuis ... donc une grosse pensée pour eux ... \m/

Set list Europe :
War of kings - Hole in the pocket - Superstitious - Ready or not - Carrie - Last look of eden - Rock the night - Days of rock'n roll - The final countdown

Set list Scorpions :
Going out with a bang - Make it real - The zoo - Coast to coast - Medley top of the bill, Steamrock fever, Speedy's coming, Catch your train - We built this house - Delicate dance (instru Jabs) - Medley acoustique Always somewhere, Eye of the storm, Send me an angel - Wind of change - Ronc'n roll band - Dynamite - In the line of fire - Kottack attack - Blackout - Big city night // Still loving you - Rock you like a hurricane




Michael SCHENKER's Temple of Rock


Toulouse
Le Bikini
8 novembre 2015


[par Barjozo]


Nombreux sont les guitar-heroes qui ont marqué l'histoire du Rock d'une indélébile empreinte et l'allemand dont il est question ici en est un représentant incontestable. Michael Schenker, rappelons-le, fut le lead-guitarist de Scorpions à peine âgé de 15 ans (!), groupe qu'il laissera de côté au début des années 70 (remplacé par un autre virtuose et magicien de la 6 cordes, le génial Uli Jon Roth) pour aller chez les anglais de U.F.O., groupe mythique qui sera à l'origine de la non moins fameuse N.W.O.B.H.M. L'instabilité de Schenker le conduira ensuite à créer son propre groupe, M.S.G. dont on peut avoir un rapide aperçu de la carrière en s'écoutant le live paru pour fêter les 30 ans du combo ("Live in Tokyo").
Bref, Michael Schenker est un mythe à lui tout seul et le voir sur scène au moins une fois me semblait obligatoire!

Après une mise en bouche espagnole par les clones d'ACDC que sont les catalans de Seventy Seven, voici donc venir sur scène Schenker à la 6 cordes, Doogie White aux vocaux, Wayne Findlay à la guitare et claviers, accompagnés des vieux ex-Scorpions Herman "Ze German" Rarebell derrière les futs et Francis Buchholz à la basse [Photo: Barjozo].
La barre est mise haute d'emblée avec la reprise "Doctor, doctor" histoire de se mettre dans la poche la faible assistance de la salle (triste constat le Bikini n'est qu'à moitié plein).
La suite du show va voir se dérouler une setlist kaléidoscopique dans laquelle s'intervertiront titres de MSG (comme "Attack of the mad axeman"), UFO ("Lights out" et "Rock bottom" par exemple), Scorpions ("Lovedrive", "Rock you like a huricane" ou le final sur "Blackout") et même une reprise de Bowie ("Saviour machine"), avec des morceaux que je ne connaissais pas certainement tirés des albums du Temple of Rock. Ambiance bien rock. Musicos semblant heureux de jouer malgré ce public clairsemé.
Le maestro tout sourire dépose ses soli comme certains enfilent des perles. Notons qu'il laisse à Findlay le soin de jouer les parties de gratte-solo des titres de Scorpions, histoire peut-être de montrer que ces accords là sont trop simples pour lui (le besogneux lead-guitar de Scorpions, Mathias Jabs appréciera sans nul doute!).
Au final une bien sympathique soirée d'automne qui permit à Barjozo de sortir du Bikini en arborant une banane dominicale à défaut d'être dominicaine!

Schenker über alles! Ja, ja!



Stephan EICHER und die Automaten


Villeneuve sur Lot (47)
Théâtre Georges Leygues
20 octobre 2015


[par Boucle d'Or]


Salle comble ce soir au théâtre Georges Leygues de Villeneuve sur lot pour la venue de Stephan Eicher und die automaten.
L'occasion pour l'artiste, sur cette tournée, de revisiter son répertoire seul sur scène, accompagné d'un orchestre uniquement animé par des mécanismes qu'il orchestre via des commandes disposées à ses pieds et/ou sur sa guitare.
Eicher entame son show par deux titres à la guitare acoustique, isolé dans le faisceau d'un seul projecteur, façon guitare autour d'un feu de bois. La scène s'illumine alors, laissant apparaître tous les instruments disposés de ci de là : des grandes orgues, une batterie, un piano, un accordéon, des xylophones, un glockenspiel. Tout ce décorum ressemble à l'atelier quelque peu gothique d'un inventeur un peu fou datant du début du vingtième siècle.
Le temps à l'artiste d'accorder tous ses automates et il part alors revisiter son répertoire avec des titres comme « two people in a room », « combien de temps », « pas d'ami » et bien sur « déjeuner en paix », mais aussi des titres plus récents comme « prisonnière ». Tour à tour intimiste, poétique, rock et pop, c'est un concert de prés de deux heures qui fait décoller son auditoire dans une autre dimension, magique, féérique.
La lumière soignée et millimétrée comme la musique permet d'alterner toutes ces ambiances (comme des tableaux) grâce notamment à quatre gros projecteurs montés sur des bras articulés, descendant verticalement. Les instruments s'animent et s'illuminent lorsqu'ils sont sollicités.
Quant à l'artiste, seul sur scène tantôt au piano, à la guitare acoustique ou électrique, il fait preuve d'une grande maitrise, enregistrant en direct des boucles vocales ou instrumentales qu'il repasse ensuite pour s'accompagner, coordonnant tous ces mécanismes. Détendu, humble (beaucoup d'autodérision) , très communiquant (beaucoup d'anecdotes entre les chansons) il ne lui aura pas fallu longtemps pour émerveiller.
Après un pot pourri « ce soir je bois, silence. » et un dernier titre en allemand " hemmige ?", le concert se termine par « tu ne me dois rien ». Après une telle performance totalement originale, c'est en toute logique que le théâtre résonne sous des applaudissements nourris.



Glenn HUGHES


Guests: King of the North + James Jared Nichols

Paris
Le Divan du Monde
13 octobre 2015


[par Franck and Furious]


The Voice à Paris ! Pas vu depuis 2005, une montée du provincial à Paris s'imposait donc. C'est long 10 ans à quelques jours près : Bergara le 30 septembre. Et apparemment, le fan que je suis, ne fut pas le seul à avoir eu cette envie : la magnifique petite salle à la chaleur théâtrale, jolis rideaux soyeux, ferronnerie travaillée sur le balcon lui-même orné de 2 mannequins-statues, affiche complet. Beaucoup dans ces 500, portent des lunettes. N'y voyez pas là, une moyenne d'âge élevée, car nous sommes immortels, il s'agit juste d'un look de fan attitude envers le chanteur à lunettes. Je suis dans un théâtre, je me mets donc en mode comédien, mais ce sera juste pour cette anecdote. Car le reste de cet écrit n'aura nul besoin d'être romancé pour séduire, et traduire une réalité qui se suffira à elle-même.

Le duo King of the North a démarré, ma foi, de fort belles énergies. Le batteur a des bras qui font la taille des cuisses de l'ancien rugbyman que je fus. Mais il n'en oublie pas la dextérité. Faut dire qu'à 2 seulement, il faut sacrément envoyer. En duo, on pourrait s'attendre à un show acoustique, mais c'est bien électrique pour un classic rock stoner limite grungy super efficace. Le chanteur guitariste, a lui un physique inverse à sa gorge : frêle, mais arrachant ses cordes vocales aussi fortement que cogne son batteur. Le tout avec un sens du rythme, du riff et de la mélodie bon pour les oreilles. On s'inquiétera juste sur le risque de crise cardiaque du chanteur, tant celui-ci se donne à fond. Pas sûr que je pourrai écouter cette énergie dingue à longueur de temps sur ma platine, mais c'est à voir absolument live.

Puis entre en scène le jeune James Jared Nichols, un clone physique de John Sykes et de Doug . Aldrich : Blond à forts abdominaux. Question énergie, il clone bien aussi ses aînés. Question guitare, il se débrouille bien dans son rock blues sans les égaler. Là où le bât blesse, c'est au niveau de sa voix qui reste assez banale, même s'il donne beaucoup de convictions. Son coté poseur, au premier abord, pourrait agacer, mais au final, on ressent bien la passion, et donc une certaine sincérité, que le jeunot dégage. Ses 2 acolytes l'entourent bien, avec un second batteur cogneur, mais davantage métronome que celui de KOTN, en moins complet, mais tout autant fracasseur. On passera donc là aussi un agréable moment, avec notamment 2 reprises : Mississippi Queen et Hoochie coochie man. Le groupe trouvera son succès sans aucun doute dans les clubs américains, et plus si affinités.

C'est donc bien chaud qu'on attend l'ex de quasi tout le monde. [photo: journal Le Parisien]

On entend le début d'une intro de musique classique, les lumières s'éteignent, et puis . grosse baffe de méga bonne surprise : sort des amplis, le fameux refrain chanté et boosté par Glenn Hughes dans les années 90 du groupe de rap pop The KLF - America : le single What Time Is Love ? . pinaise, ça dépote ! Quelle super bonne idée avec cette voix hyper puissante ! C'est d'autant plus drôle que la septième star s'était plainte de ne pas avoir été payée pour cette session. Mais aujourd'hui, The Voice vit au temps de l'amour, comme il nous le dira dans un anglais sans accent, et dans un discours, assez humoristique, bien plus court et supportable que ne le relaient certains.
Arrive donc le trio sur cette divine intro, tous sourires. Doug Aldrich ayant un rang à tenir, veut tout de même rappeler au jeune Jared que malgré sa cinquantaine, c'est lui la bombasse de la soirée en montrant aussi ses abdo, mais avec une attitude plus sobre, plus relax, et moins laqué que dans la grosse machinerie de Whitesnake. Du coup, un brin de soulagement me gagne. J'avoue que j'appréhendais ce trio : n'étant pas super fan de l'ex-guitariste de David Coverdale et Dio, au jeu bien lourd, je le voyais mal dans ce cadre du trio, et un répertoire partiellement funky. Et comme dit plus haut, son look trop aguicheur m'agaçait, à moins que cela ne fut de la jalousie de voir des bulles de bières flotter à la place de mes abdo. Le coté look coco rassurant, quid du côté musical ?

Si j'avais imaginé une set list davantage axée hard rock vu la présence d' Aldrich, et basée sur des titres de Hughes-Thrall et de Hughes-Iommi, il n'en sera rien : on aura droit à une set list Best of du bassiste chanteur. Probablement que le Maître a voulu surfer sur son succès dans King of Chaos, le Purple Album de Whitesnake, et frustré, rappeler son histoire, après 4 albums sans tournée véritable. (les 3 BCC + le California Breed) !?
Et à ma grande surprise, la magie opéra (normal dans un théâtre). Le trio groove à souhait, mais surtout jamme à donf . un batteur qui cogne dur aussi - ce sera la soirée des bons bûcherons, victoire pour celui de KOTN pour votre serviteur - on a droit à des morceaux à rallonge, mais c'est du très bon rab . On oublie que le chanteur est aussi un excellent bassiste. Pff quel groove, quel feeling pour placer le bon grave et le bon ''ouainn ouainn'' au bon moment.
Et le blond guitariste le sait aussi, et ne se gêne donc nullement pour aller chercher la complicité du bassiste. Le trio communique vraiment bien son plaisir, notamment un Doug qui, contre toute attente, m'aura ravi. Oh ! Il aura tout de même ses quelques longueurs et lourdeurs guitaristiques (Mistreated n'a pas besoin d'une intro aussi longue, mais merci tout de même pour le clin d'oeil à Soldier of fortune que peu ont reconnu dans cette version électrique), mais ses longueurs seront minimes. Le guitariste, n'est pas un funkman, rockisant un tant soit peu, mais à peine les titres ; il s'adaptera plutôt bien au répertoire, et ne sera pas aussi pénible qu'avec le Serpent Blanc. On aura aussi droit à une belle joute guitare-batterie annonçant le solo, dispensable, de batterie de Pontus Endborg, gros cogneur de studios. La joute se suffisait à elle-même.

Au-delà de son image cool, de son jeu adapté de ce soir, Doug Aldrich ne sera pas avare en louanges et en gestuelles respectueuses et honorifiques envers le grand chanteur. Cette attitude modeste finira par me séduire complètement, avec comme point d'orgue (hé hé), son discours hommage présentant Glenn Hughes comme un ''Trésor pour le rock''. Respect.
Parce que oui, oui oui, . The Voice n'usurpe pas son titre. Au passage, cessez de vous faire une idée de ses prestations sur utub aux sons pourris - même moi qui suis die-hard fan, il peut m'agacer sur ces vidéos là - allez l'écouter en vrai. Ses modulations, sa voix suave, ses aiguës vous prennent à la gorge sur scène. C'est d'un tout autre relief incomparable. S'il abuse des aigus qui sont devenus sa marque de fabrique, comme l'étaient devenus les couinements pressage de couilles de Mickaël Jackson à chaque fin de phrases, il n'empêche que ceux-ci sont parfaits, impressionnants de puissance et de justesse. La partie finale a capela sur Mistreated est juste phénoménale. Votre pseudo Christian Lamet (hommage pour les 30 ans de Hard force), regrettera son omission de passages vocaux plus graves et bluesy, mais il se rattrapera sur le fabuleux Black country, le grand moment et désormais classique sur lequel Glenn lâche toute sa fougue hard, et il le montre bien aussi physiquement. Et puis l'enchaînement Black Country-Burn est à tomber. Grosse tuerie.
Entre temps, les sieurs auront présenté dans de belles versions les standards de DP, de Trapèze, le classieux First step of love du culte Hughes-Thrall. Mais c'est sous-estimer les excellents titres solo du maestro que sont Soul Mover et l'enjoué Can't stop the flood. Titres qui seraient des classiques dans un autre cadre. Clin d'oeil sympa aussi pour Doug en reprenant une de ses compo dans Whitesnake Good to be bad, jouée ici davantage funky que rentre dedans, et qui donc ne dénotera point dans la soirée. Seule baisse de régime : Vocalement Glenn chantera un ton en dessous l'excellent One last soul, faisant perdre au titre sa puissance particulière. Faut dire que vocalement ce titre en impose aussi, un peu comme la seconde partie exigeante d'Addiction. Bref un autre titre serait donc plus adapté pour le live. Autre petit bémol : un sous mix de la voix au début du show, et à la fin, pour mettre en avant la guitare sur l'opener et les rappels. Il n'y avait pas besoin.

Si Hughes est une valeur incontestable de l'histoire du rock, ce trio-là sera allé au-delà de mes espérances. Avec ce côté jam impro, on peut en conclure qu'Aldrich et Hughes, ont grandement respecté l'héritage scénique des années 70, que le Purple actuel a parfois du mal à préserver. Et ce genre de jam sur scène est plutôt rare, quand des artistes de ce niveau présentent autant de classiques, souvent jouer live en mode Greatest Hits sans saveur, voire sans âmes. Il n'en fut rien ce soir-là, c'est pourquoi, je maintiens que Glenn Hughes est celui de la DP family qui perpétue aujourd'hui le mieux, le style scénique du Deep Purple des 70. Un comble au final pour celui qui a quelque part généré la fin du groupe à cette époque-là. Le public, plus accès revival que die hard fan - vu les réactions et certains commentaires, beaucoup semblaient venir pour les classiques purplien - aura su rendre hommage aux Artistes présents, mais en douceur, sans casser les lunettes.
Merci Messieurs ! Ce fut une ovationnelle excellente soirée, des 3 groupes et de ce trio là, dont je me prends même à rêver d'un album, un Hughes-Aldrich. Après le caprice de Joe Bonamassa, Hughes se cherchait un guitariste à son échelle : il l'a désormais ! Allez chiche !?

The Voice of Rrockkk ! Mister Glenn HUUUUUGHES !

Set list :
Intro (What time is love) - Stormbringer - Orion - Way back to the bones - First step of love - Touch my life - Sail away - Good to be bad - solo guitar (Soldier of Fortune) - Mistreated - Can't stop the flood - One last soul - Soul Mover - Black Country - Burn



RADIO BIRDMAN


Paris
Le Trabendo
11 juin 2015


[par Boucle d'Or]


Radio birdman, groupe mythique australien des années 70 repasse enfin par la France après une absence sur les planches de 8 ans. Faut dire que leur discographie n'est pas très étoffée (3 albums de 1977 à 2006) et leurs tournées rares, ne sont pas très fournies en nombre de concerts. Ne les ayant encore jamais vu, je converge vers Paris, direction le Trabendo.
Premier constat, en cette très chaude soirée parisienne du 11 juin, ce n'est pas la foule des grands jours. La salle n'est pas très grande et environ 200 à 300 personnes seulement ont fait le déplacement. (Au même moment Mc Cartney rempli le stade de France). Qu'importe car les conditions sont alors optimales pour apprécier le set et l'acoustique est irréprochable.
Parlor Snakes groupe franco-américain ouvre les hostilités avec un rock garage tantôt punk tantôt plus blues agrémenté de balades. Très bonne maîtrise en live, ce groupe est à suivre.
Après un petit intermède dans la cour extérieure du Trabendo pour un petit rafraichissement dans une ambiance estivale, c'est parti avec Radio Birdman pour une vingtaine de titres envoyés avec énergie et sans temps morts ! Ca démarre en trombe sur « Smith and wesson blues » mettant d'emblée dans l'ambiance avec un rock garage punk forgé du même métal que les stooges. Autre influence marquante du groupe, Blue öyster Cult sur les morceaux plus mélodiques et faisant la part belle aux claviers. Le groupe emmené par Ron Younger est visiblement très heureux d'être là malgré une fosse clairsemée.
S'ensuivent sans temps mort la quasi-totalité de leur répertoire « Do the pop », « Non-stop girls », Burn my eye », « Man with the golden helmet », Hanging on ».. Jusqu'au tubesque « Aloha steve and danno » ainsi que quelques reprises de groupes assez obscurs (Magazine, The Masters Apprentices). Au bout d'une bonne heure de riffs bien balancés c'est déjà l'heure des rappels avec une dernière salve de quatre titres, le show se terminant alors par la reprise « TV eye » des Stooges.
Heureux de les avoir enfin vus, mais un peu déçu par l'affluence et la durée du concert (75mn).



NICO WAYNE TOUSSAINT


Marciac (32)
Festival "Jazz in Marciac"
8 août 2015


[par Franck and Furious]


12h Festival de Jazz à Marciac :

NWT est le symbôle même de l'incompréhension culturelle musicale en France. Pour l'avoir vu une bonne dizaine de fois en 15 ans, je n'ai jamais vu un concert où ce swingueur bluesman ne fasse pas lever le public. A chaque show, il obtient les vivas de la foule, qu'elle soit profane ou mélomane. Pourtant, cet artiste local se produit encore au festival Off de Marciac, alors que son talent et son énergie devraient le conduire sur la grande scène. Peut être est-ce du à notre sous-culture du blues ? À notre snobisme envers un artiste local ? au fameux '' nul ne sera prophète en son pays'' ? J'avoue que je n'y comprends rien. Je ne suis pourtant pas un grand fan du son de l'harmonica. Mais ce crooner showman arrive toujours à m'embarquer ; souvent par ses jams infernales, ses solos saisissants, mais aussi par sa voix légère, son énergie communicative, et au final par sa bonhomie.
Et une fois de plus, comme l'exquise Liz Mc Comb à un concert palois en plein air, ce bluesman reconnu par ses pairs de la New-Orleans, ira affronter une pluie fine en se mêlant à la foule, trempant son costume de pluie et de sueur. Son blues a immunisé de la rouille, son harmonica. Il est toujours aussi possédé par sa musique, celle du blues. Le public solidaire et envoûté, se met aussi à taper des claquettes sur l'eau d'un La de Nougaro. Tout le monde fait la danse de la pluie, et accepte volontiers la voile perméable du chapiteau. Car Nico Wayne nous perce aussi au fond de notre âme, avec ses musiciens complices et enjoués, avec notamment un guitariste au style bien seventies, un batteur subtil et généreux de 2 solo, et un bassiste auréolant son court solo de basse par un second solo de saxo .
Au delà du blues, de son talent d'harmoniciste, et de son énergie, on oublie aussi que son jeu est très swing. Bref, Nico et ses potos nous offrent une palette de talents. Et le public présent, leur en sera reconnaissant . comme d'habitude.
PS : pour les locaux, NWT se produit régulièrement, jam ou concert complet, et parfois gratuitement au pub-concert de Pau, le Showcase Time. Venez le découvrir, il le mérite, et en plus, vous ferez une double belle action : vous soutiendrez ce pub qui se bat pour présenter la scène artistique.

***

18h30 à l'église de Villefranque:

A 20 km plus loin de la cité du jazz, comme le rappellera notre hôte, le blues, quelque peu diabolique, s'invite dans une jolie petite église, que révèlent souvent nos jolies campagnes de France. La set list sera quelque peu remaniée, notamment en fonction du lieu. On aura droit à un solo de guitare bien plus long et toujours aussi inspiré ; à la suppression d'un solo de batterie, mais surtout à 2 bonnes surprises : un superbe solo de saxophone que relèvera toute la saveur, l'acoustique solennelle du lieu ; solo précédé par une grande première, dixit le chanteur himself, d'un chant gospel . et à capela aussi s'il vous plait. L'harmoniciste, peu coutumier de l'exercice religieux, n'en mène pas large. Sa voix légèrement fébrile se casse jouïssivement et nous embarque dans un feeling émouvant, pour finir dans une puissance vocale plutôt rare pour le chanteur et absolument divine. Je ne crois pas avoir déjà entendu une si belle performance vocale de l'artiste !? Et lui-même semble agréablement surpris par sa prestation aussi réussie. A renouveler absolument.
Les croyants de ce soir là remercieront par une standing ovation. A croire que les anges étaient bien présents ce soir là en ce lieu... un verre de whisky à la main bien sûr.



PRIMUS


Toronto (Ontario, Canada)
The Danforth Music Hall
11 juillet 2015


[par Barjozo]


Il est des musicos qui vous font rêver. Que ce soit par leur look, leur popularité, leur maîtrise de la composition, ou tout simplement leur style musical. Les Claypool est de ceux-là et cumule tous ces éléments avec par dessus tout ce son de basse, ce style si caractéristique qui voit la basse, pauvre instrument muni de 4 modestes cordes, se retrouver transcendée et miraculeusement éblouissante. Claypol donc, un génial saltimbanque au look de Mr Tournesol qui a des idées plein la tête et dont l'hyperactivité semble quelque peu pathologique à moins qu'elle ne découle de quelques substances prohibées hallucinogènes (chacun sa muse).
Voilà-t-il pas que je me trouve à Toronto sur un des deux sets de Primus. Alors j'aurais préféré un concert 'classique' sur la tournée nord-américaine avec en première partie... Dinosaur Jr excusez du peu ! ! ! Mais bon faut pas trop en demander et je n'assisterai "que" à une représentation du Charly et la Chocolaterie: show scindé en deux avec une première partie 'classique' où le trio s'en donnera à coeur joie pendant plus d'une heure sur un répertoir basé sur leur récent album "Green Naugahyde" [2011], la deuxième partie d'une heure également les verra rejoindre sur scène par le Fungi Ensemble (un violoncelliste et un xylophoniste) pour l'exécution du fameux album concept sur Charly (pas le parisien celui qui gagne au tirage, mais l'autre celui qui gagne le billet gagnant dans une tablette de chocolat) paru en 2014. Notons sur cette 2e partie un décor au psychédélisme débridé (champignons géants sur scène et couleurs vives contrastant avec la sobriété du décor de la première partie du concert) alors que Claypool s'est affublé d'un long nez en carton pate et jouera tantôt de sa basse classique, tantôt d'une contrebasse.
Ambiance bien chaude dans la salle avec un public connaisseur qui reprendra les refrains des classiques du groupe. Les rappels furent survoltés avec "Too many puppies", "Last salmon man" et "Southbound pachyderm".
Au total ce concert m'a confirmé que oui, Claypool est vraiment un super bassiste.



H E L L F E S T 2015


Clisson (44)
Val de Moine
19, 20 et 21 juin 2015


[par Barjozo]

Interview (plus vraie que vraie) de Barjozo par Patrick Cohen, ses impressions, ses déceptions, ses coups de coeur...


-Patrick Cohen: "Alors Barjozo, cette édition 2015 du Hellfest comment c'était?"
-Barjozo: "Salut Pat'. Le Hellfest 2015 était bien sympatoche encore une fois, même si un peu en deçà de l'édition 2014 il faut le dire d'emblée. Mais bon l'affiche de l'an dernier était monstrueuse..."
-PC: "On peut essayer de détailler un peu?"
-BJZ: "OK mec, alors commençons par le vendredi. On est arrivé sur le site vers 16 heures et donc on s'est chié, euh 'scusez Patrick, on s'est raté The Midnight Ghost Train, Truckfighters, Vulcain, The Quireboys, Armored Saint, rien que çà..."
-PC: "La vache, 'jamais entendus ces noms là, mais je vous coupe, continuez, continuez.."
-BJZ: "OK Pat. Donc on arrive sur Orchid, très bon groupe mid-stoner sous la Valley. Bon son, bonne ambiance. Un groupe à revoir sur plus long car avec un potentiel certain."
-PC: "Orchid, c'est avec le chanteur dit Dimite?"
-BJZ: "Non, non, tu confonds avec la chtouille, la chaude-pisse quoi."
-PC: "Ah, désolé"
-BJZ: "Ouaih. Ensuite on est passé sur les mainstages. Et là on a eu droit à un vieux de la vieille, avec Billy Idol himself, entiché de Steve Stevens à la gratte.
-PC: "Ah, là je connais! Billy Idol c'est lui qui chante 'Rebel Yell'"
-BJZ: "Exact mon Pat! Tu m'en bouches un coin! Donc le vieux rockeur (59 ans au compteur) nous a gratifié d'une prestation moyenne sur un set bien charpenté autour de ses hits, ainsi que 'L.A. woman' une reprise des Doors, rebaptisée 'Hellfest woman' pour la circonstance. Ensuite on a évité Sodom en serrant les fesses, pour tenter d'écouter Motörhead. Alors là grosse déception car le père Lemmy avait la mine des mauvais jours: teint blafard, tremblotte (pour boire... son eau gazeuse) et déplacements hésitants sur scène. Ca sentait le sapin à plein nez...
-PC: "J'ai déjà préparé son oraison funèbre que je passerai dans mon 7-9 sur Inter."
-BJZ: "OK Pat, mais le gus est résistant, c'est peut-être pas pour demain!"
-PC: "J'ai même choisi le fond musical.."
-BJZ: "Attends, laisses-moi deviner: 'Killed by death'?
-PC: "Exact!"
-BJZ: "OK Pat. Ensuite on est passé sous le Temple pour écouter un peu les incantations de Cradle Of Filth (show sur YouTube), avant de bien se placer sous la Valley pour LE groupe du vendredi: Mastodon. Et là, énorme satisfaction. Set puissant, carré, ne laissant rien au hasard. Setlist basée sur presque la moitié des titres du dernier LP 'Once more round the Sun' (2014). Rien à redire. Je suis sorti de là avec la banane!"
-PC: "Et ensuite?"
-BJZ: "Ensuite on est revenu sur la mainstage 1 pour voir Bobby et ses sbires de Judas Priest. Un concert sans surprise avec des gars très professionnels et un chanteur aux cordes vocales toujours au top. La classe. Pour finir on a écouté d'une oreille distraite Slip-'fuckin knot. C'était 'fuckin amusant, dans un style assez 'fuckin bariolé, des masques 'fuckin horribles. Bref, un 'fuckin groupe de sa mère!"
-PC: "Excellent comme somnifère avant une bonne nuit de sommeil donc?"
-BJZ: "Exact, mon 'fuckin Pat"
-PC: "Voyons, Barjozo, arrêtez, vous allez me faire rougir..."
-BJZ: "Allez, on passe au samedi?"
-PC: "Vous avez réponse à tout!"
-BJZ: "Question réponse en effet, avec les irlandais de The Answer! Du bon, du très bon rock n'roll. Sans artifices ni propos déplacés, ces musicos ont su délivrer un excellent concert de rock. Ensuite on a vu, toujours sur la mainstage 1, les australiens de Airbourne. Malgré de gros problèmes de sono, ils s'en sont tirés avec les honneurs, toujours emmenés par un chanteur/guitariste complètement déjanté."
-PC: "Je savais pas qu'aux antipodes AC/DC avaient fait des émules."
-BJZ: "OK Pat. Ensuite j'ai fait l'impasse sur Slash et me suis rendu sous la Valley pour voir Brant Björk and the Low Desert Punk Band (photo: Barjozo). Bien m'en a pris car franchement le set stoner auquel nous avons eu droit était quasi... miraculeux. Un océan de cordes tantôt bluesy, tantôt heavy, avec un groove monstrueux. On ne pourra leur reprocher que leur jeu de scène très statique, BB paraissant hyper-concentré sur sa 6 cordes...Un des concerts du week-end."
-PC: "Björk, il est islandais?"
-BJZ: "Ah, ah, ah!"
-PC: "Quoi, j'ai dit un bétise?"
-BJZ: "OK Pat. Après j'ai regagné les mainstages. C'était le tour de Killing Joke (show sur YouTube). Pas trop ma tasse de thé mais prestation honorable au final. On a enchaîné ensuite sur le boogie-rock de ZZ Top.."
-PC: "..Gimme all your lovin'"
-BJZ: "Formidable Pat, comme quoi quand tu veux! Bon set des barbus, mais sans aucune prise de risque. Du classique, mais tellement bien fait qu'on s'y laisse prendre. Puis arrivèrent sur scène les 5 gars de Faith No More. Déboulant sur leur single 'Motherfucker' et l'enchaînement sur 'Be aggressive' leur setlist bientôt entrecoupée de titres plus cools, genre 'Easy',ou 'Evidence' mettra le public dans leur poche. Patton et Bottum (claviers) titillèrent même leur auditoire à plusieurs reprises. Un must dans le genre, qu'on peut voir ou revoir sur YouTube."
-PC: "Et après vous avez vu Scorpions?"
-BJZ: "Après on a eu droit à un feu d'artifices assez génial et en totale adéquation avec le festival. Mais pour ce qui est de Scorpions, j'avoue avoir fait l'impasse et m'être rendu (encore!) sous la Valley pour le set des rockers belges de Triggerfinger."
-PC: "Trigger..?"
-BJZ:"..Finger. Oui Pat. Magnifique concert pour ce trio peu connu mais qui devrait casser la baraque dans les prochaines années. Après on est allé voir Cronos, le chauve leader de Venom, groupe de thrash mythique qui nous a délivré un show (disponible sur YouTube) sans fumigènes mais très correct, basé sur de vieux morceaux des premiers LPs (en vrac 'Countess Bathory', 'Buried alive', 'Die hard', ou encore 'Welcome to Hell').
-PC: "Donc encore une journée bien remplie dites-moi Barjozo?"
-BJZ: "Exact mon Pat! Et encore une petite nuit, mais le Hellfest c'est que 3 jours par an!"
-PC: "Et dimanche alors, vous êtes allés à la messe au moins?"
-BJZ: "Non mon Pat, ni messe noire ni messe blanche, par contre on est allé se becter quelques crèpes à Clisson-city center.
-PC: "C'est bien de faire tourner les petits commerces locaux, Emmanuel Macron va être content!"
-BJZ: "Ouais. Mais du coup on est arrivé après 15h30 sur le site juste pendant le show d'Exodus que j'ai pas vraiment pu apprécier."
-PC: "C'est du reggae ma parole!?"
-BJZ: "Non, Pat, c'est du thrash hardcore! Enchaînement sur A Day To Remember pas tellement inoubliable que çà, puis Nuclear Assault. Alors là, grosse déception: chanteur bouffi et sans voix, rythmes un tantinet poussifs. Bref, il ne m'en fallait pas plus pour me diriger rapidement vers la Warzone pour le show des Wampas."
-PC: "Des français je crois?"
-BJZ: "Exact mon Pat, des punks d'origine gauloise nous ayant asséné un très bon concert convivial et même 'rafraîchissant' en cette fin d'après-midi ensoleillée. Prestation très sympathique par des gars qui ne se prennent pas trop au sérieux. Tu devrais inviter Didier Wampas dans une des matinales d'Inter, çà revigorerait un peu ton émission car franchement des Le Pen, Valls et autres Fillon on en a raz la casquette.
-PC: "Ok Barjozo j'y penserai mais bon tu sais le formatage on a du mal à y couper..."
-BJZ: "Après le bon show des Wampas, on revient vers les mainstages pour voir Epica. Bon là j'aime pas trop, le symphonic-metal ça me barbe même si les chanteuses sont visuellement intelligente. Après on assiste au début du set de Limp Bizkit sans beaucoup d'enthousiasme (show sur YouTube) avant de se diriger vers l'Altar pour un des groupes du jour, les suèdois d'At The Gates."
-PC: "C'est très international le Hellfest! Vous avez des roms aussi?"
-BJZ: "Très drole. Bon pour revenir à At The Gates, show intense, mélodies imparables, chanteur branché sur 220v. Une des très belles prestations du week-end sans aucun doute. C'est le dernier concert que j'ai vu intégralement me contentant par la suite de jeter un coup d'oeil sur Korn (show sur YouTube), dont je ne suis pas fan, ou encore Arch Enemy et sa plantureuse chanteuse (show sur YouTube) mais là aussi peu de dopamine générée dans mon système limbique déjà quelque peu émoussé et fragilisé par tant de bonnes choses sur ce week-end clissonais."
-PC: "Ah oui, la dope à mine je connaîs. Ils la vendaient cher sur place?"
-BJZ: "..ta race! Fuck off, motherfucker!"
-PC: "ok merci et à vous les studios!"




Cenon (33)
Le Rocher de Palmer
[par Nico]


Rival Sons! Enfin!
Découverts peu après le HELLFEST 2012, nous étions tous passés à côté de leur concert sous la tente de la Valley. 4 albums en 6 ans, voilà leur oeuvre blues-rock, aux inspirations très dirigées initialement vers notre Vénérable Dirigeable...entre autres...
Et puis...en 2014, ils atteignent le sommet du podium Barjozien... C'est: LA CONSÉCRATION! (Ceux qui rient au fond, je vous vois!) Bref, l'ami Barjozo ayant prétexté une soirée "Water-Poney", nous voilà donc à Cenon, au Rocher de Palmer, avec mon épouse ainsi que l'ami Boucle d'Or.

N'y ayant jamais mis les pieds, je vous en fait une rapide description... C'est un complexe d'apparence externe très moderne et rouge écarlate, contrastant avec le haut du parc du château de Palmer...et sa vue sur la Garonne et Bordeaux...rien de moins...
Une jolie pelouse inclinée mène au sous-sol où se situe la salle de concert. Avant et pendant le concert, un DJ joue du rock/hard-rock à Papa pendant que la (mini) foule prend un bain de soleil en profitant du bar à l'extérieur...ça sent l'été...c'est loin d'être désagréable!!
La première partie à 20h30 éclaircit un peu la pelouse et nous rejoignons la salle, notre verre à la main pour les deux derniers morceaux d'un groupe anglais: "Kill It Kid"...rock-blues lui aussi, intéressant et méritant une ré-écoute active à l'occasion.

Après son intro du "Bon, la Brute et le Truand", Rival Sons déboule sur scène à 21h30 avec le titre d'ouverture du dernier album: "Electric Man". S'ensuivent: "Good Luck" et "Secret", du même "Great Western Valkyrie". Les R.S vont aller puiser dans chacun de leurs albums pour notre plus grande satisfaction. Après 6 premiers titres électriques dont "Pressure and Time" et le très planant "Manifest Destiny, Part 1", la scène est réaménagée pour un petit set acoustique de 4 morceaux permettant de revisiter par exemple "Burn Down Los Angeles" ou "White Noise" avant un retour aux Watts pour 5 chansons! (dont les superbes "Torture", "Tell Me Something", "Rich and the Poor" ainsi que "Where I've Been").
Un faux rappel (à peine le temps d'applaudir ou de siffler un peu!!) et les revoilà pour deux derniers titres ("Open My Eyes" et "Keep On Swinging") entrecoupés d'un (dispensable mais heureusement court) solo de batterie.

Concernant la prestation et en résumé: 17 titres, 1h45 de concert quasi sans temps mort, un super son (bien équilibré, propre, costaud mais pas trop), des musicos affutés et un chanteur littéralement habité et électrifié...WAOUW!! Ça valait le déplacement!!!
Le lendemain, Rival Sons se rendait chez nos voisins toulousains et 4 jours plus tard (excusez du peu!), nos compères se produisaient au "Monsters of Rock" à Sao Paulo...mais pour dix petits titres seulement....

Quand on vous dit qu'il fallait être à Cenon....PHÉNOMÉNAL!!!



Angelo BRANDUARDI


Bordeaux (33)
Théâtre du Casino Barrière
5 avril 2015

[par Barjozo]

Chroniquer un concert du troubadour italien Angelo Branduardi (65 printemps) sur ce site dédié au rock souvent dur et violent peut paraître antinomique. Pourtant j'avoue avoir toujours écouté ce virtuose et cela depuis mon adolescence. Peut-être est-ce parce que mine de rien, il propose également une musique underground, loin de sentiers battus et des crédos habituels proposés par les radios et TV formatées par les grands groupes de l'audiovisuel. En suivant son petit bonhomme de chemin, cet artiste hors du commun a su rester honnête et fidèle à ses fans.

Le lieu du concert est un antre du capitalisme, soit le casino bordelais du groupe Lucien Barrière, leader français de la gestion des casinos avec Partouche et Tranchant... Pour l'anecdote et le côté 'pipol' rappelons que le PDG actuel du groupe, D.Desseigne, est le père de l'enfant de l'ex-garde des sceaux UMP, Mme Rachida Dati, et qu'il a récemment écopé d'une condamnation à verser une pension alimentaire à celle-ci. Encore un témoignage navrant des liens qui unissent jetset, grosses industries et politiques. Mais bon je m'éloigne du sujet...

Branduardi nous a offert un superbe concert, agrémenté d'explications érudites sur l'histoire de la musique, en français svp. C'est ainsi qu'il a proposé un set en deux parties: la première était celle du corps, basée sur les rythmes tribaux et une incontestable pulsion rappelant les battements cardiaques; la seconde était celle de l'esprit, en faisant fi de la batterie et en laissant libre cours à la mélodie et la douceur des notes pour obtenir l'extase, but ultime.
Le pire c'est que le bougre et ses quatre musiciens y sont arrivés haut la main. Mélangeant des compositions récentes et d'anciens titres, le troubadour italien nous a emmené avec lui dans son univers musical empreint de mysticisme et de romantisme. C'est ainsi que j'ai pu ré-entendre un titre comme "Le cerisier" avec un bonheur qui n'avait d'égal que le nombre d'années qui m'en séparait de mon écoute précédente sur 33T... Pour ceux qui connaissent un peu nous avons eu "La luna", "Sous le tilleul", "Le don du cerf", "La demoiselle", "Va où le vent te mène/Cogli la primavera", "Bal en fa dièse mineur", etc. Le solo de violon ('cadenza') proposé par Branduardi sur la fin du concert reprenait "L'hiver" de Vivaldi, avec une facilité déconcertante...
Vraiment un excellent moment, loin du temps, sur une autre planète, avec un mec tout simplement hors du commun et génial.



THE LORDS OF ALTAMONT


Fumel (47)
Pavillon 401
15 mars 2015

[par Boucle d'Or]

Le pavillon 108 est une petite salle de concert située à Fumel dans le nord du Lot et Garonne. A l'entrée un bar, puis la fosse et au fond la scène, capacité max à la louche 300 personnes. Ca me rappelle un peu le Jimmy, club bien connu des Bordelais dans les années 80.

Ce dimanche soir apéro-rock au programme pour la modique somme de 7 euros avec deux groupes à l'affiche. Entre 100 et 150 rockers se sont donnés rendez vous pour leur dose de décibels. A peine arrivé vers 18h00, le temps de prendre une mousse et CRITICAL PROJECT monte sur les planches pour une petite heure de concert. Ce groupe local nous assène un mélange de rock parfois lourd tendance métal puis teinté d'électro et enfin pop. La chanteuse assure en anglais et les musiciens font leur taf avec un mur du son puissant et clair. J'ai sur certains morceaux pensé à Rage Against The Machine pour la puissance et la fusion de plusieurs genres. Le public réagit bien et le groupe remplit pleinement sa mission.

Les lords of Altamont existent depuis 15 ans déjà. Cette bande de Bikers a tiré son nom du célèbre festival de la cote ouest qui se voulait une réplique à Woodstock en pleine période hippie. Un spectateur noir a été dézingué par des hells angels défoncés qui assuraient la sécurité durant le concert des Rolling Stones. Des viols ont été commis. On a alors sifflé la fin de la récréation, le flower power était mort..
Leur musique est une sorte de garage (hard) rock parfois violent et de rock psyché qui prend ses sources chez les Stooges, Radio Birdman. Plus de 20 musiciens sont passés dans ce groupe mené par Jack « the Preacher » Cavaliere au chant et au clavier. C'est en configuration minimale (quatre musiciens, alors qu'ils se produisent parfois avec des chanteuses/guitaristes) que les Lords prennent possession de la petite scène.
Pendant 1h10, le groupe va nous pilonner avec un déluge de décibel, et d'énergie. Jack tatoué, tout de cuir vêtu fait le show et malmène son clavier n'hésitant pas à monter dessus. Le groupe est bien rodé et la puissance de feu fait mouche (« FFTS », « 3/5 of a mile in ten seconds », »get back in the car », « save me »).
Manque juste que le public un peu assommé n'est pas très participatif. Il manque même des troupes avant la fin du concert (l'heure de manger ? ne pas rater le film du dimanche soir ?). Dommage tant ce groupe venu jouer au fond de nos campagne méritait mieux. Le concert fut court mais suffit à me décrasser les cages à miel. A 21h00 tout est fini, mes oreilles siffleront toute la semaine, mais putain que ça fait du bien !

Je vous conseille chaudement leur cinquième et dernier opus sorti en 2014 « Lords take Altamont », disque uniquement constitué de très bonnes reprises de groupes ayant participé à ce funeste festival : Rolling Stones, Jefferson Airplane, Santana..







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