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Soundgarden sonne bien partout, y compris entre les murs...
Il n'est pas de mon propos de détailler ici la biographie de ce grand groupe mais simplement de rapporter quelques notes sur ses disques et quelques anecdotes pour un groupe dont la notoriété en France n'a [malheureusement] guère dépassé le succès commercial du single "Black hole sun"...



1988 SOUNDGARDEN "Ultramega OK"



[par Barjozo]



En 1988 on était en plein essor du mouvement contestataire musical rock qui donnerait bientôt naissance à ce qui fut appelé le grunge, branche rugueuse et underground du rock et surtout antithèse du glam/hair-metal très en vogue dans les années 80...
C'est ainsi qu'à l'époque Nirvana n'en était qu'à ses premiers balbutiements puisque son premier LP "Bleach" ne paraîtrait qu'en 1989 (sur le label Sub Pops basé à Seattle d'où faut-il le rappeler tous ces groupes étaient originaires), Pearl Jam dont la vie a été intimement liée à celle de Cornell et ses musiciens n'était aussi qu'une ébauche de combo (le premier LP "Ten" ne sortirait qu'en 1992) comme Alice in Chains qui ne publirait "Facelift" son premier opus studio qu'en 1990...De là à laisser entendre que Soundgarden fut LE premier groupe de la-dite branche grunge du rock il n'y a qu'une ligne d'écriture que je n'hésite pas à notifier ici tant pour moi ce groupe à marqué de son empreinte musicale indélébile la musique de ces 30 dernières années...

Cette première mouture comprenait donc Chris Cornell au chant et à la guitare (le site du groupe rappelle qu'à la base il était batteur), Kim Thayil à la guitare, Hiro Yamamoto à la basse et Matt Cameron à la batterie.
Dès "Flower" qui ouvre la galette on est sous l'emprise du son, ce son si caractéristique de la rythmique qui allait, avec le temps et tel une larve lentement donner naissance à un groupe hors du commun. Bien sûr cette galette ne comporte pas (encore) de hit, mais s'en dégage une atmosphère très spéciale comme un parfum de nouveauté (à l'époque) qui sortait des sentiers battus. Alors quand on se donne le patronyme de Soundgarden, sortir des sentiers battus c'est un peu revenir aux sources, à la terre, aux bases du rock (Led Zep, Sabbath parmi les plus influents...).

Un premier disque prometteur qui fut d'ailleurs nominé aux Grammy Awards outre Atlantique.






1989 SOUNDGARDEN "Louder than Love"



[par Barjozo]



"Louder than love" est le premier véritable LP du Soundgarden canal 'historique' si on prend acte du fait que "Ultramega OK" qui le précéda de quelques mois (octobre 1988) comprenait encore Yamamoto (kadératés, je sais...) à la basse puisque Ben Sheperd n'arrivera au manche de la quatre cordes que sur ce "Louder than love" (après un bref passage d'un autre bassiste nommé Jason Everman). C'est également le premier album distribué largement par A&M records.

Rien que pour les deux titres qui ouvrent la setlist, cet LP vaut le détour: "Ugly truth" et "Hands all over" sont deux hits monstrueux qui ravagent tout sur leur passage. Des standards incontournables du groupe. Des titres que certains rèveraient d'écrire ne serait-ce qu' une seule fois dans leur vie. Un tempo rugueux, laminant vos tympans, un riff qui reste d'emblée gravé dans votre cerveau, une voix splendide, une mélodie impeccable: tout y est! Le groupe est lancé sur orbite et plus rien ne pourra entraver sa fulgurante montée vers les sommets du rock mondial.

Pour le reste on dira que cet LP est moins enlevé que les suivants, plus lourd aussi (rythmique massive comme sur le très sabbathien "Gun"), donc d'abord moins aisé cela d'autant plus que Cornell y arbore une voix souvent geignarde et moins mélodique que sur les futures productions du groupe.

Une galette indispensable.






1991 SOUNDGARDEN "Badmotorfinger"



[par Barjozo]



"Badmotorfinger" est le troisième LP des américains de la côte nord-ouest. Il démarre pied au plancher avec le hit-single "Rusty cage", confirmant les énormes qualités d'écriture de ce groupe en pleine éclosion artistique à l'époque. C'est sur cet album que la voix de Cornell prend vraiment une réelle dimension supérieure, qui par la suite sera une des pierres angulaires des compos du groupe.

Parmi les autres titres citons "Jesus Christ pose", "Searching with my good eye closed" qui au passage témoigne d'un certain humour 'grunge' dont les musicos ne se priveront pas dans leurs futures oeuvres...
Album de la consécration? -Certainement, le groupe en profitant pour explorer les confins du rock avec par exemple l'emploi d'un saxo débridé sur "Room a thousand years wide" ou le dernier morceau "New damage", blues déjanté sur lequel la guitare de Thayil explose littéralement.

Du grand Art, avec un A majuscule. Le succès de cet LP leur permis de partir en tournée avec Guns N'Roses sur le fameux 'Use your illusions tour' en particulier en Europe où Soundgarden restait encore mal connu...




1994 SOUNDGARDEN "Superunknown"



[par Barjozo]



Si "Badmotorfinger" fut l'album de la consécration, "Superunknown" quant à lui scella la réputation du groupe sur le plan international grâce au hit-single "Black hole sun", ballade langoureuse dont les radios s'emparèrent en dénigrant quelque peu le côté rock du groupe à l'instar des succès antérieurs de Scorpions ("Still loving youuuuuuuu") ou Metallica ("Nothing else matters").

Ne retenir que ce titre (vendu en simple à plusieurs millions d'exemplaires) serait très réducteur. Beaucoup d'autres pépites sont présentes sur la galette. Citons "Superunknown", "Spoonman" (mon titre préféré tous albums confondus), "The day I try to live", "4th of July" (Yes we can!), "Like suicide" entre autres. Le chanteur Chris Cornell, l'âme du groupe, maîtrise réellement son art ici et les compositions font montre d'une facilité d'écriture déconcertante.

Bref, un LP indispensable pour appréhender le mouvement grunge dont Soundgarden fut l'un des concepteurs, bien avant (rappelons-le) l'avènement d'un Nirvana aux compositions plus basiques et moins travaillées.

En 2014, vingt ans plus tard est sortie une version deluxe chroniquée ICI.





1996 SOUNDGARDEN "Down on the Upside"



[par Barjozo]



Fatigués par les tournées et déchirés par certains égos les musiciens offrirent à leur fans en 1996 un album qui se révèlerait être celui de la fin de la première période du groupe.

"Pretty noose" ouvre le bal de façon bien chaloupée avec une synchro parfaite entre rythmique et riffs, bien enveloppés par la voix si spécifique du sieur Cornell. Excellente entrée en matière. "Rhinosaur" vient ensuite, plus lourd, tant sur le plan du rythme que des paroles moins enlevées.

"Zero chance" est une sorte de ballade langoureuse, avec une voix plaintive. Un style qui sied assez bien à ces musicos, s'ils n'en abusent pas..."Dusty" remet la gomme et a de serieux relants 'à la confiture de perles' surtout dans les choeurs. Délicieux. Chanson qui donne son titre au LP ("I'm down on the upside now, it's turning back around...").
"Ty cobb" nous mitraille ensuite (après une douce entame): une chanson thrashy magnifique avec un chorus ("Hard headed fuck you all !!!") soutenu par une mandoline toute en décallage du meilleur effet! Un des meilleurs moments du disque sans aucun doute avec un final splendide. "Blow up the outside world" est une autres ballade légère (mais pas mièvre pour autant). "Burden in my hand" ralentit encore le tempo, avant que "Never named" ne vienne rappeler que le rock ça accélère souvent quand même!

La suite du CD est du même accabit avec un groupe qui semblait au top à l'époque...et qui malheureusement allait spliter en avril 1997 en raison de tensions multiples entre les membres du band. Le dernier set live fut donné à Honolulu le 9 février 1997.

Cornell (chant) s'en irait chez Audioslave, Ben Sheperd (basse) se rapprocherait des stoners (participations au "Desert sessions" puis collaboration avec Mark Lanegan...), Kim Thayil (guitare) s'en fut dans les studios, et Matt Cameron (drums) intègrerait Pearl Jam en 1998...
Heureusement, les zozos se réunirent en 2010 avant de sortir le LP "King Animal" (2012).
Ainsi va le rock avec ses frasques et turpitudes en tous genres...




2012 SOUNDGARDEN "King Animal"


[par Barjozo]



A l'exception de quelques titres (on pense à "Bones of birds" et à ses sonorités furetant vers un ancien hit du groupe ["Black hole sun" pour ne pas le nommer], ou au pénible "Eyelid's mouth" et son refrain gnan-gnan), cet album s'écoute facilement et nous rappelle que ces gars là d'une part sont des super-musicos mais d'autre part sont de vrais compositeurs qui n'ont pas perdu leur savoir faire!

Pourtant cet album reste nettement inférieur à ceux de la première période du groupe, même si les premiers morceaux sont de véritables déluges de décibels (ah ce "Non-state actor" quelle puissance! et quelle fougue dans la voix de Cornell! on croirait qu'il a recouvré sa verve de 20 ans). Les titres de l'album sont bien chaloupés alternant des morceaux rentre-dedans ("Attrition", "Worse dream") et d'autres moins excités mais pas dénuets d'intérêt ("Black saturday", "Halfway there")...

Assez loin des furieux albums qui firent connaître ce groupe, un LP correct pour un retour qui fit la part belle aux hommages de leurs grands opus passés en particulier sur la tournée 'Superunknown 20 tour' qui passa par Clisson en 2014...






Chris Cornell est mort le 17 mai 2017 et Soundgarden avec lui.
Voici la kro de son dernier album solo que j'avais pondue en novembre 2015...
R.I.P. Chris :((



2015 Chris CORNELL "Higher truth"

label: universal
style: folk planante
date de sortie: 18 septembre 2015
date de chronique: 20 novembre 2015

[par Barjozo]



Si on en croît les rock-critics, je suis un des rares à la surface du globe terrestre (...) à avoir pu apprécier "Scream", le dernier effort de Cornell en solo (album qui date déjà de 2009). Album soit-disant insipide, sans relief et formaté radio-FM car produit par Timbaland... Je ne peux que confirmer ici tout le bien que je pense de cet immense artiste à la voix si addictive, que cette dernière soit utilisée pour chanter une ballade ou psalmodier de façon agressive des brûlots de lyrics rocks en pur granit.
Cornell donc, leader de Soundgarden. Cornell, ancien chanteur d'Audioslave. Cornell sur lequel les gouttes d'eau s'écoulant de notre mère Clepsydre ne semblent avoir aucun impact, si on s'en réfère à sa bouille éternelle de jeune premier au regard bleu azur.
Revenu sur le devant de la scène rock avec "King animal" en 2012, le chanteur m'avait quand même un peu déçu lors de la prestation de Soundgarden au Hellfest en 2014. Faut dire à sa décharge que le grunge ou les groupes apparentés à ce courant musical n'ont qu'un faible public dans l'hexagone, la plupart des gens considérant que ce genre musical fut créé par Nirvana, ce qui est entièrement faux historiquement parlant, mais la mort de Cobain et la 'règle des 27' l'ont emporté en transformant ce pauvre Kurt en véritable icône dont l'image plus de 20 ans après sa mort ne cesse d'alimenter un merchandising aussi florissant que celle du Che.
Bref.
Revenons à "Higher truth" et ses 12 compositions. Première précision: les guitares saturées et les sons distordus n'ont pas été invités. Il faut en effet chercher parmi les titres ceux qui possèdent un petit solo de gratte [en dehors du morceau introductif ("Nearly forgot my broken heart") et de "Murderer of blue skies" qui accélèrent un peu la cadence en deuxième partie]. Même si c'est le grand producteur de classic-rock Brendan O'Brian qui produit la galette, celle-ci est plutôt orientée pop-folk avec une ambiance acoustique dominante. Par ailleurs banjo, piano ("Higher truth"), harmonica permettent d'apporter une certaine cohésion à l'oeuvre, en laissant le champs libre aux cordes vocales de Cornell, dont on peut apprécier toute l'étendue du registre.
Car il s'agit ici d'un album calme, que l'on peut s'écouter tranquillement quand on a le spleen, le blues, ou qu'on veut se laisser aller...En ce sens, on pourra évoquer et apparenter cette oeuvre à certains albums de Neil Young (without Crazy Horse), Springsteen ou même Bobby Plant himself. Plus récemment, certaines compositions de Jack White ont pu m'apporter les même sentiments de calme et sérénité.
Un petit souffle de sensualité.
Une légèreté printanière à l'entrée de l'hiver.
Un moment d'émotion loin des sirènes hurlantes de l'actualité internationale.
Un bien-être tout simple.

...tout ça bien sûr pour mieux rapidement pouvoir repartir vers des contrées musicales grisantes remplies de décibels!
Rock! Rock! 'till you drop, MFKers!


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