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Chroniques de concerts









En 2017 :


PROPHETS OF RAGE


Paris
Le Zénith
10 novembre 2017


[par Barjozo]



Prophets m'a tuer..

"L'alchimie entre un groupe et le public du concert d'un soir est toujours plus délicate à obtenir que certains ne veulent le croire." [Lester Bangs]

Zénith. Paris. 10 novembre 2017. Peu après 21h les lumières s'éteignent et DJ Lord prend place derrière sa console pour un mix d'une vingtaine de minutes afin de chauffer la salle. Pêle-mêle, il va balancer à sa sauce tout un tas d'airs plus ou moins connus dans une sorte de blind test improbable. Alternant des standards heavy comme "War pigs", ou "Smoke on the water" et des brûlots pop du style "Billy Jean", "Punjabe MC" ou "Eye of the tiger" ou encore les classiques "Enter sandman", "Sweet child o'mine", "Smells like teen spirit" entre lesquels il réussit l'exploit d'intercaller quelques relents de "Star wars" et du "Star spangled banner" à la sauce Hendrixienne. Retentit ensuite une sirène stridente et tous les musicos montent sur scène poing levé. Et là, tous les gradins se lèvent et la salle explose sur le titre "Prophets of rage" et les jump, jump, jump, jump de B-Real et son keffieh vissé sur le crâne.

Une entrée en matière absolument apocalyptique question ambiance, puissance, énergie dégagées. Là où Bernie la veille avait mis une plombe à faire se lever le petit Trianon, les Prophets n'ont mis que quelques secondes à faire se lever l'intégralité des gradins du Zénith parisien...Public qui restera debout tout le long des 2h du set des américains (à ce propos c'est bien la première fois que je paye une place assise et reste debout! Arnaque! lol).

Cette ambiance de feu et de folie n'aura de cesse que d'aller crescendo au fil des titres en particulier ceux de Rage Against The Machine (RATM) sur lesquels Tom Morello, gratte en bandoulière style bazooka estampillée F*ck Trump nous a asséné ses riffs si caractéristiques avec une ferveur et un plaisir non dissimulés. Dire que le public était réceptif à ces ondes positives est un doux euphémisme: ça bougeait dans tous les sens et les pogos dans la fosse étaient légion. Les 2 chanteurs (le pré-cité B-Real de Cypress Hill et Chuck D de Public Enemy) ont fait montre pendant tout le set d'une complicité palpable, comme s'ils avaient toujours été unis au sein d'un même combo, réussissant même à lancer un circle-pit au milieu du Zénith en total délire. Les titres "Bullet in the head" et "Killing in the name" (last track) furent tout simplement déments.

Au milieu de ce déluge de son et de sueur nous avons également eu droit à un peu d'émotion avec un hommage au regretté Chris Cornell sur le titre d'Audioslave "Like a stone" joué purement instrumental, Morello demandant à ceux qui connaissaient les paroles de chanter, et aux autres de faire une prière pour son défunt pote. Notez aussi un medley hip-hop en milieu de concert avec des reprises de Cypress Hill et Public Enemy savamment mélangées et jouées uniquement par les 3 protagonistes des 2 groupes cités, les RATM s'étant pour le coup éclypsés pour une petite pause (bien méritée) backstage. Et bien vous me croirez ou pas, le public avait l'air de connaître également ces titres!

Les 2 heures du set passèrent à la vitesse de l'éclair et puisqu'il faut une fin à tout c'est sur un "Killing in the name" que les Prophets tirèrent leur révérence. Pas de rappel. Inutile. Un set définitif.

PS. Pour ceux que cela intéresse l'intégralité du concert est disponible online en HD. J'ai pu le revoir. Sympathique. MAIS. Mais aucune comparaison avec l'ambiance vécue sur place.
Non. Aucune...




TRUST


Paris
Le Trianon
9 novembre 2017


[par Barjozo]



Le Trianon, près de Pigalle la blanche est une belle salle de théâtre parisienne au style rococo. Pleine comme un oeuf, elle accueille les vieux hardos de Trust pour une tournée qui toute la semaine les vera se produire dans plusieurs salles de ce type dans la capitale (ils étaient la veille au Bataclan pour 'un concert mémorable' dixit Bernie).

Je ne vous détaillerai pas l'intégralité des titres joués, mais notons d'emblée que le style s'est bien assagit depuis quelques mois lorgnant sur un rythm n'blues appuyé par 3 choristes black aux voix très 'gospeliennes' ce qui nous a valu une excellente reprise d'Albert King "The hunter". Ceci expliquant peut-être cela j'ai trouvé que l'ambiance était plutôt soft et manquait un peu de hargne.
Question bagou le père Bernie sait toujours y faire lançant des petites piques deci delà avec une certaine habileté (il a ainsi balancé sur le vote en marche, mais a aussi égratigné les insoumis et 'ce qui reste' du PS 'si il y en a encore dans la salle'...). Bref, des propos n'oubliant pas de coller un minimum au contexte social pas franchement reluisant ces derniers temps.

Ce n'est qu'au bout de plus d'une heure de concert que le groupe a réussi à faire jumper la salle sur "Démocrassies" ('comme au Hellfest'), puis [enfin] se lever les 2 balcons sur le rappel composé des trois indémodables standards "Préfabriqués", "Certitude, solitude" et l'éternel "Antisocial".




ZOLA JESUS


Paris
Le Point Ephémère
8 novembre 2017


[par Barjozo]



Après la U Arena et ses 40 000 spectateurs, me voici au Point Ephémère et ses 300 places ('a bisto de nas')...Salle difficile à trouver pour un provincial, attenante à une maison des associations le long du canal St Martin. Du coup j'arrive à la bourre et rate la première partie...
21h15 c'est bien la première fois que j'entends La Callas en musique de fond précédent un concert, au mileu d'autres titres mettant en place une ambiance propice au recueillement plutôt qu'à un set rock bien pêchu [...].
Enfin arrive Nika Danilova précédée de sa violoniste et d'un guitariste, les deux seuls musiciens présents sur scène avec elle. ZJ s'occupera pendant le set de gérer les samples pré-enregistrés sur un synthé en alternant les titres dance et les ambiances intimistes. D'emblée je suis agréablement surpris par la voix de l'artiste dont les intonations reprennent les mélodies studio sans accrocs témoignant donc de l'absence de bidouillage à la production de ses disques. Débutant par 2 morceaux issus de son dernier album en date, le splendide "Okovi" la russo-américaine s'essaiera à quelques mots de français pour se mettre le public dans la poche.

Les points culminants du set furent pour moi le très cold-wave "Night" issu de son premier LP "Stridulum II" ainsi que "Remains" et "Witness" deux morceaux empreints de fortes émotions pour elle (l'un étant dédié à un de ses oncles suicidé).
N'allez surtout pas croire qu'il s'agissait d'un concert où le spleen l'emportait sur le reste car des titres comme "Exhumed" tiré d'Okovi ou "Dangerous days" (issu de son avant dernier LP "Taiga") surent mettre un rythme entraînant et dansant dans l'assistance même si celle-ci semblait surtout là pour découvrir cette artiste underground et son univers musical parrallèle.
A voir si vous êtes ouvert à une pop dé-standardisée et en dehors des sentiers battus...




The LORDS OF ALTAMONT


Fumel (Lot & Garonne)
Pavillon 108
21 octobre 2017


[par Boucle d'Or]



Les lords of Altamont sont de retour au Pavillon 108, deux ans et demi après leur premier passage en ces lieux (cf. chronique 2015). La salle récemment restaurée (véritable scène en hauteur, isolation acoustique..) accueille environ 150 pèlerins venus assister à la messe électrique des californiens. Deux groupes ont l'honneur de partager l'affiche.

Venus de Toulouse, les Badass Mother Fuzzers assènent un rock garage énergique qui durant 45 minutes essayera de chauffer le public, assez peu réceptif. Bien joués et bénéficiant d'un très bon son, les titres peinent à décoller par manque d'originalité et le trio finit sous des applaudissements polis.

Il est très rare de prendre une claque sur une première partie. Ce fut le cas ce soir avec les canadiens de Sate, ou plutôt la chanteuse Sate accompagnée de son groupe. Sate, chanteuse black au look mad max est entourée d'un batteur black (arborant un t-shirt Thin Lizzy, classe !), d'un grateux blanc biberonné au rock qui déménage, d'un bassiste black au groove impeccable et d'un clavier lui aussi black assurant également des vocaux avec une voix grave et suave. Ce cocktail détonnant va insuffler une énergie, un groove et une fureur qui n'est pas sans rappeler les Bellrays mais avec en plus une passion débordante et communicative (en gros ils sont super heureux de jouer pour nous), faisant participer le public (Sate s'exprimant dans un français correct). Leur style est un mélange de rock garage blanc type stooges et MC5, parfois heavy, enrobé d'un groove soul (basse et vocaux), chanté par une sorte de petite Tina Turner sous amphétamines ! Car c'est une pile électrique qui arpente la scène et égrène la totalité de leur premier album ("redblack&blue") sorti l'an dernier. Le public totalement subjugué est emporté dans leur univers et acclamé comme il se doit. 50 minutes et leur set se termine, on se dit que l'on resterait bien sur cette dernière impression avant de rentrer.

Mais les patrons ce soir, ce sont les Lords of Altamont et il va être difficile de faire aussi bien. De plus, il est plus de 22h30 quand les quatre californiens déboulent. Venus défendre leur dernier opus « The wild sounds of the lords of Altamont » à peine sorti, le quartette au line up inchangé va balancer son rock sauvage de biker durant 70 minutes, pieds au plancher, potard sur 11. Comme à l'accoutumée, Jake Cavaliere en leader et seul membre original du band capte l'attention du public, aussi bien par son look, son charisme et sa façon de malmener son orgue farfisa (que l'on n'entendra pas, câble débranché ?). Les autres musicos intégrés depuis trois ans sont parfaitement en place et assurent la dynamique rythmique. Le jeu de guitare de Dani Sindaco électrise la formule, ses courts solos vont à l'essentiel et sont redoutables d'efficacité. Une petite vingtaine de titres, joués en faisant la part belle au dernier opus mais aussi en passant par quelques classiques tels « FFTS » et « cyclone » imparables en live, ne laissent aucune chance au public. Qui tel un lapin, à minuit au milieu d'une route, se ferait écrabouiller par une meute rugissante de bikers sortis des enfers, pleins feux et plein gaz. Présents dans le public, des membres de Sate prennent des photos du concert et savourent la prestation.
Un concert aussi efficace que la dernière fois mais avec une ambiance beaucoup plus électrique, un public plus impliqué (grâce à la mise à feu de Sate) et au final un sourire sur la face de Jake « the preacher » Cavaliere qui en dit long.
Groupe culte et authentique, les Lords méritent une carrière identique à celle d'un Motörhead, tant les point communs sont nombreux (look, musique sans concession, nombreuses années à jouer dans des petites salles, pas de melon..). Le temps leur donnera raison.




The ROLLING STONES


Paris
U Arena
25 octobre 2017


[par Barjozo]


"Please allow me to introduce myself
I'm a man of wealth and taste."

Quelle immense (nouvelle) salle que cette U Arena située derrière la Grande Arche de La Défense dans le grand ouest parisien...

"I've been around for a long, long year
Stole many a man's soul to waste."

40 000 personnes de tous âges s'y pressaient en cette fin d'après-midi d'un mercredi d'automne ensoleillé.

"And I was around when Jesus Christ
Had his moment of doubt and pain."

Une, deux pressions et les lights s'éteignent pour laisser retentir quelques notes bien rythmées...

"Made damn sure that Pilate
Washed his hand and sealed his fate."

C'est bien sûr vous l'aurez reconnu l'hymne Sympathy for the Devil qui ouvre le set des Stones...

Je ne sais plus qui m'a dit qu'à eux quatre Jagger, Richards, Wood et Watts avaient plus de 3 siècles. Trois cents ans de rock n'roll avec toutes les péripéties que cela veut dire. Sex, drugs, money et entourloupes en tous genres...

En tous cas avec sa démarche si particulière, Mick Jagger se démène comme un beau petit diablotin et arpente l'immense scène qui s'avance au milieu de la salle comme s'il avait bu toute sa vie un elixir de jouvence éternelle. It's only rock n'roll (but I like it) voilà ce qu'il nous balance aidé bien sûr d'une choriste mais sans que la voix jamais ne tremble. Richards s'avance et c'est Tumbling dice chaloupé comme aux plus beaux jours nous renvoyant 40 ans en arrière sur le mythique "Exile" celui-là même qui changea en pierres précieuses ces vulgaires cailloux roulant à contre-sens d'un british-rock des sixties qui commençait à tourner en rond.

Après 2 titres que je n'ai pas reconnu (reprises?), c'est la fameuse chanson dite public request. And the winner is...She is a rainbow splendide et poignante mélodie dont on sait qu'elle réunit en son temps les Beatles, Stones et Led Zepelin par l'intermédiaire de leur futur bassiste John Paul Jones. Version à pleurer.

La triade qui suivit fut tubesque avec l'enchaînement You cant always get what you want, Paint it black et Honky tonk woman. Public en délire cela va sans dire. Le bassiste (un grand black) virevoltait sur la droite de la scène alors que Ron Wood tentait de suivre Jagger sur scène. Le seul semblant hyper-concentré sur son instrument était Charlie Watts. Imperturbable.
Vint ensuite le temps de la présentation des musiciens. On s'aperçut que les 4 vieux étaient bien secondés par un saxophoniste, un clavier, des choristes...

Je ne sais pas pourquoi de nombreux guitaristes veulent absolument chanter...et Keith Richards s'y est lui aussi fourvoyé pour 2 titres. Passons. Miss you permit à Jagger de revenir au micro et de stimuler son public pour des choeurs bien sentis. La suite ne fut qu'un empilement de mega-hits connus de tous avec dans le désordre (de ma mémoire) une version à rallonge de Midnight rambler sur laquelle les deux guitaristes s'en donnèrent à coeur joie, Start me up, Brown sugar et Jack Flash en dernier rang avant le rappel.

"I can't get no satisfaction
Cause I try and I try and I try
I can't get no, I can't get no..."

Bien qu'antinomiques par rapport aux sentiments positifs partagés entre le public et les musiciens, c'est bien par ces paroles chantées, et reprises par la salle que se referma ce très bon concert des Stones. C'était le dernier de leur tournée No Filter et leur 45ème set live donné en France (dixit Jagger).




SIGUR ROS


Paris
Le Grand Rex
27 septembre 2017


[par Nico]


"An evening with Sigur Rós", tel était le programme de la première date de cette tournée d'automne 2017 du trio islandais. Trois soirées à Paris pour débuter cette mini-tournée européenne avant 4 dates en Amérique du Sud et 4 à domicile, au pays du feu et de la glace...

Concerts à guichets fermés au Grand Rex où j'avais le bonheur de me rendre pour la première fois. La salle est magnifique et même si je me suis retrouvé au "balcon haut", j'ai pu profiter du style Art Déco avec ciel étoilé et nuages projetés au plafond...ce qui rajoute à l'ambiance du lieu... De là-haut, impossible de me rendre compte que nous étions 4000 spectateurs à attendre nos 3 magiciens.

Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, S.R délivre depuis plus de 20 ans un rock "atmosphérique" aux ambiances quasi indescriptibles...On y entend la terre et la glace, la mer et les orages, le grondement des volcans, le souffle des geysers...et le chant surhumain de Jónsi...sirène faite homme et joueur de guitare à l'archet. Une sorte de Radiohead qui aurait fait l'impasse sur l'électronique pour ne se consacrer qu'à l'organique...

Fait rare, le groupe ne proposait pas de première partie, mais un set de 2 fois 1 heure, interrompu d'un entracte d'environ 20 minutes...Le groupe a ainsi exploré pratiquement tous ses albums proposant une première partie plutôt douce et une seconde plus "énervée", y compris au niveau de la scénographie...éclairages LED en 3D "explosant" littéralement hors de la scène au rythme de la frappe du batteur; écrans géants mobiles avec projections sur les côtés...transparence permettant au trio de débuter la seconde partie derrière un écran...presque fantômatique...

Envoutant...transportant...j'ai eu la chair de poule plus d'une fois...Pas de perte de temps d'un (long) morceau à un autre, la seule phrase (en islandais) sera prononcée par Jónsi peu avant la fin du concert...avant qu'un "Takk" (Merci)(référence au nom d'un de leurs albums) projeté sur l'écran ne vienne remercier des spectateurs conquis, chavirés...

Le groupe viendra saluer trois fois son public après 15 titres...et ne cédera pas à la mode du rappel déjà programmé.

Un concert juste...magique...!!!




H E L L F E S T 2017


Clisson (44)
16-18 juin 2017
[par Barjozo]

pour une autre approche:
voir [Franck and furious]
ou alors [Boucle d'Or]

On l'a attendu longtemps et il ne nous a (encore) pas déçu. Voici quelques notes sur ce cru 2017, ou du moins ce que j'ai pu en retenir car autant vous le dire tout de suite j'ai raté bon nombre de groupes que j'aurais aimé voir (p.ex. Queensrÿche le vendredi [arrivé trop.. tard], ou Pain Of Salvation le samedi [j'ai choisi Primus au même horaire], ou encore The Vintage Caravan [arrivé trop tard] et Prophets Of Rage le dimanche [discussion avec un ami..]). J'ai aussi réussi à éviter les groupes que je ne voulais pas (plus) voir (p.ex. Deep Purple le vendredi [trop vus..], ou Linkin Park le dimanche [bof!]), mais au final j'en ai quand même vu un certain nombre dont voici quelques photos et autres blahblah..

Vendredi 16 juin 2017
Quand on arrive sur le site on entend quelques notes de Red Fang qui joue sous la Valley. Mais étant donné la chaleur ambiante on préfère se prendre une petite mousse bien fraîche histoire de ne pas se déshydrater d'emblée..et de vérifier que la cashless fonctionne (ouf!).
Tout cela fait que le premier set complet auquel j'ai pu assister était celui des américains de Baroness toujours sous la Valley. Un très bon stoner carré et sans fioriture.
Un petit saut à la Warzone pour écouter brièvement Les Ramoneurs de Menhirs et leur punk-ska régional très festif, avant de revenir sous ma tente préférée pour Electric Wizard. Ce "vieux" groupe (presque 30 ans au compteur) a su rester fidèle à un sludge/rock aux relents doom marqués et a donné un set correct sans plus. En attendant Monster Magnet [photo] j'ai pu jeter une oreille discrète sur la Temple ou Marduk balançait un black-metal scandinave bien péchu. Que dire de la prestation de Dave Wyndorf et sa bande si ce n'est que comme lors de leur dernière venue en 2014 ils ont fait l'impasse sur leur excellent "Last Patrol" paru en 2013 ou sa ré-édition relooké en 2014 "Milking the stars: a re-imagining of Last Patrol". Comme il n'y a pas eu d'autre album depuis, le groupe a donc puisé dans sa discographie antérieure pour nous bâtir un show enlevé et que j'ai trouvé subjectivement plus attractif qu'en 2014.
On finit ensuite la soirée à la Warzone en compagnie des mythiques Damned [photo] qu'on ne vous fera pas l'offense de présenter tant ces anglais ont marqué d'une pierre rouge le punk d'outre-Manche en 40 ans!. Set rythmé dont on retiendra l'image d'un claviériste (Monty Oxymoron) totalement allumé et quasi-habité par sa musique alors qu'à l'opposé de la scène le guitariste au pull rayé blanc/rouge s'est régulièrement rappelé à notre bon souvenir!
Thank U mister Captain Sensible!
Wot!

Samedi 17 juin 2017
Arrivé sur le site vers 13h j'assiste aux derniers titres de Monkey 3 sous la Valley; ce qui me fait regretter d'être arrivé un poil trop tard car franchement le stoner instrumental de ces suisses est vraiment addictif en version live...
Enchaînement sur Igorrr, le groupe de Gautier Serre sous la Temple: un style mêlant synthés électrifiés totalement destroy, vocaux hurlés associés à une voix lyrique sortant du gosier d'une belle frontwoman, et batterie brutale. Set totalement borderline (comme dirait Katerine) et en totale symbiose avec le festival, car franchement quel autre public que le Hellfest peut se targuer d'apprécier à sa juste valeur cette musique atypique?
Ensuite on en profite pour se sustenter et on assiste, de loin, à l'ombre, au set un tantinet poussif de Pretty Maids: le côté FM des derniers albums est dur à digérer, heureusement que les vieux morceaux sont aussi à l'honneur et relèvent le niveau global de la prestation des danois ("Back to back" ou "Future world" p.ex.).
On repart sous la Valley voir le set du jeune trio bordelais Mars Red Sky [photo]; un peu intimidé par le monde agglutiné devant la scène, les musiciens s'en sortent avec les honneurs pour un excellent moment de rock aux forts relents de stoner/doom psychédélique.
Vient ensuite le tour de Trust sur la M1; Bernie se la joue 'petit baigneur à fleurs' dans un accoutrement kitsch du plus mauvais goût. Pour le reste les titres se sont un peu ramollis au soleil...même sur le final utra-classique "Antisocial". La M1 était peut-être un peu trop grande pour eux, mais entendre tout ces morceaux mythiques au Hellfest ça l'a quand même fait !
Puis c'est Saxon sur la M2 qui va proposer pendant une heure son heavy metal carré et viscéralement jouissif. Biff est en voix et ce n'est pas la chaleur qui va impressionner les anglais. Une setlist archi-classique splendide. Une de mes prestations favorites de cette première partie de week-end.
On repart sous la Valley voir Primus. Le public ne s'y est pas trompé et la foule est compacte avant l'entrée en scène de mister Less Claypol. Un show époustoufflant dont le héro était la 4 cordes du maestro. On se demande même s'il a réellement besoin du guitariste et du batteur derrière lui: Claypol nous emmène dans son univers parallèle iconoclaste. Foule en délire total avec un nombre impressionnant de slammers partant de l'arrière et remontant à bouts de bras vers la scène. Un des moments forts de mon séjour clissonnais 2017!
Je repars ensuite vers les mainstages où quelques titres d'Apocalyptica me permettront d'attendre THE groupe big-star du week-end: Aerosmith. Pour mon 4e concert (et dernier) des 5 de Boston, je n'ai pas encore été déçu. Professionnels jusqu'au bout des colliers et autres pendentifs, pour là aussi une setlist magnifique. Chapeau bas et au plaisir de vous revoir un jour messieurs!
Dernier groupe en lice le samedi à la Warzone: Suicidal Tendencies [photo]. Mike Muir et ses sbires dont un Dave Lombardo affuté derrière les toms, n'ont pas failli à leur réputation ni au souvenir que j'avais gardé de leur dernier set il y a presque 20 ans [Krakatoa, Mérignac]. Certes Muir a encore un peu forci et manque parfois de souffle pour enchaîner ses courses incessantes sur la scène et ses paroles scandées avec rage, mais quelle énergie! Ouvrant son set avec le fougueux "You cant bring me down" qu'ils vont faire durer plus de 9 minutes, ST va ensuite enfiler ses standards sans oublier son dernier LP avec l'incandescent "Clap like Ozzy". Muir n'a pas oublié d'harranguer le public entre les morceaux et la Warzone a certainement vécu là un de ses concerts les plus intenses. ST! ST! ST!

Dimanche 18 juin 2017
Après avoir déjeuné en ville, on arrive à temps pour assister au show des mythiques Pentagram [photo] sous la Valley. Ces américains développent un doom enlevé, inspiré et mélodique. Malgré la canicule ambiante et aidés de boissons diverses, les festivaliers ont bien réagi à leur set comme en témoigne l'ovation finale qui leur a été délivrée.
Toujours à l'abri des rayons du soleil brûlant sous ma tente préférée, j'ai enfin pu assister à un show des new-yorkais de Blue Oyster Cult [photo]. Champagne! BöC pour moi c'est les années lycée et le début de la fac, et j'avoue que ça faisait de nombreuses années que je n'avais pas ré-écouté leurs titres. Autant vous dire que j'ai les poils qui se sont un tantinet trémoussés lors des premières notes de "The red and the black", et encore plus sur l'intro mélancolique de "Burning for U"... J'ai hurlé "Go go godzilla"! J'ai eu la larme à l'oeil sur (baby dont fear) "The reaper" et j'ai fini par quasi défaillir sur les deux derniers titres joués en forme de petit rappel (twelve seven seven express to Heaven...) "Hot rails to hell" et "Cities on flames with rock n roll". Mon coup de coeur du week-end. Un grand merci au Hellfest pour m'avoir permis de voir ces glorieux musiciens qui ont formatés mes goûts musicaux d'adolescent. Snif!
Est-ce la chaleur, la rencontre avec Metalden (webmaster de www.rockmeeting.com) toujours est-il que j'ai raté Prophets of Rage dont je n'ai entendu que quelques lointains échos...Ce qui m'a permis d'être très bien placé pour Clutch [photo] contrairement à leur dernière venue au milieu des vignes de Muscadet (2014) quand je n'avais même pas pu pénétrer sous la tente de la Valley tant l'affluence était grande! Le rock bien rugueux et heavy des américains reste toujours aussi sympathique en version live. Direct, précis, mélodique et en complète alchimie avec son public, ce groupe est une véritable petite bombe en concert, grâce à une setlist en béton armé dont chaque titre fait mouche sur un public conquis d'avance (de l'intro "Burning beard" jusqu'à la dernière note en passant par les classiques "The regulator" ou autre "D.C. sound attack!"). Un excellent set.
C'est enfin sur Hawkwind [photo] que pour moi se refermera cette édition 2017 du Hellfest. Encore un combo historique que je n'avais jamais vu jusque là. Rock psychédélique dantesque (ce synthé démoniaque...) dont la musique est rendue encore plus intrigante par les projections délirantes en arrière plan sur le grand écran. Les morceaux s'étirent en longueurs planantes ne sont pas sans rappeler la prestation de Magma l'année dernière dans un style space rock jouissif et magnifique en guise de conclusion d'un week-end bien rempli...Et que dire du leader-guitariste Dave Brock (extrème droite sur la photo) et ses 75 ans au compteur?!
Intemporel!
Allez à l'année prochaine!
\m/
;)))
PS. Et si vous aimez le Hellfest vous pouvez lire les reports antérieurs de 2016, 2015, 2014, 2013, 2012, 2011, ou 2010 ...en attendant 2018!



Phil CAMPBELL & the Bastard Sons


Tarbes (65)
La Gespe
22 mars 2017


[par Barjozo]


Après avoir passé 32 ans au sein de Motörhead au cours desquels il participa activement avec Lemmy à 16 albums studio, Phil Campbell ne pouvait pas rester inactif après le décès de son charismatique leader. C'est donc entiché du chanteur Neil Starr et de ses 3 fils (Todd à la guitare, Dane à la batterie et Tyla à la basse) qu'il a monté Phil Campbell & The Bastard Sons avant de partir en tournée non sans avoir au préalable proposé une galette EP-5 titres fin 2016.

Avec une set-list basée principalement sur des reprises en dehors de 2 ou 3 morceaux de leur EP (dont un bon "Big mouth" qui a ouvert leur gig), les loustics bardés de cuirs et autres vestes en jeans patchées étaient quasiment sûrs de se mettre le public tarbais dans la poche...On a donc eu droit à un show rythmé, bien mené par un lead-singer/frontman jovial et plein d'entrain, avec des titres méga-connus de la sphère heavy/rock/hard-rock. Pêle-mêle citons un molasson "Sharp dressed man" de ZZ Top, un génial "Children of the grave" de Black Sabbath sur lequel la rythmique était monstrueuse, ou un poussif "Jumping jack Flash" des Stones (morceaux paraissant emprunté au milieu des bombes Motörhead).

Bien sûr tout le monde attendait les titres du répertoire de feu Motörhead comme "Ace of spade", "Deaf forever", "Going to Brazil", "R.A.M.O.N.E.S." ou le final (très bon) sur "(We are) The road crew".
Question jeu de scène ça laissait un peu à désirer, le père Campbell restant cantonné sur le côté droit de la scène, les 3 fistons à gauche. Bien sûr la gratte du père ne souffrait aucune comparaison avec celle du fils, quant au Saint-Esprit, soit la rythmique basse/batterie, celle-ci était bien en place. Amen.

Au final un combo jouant des titres qui semblaient les réjouir et dont ils savaient que le plaisir serait partagé par la salle.
Très bonne soirée tarbaise!
On en redemande MFKers!






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